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Russie : géographie physique

Lac Baïkal
Lac Baïkal

Étendue sur plus de 9 000 km d'ouest en est, depuis la mer Baltique jusqu'à l'océan Pacifique (soit onze fuseaux horaires), la Fédération de Russie est, de loin, le plus vaste État du monde (plus de trente fois la superficie de la France). Elle est formée, essentiellement, de plaines et de plateaux, des montagnes apparaissant toutefois dans le sud (Caucase, confins de la Mongolie et de la Chine) et dans l'est du pays, en bordure du Pacifique.
L'Oural constitue une barrière traditionnelle entre la Russie d'Europe à l'O. et la Russie d'Asie (la Sibérie) à l'E. La latitude, mais surtout l'éloignement de l'océan et le relief expliquent la continentalité (forts écarts de température) du climat, marquée vers l'E., avec des hivers très rigoureux, ainsi que la disposition zonale des formations végétales : du nord au sud se succèdent la toundra, la taïga, les feuillus et les steppes herbacées.

1. Un pays coupé en deux

La Fédération recouvre deux grandes régions séparées par la chaîne de l'Oural : la Russie d'Europe et la Russie d'Asie, qui, à elle seule, constitue 75 % du territoire.

1. La Russie d'Europe

À l'ouest de l'Oural, la Russie proprement dite présente un relief tabulaire (plate-forme russe), dont l'altitude modérée et la monotonie des paysages résultent des nivellements successifs du socle précambrien et de l'importance des formations superficielles quaternaires qui masquent la variété des affleurements géologiques. Au nord, le socle cristallin affleure dans la presqu'île de Kola, tandis que dans le reste de la Russie septentrionale la couverture morainique atténue les accidents du relief (plateau du Valdaï, 343 m). Véritable château d'eau, pourtant, ces faibles hauteurs donnent naissance à la Volga, au Don et au Dniepr, ainsi qu'aux fleuves côtiers de la mer Baltique (Dvina occidentale). En Russie centrale et méridionale, où les dépôts quaternaires d'origine éolienne (lœss) sont moins épais et plus discontinus, les ondulations apparaissent plus vigoureuses (bombement de Koursk). Entre la mer Noire et la mer Caspienne, la Russie possède le versant nord du massif du Caucase, l'un des éléments du système alpino-himalayen, le mont Elbrous (5 642 m) constituant le point culminant de la Fédération. Chaîne hercynienne de 2 000 km de long, l'Oural se dresse jusqu'à 1 894 m d'altitude mais ne constitue guère une véritable barrière entre les deux grandes régions de la Fédération, les cols ne dépassant pas 500 m d'altitude. Ce faisceau de crêtes au relief de type appalachien s'élargit vers le sud et renferme 12 000 gisements métallifères répertoriés.

2. La Russie d'Asie

La Russie d'Asie, abusivement nommée Sibérie (qui ne constitue que sa partie occidentale), s'étend jusqu'à l'océan Pacifique. La plaine de Sibérie occidentale est traversée par l'Ob (et son affluent, l'Irtych), qui se jette, au nord, dans l'océan Arctique, mais elle reste mal drainée du fait de l'absence quasi générale de pente. La partie septentrionale est ainsi recouverte de marais, tandis qu'au sud ce sont les steppes qui prédominent. Plus à l'est, entre le Ienisseï et la Lena, se trouve le vaste plateau de Sibérie centrale, qui s'élève entre 500 et 1 000 m d'altitude sous la forme de plateaux étagés, traversés par les vallées encaissées des trois Toungouska (Toungouska Inférieure, Tougounska Moyenne, Angara).

Au sud de cette zone, les massifs anciens de l'Altaï et du Saïan se rattachent au système hercynien de l'Oural et culminent à 3 000 m d'altitude. Enfin, le littoral pacifique est bordé d'arcs montagneux volcaniques : plissement tertiaire du Kamtchatka, monts Verkhoïansk (ère secondaire), monts Stanovoï

Les plus grands fleuves de Russie

Les plus grands fleuves de Russie

Fleuve

Longueur (km)

Superficie du bassin (km2)

Débit (m3/s)

Ob

4 345 km

2 990 000 km2

12 400 m3/s

Lena

4 270 km

2 490 000 km2

16 100 m3/s

Volga

3 690 km

1 360 000 km2

8 000 m3/s

Ienisseï

3 354 km

2 600 000 km2

19 800 m3/s

Olenek

2 292 km

220 000 km2

 

