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Suisse : géographie physique

Lac des Quatre-Cantons
Lac des Quatre-Cantons

Surtout montagneuse, la Suisse se compose de trois ensembles : le Jura, le plateau suisse ou Mittelland et les Alpes, qui couvrent environ 60 % du territoire et surplombent les vallées du Rhône et du Rhin. Au sud, les Alpes Pennines dominent la plaine du Pô. Entre les Alpes et le Jura, le Mittelland est plutôt un ensemble de collines et de vallées qui s'abaissent vers le sud.

1. Les régions

1.1. Le Mittelland

Présentation générale

Entre Jura et Alpes se glisse du S.-O. au N.-E., du lac Léman au lac de Constance, la plus importante région de Suisse : le Mittelland. Sa surface occupe environ le tiers de la Suisse. Région vitale du pays, le Mittelland, ou Moyen Pays, ou « plateau suisse », occupe la zone déprimée (350 m au confluent Aar-Reuss-Limmat).

Le site relatif d'abri et le mélange des sols font du Mittelland la grande zone agricole suisse pour les céréales, la betterave sucrière, voire le tabac ou les vergers. Mais la multiplicité des carrefours y a surtout attiré le commerce et l'industrie, les capitaux et les habitants : le Mittelland concentre sur moins du tiers de la Suisse plus des deux tiers de sa population et presque toutes ses grandes villes.

Les aspects physiques

L'écartement croissant, du sud au nord, entre Jura et Alpes, fait que la région mesure 10 km à la latitude de Genève, mais 70 entre Schleitheim et Ebnat. Deux cours d'eau la drainent : au sud-ouest, le Rhône avec le lac Léman ; dans le reste du Mittelland, le Rhin. Ce n'est que sur une faible étendue, au sud du lac de Constance, que le drainage est direct vers le Rhin. Plus à l'ouest, il se fait par l'intermédiaire de l'Aar. La ligne de partage des eaux, d'une importance capitale par ses conséquences sur le plan humain, traverse le Mittelland, passant par le seuil du Valais et longeant le lac Léman au nord de Vevey.

Le relief

Le lac Léman est situé à 372 m d'altitude, le lac de Constance à 396 m. Les altitudes les plus basses du Mittelland se situent ainsi aux alentours de 400 m. Les cours d'eau, issus des Alpes, sont à leur débouché dans le Mittelland à des altitudes très variables : 558 m au lac de Thoune, 434 m au lac des Quatre-Cantons, 406 m au lac de Zurich, mais 670 m au débouché de Saint-Gall.

Le Mittelland doit sa formation aux Alpes. Accumulées sur près de 3 000 mètres d'épaisseur, les couches de sédiments, comme les formations de molasse arrachées aux montagnes en surrection, ont formé une vaste dépression ondulée, dans laquelle la molasse tertiaire voile le soubassement secondaire. Sa base est constituée par la molasse oligocène et miocène. Les faciès sont variés ; grès et marnes prédominent. La tectonique est simple : à proximité du Jura, les couches sont légèrement ondulées ; par contre, dans la plus grande partie du Mittelland, elles sont horizontales. Localement, la molasse peut être affectée de flexures ou de failles. L'horizontalité est réalisée surtout dans le pays de Vaud, qui est aussi appelé le plateau suisse. Dans la Suisse alémanique, l'encaissement des vallées est plus net et le relief plus varié.

Entre les vallées s'alignent des chaînons dont les altitudes dépassent 1 000 m : le Gibloux (1 206 m) dans le Mittelland de Fribourg, le Napf (1 408 m) dans celui de Berne et le Hörnli (1 136 m) dans le Mittelland de Zurich.

De larges étendues de molasse sont recouvertes d'éléments quaternaires. Les glaciations ont laissé des traces importantes : en effet, à l'époque du maximum glaciaire, le Mittelland a été presque totalement recouvert par les glaces. Les glaciations quaternaires ont ouvert des sillons et dégagé des interfluves selon une direction sensiblement sud-nord. Pour les conditions de la vie agricole actuelle, c'est l'époque würmienne qui a été décisive. Dépôts, formes glaciaires et périglaciaires déterminent bien des paysages du Mittelland. Le glacier du Rhône, s'étendant vers le nord sous forme d'éventail jusqu'à la ligne Bienne-Zurich, a largement influencé l'hydrographie du Mittelland méridional. Les glaciers de l'Aar, de la Reuss, de la Limmat, de la Thur et celui du Rhin ont également marqué le relief dans la partie nord. Par contre, les zones épargnées par les glaciers, par exemple le Schwarzenburger Land entre les glaciers du Rhône et de l'Aar, ont subi pendant l'époque würmienne l'érosion fluviale, notamment celle de l'Aar et de ses affluents. Parmi les formations récentes, il faut signaler l'édification de deltas dans les lacs (lacs de Zurich, de Zoug, de Sempach).

Les limites du Mittelland avec les régions encadrantes du Jura et des Alpes ne sont pas faciles à tracer : il y a souvent interpénétration, sur le plan des influences humaines, d'une région à l'autre.

