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U.G.T.

sigle de Unión general de trabajadores

Organisation syndicale espagnole créée en août 1888 à Barcelone par des syndicats socialistes.

Depuis Barcelone, où elle a son siège jusqu'en 1899, l'U.G.T. étend son influence à l'Espagne entière soutenant des grèves importantes en 1911 à Bilbao, et en 1912 dans les chemins de fer. Elle compte alors près de 130 000 adhérents. En 1916, le mécontentement ouvrier, dû à la hausse importante du coût de la vie, pousse l' U.G.T. à organiser avec la Confédération nationale du travail anarchiste la grève générale du 18 décembre. Le succès de ce mouvement amène les deux confédérations syndicales à lancer pour le mois d'août 1917 un mot d'ordre de grève générale illimitée en vue d'obtenir des améliorations substantielles des conditions de vie ouvrières. La sanglante répression militaire qui se produit à cette occasion n'empêche pas les grèves de reprendre au printemps de 1918 en Andalousie, puis en Estrémadure et au Levant sous l'égide de l' U.G.T. tandis que en Catalogne, le mouvement contrôlé par la C.N.T. donne lieu à de violents affrontements. Contre toute attente, l'U.G.T. accorde son soutien à la dictature militaire que le général Primo de Rivera y Orbaneja installe en septembre 1923 avec l'accord du roi. Le secrétaire général de l'U.G.T., Francisco Largo Caballero, devient conseiller d'État en 1924. Cependant, en août 1929, la pression populaire contraint l'U.G.T. à rompre avec le gouvernement et à se prononcer pour un régime républicain. À nouveau réunies, U.G.T. et C.N.T. dirigent en 1930 dans les principales villes du pays d'importantes grèves politiques qui préparent la proclamation de la république (14 avril 1931).

Recueillant les fruits de leur activisme, les deux centrales syndicales voient affluer en leur sein les adhérents (958 000 pour l'U.G.T., 1 200 000 pour la C.N.T. à la fin de l'année), tandis que la nouvelle Constitution républicaine ne reconnaît ni le droit syndical ni le droit de grève. Si les années 1932-1933 sont dominées par les actions révolutionnaires de la C.N.T., qui donnent lieu à une forte répression gouvernementale, l'U.G.T. prend le relais en 1934. En octobre, elle prend le pouvoir avec les socialistes dans les Asturies. La reconquête militaire (1 335 morts), la fermeture des locaux syndicaux et politiques provoquent le rapprochement des socialistes et des communistes. En janvier 1936, l'U.G.T. est partie prenante dans la constitution du Frente popular (Front populaire) avec les partis de gauche mais sans les anarchistes. La victoire électorale du Frente popular en 1936 est un encouragement à la généralisation des grèves pour les forces syndicales (C.N.T. et Fédération des travailleurs agricoles de l'U.G.T.).

Le 18 juillet 1936 se produit le soulèvement militaire qui inaugure trois ans de guerre civile. L'U.G.T., au sein de laquelle l'influence communiste progresse, y prend une part importante et son secrétaire général, Francisco Largo Caballero, accède à la tête du gouvernement. L'U.G.T., qui entend privilégier la guerre contre les nationalistes (à l'inverse de la C.N.T. qui privilégie la révolution sociale), voit ses effectifs progresser (1 904 000 adhérents en 1938) tandis que ceux de la C.N.T. stagnent autour de 550 000. La victoire du général Franco en mars 1939 se traduit par l'interdiction des syndicats républicains et l'instauration de syndicats officiels dévoués au régime et seuls autorisés jusqu'à la mort du général, en 1975. Durant cette longue période, l'U.G.T. est absente de la scène sociale espagnole. Elle ne réapparaît qu'en 1976, toujours liée au parti socialiste, et reconquiert sa place de première centrale syndicale à partir de 1982. Apparaissant complémentaire d'un parti socialiste revenu au pouvoir la même année, l'U.G.T. est cependant conduite, à la fin des années 1980, pour sauvegarder son influence, à prendre ses distances à l'égard de ce même parti socialiste.