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administration

(latin administratio)

Ensemble des services de l'État (avec une majuscule) ; ensemble des fonctionnaires chargés d'un service public. (On dit aussi Administration publique.)

SCIENCE POLITIQUE

L'étude de l'administration a été longtemps en France l'apanage des juristes, et l'enseignement qui était dispensé aux futurs fonctionnaires était fondé sur le droit public, en particulier le droit administratif. Aujourd'hui, la nécessité est apparue d'élaborer une discipline distincte : la science administrative.

Pour la théorie marxiste, l'administration est une superstructure, un instrument de domination d'une classe sociale sur l'autre, qui, après la phase de dictature du prolétariat pendant laquelle elle ne saurait être qu'un instrument du parti, doit dépérir en même temps que l'appareil de l'État : l'évolution du communisme au xxe s., puis la disparition du bloc soviétique ont invalidé cette hypothèse. La notion d'administration dans les régimes libéraux est beaucoup plus nuancée et son articulation oscille entre trois principes utilisés alternativement ou cumulativement.

Avec la centralisation, c'est le pouvoir central, c'est-à-dire l'État, qui conserve la direction et la responsabilité de tous les services. C'est au niveau de l'administration centrale et des cabinets ministériels que l'interpénétration de l'administration et de la politique est la plus étroite. Au niveau local, les représentants du gouvernement peuvent être de deux sortes. Il peut s'agir de fonctionnaires de commandement et d'autorité ; ce sont, en France, les préfets. Il peut s'agir, par ailleurs, de chefs de service spécialisés dans les fonctions propres à celles d'un ministère technique.

Centralisation, décentralisation

La centralisation n'exclut pas une articulation qui lui paraît pourtant opposée : la décentralisation ; celle-ci permet de reporter la responsabilité de la gestion sur des autorités autonomes chargées soit de l'administration d'une portion du territoire national, soit de la gestion d'un service public spécialisé. Il peut arriver, comme pour les maires en France, que les responsables de cette administration décentralisée soient à la fois des agents du pouvoir central et des exécutants du pouvoir autonome dont ils sont issus. Cette autonomie a comme contrepartie l'obligation de se conformer à l'intérêt général : le pouvoir central y veille en exerçant sa tutelle plus ou moins étroite, selon l'importance des problèmes.

Entre ces deux principes, la déconcentration consiste à créer des services autonomes, mais dont la direction est confiée à des représentants de l'autorité centrale. Ainsi, les préfets désignés par le gouvernement représentent aussi les intérêts du département et des communes.

Ces distinctions entre centralisation, décentralisation et déconcentration deviennent de plus en plus théoriques et de moins en moins précises. L'intervention de l'État dans nombre de domaines conduit à confier la gestion des affaires à de grands services publics spécialisés, qui disposent de moyens incomparablement plus importants que ceux des organismes locaux : ces organismes sont de plus en plus amenés à avoir recours aux subventions de l'État, ce qui se traduit par un renforcement du pouvoir central. À l'inverse de cette tendance centralisatrice, les problèmes économiques et sociaux tendent à faire éclater les limites traditionnelles de la décentralisation ou de la déconcentration pour se situer à un niveau plus large, qui est celui de la Région. Ainsi, l'organisation de l'administration est en pleine évolution, renforcée par les transferts de charges incombant jusque-là à l'État sur le budget des collectivités locales.