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Russie : activités économiques

Saint-Pétersbourg
Saint-Pétersbourg

Les ressources naturelles sont à la mesure de l'étendue du pays, de loin le plus vaste du monde (plus de trente fois la superficie de la France). La Russie se situe parmi les premiers producteurs mondiaux de pétrole et de gaz naturel, de minerai de fer (et aussi d'acier). Mais la situation est moins brillante dans les branches élaborées (électronique, chimie, plastique, automobiles), dans l'agriculture aussi, où le volume de la production (blé et pomme de terre), du cheptel (bovins et porcins) ne doit pas masquer la faiblesse des rendements (secteur affecté de surcroît, en 2010, par une canicule accompagnée d'incendies dévastateurs).
En réalité, la Russie paie la rançon d'une planification centralisée et dirigiste, ainsi que le manque de stimulation, d'innovation, de responsabilité propre à l'appropriation collective des moyens de production et à leur gestion, ignorant les lois du marché dans un espace longtemps isolé commercialement. Elle subit les conséquences du déclin des échanges avec les territoires limitrophes et l'ancienne Europe de l'Est. Elle souffre enfin de phénomènes plus « naturels » : les aléas climatiques, la distance (fréquente dissociation spatiale entre ressources et besoins).
Après la dissolution de l'URSS, la Russie s'est engagée sur la voie de l'économie de marché. Mais la faible compétitivité a multiplié les fermetures d'usines et accru le chômage. Les inégalités sociales se sont développées, ainsi que (localement) les tensions ethniques. Les problèmes de l'environnement, liés notamment à la vétusté des équipements, sont à l'échelle du pays et de la négligence des autorités. Pourtant, malgré ces difficultés et une absence de diversification la rendant très dépendante des exportations de ressources naturelles, l'économie russe reste une puissance notable (fragilisée toutefois aujourd'hui par les effets de la crise mondiale).

1. Le secteur agricole

La restructuration de l'agriculture est un enjeu presque comparable à celui de la collectivisation des terres, dans les années 1920. Plus qu'une simple réforme agraire, l'État doit parvenir à une réorganisation des circuits de transformation et de distribution des produits agricoles. Mais la privatisation des terres se heurte à de forts conservatismes et suscite une profonde déstabilisation du milieu rural. L'ampleur de la tâche est directement liée au poids de l'héritage soviétique : malgré les investissements massifs consentis durant l'ère Brejnev, la productivité n'a cessé de diminuer alors même que les coûts augmentaient ; les pertes (entre 20 et 40 % de la production) enregistrées au cours du transport ou du stockage provoquaient, en outre, de fréquentes pénuries. À la fin des années 1980, la population des kolkhozes montrait une profonde démotivation, tandis que l'exode rural provoquait son vieillissement : mais, attachée à ses acquis sociaux, elle voyait avec crainte le démantèlement du système soviétique.

La privatisation du secteur agricole a débuté en 1990 avec la loi sur l'exploitation paysanne et la loi sur la réforme foncière. La montée du parti agrarien contraint cependant les libéraux au gouvernement à renoncer à l'abandon total du collectivisme. Le réenregistrement des 27 000 kolkhozes et sovkhozes (1991-1992) a occasionné la fermeture des structures non rentables (environ 3 500) ; s'ils étaient plus de 8 000 en 1994 à fonctionner encore sous une forme collective, nombre d'entre eux ont été partagés en fermes privées, grâce à l'octroi d'un lot gratuit à chaque paysan. L'essor du secteur privé est cependant entravé par le sous-équipement (le matériel existant étant le plus souvent obsolète car adapté aux grandes exploitations) : la cherté des nouveaux équipements, additionnée à la rareté du crédit, a ainsi provoqué de nombreux abandons. Les investissements agricoles se tassent, et la diminution des terres arables (13 millions d'hectares en treize ans) témoigne d'une profonde réorganisation qui privilégie désormais la proximité des centres urbains. La politique soviétique, qui favorisait la conquête de nouvelles terres cultivables au détriment de l'amélioration des surfaces existantes, semble abandonnée.

Contrainte d'importer des céréales depuis les années 1960, la Russie est potentiellement capable d'atteindre l'autosuffisance grâce à ses 186 millions d'hectares de S.A.U. (surface agricole utile). Disposant des plus grosses réserves forestières du monde (environ 20 % du total mondial exploitable), la Russie est le premier exportateur mondial de bois.

2. Le secteur industriel

Le gigantesque secteur industriel, héritage de l'ex-U.R.S.S., se trouve aujourd'hui dans une situation catastrophique. Il constituait pourtant la base de la puissance soviétique, grâce à sa grande diversité qui lui assurait une autosuffisance presque complète. Mais, du fait de son fonctionnement en vase clos, la Russie postcommuniste s'est retrouvée dans une ignorance totale du mode de fonctionnement de l'économie de marché, tant dans ses règles que dans le domaine de la compétitivité, ce qui l'empêche, aujourd'hui, de répondre aux nouvelles exigences du consommateur russe et du marché international. La rapidité du processus de libéralisation et de privatisation d'un secteur industriel longtemps monopolisé par l'État a profondément déséquilibré l'économie et la société russes.