Le climat

Le Mittelland offre un climat modéré, avec des précipitations de 1 000 mm par an, un ensoleillement annuel de 1 700 heures et des températures moyennes annuelles comprises entre 7 °C et 9 °C. À Berne (572 m d'altitude), la température moyenne est de – 1,1 °C en janvier et de 18 °C en juillet. Les précipitations s'élèvent à 1 000 mm, avec un maximum de juin à août (juin, 118 mm ; juillet, 116 mm ; août, 114 mm). Aucun mois n'a moins de 53 mm (février). L'ensoleillement annuel est de 1 759 heures, contre 1 693 à Zurich. Les étés sont donc relativement tièdes, les hivers, pas trop froids. À Zurich, les températures moyennes mensuelles varient de 0,6 °C en janvier à 18 °C en juillet.

Les aspects régionaux

En partant du sud vers le nord, il est possible de distinguer les régions suivantes : le pays de Genève, le pays de Vaud, le Mittelland fribourgeois, le Mittelland bernois, le pays de Lucerne, l'Argovie, le Mittelland zurichois, la Thurgovie.

Le pays de Genève

L'originalité du pays de Genève vient de la présence du lac Léman. En plus, la région est située à 100-200 m plus bas que le Mittelland du Nord. La cuvette de Genève est dans l'ombre pluviométrique du Jura.

Au Quaternaire, pendant les époques interglaciaires, le Rhône était bloqué par du matériel morainique dans la région de l'Écluse. De ce fait, l'eau s'accumula jusqu'à une altitude de 425 m ; à l'époque würmienne, son niveau tomba à 405 m ; il est de 372 m aujourd'hui. Ces changements expliquent la topographie actuelle, et notamment la présence de terrasses. La métropole protestante et internationale qu'est Genève a contribué à marquer de son sceau le paysage. Genève commande à une partie de la Suisse. L'agriculture, favorisée par le climat, est intensive.

Le pays de Vaud

Le canton de Vaud est à cheval sur les trois régions suisses. C'est une des plus importantes zones de passage. Les altitudes s'échelonnent entre 400 et 700 m, en moyenne. Le glacier du Rhône a laissé des traces importantes. De tout le Mittelland, c'est la région la plus rurale : les moraines de fond constituent de bons sols. Les labours dominent et la rotation la plus courante est l'association trèfle-céréales. L'élevage par stabulation exprime l'intensité de l'agriculture. L'habitat est groupé en villages-rues ou en villages-tas.

Le protestantisme donne à cette région un certain caractère austère. Les villes sont de taille réduite. Lausanne, centre tertiaire, est aussi le centre culturel du pays de Vaud. Mais, alors que cette ville est encore marquée par les influences rhodaniennes, le nord du pays de Vaud est déjà plus rhénan.

Le Mittelland fribourgeois

Le Mittelland fribourgeois est une région frontalière : la frontière linguistique passe par la ville de Fribourg. Dans le canton de Fribourg, 85 % des habitants sont catholiques, les deux-tiers sont francophones et un tiers germanophones. Mais ni les différences linguistiques ni les différences religieuses ne se répercutent dans les paysages. L'agriculture ressemble encore à celle du pays de Vaud, quoique l'habitat dispersé prenne, ici, une importance considérable. La vigne n'est pas absente. Tabac, betterave à sucre, maïs sont fréquents. À proximité des Alpes, les villages s'orientent davantage vers l'élevage, notamment pour la fabrication de fromage autour de Gruyères. Les villes sont rares : aussi l'influence de Fribourg est-elle déterminante.

Le Mittelland bernois

Tout le canton de Berne ne fait pas partie du Mittelland. Les altitudes dépassent parfois 2 000 m. Les glaciers du Rhône et de l'Aar ont exercé une influence considérable : la vallée de l'Aar a été considérablement élargie par son glacier entre Thoune et Berne. Le Mittelland bernois est constitué d'une série de vallées et plateaux. Le Schwarzenburger Land, non englacé à l'époque würmienne, a des sols pauvres, et l'habitat y est fréquemment isolé. Vallées de la Gürbe, de l'Aar, de l'Emme constituent des cellules agricoles particulières. Dans les vallées, l'assolement triennal l'emportait, mais dans les fermes isolées l'absence de contraintes a permis toutes les évolutions. La prospérité agricole des fermes était, souvent, liée au minorat, système successoral qui attribuait l'héritage au fils le plus jeune. À proximité des Alpes, la Grasackerwirtschaft (prairies) gagne en ampleur. Les fromageries de l'Emmenthal étaient mondialement célèbres dès 1800 .

L'ensemble de la région vit sous l'influence de la capitale fédérale, Berne, dont le rayonnement s'étend rapidement.

Le pays de Lucerne

Le canton de Lucerne s'étend essentiellement dans le Mittelland. Les cours d'eau issus des Alpes, les lacs découpent le pays en petites unités géographiques. L'influence des Alpes est grande tant sur le plan hydrologique et climatique que sur le plan morphologique et pédologique. Les villages sont localisés sur la bordure montagneuse, alors que vers l'ouest les fermes isolées sont nombreuses. C'est l'élevage qui l'emporte, même si dans cette dernière région règne la Grasackerwirtschaft. Quelques villes médiévales expriment l'ancienneté de l'urbanisation et des fonctions commerciales. L'industrie, liée à la force hydraulique, est dispersée. Toutefois, une certaine concentration se réalise autour de Lucerne (électrotechnique, fibres synthétiques, confection, industries alimentaires).

