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art vétérinaire ou médecine vétérinaire

Médecine des animaux, en particulier des animaux domestiques.

L'art vétérinaire fut reconnu officiellement comme une discipline médicale à la fin du xviiie s. ; des écoles spécialisées furent créées. En France, la première ouvrit ses portes à Lyon, après l'accord de Louis XV, le 10 janvier 1762. Au xixe s., les spécialisations apparurent: physiologie, pathologie, parasitologie ; la virologie se développa réellement au xxe s.. Aujourd'hui, les vétérinaires sont chargés de la surveillance médicale du cheptel, de l'application des normes sanitaires relatives aux produits alimentaires, des vaccinations et du suivi médical de plusieurs millions d'animaux de compagnie (chiens, chats, oiseaux, etc.); quelques spécialistes sont attachés aux zoos et aux réserves animalières.

La pratique vétérinaire

Confronté à un être incapable de s'exprimer sur sa maladie, le vétérinaire fait appel à son sens de l'observation et à son expérience pour détecter des symptômes. Un animal malade peut manifester sa crainte ou son stress par un violent coup de dents, de griffes ou de sabot; pourtant, le vétérinaire doit pouvoir l'approcher, le manipuler ou le saisir avec douceur, en le mettant en confiance, tout en se montrant ferme et résolu.

Le chat, par exemple, animal très instinctif, peut, lorsque ses maîtres n'ont pas d'autorité sur lui, se révéler difficile à soigner: il faut alors le prendre par la peau du cou, en arrière de la tête, et le tenir à bout de bras. Le chien est plus facile à manipuler, car la présence de son maître suffit généralement à le calmer; pour les chiens mordeurs, la muselière constitue la solution extrême.

Le vétérinaire apprécie d'abord l'état général de l'animal: il évalue son comportement, la qualité de ses réponses à des stimulus ou, au contraire, son apathie ou son état prostré; il observe ensuite sa démarche afin de déceler une éventuelle claudication; l'aspect de la peau, des poils, des plumes ou des écailles est également contrôlé; les sons émis peuvent signaler des altérations dues à un état pathologique. Enfin, le maître doit pouvoir renseigner le vétérinaire sur l'alimentation et les excrétions de l'animal.

Cet examen général est suivi d'un examen plus précis, notamment des yeux et de leurs éventuels écoulements, de la gueule, etc.; à l'aide d'un stéthoscope, le vétérinaire écoute les battements du cœur et les bruits de la respiration. La palpation des différentes parties du corps permet de contrôler le placement et le volume des organes, mais aussi de repérer les points douloureux. La prise de la température, généralement rectale, peut mettre en évidence un processus infectieux: elle est normale, par exemple, à 38 °C pour le cheval et à 38,5 °C pour le bœuf. Dans certains cas, une aide au diagnostic est recherchée par la prescription d'examens complémentaires (radiographie pour une fracture, électroencéphalogramme, bilan sanguin, etc.).

S'il existe d'autres médicaments à introduire par voie rectale, ils ne sont utilisables en général que chez les chiens. En revanche, les médicaments injectés par voie parentérale (sous-cutanée, intramusculaire ou intraveineuse) intéressent tous les animaux. Les injections sous-cutanées se font dans la peau du cou (chiens, rongeurs, chats) ou de l'encolure (ovins, caprins, bovins et équidés). Les injections intramusculaires se font dans le muscle de la cuisse pour la plupart des animaux. Chez les oiseaux, le bréchet, ou sternum, est la seule zone où l'on peut pratiquer une injection sous-cutanée ou intramusculaire sans danger; il en va de même au niveau de l'encolure pour les chevaux. Les injections intraveineuses et les prélèvements sanguins sont effectués dans une grosse veine des pattes postérieures ou antérieures chez le chat ou le chien; la veine de l'oreille est plus accessible chez le porc et le lapin, tandis que chez les équidés, les bovins, les caprins ou les ovins c'est une veine du cou qui s'y prête le mieux; chez les rongeurs ou certains reptiles, la veine caudale est la plus aisée d'accès.

