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Auberge de la Jeunesse (AJ)

Centre d'accueil et de vacances pour les jeunes qui voyagent.

Les Auberges de la Jeunesse ou Auberges de Jeunesse (AJ) sont des lieux d'hébergement destinés aux jeunes qui voyagent par leurs propres moyens. Ces séjours, par les rapprochements entre voyageurs issus de milieux et de pays différents, favorisent les échanges, le développement de l'esprit de groupe et la vie en collectivité.

Le mouvement des Auberges de la Jeunesse a, dès l'origine, une vocation sociale et laïque. Son fondateur, un instituteur allemand, Richard Schirmann, crée un premier centre en 1909, puis entreprend la création d'un réseau d'auberges dans toute l'Allemagne. Cette initiative est contemporaine du mouvement Wandervögel (« oiseaux migrateurs ») qui, par réaction contre le développement de la société industrielle et urbanisée, prônait un certain retour à la nature. Le réseau connaît un développement rapide, passant de 200 maisons en 1914 à 2 000 en 1930.

Le mouvement se diffuse dans le reste de l'Europe après la Première Guerre mondiale, mais à un rythme beaucoup moins spectaculaire. En France, la première AJ est créée en 1929 par Marc Sangnier, démocrate-chrétien, fondateur du Sillon ; une seconde association, laïque, est créée en 1933. La politique du Front populaire, qui favorise le tourisme social et la culture populaire, contribue à l'essor du mouvement français qui comptera 900 auberges en 1939.

Il existe actuellement environ 4 200 auberges, inégalement réparties dans 54 pays. Des associations nationales se chargent de la location, de l'achat ou de la construction des auberges qu'elles s'efforcent d'adapter à leurs fonctions d'hébergement. Ces associations, sans but lucratif, offrent leurs services au prix coûtant, grâce au concours de bénévoles et à des subventions. Elles sont regroupées au sein de la Fédération internationale des Auberges de la Jeunesse, qui s'inspire d'une réglementation commune adoptée dès 1932.

Situées le plus souvent dans des régions touristiques, les auberges (en général 40 à 60 lits), sont placées sous la responsabilité de « parents » aubergistes logés sur place, nommés et rémunérés par les associations nationales. Plus que simples gérants, ils jouent un véritable rôle d'animateurs ; ils accueillent les jeunes, les renseignent sur la région, veillent au respect des règlements et à l'accomplissement des tâches quotidiennes, etc. L'une des caractéristiques du mouvement ajiste, est en effet que chacun de ses membres participe au fonctionnement de l'auberge, depuis les tâches ménagères ou d'entretien jusqu'à l'organisation des activités de loisirs, veillées, excursions, etc.

L'accès est généralement réservé aux adhérents des mouvements et soumis à des conditions d'âge, variables selon les pays (15 à 30 ans en France). Le séjour ne peut, en principe, excéder trois jours, l'ajiste étant considéré comme un hôte de passage.

Le premier objectif de l'ajisme a été de mettre le tourisme à la portée des jeunes. Mais il a très vite joué un rôle éducatif par la pratique de l'autogestion à tous les niveaux du mouvement. Les auberges ont été jusqu'aux années 1960 des lieux d'intense circulation et d'échanges pour un grand nombre d'adolescents et de jeunes adultes. Actuellement, la crise du militantisme qui en soutient l'existence, la professionnalisation des fonctions d'animation, la concurrence d'autres formes de loisirs risquent, malgré les adaptations mises en œuvre ici ou là (fonctionnement sur le mode des centres de vacances ou des maisons familiales, par exemple), de transformer les AJ en un des éléments, encore apprécié, mais relativement marginal, du « tourisme vert ».