L'Argovie

L'Argovie correspond avant tout aux parties inférieures des vallées de la Limmat, de la Reuss et de l'Aar.

À l'ouest, l'Aar argovienne coule dans une gouttière le long du Jura. Par contre, toute une série de cours d'eau issus des Alpes (Murg, Wigger, Suhr, Wina, Reuss, Limmat, etc.) donnent à cette région une densité hydrographique inégalée. En plus, ils font de la région une des grandes zones de passage entre Fossé rhénan et Alpes. Mais, malgré cette densité, le relief reste relativement simple. Il n'y a aucune ville importante, mais une multitude de bourgs et de petites villes tournées vers le commerce et l'industrie. Celle-ci est très diversifiée : textiles, produits alimentaires, métallurgie, bois. Baden, station thermale dès l'époque romaine, est aussi le siège du puissant konzern d'électrotechnique Brown, Boveri et C. (BBC), expression de la technologie suisse.

Le Mittelland zurichois

Le Mittelland zurichois englobe le sud du lac de Zurich ainsi que la zone de Schaffhouse. Le rapprochement des Alpes et du Jura tabulaire est l'élément physique fondamental. Le lac de Zurich est né de fractures alpines qui ont leur prolongement dans le bassin molassique.

Sur le plan économique, la région se caractérise par une très nette interpénétration de l'industrie et de l'agriculture : l'urbanisation des campagnes est quasi complète. Grâce à la présence de Zurich, la métropole économique de la Suisse, la région possède un poids considérable à l'intérieur de la Confédération.

La Thurgovie

L'une des régions de la Suisse du Nord-Est, la Thurgovie s'ouvre, grâce au voisinage du lac de Constance, sur les régions alémaniques de l'Allemagne méridionale. La partie méridionale est un pays de collines où les moraines expliquent souvent les traits essentiels du paysage. La vallée de la Thur, parallèle au lac de Constance, forme, avec les rives de ce dernier, l'axe essentiel du pays. L'agriculture porte déjà des caractères rhénans : l'arboriculture est intensive et la vigne apparaît. Le paysage rural prédomine, mais l'industrie, plus importante qu'il ne paraît, anime bourgs et petites villes, notamment Arbon.

1.2. Les Alpes

Elles occupent 62 % de la superficie du pays. Si la partie suisse ne renferme pas les éléments les plus élevés de la chaîne, par contre elle abrite la majeure partie des glaciers : près de 2 000 km2, soit près de la moitié des glaciers alpins.

Chaîne de montagnes récente, les Alpes présentent à la fois des paysages englacés (mont Rose, Bernina), des faces rocheuses dénudées (Eiger, Säntis) et de profondes vallées glaciaires (Rhône, Rhin). Reliées par des cols élevés, ces dernières sont accessibles toute l'année grâce à la mise en œuvre de moyens modernes de déneigement. L'altitude moyenne se tient aux alentours de 1 700 m, plusieurs centaines de sommets dépassent 3 000 mètres. Les Alpes se partagent selon la vallée nord-sud du Rhin.

Deux grandes zones alpines peuvent se distinguer à l'intérieur de la Suisse : les Préalpes calcaires, qui frangent le Mittelland à l'est, et, plus à l'est, les hautes Alpes cristallines et charriées. Cependant, la géographie régionale ne se calque pas toujours sur le milieu physique. Rhin, Rhône et Inn introduisent des facteurs de variété. Le relief cloisonné a favorise le développement du particularisme suisse : l'histoire de la Confédération est largement liée aux Alpes, l'esprit montagnard a profondément marqué la mentalité suisse. Ce milieu rude n'est pourtant pas délaissé l'agriculture y est très moderne malgré quelques archaïsmes qui se maintiennent grâce aux conditions topographiques et climatiques, l'industrie a été renouvelée par l'hydroélectricité et le tourisme est une des principales branches économiques de la Suisse.

Le climat

À l'approche des Alpes, les variations locales et régionales deviennent si particulières que l'on peut parler d'un climat spécifique alpin ou périalpin, caractérisé par des vents locaux, un refroidissement altitudinal et des précipitations orographiques. Le fœhn est un vent connu pour ses tempêtes capables d'arracher les toitures des chalets et même des arbres.

Du fait de l'importance des dénivellations, les Alpes présentent de grands contrastes saisonniers et diurnes. À Davos (1 588 m d'altitude, dans les Grisons), la moyenne thermique de janvier est de – 6,3 °C. Elle est de – 0,2 °C à Sion (548 m d'altitude, dans le Valais), de – 8,7 °C à Säntis (2 501 m d'altitude, au sud de Saint-Gall), de 2,3 °C à Lugano (276 m). Par contre, en juillet, les chiffres sont respectivement de 11,6 °C à Davos, 19,6 °C à Sion, 5 °C à Säntis et 21,3 °C à Lugano. Dans le Sud, les influences méditerranéennes sont plus nettes. Quant aux précipitations, elles reflètent également une grande diversité : 2 480 mm à Säntis, 1 007 mm à Davos, 1 726 mm à Lugano, 2 570 mm dans les Préalpes, au-dessus de Leysin (influence des vents d'ouest), mais seulement 592 mm à Sion. Les vallées, bien exposées ou abritées, contrastent avec les massifs, qui sont de véritables châteaux d'eau. La vigne est encore cultivée dans le Valais. Mais ici plus qu'ailleurs, exposition (adret, ubac) joue un rôle déterminant.

