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brochet

(de broche)

Brochet
Brochet

Poisson ésocidé des eaux douces, aux dents redoutables, aux nageoires impaires rejetées en arrière et qui contribuent, ainsi que sa forme cylindrique, son museau aplati, à la propulsion soudaine qui permet à l'animal de saisir ses proies (autres poissons, grenouilles, oiseaux aussi gros que lui).

Brochet est le nom vernaculaire des cinq espèces de poissons du genre esox, regroupées dans la famille des ésocidés, et auxquelles leurs mœurs carnivores ont valu le surnom de requins de rivière.

Les ésocidés

La famille des ésocidés ne comprend que le seul genre esox, représenté par cinq espèces : le brochet commun, ou européen (E. lucius), une espèce propre au bassin du fleuve Amour, en Sibérie (E. reicherti), et trois espèces propres aux eaux douces de l'Amérique du Nord : E. masquinongy, E. niger et E. americanus. La famille des ésocidés est connue depuis l'éocène moyen en Eurasie et depuis le pliocène en Amérique du Nord ; au fil du temps, elle s'est adaptée progressivement à un régime prédateur, par un élargissement de la bouche et un allongement du corps, le nombre des vertèbres passant de 33 chez le Paleoesox de l'éocène, à 48 chez Esox papiraceus de l'oligocène, 51 chez E. waltschanus du miocène inférieur, 60 chez E. lepidotus du miocène supérieur, et 64 chez l'espèce actuelle E. lucius.

Le brochet commun

Le brochet Esox lucius a une silhouette allongée ; sa nageoire dorsale est placée très en arrière. Son museau aplati lui donne une physionomie caractéristique ; sa bouche est armée de fortes dents. Sa couleur est grise, avec des taches plus claires. Le brochet mesure habituellement de 40 à 70 cm, mais il atteint parfois 1,50 m ; la femelle est plus grande que le mâle. Son poids record est de 22 kg. Cette espèce mène une existence casanière dans les eaux courantes et dormantes d'Europe, du nord de l'Asie septentrionale et de l'Amérique du Nord ; elle préfère les eaux de plaine, mais remonte les cours d'eau jusqu'à 1 500 mètres d'altitude dans les Alpes. Il se reproduit dès le mois de février.

Le brochet chasse à l'affût : caché dans la végétation aquatique, il attend sa proie ; quand elle se présente, il se propulse vers elle d'un vigoureux coup de queue. Ses victimes sont très variées : ce sont surtout des poissons, mais aussi des grenouilles, des rongeurs aquatiques, de jeunes canards et poules d'eau. Il tente même de saisir les cygnes, les loutres, voire les jambes des baigneurs. Après avoir dévoré sa proie, le brochet va s'immobiliser au fond de l'eau : sa digestion dure parfois cinq jours. Les jeunes grandissent très rapidement. Quant à la longévité de l'espèce, elle pourrait atteindre trente ans. Les brochets se mangent entre eux : un tel cannibalisme maintient leur abondance à un niveau raisonnable. L'espèce joue d'ailleurs un rôle écologique important, en éliminant de nombreux poissons malades, à tel point que le brochet est introduit volontairement dans certains plans d'eau. On parvient aussi à l'élever dans des viviers pour sa chair, qui se prépare de diverses façons : braisée au champagne, en matelote de Metz, sous forme de quenelles, etc.

Le maskinongé

Outre Esox lucius, les eaux douces de l'Amérique du Nord abritent plusieurs espèces de brochets, notamment le brochet américain (Esox americanus), lui-même représenté par deux sous-espèces de taille modeste E. americanus americanus et E. americanus vermicularis (20 à 25 cm en moyenne), le pickerel (Esox niger), dont la taille maximum ne dépasse pas 75 cm, et enfin le maskinongé (Esox masquinongy) qui, avec une taille pouvant atteindre plus de 2 m de longueur et un poids de plus de 50 kg, est le deuxième plus gros poisson d'eau douce de l'Est de l'Amérique du Nord, après l'esturgeon.

Son corps, à compression latérale modérée, et sa tête présentent généralement un fond pâle orné de mouchetures, barres verticales ou taches sombres, ou d'une combinaison de ces différents types de marques ; la couleur du dos, de la tête et de la partie supérieure des flancs varie du vert iridescent au brun pâle ; celle des flancs varie du vert doré au brun, au gris ou à l'argenté. Le ventre et la face inférieure de la tête, d'une couleur blanc crème, sont ornés de petites mouchetures brunes ou grises ; les nageoires sont d'une couleur qui varie du verdâtre ou du chamois au rouge brun et sont marquées de taches foncées, lesquelles sont plus évidentes sur les nageoires médianes.

Le maskinongé fréquente de préférence les eaux stagnantes des lacs chauds où pousse une végétation abondante, et les cours d'eau lents colonisés par les herbes aquatiques. Sauf pendant la période du frai, il est un animal solitaire et sédentaire qui se cache parmi la végétation, parfaitement immobile, guettant ses proies qu'il saisit d'un bond soudain. Le frai a lieu au printemps, immédiatement après la fonte des glaces, à une profondeur qui ne dépasse pas 50 cm, dans des zones densément végétalisées. Les œufs, dispersés aléatoirement, se fixent à la végétation et éclosent au bout d'environ 8 à 14 jours. Après une très courte phase juvénile au cours de laquelle il se nourrit de gros zooplancton (crustacés et autres invertébrés), il devient un féroce prédateur et les poissons (perches, cyprins, poissons-chats, etc.) constituent son principal aliment. Il ne dédaigne pas pour autant absorber également des petits serpents, des amphibiens ou des petits rongeurs.