Les différents types de médicaments sont semblables à ceux prescrits à l'homme: antibiotiques, anti-inflammatoires, diurétiques et substances spécifiques d'une fonction biologique.

Les maladies animales

Virus et bactéries sont à l'origine de nombreuses maladies infectieuses des animaux. Certains font courir à l'ensemble d'une population un risque d'épizootie ou d'enzootie. Ces maladies sont répertoriées comme « maladies légalement réputées contagieuses ». On rencontre dans cette catégorie des maladies transmissibles à l'homme, comme la rage. La plupart des grandes maladies des animaux de production (fièvre aphteuse ; pestes équine, porcine, bovine ; myxomatose ; rage) ont pu être contrôlées ou éradiquées grâce à la vaccination et à l'usage des médicaments modernes ; cependant, des épizooties récentes (encéphalopathie spongiforme bovine, grippe aviaire) ont montré que la mondialisation des échanges commerciaux et des transports contribue désormais à accroître les risques de transmission à l'homme d'un pays à un autre. Les parasites jouent un rôle direct ou indirect dans l'apparition de nombreuses pathologies. La lutte antiparasitaire est déterminante pour le succès économique des élevages, c'est pourquoi des maladies comme la coccidiose chez les volailles, les strongyloses digestives ou respiratoires des bovins, les gales des ovins, etc., font l'objet de traitements systématiques. Chiens, chats, chevaux, bovins peuvent être affectés par des mycoses, combattues par des traitements antifongiques.

Des actions de surveillance et de dépistage, l'élimination des sujets atteints ont permis de faire reculer dans les pays développés des maladies aussi graves et répandues que la brucellose et la tuberculose. Pour les animaux de compagnie, les maladies infectieuses et parasitaires sont en recul. En revanche, les vétérinaires notent une augmentation des pathologies de civilisation : obésité, dermatoses, cancers.

Des maladies génétiques existent, comme le bec-de-lièvre des bovins. Certaines apparaissent du fait de la sélection génétique opérée par l'homme pour tenter d'améliorer des caractères d'une race: les moutons mérinos, par exemple, élevés pour leur laine de grande qualité, sont sujets au goitre. Les maladies métaboliques sont généralement dues à une prédisposition génétique ou à des carences alimentaires.

Les maladies traumatiques peuvent aussi être une conséquence directe des conditions d'élevage: ainsi, le panaris podal des bovins est beaucoup plus fréquent chez les animaux en stabulation que chez les animaux en liberté dans un pré. Par ailleurs, la pollution peut avoir des répercussions plus ou moins graves: l'usage excessif de désherbants ou d'insecticides, par exemple, est responsable d'intoxications chez les paisseurs.

Certaines maladies résultent directement de l'alimentation, les animaux domestiques n'étant pas toujours capables de reconnaître, lorsqu'ils sont en liberté, les plantes nuisibles à leur santé: la luzerne peut, dans certaines conditions, rendre un animal stérile; les fougères consommées en trop grande quantité entraînent une carence en vitamine B1 chez le cheval, et souvent la mort chez les bovins; les feuilles et les glands du chêne sont à l'origine de graves désordres gastro-intestinaux. La négligence humaine est parfois source de troubles: chez le porc, une ration alimentaire déséquilibrée (composée de plus de 50 % de pommes de terre) est susceptible d'entraîner un coma.

Les accidents

Un animal victime d'un accident peut souffrir, comme l'homme, de fractures, d'entorses ou de luxations. Les moutons et les bovins en pâturage sont plus fréquemment, mais aussi plus gravement que l'homme, touchés par la foudre: la position du ruminant (quatre pattes au sol et la tête fouillant l'herbe) est particulièrement favorable à la conduction électrique. Si les soins ne sont pas immédiats, les animaux foudroyés, atteints de syncope, meurent souvent d'asphyxie.