L'ensoleillement est également variable, mais ne désavantage pas systématiquement la haute montagne. Davos compte 1 666 heures d'ensoleillement par an, Säntis 1880, contre 1 699 pour Neuchâtel, 1 672 pour Montreux, 1 971 pour Lausanne et 1 979 pour Genève pour moins de 1 500 dans les Préalpes du Nord, déjà plus humides. Saint-Moritz, avec 1 805, se place encore bien. Les stations du Tessin sont les plus favorisées : Locarno, 2 286 ; Lugano, 2 101. L'ensoleillement privilégie les stations de montagne. En hiver, certaines de celles-ci présentent un ensoleillement d'une durée double ou triple de celle de certaines villes de plaine. Ainsi l'ensoleillement, en décembre, est de 37 heures à Zurich, 52 à Bâle, 46 à Berne, 29 à Neuchâtel, mais de 117 heures à Säntis, 80 à Saint-Moritz, 115 à Montana, 79 à Davos, 102 à Lugano. Cette situation se répète de novembre à février. Les stations d'altitude sont ainsi favorisées en hiver sur le plan de l'ensoleillement, qui n'est pas à confondre avec celui des températures.

Les aspects régionaux

Le Valais

Le Valais correspond, essentiellement, à la zone de drainage du Rhône, s'étirant sur 120 km, du Saint-Gothard vers l'ouest. Sur le plan morphologique, le Valais appartient en quasi-totalité aux massifs centraux. Au sud-ouest, les Alpes Pennines, considérées comme résultant d'un soulèvement oligocène et d'un décapage ultérieur, dominent abruptement un liseré sédimentaire au bord de la plaine du Pô. Plus à l'est, dans le massif du mont Rose, la pointe Dufour est le point culminant du pays (4 633 m). Le Rhône, entre Loèche-la-Ville (Leuk) et Martigny, coule dans une gouttière au contact du massif cristallin et de sa couverture secondaire. Les glaciers actuels occupent 18 % de la surface du canton du Valais. Ce dernier est original sur le plan climatique. La vallée du Rhône, encadrée de montagnes culminant à 3 000-4 000 m, est un îlot de sécheresse. Du fait des vents ascendants, l'ensoleillement, est important, dépassant 2 120 heures par an à Sion. La faiblesse des précipitations (570 mm à Riddes) rend l'irrigation nécessaire : l'eau est apportée grâce à un système de canaux (les bisses). La vallée du Rhône est un milieu privilégié.

Le Valais est un canton montagnard. Toutefois, le centre du Valais présente un aspect presque horticole : l'arboriculture y est pratiquée intensivement (pommes, abricots, pêches). S'y ajoutent des cultures légumières (tomates, asperges). Les coopératives agricoles prennent une grande part à cette activité. Mais c'est surtout la vigne qui marque une partie du Valais : importante à partir de Loèche-la-Ville, vers l'aval, elle s'étend sur plus de 3 000 ha et monte jusqu'à 920 m d'altitude, à Venthône. La récolte représente le tiers du total suisse (dont 10 % de vins blancs).

Le fond de la vallée a été aménagé afin de réduire les effets des crues et gagner des terres nouvelles.

Les vallées latérales ont gardé leur originalité : c'est le cas du val d'Anniviers. Une exploitation agricole peut avoir des terres situées entre 520 et 2 800 m d'altitude. Les migrations de travail sont ainsi très complexes.

L'industrie ne se marque guère dans les paysages. Pourtant, l'hydroélectricité a bouleversé l'économie. Il en va de même du tourisme, qui constitue pour certaines communes l'essentiel des revenus (Zermatt, Sion, Martigny, etc.). La haute vallée du Rhône est traversée par la frontière linguistique : le bois des Finges marque la limite des deux aires linguistiques. Le tunnel du Simplon ouvre le Valais sur l'Italie.

Le Tessin

Le Tessin est le seul canton suisse situé sur le versant sud des Alpes. Il forme un triangle dont la base, longue de 50 km, s'adosse au massif de l'Aar-Gothard. Sa pointe méridionale s'enfonce sur 90 km et approche la plaine du Pô. La partie nord du Tessin appartient au domaine des roches cristallines. Le Tessin est relié au versant nord des Alpes par le col et le tunnel du Saint-Gothard. À l'approche des grands lacs italiens, la couverture secondaire constitue l'essentiel des roches. La masse montagneuse forme une protection remarquable contre les influences climatiques du nord. Aussi le Tessin est-il une zone privilégiée. Les hivers sont relativement doux, les étés, chauds. Déjà s'annoncent les aspects méditerranéens (élevage du mouton, vigne). Mais les hautes vallées se dépeuplent. L'industrie est moins développée que dans les autres cantons suisses. L'hydroélectricité n'a touché que les hautes vallées. Chaque vallée constitue un milieu particulier. Les plus peuplées sont celles qui débouchent sur les lacs. Là, l'agriculture est intensive, notamment dans le val Leventina, traversé par le Tessin, qui débouche sur le lac de Lugano, et dans le val Maggia, qui débouche sur le lac Majeur.

