SERVICES
Article Larousse
Taille du texte Diminuer la taille de la police Augmenter la taille de la police Imprimer Envoyer par e-mail
La guerre du Viêt Nam, 1967

guerre du Viêt Nam

En double cliquant sur chacun des mots, vous accéderez aux définitions Larousse

guerre du Viêt Nam

Nom donné au conflit qui, après le désengagement français, a opposé de 1954 à 1975 le Nord Viêt Nam au Sud Viêt Nam.

Cet article fait partie du DOSSIER consacré à la guerre froide.

Le 17e parallèle

Suite aux accords de Genève (1954), la France quitte l'Indochine après quelque cent ans de présence, et le Viêt Nam voit son indépendance reconnue, mais les puissances lui imposent, en attendant des élections générales, une partition au niveau du 17e parallèle : ce compromis fera de la paix un leurre.

   La République du Viêt Nam (au sud du 17e parallèle) est présidée par Ngô Dinh Diêm, un catholique fervent qui refuse les élections générales prévues à Genève. Washington, à la fois parrain, banquier et conseiller, juge le bastion solide avant d'être progressivement indisposé par cet autocrate intolérant, qui s'avère en outre incapable de résoudre le problème communiste.

   Les dirigeants de la République démocratique du Viêt Nam, qui édifient au Nord un État socialiste, sont en effet déterminés, dès 1959, à engager la lutte armée contre le Sud, où sont restés, après les transferts de population, de 10 000 à 15 000 cadres communistes. Le Front national de libération (FNL) y est fondé en décembre 1960, mais Hanoi garde son autorité par l'intermédiaire d'un Bureau central pour le Sud. Opérations de terrorisme et de sabotage, infiltrations d'hommes et de matériels s'intensifient par les voies multiples de la piste Hô Chi Minh.

   L'armée sud-vietnamienne encadrée en décembre 1961 par 15 000 « conseillers » américains, et entraînée en vue d'un conflit du type de la guerre de Corée, ne réussit pas à enrayer le développement du FNL. L'échec politique et militaire du régime de Diêm conduit le président John Fitzgerald Kennedy à autoriser, dès le printemps 1961, des opérations de sabotage et de renseignement au nord du 17e parallèle, puis à permettre un coup d'État de généraux sudistes : Diêm est assassiné avec son frère le 2 novembre 1963. Trois semaines plus tard, J. F. Kennedy l'est à son tour, à Dallas. La détérioration de la situation au Sud-Viêt Nam incite son successeur, Lyndon B. Johnson, à s'engager davantage. À la suite d'un incident naval dans le golfe du Tonkin, le Congrès américain vote le 7 août 1964 une résolution donnant au président toute liberté d'user de la force armée contre les « agressions communistes ».

L'intervention américaine (1965-1968)

La réaction américaine est vigoureuse : bombardements sur le Nord (500 000 t de bombes de février 1965 à avril 1968), intervention directe dans le Sud à partir de mars 1965. L'armée sud-vietnamienne est portée à 700 000 réguliers et 200 000 miliciens. Les effectifs du Viêt-cong passent de 135 000 hommes au début de 1965 à plus de 300 000 en 1968. Les effectifs américains atteignent 536 000 hommes en 1968. Le bombardement des pistes Hô Chi Minh restera sans effet. En 1966, les opérations se déroulent autour de la zone du 17e parallèle, puis, dès 1967, autour de Da Nang, Quang Tri et même en Cochinchine, au N.-O. de Saigon. Aux États-Unis, l'opinion publique est sensibilisée par l'envoi au Viêt Nam des « appelés » et par les images que diffuse la télévision. Devant l'impuissance américaine à obtenir une victoire rapide, la contestation fleurit sur les campus universitaires et gagne tout le pays. Aux prises avec un déficit budgétaire aggravé, L. B. Johnson alterne bombardements intensifs sur le Nord et propositions de trêve conditionnelle. Bien que lourdement frappé, le Nord ne cède pas. Il dispose d'atouts d'une importance croissante : la mauvaise conscience de l'Occident, l'appui des partis frères et des courants neutralistes, l'assistance matérielle de l'URSS et de la Chine, qui permet à l'Armée populaire d'acquérir enfin un armement moderne et standardisé.

