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alphabétisation

Enseignement de la lecture et de l'écriture à un groupe social déterminé. (Habituellement, ce terme s'applique surtout à l'enseignement des adultes.)

Un constat : l’analphabétisme

Selon la définition adoptée par l'Unesco en 1958, est analphabète « toute personne incapable de lire et d'écrire, en le comprenant, un exposé bref et simple de faits en rapport avec la vie quotidienne ». En 1978, l’Unesco affine sa définition et fait apparaître la notion d'analphabétisme fonctionnel, qui désigne tout individu « incapable d'exercer toutes les activités pour lesquelles l'alphabétisation est nécessaire au bon fonctionnement de son groupe et de sa communauté et aussi pour lui permettre de continuer à lire, écrire et calculer, en vue de son propre développement et de celui de sa communauté ». En outre, une partie de la population, après avoir été scolarisée, a perdu l'usage de la lecture et de l'écriture ; pour rendre compte de ce phénomène, on utilise le terme d'illettrisme, tandis que les analphabètes sont ceux qui n'ont jamais appris à lire et à écrire.

L'Unesco estime qu'il y avait, en 2005, environ 850 millions d'analphabètes adultes dans le monde (un chiffre en diminution constante depuis 1995). Le taux d'analphabétisme est étroitement lié au sous-développement : il dépasse 50 % en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne. 73 % des analphabètes vivent dans des pays qui sont parmi les plus peuplés du monde : Inde, Chine, Pakistan, Bangladesh, Nigeria, Indonésie, Brésil, Égypte, Iran et Soudan. Dans les pays industrialisés, le taux d'analphabétisme est toujours resté inférieur à 10 % depuis la Seconde Guerre mondiale. Il n'est plus que d'environ 4 % au début du xxie s. En revanche, le problème de l'illettrisme concerne une part non négligeable de la population.

Une politique et une méthode : l’alphabétisation

Il est très difficile de lutter contre l'analphabétisme dans le tiers-monde. La croissance démographique empêche les pays les plus pauvres de scolariser toute la population. Par ailleurs, les possibilités de promotion économique et sociale sont faibles, ce qui réduit considérablement les effets des campagnes d'alphabétisation. L'analphabétisme touche particulièrement les femmes, qui se marient souvent jeunes et fréquentent peu l'école.

Depuis sa création (en 1945), l'Unesco s'est employée à lutter contre l'analphabétisme, puis à promouvoir l'alphabétisation. Les organisations internationales ont d'abord lancé de vastes campagnes d'alphabétisation de masse portant sur l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et parfois du calcul, reprises par certains gouvernements voulant réaliser leur développement économique et social après leur récente libération politique. D'importants programmes sont mis en œuvre, avec l'aide de l'Unesco, de l'OIT (Organisation internationale du travail), de la Banque mondiale et des anciens pays colonisateurs. Après des tentatives infructueuses d'alphabétisation de masse, on pratique aujourd'hui une « alphabétisation fonctionnelle » qui s'intègre à un programme de développement culturel et économique adapté aux besoins spécifiques d'une population.

La méthode d'alphabétisation de Paulo Freire, qui part des situations concrètes et quotidiennes vécues par les populations, dans un objectif déclaré de conscientisation, a été mise au point dans le nord-est du Brésil (1947-1962), et est aujourd'hui mondialement connue et utilisée.