Le tourisme devient la première des activités économiques. Son essor explique l'accroissement démographique des petites villes : Locarno, Ascona, Ronco, Bellinzona (chef-lieu du canton du Tessin). La population du canton s'élevait à 118 000 habitants en 1850. Elle est de 333 000 habitants en 2010.

Les Grisons

La complexité physique est, ici, plus grande que dans le Valais et le Tessin. Les deux tiers de la surface sont drainés vers le Rhin. Le reste l'est essentiellement vers le Danube par l'intermédiaire de l'Inn. L'Engadine est séparée du reste des Grisons par une ligne de partage des eaux d'importance européenne. Sur le plan morphologique, les Grisons appartiennent aux massifs centraux alpins et sont apparentés à la zone austro-alpine. Ils culminent dans les Alpes Rhétiques, au pic de la Bernina (4 049 m). Malgré leur morcellement, les Grisons souffrent d'un certain isolement : c'est le cas en particulier des vallées méridionales (Mesocco, val Bregaglia, Poschiavino et Münster). Dans le canton des 150 vallées, les grandes vallées, encadrées par des massifs de plus de 2 000 m d'altitude, présentent des fonds plats. Les cols sont situés à plus de 2 000 m (Splügen, 2113 m, Flüela, 2 383 m, Strela, 2 350 m, Ofen, 2 149 m, Saint-Gothard, 2 108 m). Les terrains improductifs (montagnes, glaciers, lacs, cours d'eau) couvrent la majeure partie de la superficie, ce qui exprime bien le caractère montagnard du canton des Grisons. L'agriculture est de type alpin : les alpages constituent souvent les meilleures terres. Seulement 1 % des terres est situé à moins de 600 m d'altitude, 10 %, à moins de 1 200 m, mais 68 % au-dessus de 1 800 m. Aussi la plupart des fermes associent-elles l'exploitation des terres de vallées et les alpages.

Sur le plan de l'habitat, l'originalité des Grisons vient des îlots d'habitations de Valaisans (Avers, Vals, Davos, Arosa). Les Valaisans se sont établis à partir du xiiie s., surtout dans les hautes vallées, au niveau des alpages. Habitant dans des fermes isolées, ils ignorent les assolements et les alpages communaux.

L'hydroélectricité et le tourisme ont bouleversé l'économie du pays. Le canton possède, hormis Coire, la ville principale, des stations touristiques, qui comptent parmi les plus importantes de Suisse : Saint-Moritz, Arosa, Pontresina, Valbella, Flims, Dorf, Davos.

Le massif de l'Aar-Gothard (ou Alpes bernoises)

Le massif de l'Aar-Gothard constitue la haute montagne délimitée par le Rhône à l'est et le Mittelland à l'ouest : c'est le domaine des grands sommets qui ont fait la réputation de la Suisse (Jungfrau, Mönch, Eiger, Wildhorn, les Diablerets) et du plus grand glacier d'Europe (le glacier d'Aletsch).

Les vallées principales (Simmental, vallée de Kandersteg, Haslital) sont déterminées par la tectonique. À l'est, le massif de l'Aar est constitué de roches cristallines. Vers l'ouest, la couverture sédimentaire autochtone forme les régions au contact du Mittelland molassique.

Les Alpes bernoises sont fragmentées en petites unités : Simmental, Frutigland, vallées de la Lütschine (ou vallées de Lauterbrunnen et de Grindelwald), Haslital, régions lacustres de Brienz et de Thoune, avec le lac de Thoune.

Les paysages agraires dominent. L'élevage, grâce à l'exploitation des prés et alpages, détermine les revenus paysans. C'est dans la Haslital que l'hydroélectricité est le plus répandue. Mais le tourisme ouvre le pays sur l'extérieur : les stations touristiques les plus importantes sont Grindelwald, Mürren, Wengen, Beatenberg.

Les Alpes du nord de la Suisse

Il s'agit des Alpes de Glaris et des Alpes de Thurgovie. Le fait physique dominant est la prépondérance du domaine préalpin plissé calcaire, couverture secondaire de moindre altitude décollée et entraînée par un soulèvement pliocène du sud vers le nord, où elle s'est empilée et ridée sur la molasse du Moyen Pays. L'ouverture des vallées se fait, nettement, sur le monde germanique.

Les systèmes de cultures sont intensifs et varient avec l'altitude : au fur et à mesure que celle-ci diminue, les labours augmentent. Les densités sont fortes. Dans le canton de Saint-Gall, elles dépassent 220 habitants par km2. Certaines zones montagneuses dépassent 100 habitants par km2 (comme à Werdenberg). C'est que l'industrie a pénétré profondément la montagne, dès le xixes., permettant de distinguer nettement les Alpes du Nord des autres régions alpines suisses. Le travail du textile anime les vallées des Alpes de Glaris, qui coïncide grossièrement avec le canton de Glaris. Si les villes ne sont pas de taille considérable, elles sont présentes dans toutes les vallées.

