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alleu

(francique *alôd, propriété complète)

Terre libre ne relevant d'aucun seigneur et exempte de tout devoir féodal. (Synonyme : franc-alleu.)

Il s'oppose donc aux tenures, et en particulier au fief, qui est un bien concédé à charge de service noble. On distingue l'« alleu noble » et l'« alleu roturier » (plus rare, sauf dans le Midi), selon que le propriétaire y possède ou non des droits de justice, ainsi que des vassaux et des tenanciers. Au cours du Moyen Âge, et surtout à partir du xiie siècle, nombreux furent les alleux transformés en fiefs. D'une part, ce mode de possession fut attaqué par les féodaux, à la puissance desquels son indépendance était un défi. D'autre part, des alleutiers, en quête de protection et d'avantages politiques, cherchèrent à s'allier à un seigneur, en lui cédant librement leur alleu pour le reprendre en fief (fief de reprise).

De façon générale, les alleux résistèrent mieux dans le Languedoc, plus fidèle au droit romain (adage : nul seigneur sans titre), que dans le Nord, où triompha la présomption de féodalité (nul alleu sans titre ; nulle terre sans seigneur). Les adversaires les plus redoutables de l'alleu furent, vers la fin du Moyen Âge, les légistes du roi, qui prétendirent que quiconque n'avait pas de seigneur avoué devait être vassal du roi. Le triomphe de cette théorie au xviie siècle consacra le droit éminent du roi (directe royale universelle) sur tous les alleux nobles.

Pour en savoir plus, voir les articles Ancien Régime, féodalité, seigneurie.