   L'offensive communiste généralisée, dite « offensive du Têt » (30 janvier 1968), menace Huê ainsi que Saigon. La base de Khe Sanh, harcelée depuis novembre 1967, est attaquée en force dès la mi-février et subit un siège de 77 jours. L'offensive du Têt est finalement un échec militaire mais l'armée américaine a été mise en difficulté. Le retentissement est grand dans l'opinion publique américaine. L. B. Johnson renonce à un nouveau mandat et décide d'arrêter sans conditions les bombardements au Nord (mai 1968). Des négociations préliminaires aboutissent à l'ouverture officielle de la conférence de Paris (janvier 1969).

Le retrait américain (1969-1973)

La politique de « vietnamisation » de Richard Nixon, qui succède à L. B. Johnson au début de 1969, vise à un retrait total des forces terrestres après renforcement des armées sud-vietnamiennes. En revanche, les forces navales et aériennes bénéficient d'un accroissement notable. De 1969 à 1972, événements militaires et diplomatiques sont étroitement liés. La poussée des forces américaines et sud-vietnamiennes au Cambodge (30 avril 1970), destinée à saper le soutien logistique des pistes Hô Chi Minh, entraîne la suppression par le Congrès des pouvoirs spéciaux du président américain concernant la guerre du Viêt Nam. Profitant du retrait unilatéral des États-Unis, la République démocratique du Viêt Nam procède à une nouvelle attaque généralisée le 30 mars 1972. Les États-Unis réagissent en minant par avion les ports d'arrivée des cargos soviétiques et chinois ; l'armée sud-vietnamienne réussit à dégager An Lôc, Kontum et la route de Phnom Penh. Mais, tandis que les manifestations contre la guerre se multiplient aux États-Unis, R. Nixon ouvre la voie à un accord en acceptant le rapatriement total des troupes américaines en cas de cessez-le-feu et en renonçant à exiger l'évacuation du Sud par les forces populaires. Après une ultime résistance du sudiste Nguyên Van Thiêu, qui refuse le maintien de forces communistes sur son territoire, et une suspension des pourparlers par Hanoi, un accord de cessez-le-feu est signé à Paris le 27 janvier 1973.

La fin de la guerre (1973-1975)

Le Sud-Viêt Nam de Thiêu et le Nord-Viêt Nam communiste sont désormais seuls face à face. Il apparaît vite que le Conseil national de concorde et de réconciliation prévu à Paris en attendant des élections est un leurre. À l'intransigeance de Thiêu, qui lance un appel au combat, répond la détermination de Hanoi à réunifier le pays par la force. Dès octobre 1974, le Nord considère officiellement les accords de Paris comme caducs et engage les préparatifs de l'invasion. Les conditions semblent favorables : malgré des effectifs importants et quelques corps d'élite, l'armée sudiste est moralement fragile, à l'instar d'une population civile lasse, hostile à un pouvoir corrompu et atteinte par une pauvreté chronique. Les États-Unis se désintéressent de leurs anciens protégés, auxquels ils réduisent leur aide.

   En mars 1975, les communistes lancent une nouvelle offensive d'envergure. Quang Tri, Huê, Da Nang sont abandonnées presque sans combat. Thiêu quitte le pouvoir au profit de Minh (21 avril). Les blindés nord-vietnamiens mettent fin à des tentatives de négociations en entrant à Saigon le 30 avril 1975. La réunification s'est réalisée sans la réconciliation promise, et la soumission du Sud à la férule du Nord s'est traduite par les drames de la rééducation et de l'émigration des boat people.

   Pour en savoir plus, voir les articles campagnes d'Indochine, Viêt Nam.

Plan de l'article
À voir aussi dans Larousse
Médias
  • La guerre du Viêt Nam, 1967
  • Richard Nixon, fin de la guerre du Viêt Nam
Encyclopédie

Voir plus

Chronologie