1.3. Le Jura suisse

Les aspects généraux

Le Jura suisse est une montagne périphérique, plissée et calcaire. Il s'étend, à l'ouest du lac Léman jusqu'au nord de Zurich, sur 10 % du territoire. Il comprend la partie orientale de la chaîne jurassienne, qui s'épanouit surtout en France. Vers l'ouest, la frontière est peu marquée. A l'est, la retombée sur le Mittelland se fait sous la forme d'une véritable muraille. La chaîne se continue, toutefois, vers le nord, à travers les cantons de Bâle et de Schaffhouse, pour reprendre vigueur à travers le Jura souabe et le Jura franconien. Le Jura est à l'écart des grands axes de circulation. Aucun fleuve important, à l'exception du Rhin, ne le draine sur des étendues importantes. Les rivières, rares, suivent les vals ou coupent les monts en cluses étroites selon un cours en baïonnette. Cette faiblesse du réseau hydrographique est à mettre en rapport avec le fait que les roches jurassiques et crétacées qui composent le Jura sont à dominante calcaire, d'où les nombreuses formes karstiques. Bien des régions, surtout dans le sud du Jura plissé, sont confrontées au problème de l'eau, malgré des précipitations relativement élevées.

Issu de la surrection alpine, le Jura est une moyenne montagne qui apparaît comme un faisceau de plis, serrés et élevés au sud (la Dôle, 1 680 m ; le mont Tendre, au nord-est du lac Léman, 1 683 m ; le Chasseron, 1 611 m), de direction S.-O.-N.-E. Le faisceau s'élargit vers le centre ; les plis prennent plus d'ampleur aux environs de Bâle-Schaffhouse, donnant parfois un paysage tabulaire aux altitudes proches de 600 m. Ce n'est que dans le Jura souabe et franconien que les plis ont plus de vigueur. Constituant une frontière entre la Suisse et la France, il forme une barrière caractérisée par l'absence de vallées transversales. La direction d'ensemble s'explique par la présence de môles de résistance (Vosges, Forêt-Noire) lors de l'orogenèse tertiaire. Le Jura, dont la Suisse possède les parties est et nord-est, est formé de sédiments mésozoïques plus calcaires que marneux.

Les bons sols sont rares. L'importance du lessivage tend à la décalcification : d'où, assez paradoxalement, un manque de chaux pour des sols installés sur les roches calcaires. Les meilleurs sols, riches en humus, se situent dans les dépressions ou sur les terrasses fluviales. Sur le plan agricole, le bilan naturel n'est donc pas très favorable. La densité des populations n'en est que plus étonnante.

Le climat

Le Jura présente des données de moyenne montagne. La dissymétrie avec le Jura français est évidente. Les sommets reçoivent plus de 2 m de précipitations, alors que le versant oriental est plus sec. Neuchâtel ne reçoit que 981 mm. Dans cette dernière station, la température de janvier est de 0 °C en moyenne, contre 18,4 °C en juillet. Les conifères apparaissent vers 800 m pour disparaître à 1 600 m d'altitude.

Les aspects régionaux

Le Jura plissé

Le rebord oriental, le Jura plissé, correspond à une zone de plis aux ondulations assez régulières axées du S.-O. au N.-E.. Les vallées longitudinales l'emportent presque toujours, elles correspondent à des creux synclinaux (vaux, comme le Val de Joux), encadrés par des voûtes anticlinales (monts), comme celui du mont Tendre, parfois évidés en combes. Le relief inversé n'est pas absent. L'altitude, vigoureuse au sud-ouest (au mont Tendre), s'abaisse au nord-est, où les plis le cèdent aux plateaux, du sud de Bâle à Schaffhouse. Le Jura forme ainsi un réel obstacle, renforcé par la rudesse du climat froid et humide, que la route et le rail ont percé plus récemment : tunnels du Hauenstein et du Mont-d'Or. Les passages transversaux sont rares. Souvent les routes sont obligées de franchir les monts par des cols élevés (la Vue des Alpes, entre La Chaux-de-Fonds et Neuchâtel, 1 283 m).

Les hautes vallées

Il s'agit des hautes vallées du pays de Vaud, de celles du canton de Neuchâtel, c'est-à-dire des vallées de Joux, de la Brévine, du Locle, de La Chaux-de-Fonds. L'altitude y dépasse presque toujours 1 000 m. Ces vallées correspondent presque toutes à des synclinaux ; les bassins y sont nombreux, ce qui en accentue le caractère autarcique. Le fond des vallées et des dépressions est recouvert de matériel tertiaire ou glaciaire. L'habitat est limité à la périphérie des vallées, et les villages-rues sont fréquents. L'agriculture obéit à une zonation géologique et climatique : les champs montent jusqu'à 1 200 m ; vers les sommets, prairies et forêts dominent. Les pâturages forestiers sont nombreux dans cette région où le défrichement a été tardif. La région du Locle a été défrichée au Moyen Âge, grâce à des lettres de franchise accordées par les seigneurs aux colons.

L'horlogerie a été introduite en partant de Genève. Ce sont des Juifs alsaciens qui sont, pour une part, à l'origine de l'organisation du commerce. Le développement de l'horlogerie a créé un paysage très original, celui des hautes vallées urbanisées, bien que les villes aient plutôt l'aspect de très gros bourgs. Les vallées où l'industrie est absente restent des réservoirs de main-d'oeuvre. Les mouvements de travailleurs migrants ont pris de l'ampleur. Seules les hautes terres se dépeuplent.