Don

1 870 km

422 000 km2

935 m3/s

Petchora

1 790 km

322 000 km2

4 000 m3/s

2. Des mers peu accessibles

Si la Russie a hérité de la plupart des littoraux de l'U.R.S.S., ses 40 000 km de façade maritime restent souvent difficilement utilisables. Au nord, les mers bordières de l'océan Arctique gèlent une grande partie de l'année. À l'ouest et au sud, la mer Baltique, la mer d'Azov et la mer Noire sont éloignées de l'océan Atlantique, avec lequel elles communiquent par une série de détroits. La mer Caspienne, qui constitue le plus grand lac du monde, fait l'objet d'âpres négociations entre les différents pays riverains en raison de ses richesses en hydrocarbures. La façade pacifique, à l'est, est en revanche largement ouverte sur l'Océan, mais son éloignement du centre de la Russie lui laisse un rôle assez marginal.

3. Des conditions climatiques extrêmes

La latitude (90 % de la Russie se trouve au nord du 50e parallèle), mais surtout l'éloignement de l'Océan et la disposition du relief expliquent la continentalité du climat, de plus en plus marquée vers l'est, avec des hivers très rigoureux (les minima absolus enregistrés atteignent −43 °C à Moscou et −68 °C à Verkhoïansk, en Sibérie orientale). Les mers n'ont qu'un très faible effet modérateur, et l'absence de relief laisse les vents glacials du Nord s'engouffrer loin à l'intérieur des terres. Seul le nord du Caucase ignore la longueur et la rigueur de l'hiver : plus des deux tiers du territoire, en effet, connaissent six mois de gel consécutifs et des moyennes de janvier inférieures à −20 °C. Le pergélisol (sol gelé en permanence), que l'on nomme en Russie merzlota, couvre 59 % du territoire, sa profondeur pouvant atteindre 1 500 m en République de Sakha. Le printemps est généralement bref et soudain, le dégel (raspoutitsa) provoquant de nombreuses crues et transformant la surface du sol en boue. Il laisse vite place à un été chaud (moyennes de juillet supérieures à 15 °C au sud du cercle polaire) et relativement sec avec des averses orageuses.

Les précipitations sont beaucoup plus importantes dans la Russie européenne qu'à l'est de l'Oural, cette chaîne formant une véritable barrière climatique en dépit de la faiblesse de son altitude.

4. La disposition zonale des formations végétales

4.1. La toundra

La frange septentrionale de la Russie appartient au domaine de la toundra (15 % du territoire), aux sols souvent dénudés, parfois recouverts d'une végétation rase (arbres nains, mousses et lichens).

4.2. La taïga

Au sud de cette bande, entre le cercle arctique et le 60° de latitude Nord, s'étend la zone forestière boréale, ou taïga, aux sols acides (podzol), pauvres en humus ; d'une moindre extension en Europe, elle s'élargit vers l'est pour recouvrir la quasi-totalité de la Sibérie. Elle occupe ainsi 60 % du territoire de la Fédération. Souvent humide en raison de l'abondance des marais et des tourbières, elle est dominée par les résineux (mélèzes, pins et cèdres en Sibérie, sapins et épicéas en Russie d'Europe), mais regorge de feuillus (bouleaux, trembles) lorsque les effets de la continentalité s'atténuent.

4.3. La steppe boisée et les terres noires

Le sud du pays est le domaine de la steppe boisée et des terres noires (tchernozem) : alors qu'elles forment une large bande dans la partie européenne, celles-ci s'amenuisent vers le sud-est pour n'occuper qu'un mince liseré de la Sibérie méridionale. Ce sont des sols très riches, quoique très fragiles, dont la fertilité est accrue par d'importants dépôts lœssiques.

4.4. La frange méridionale de la Russie

La frange méridionale de la Russie (nord du Caucase, delta de la Volga) est constituée, en revanche, de sols bruns ou salins subarides, nettement moins fertiles mais néanmoins favorables à l'élevage. Le littoral de la mer Noire, au sud-ouest, est quant à lui propice aux cultures tropicales (agrumes, thé) grâce aux précipitations abondantes et à ses sols rouges.

Pour en savoir plus, voir les articles population de la Russie et activités économiques de la Russie.