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archéobactérie

Bactérie vivant dans des milieux particuliers, souvent hostiles (eaux saturées en sel, sources sulfureuses très chaudes, etc.).

Les archéobactéries (du grec arkhaios, « ancien ») doivent leur nom à leur origine supposée très ancienne.

Des bactéries très particulières

Les archéobactéries se distinguent à la fois des eucaryotes (organismes dotés de cellules possédant un noyau, tels que les plantes et le animaux) et de toutes les autres bactéries, ou eubactéries. Comme les eubactéries, ce sont des procaryotes (cellules sans noyau), mais leurs constituants cellulaires sont différents : leur paroi ne comporte pas de peptidoglycanes, des composés typiques chez les eubactéries. En outre, alors que la membrane des eubactéries est constituée d'une double couche de lipides, celle des archéobactéries n'en comporte qu'une seule. En revanche, de nombreux caractères, tels que l'organisation des gènes et la présence de protéines associées à l'A.D.N., les rapprochent des eucaryotes.

Pour cette raison, certains chercheurs pensent que les ancêtres des archéobactéries actuelles pourraient être à l'origine aussi bien des eubactéries que des eucaryotes.

Des hôtes des milieux hostiles

Beaucoup d'archéobactéries sont adaptées à des environnements où toute autre vie est habituellement impossible. Néanmoins, un certain nombre se satisfont de conditions plus habituelles.

Les archéobactéries des milieux extrêmes

Dites thermoacidophiles, elles vivent sous de très hautes températures (entre 60 et 110 °C ) et en milieu acide (pH de 1 à 6). On les trouve dans les milieux les plus hostiles : sources chaudes soufrées, mares bouillantes, charbons fumants, fumeurs noirs au fond des océans, etc. La plupart d'entre elles ont la particularité de transformer le soufre en sulfure d'hydrogène pour en tirer leur énergie. Picrophilus prolifère dans l'acide sulfurique de lacs volcaniques. Pyrobaculum vit au fond des réservoirs de pétrole chaud. Thermoplasma préfère les tas de charbons fumants. Pyrolobus détient le record actuel de température en se développant jusqu'à 113 °C !

Les archéobactéries halophiles

Les archéobactéries halophiles (littéralement « qui aiment le sel ») ne peuvent proliférer que dans les milieux de très forte salinité (souvent dix fois celle de l'eau de mer), comme la mer Morte, pourtant réputée stérile, les lacs salés de l'Ouest américain, le lac Rose au Sénégal ou les marais salants du littoral méditerranéen.

Les archéobactéries dégageant du méthane

Dites méthanogènes, elles sont répandues dans les milieux riches en déchets organiques, dont elles assurent la décomposition : eaux stagnantes, marais, fonds vaseux des lacs, mais aussi dans le tube digestif des animaux et de l'homme. Pour se nourrir, la plupart utilisent deux gaz, l'hydrogène et le gaz carbonique, avec lesquels elles transforment les substances organiques en éléments plus simples et en énergie qu'elles assimilent, mais certaines (Methanolobus) utilisent des composés organiques simples (acétate, méthanol, etc.) issus de l'activité d'autres bactéries. Au cours de ces réactions chimiques, du méthane est dégagé. Les méthanogènes doivent leur nom à ce gaz qui signale leur présence (petites bulles à la surface des eaux croupies, gaz des marais).

Les vaches rejettent, par éructation et flatulence, le méthane produit au cours de leur digestion (jusqu'à 600 l par jour) par les bactéries méthanogènes qui vivent en symbiose dans leur panse. On évalue qu'au total ces bactéries libèrent chaque année dans l'atmosphère plus de 2 milliards de tonnes de méthane, dont un tiers provient de l'intestin des herbivores et des termites !