Toutefois, les difficultés éprouvées lors des crises mondiales, la concurrence des États-Unis et du Japon ont conduit à un changement d'orientation qui touche surtout le Jura du Sud. Ce dernier se tourne de plus en plus vers la production d'appareillage électrique et la photographie (Vallorbe, Sainte-Croix). Le tourisme est présent (sports d'hiver à Saint-Cergue et à Sainte-Croix). Vallorbe est sur la frontière française.

Les basses vallées

Les basses vallées sont le val Saint-Imier, le val de Travers, la vallée de Tavannes, le val de Ruz et le val de Balsthal. Les altitudes se situent autour de 700 m. Le drainage est, ici, subaérien, alors que dans les hautes vallées il est fréquemment souterrain. Les conditions thermiques accroissent les possibilités d'une agriculture intensive. L'estivage du bétail est une pratique courante, qui entraîne une dissociation de l'habitat : villages groupés dans la vallée et exploitations estivales dispersées sur les versants (métairies, vacheries).

Les conditions hydrauliques permettent l'installation d'usines électriques. Aussi l'industrie y est-elle plus diversifiée que dans les hautes vallées : horlogerie et cimenterie à Saint-Imier ; poteries à Balsthal.

Les basses vallées permettent des liaisons avec l'intérieur du Jura et la France et sont les axes préférentiels pour les relations intrajurassiennes. Toutes sont parcourues par le chemin de fer. Par leurs conditions climatiques plus clémentes, et par leur diversification, elles annoncent la bordure orientale du Jura.

Le Vignoble

Le Vignoble est un gigantesque adret où l'ensoleillement peut dépasser 2 000 heures par an. Les conditions climatiques favorables sont à l'origine de deux activités importantes qui manquent au Jura des chaînes : la vigne et le tourisme.

Les sols de décomposition du calcaire conviennent à la culture. Malheureusement, les trop fortes pentes sont un obstacle à une exploitation rationnelle, et il a fallu y remédier en édifiant des terrasses. Les rendements dépassent 75 hl/ha. Dans le canton de Neuchâtel, la surface cultivée est de 600 ha, dans celui de Vaud, de 3 300 ha et dans celui de Genève, de 1 000 ha. Les cépages blancs l'emportent partout, et la vigne est généralement d'un bon rapport.

Quant au tourisme, il bénéficie, outre d'un climat clément, d'excellentes voies de communication, de sites magnifiques, de richesses historiques et architecturales considérables. Les sites lacustres ont déterminé l'essor de stations balnéaires. Neuchâtel, Bienne sont les grands centres du tourisme. Mais les villages viticoles attirent aussi un nombre croissant de visiteurs. C'est une publicité pour l'écoulement de la production vinicole.

L'industrie prend des allures plus variées (à Neuchâtel : horlogeries, chocolateries [Suchard], constructions électriques).

Aussi n'est-il pas étonnant que le chapelet de gros bourgs et de villes du Vignoble rassemble des densités très fortes (500 habitants au km2).

La transition avec le Jura tabulaire s'opère par la région des Franches-Montagnes.

La région des Franches-Montagnes

La région des Franches-Montagnes est située entre le val Saint-Imier et le Jura bâlois (région de Delémont). Ici, les plis sont moins visibles, car ils ont été attaqués par l'érosion : ils forment un plateau d'une altitude maximale de 1 000 m.

L'aspect général du paysage est celui de pâturages boisés. L'absence de relief, c'est-à-dire l'absence d'abri, détermine des conditions climatiques rudes. L'habitat, dans l'ensemble, est dispersé : chaque ferme est isolée au milieu de ses terres, groupant forêts, prés, pâturages et champs. Cette région a été le grand centre suisse de l'élevage du cheval, autour de Saignelégier. C'est une région assez isolée, par rapport au reste de la Suisse. Delémont est la seule localité de quelque importance, mais elle appartient autant aux Franches-Montagnes qu'à l'Ajoie. Tout au nord-ouest, Boncourt est près de la frontière française. L'attraction du Fossé rhénan et de Bâle s'intensifie. La région des Franches-Montagnes est un district du canton du Jura.

Le Jura tabulaire

D'altitude plus basse, le Jura tabulaire présente des conditions climatiques plus favorables. Il apparaît comme une vaste surface légèrement inclinée vers le sud. Les vallées sont, ici, les facteurs de régionalisation.

Tectoniquement, le Jura tabulaire est tributaire du fossé rhénan. L'absence de môle de résistance a permis des plissements moins serrés, d'où un aspect tabulaire en relation avec des plis en coffre. Sur le plan hydrologique, dans la partie nord, les cours d'eau convergent vers le Rhin (Birse, Ergolz, Aar). De ce fait, les influences rhénanes gagnent le Mittelland.

Les lacs, surtout ceux de l'avant-pays (lac de Joux, lac de Neuchâtel, lac de Bienne), épousent les directions tectoniques.

À l'ouest, l'Ajoie est quelque peu isolée. Les défrichements ont été importants et les vallées sont intensément utilisées. On y pratique l'assolement triennal amélioré. Les arbres fruitiers font leur apparition. L'habitat est groupé, par opposition à celui des Franches-Montagnes. Ces deux régions constituent des réduits francophones au sein du Jura bernois, qui est, lui, dans l'ensemble, germanophone, ce qui a entraîné la création d'un 23e canton dans la Confédération, le canton du Jura, en 1979. La ville principale est Porrentruy, sur la route de Delémont à Belfort, en France.

La vallée de la Birse

La vallée de la Birse est le prolongement vers le sud de la plaine d'effondrement du Rhin supérieur. L'agriculture y trouve de bonnes conditions naturelles. Les localités de la basse vallée constituent déjà la grande banlieue de Bâle.

Le Jura bâlois

Le Jura bâlois va de la Birse jusqu'à Rheinfelden. Le plateau est découpé par cinq vallées confluentes. Le travail industriel domine : l'hydroélectricité a joué un grand rôle dans la naissance de l'industrie moderne. Liestal, chef-lieu du demi-canton de Bâle-Campagne, est une ville industrielle. Olten, plus au sud, est un des grands carrefours ferroviaires de la Suisse. Mais l'influence de Bâle et de sa banlieue (dont Allschwil, Muttenz et Riehen) domine toute la région.

Le Jura de Schaffhouse

Trois petites régions peuvent être distinguées : à l'ouest, le Klettgau, ancienne vallée du Rhin où arboriculture et viticulture déterminent le paysage ; au centre, le Randen, table calcaire en partie boisée (Schaffhouse, ville-pont, grâce à l'hydroélectricité, a vu se développer d'importantes activités industrielles, dont la métallurgie et les chutes du Rhin sont une attraction touristique) ; à l'est, le Hegau, surmonté d'une double rangée de culots volcaniques, encore rural.

2. L'hydrographie

Château d'eau de l'Europe, la Suisse se partage entre quatre grands bassins fluviaux : du Rhin (68 % du pays), du Rhône, des affluents suisses du Pô et, enfin, de l'Inn, qui rejoint le Danube, tributaire de la mer Noire.

Situé à l'est du massif de l'Aar (ou Alpes bernoises), le massif du Saint-Gothard donne naissance à deux grands fleuves : le Rhône qui coule vers l'ouest sous la forme d'un torrent et se jette dans le lac Léman, d'où il ressort à Genève ; le Rhin antérieur, qui coule vers le nord-est et s'unit, dans les Grisons, au Rhin postérieur pour former le Rhin, au régime nivo-glaciaire, qui sépare la Suisse de l'Autriche, puis de l'Allemagne. Le bassin rhénan est drainé par un grand nombre d'affluents (Sarine, Reuss, Limmat, Thur...) dont le plus important est l'Aar (295 km) ; née dans le massif de l'Aar, elle coule vers le nord, arrose Berne, puis se dirige vers le nord-est pour se jeter dans le Rhin en amont de Bâle.

La Suisse est également un pays de nombreux lacs d'origine glaciaire. Le plus grand, le lac Léman (à 370 m d'altitude, 582 km2), dans le bassin du Rhône, est partagé entre la Suisse (348 km2) et la France ; le lac de Constance (540 km2) l'est entre la Suisse, l'Autriche et l'Allemagne. Au Tessin, le lac Majeur (512 km2), ainsi que le lac de Lugano (48 km2), sont partagés entre l'Italie et la Suisse. Les autres lacs importants, sur le Plateau, sont le lac de Neuchâtel (216 km2), à 429 m d'altitude ; le lac des Quatre-Cantons (114 km2), à 434 m ; le lac de Zurich (88 km2), à 406 m ; le lac de Thoune (48 km2) ; le lac de Bienne (42 km2) ; le lac de Zoug (38 km2), et le lac de Brienz (30 km2).

Les glaciers, quoique en retrait depuis un siècle et demi, couvrent encore 3 000 km2 et constituent d'importantes réserves d'eau, surtout pour l'été ; celui d'Aletsch, dans le Valais, s'allonge sur 27 km, pour une surface de 117 km2.

3. La végétation

Le pays se répartit en quatre domaines de superficies à peu près égales : montagnes incultes, pâturages d'altitude, domaines forestiers, terres cultivables. La faible étendue des surfaces utiles explique l'importance accordée dans ce pays à la protection de la nature : ainsi, la forêt est protégée depuis la fin du xixe s. ; on ne peut actuellement réduire sa surface, chaque défrichement devant être compensé par un reboisement. Les versants mal exposés (ubacs) des vallées alpines et les forêts jurassiennes sont les régions les plus riches en conifères. Au voisinage des lacs, à faible altitude et sur le Mittelland, les feuillus ont tendance à s'imposer. Les fortes dénivellations aidant, il est aisé d'observer la succession des ceintures végétales, du couvert méditerranéen à la toundra arctique. À l'agriculture de plaine succède la culture de la vigne (souvent en terrasses), la forêt de feuillus, la forêt mixte, les pâturages et la forêt de conifères, la pelouse alpine, et enfin la zone des neiges persistantes. Plantes et fleurs de montagnes sont elles aussi soigneusement protégées.

4. La faune

En raison de l'activité humaine, la faune est peu abondante sur le Mittelland. C'est surtout en montagne que se rencontrent le chevreuil, le chamois, le renard, la marmotte et divers oiseaux alpins (lagopèdes, aigles). Grâce à la création de réserves naturelles, comme en basse Engadine, le gibier a pu se reconstituer.

Pour en savoir plus, voir les articles population de la Suisse et activités économiques de la Suisse.