2.1. L'abondance des matières premières

L'abondance des matières premières en Russie est exceptionnelle. Cependant, la localisation souvent excentrée des gisements (dans l'Oural et en Russie d'Asie essentiellement) rend la production peu rentable, dans un contexte général de baisse des cours mondiaux. Avec le gisement de Popigaï, en Sibérie orientale, la Russie détiendrait d'immenses réserves de diamant industriel. Le secteur énergétique est aujourd'hui dominé par le gaz naturel (40 % des combustibles) qui profite du gel du programme nucléaire depuis la catastrophe de Tchernobyl en 1986. La compagnie nationale Gazprom détient près du cinquième des réserves mondiales de gaz connues. Gazprom a le monopole sur les gazoducs en Russie. Cette entreprise fournit le quart du gaz consommé en Union européenne, la moitié en Allemagne, la totalité en Finlande, 86 % en Grèce, les trois quart en Autriche, le quart en France. Les gisements de Medvejie, Iambourg et Ourengoï assurent 80 % de la production. Ils sont aujourd'hui en voie d'épuisement. Les gisements de Bovanenkovo et de Zapolyanoye, dans la presqu'île de Yamal, dans le Grand Nord sibérien, sont en production. Les gisements de Chtokman, dans la mer de Barents, le deuxième du monde, et de Sakhaline, en Extrême-Orient, ne sont pas encore opérationnels. La Russie disposerait des plus grandes réserves au monde de pétrole de schiste. Ces réserves se situent principalement en Sibérie occidentale, dans la formation de Bajenov.

2.2. L'entreprise Gazprom

Véritable État dans l'État, fort de 400 000 salariés, Gazprom a également des intérêts dans la production d'électricité, la chimie, les banques, les construction, les médias, et représente 8 % du produit intérieur brut. Les gisements pétroliers les plus accessibles sont épuisés et l'exploitation des réserves lointaines nécessite de lourds investissements qui affectent leur rentabilité. L'électricité provient avant tout des centrales thermiques (71 %).

2.3. La métallurgie

Fer de lance de l'économie soviétique, le secteur métallurgique, et notamment la sidérurgie, se trouve dans une situation déplorable : les industriels ont sacrifié la qualité à la quantité, et l'obsolescence du matériel oblige les entreprises à réduire la production et à améliorer leur compétitivité pour faire face à la concurrence internationale et à la baisse de la demande intérieure. L'industrie chimique avait connu, elle aussi, un développement spectaculaire à partir des années 1960. Mais l'éclatement de l'U.R.S.S. a désorganisé la production et contraint à une forte augmentation des prix. Le complexe militaro-industriel, longtemps considéré comme le secteur de pointe de l'industrie soviétique, subit le choc de la reconversion vers une production à des fins civiles. La construction mécanique connaît également une évolution considérable, tant dans la production que dans les financements.

2.4. La construction automobile

Le secteur de la construction automobile est en pleine croissance, alors que le taux d'équipement des Russes en véhicules est faible. La hausse profite surtout aux constructeurs étrangers, européens ou japonais, qui construisent des usines de production.

3. Le secteur tertiaire

Le secteur tertiaire, sacrifié par le pouvoir soviétique au profit de la production industrielle, connaît depuis la perestroïka un essor remarquable. Le développement des commerces (des simples échoppes aux supermarchés) s'accompagne souvent de pratiques illégales et bouleverse les habitudes de consommation de la population. Toutefois, les services publics, tels que l'éducation et la santé, subissent non seulement les conséquences des restrictions budgétaires de l'État russe, mais aussi la pression de la concurrence privée.

3.1. Les transports

La situation actuelle des infrastructures de transport est extrêmement préoccupante pour l'immense Fédération de Russie. D'une part, l'éclatement de l'U.R.S.S., naguère aménagée comme un espace cohérent, a engendré de nombreuses aberrations avec la multiplication des frontières. D'autre part, il s'avère que la privatisation des transports a des conséquences désastreuses compte tenu de la lourdeur des investissements à effectuer. La faiblesse du secteur n'est pas nouvelle, malgré les efforts réalisés par le passé, notamment dans les chemins de fer. La vétusté des équipements (avions, voies ferrées, camions) compromet toutefois les chances de modernisation d'un pan crucial de l'économie russe.

3.2. Le commerce extérieur

Dans ses échanges extérieurs, la Fédération de Russie fait encore une nette distinction entre l'« étranger proche » et le reste du monde. Avec les anciennes républiques soviétiques, la création d'un « marché commun » se heurte aux enjeux politiques et aux questions monétaires. Cependant, en 2007, la Russie a signé un accord avec le Kazakhstan et la Biélorussie visant à mettre en place une union douanière.

La Russie occupe encore une très faible part dans le commerce mondial. La structure des échanges révèle, par ailleurs, les déséquilibres et les fragilités de l'économie russe : la Fédération exporte des produits bruts (surtout des produits énergétiques) et importe des biens de consommation et d'équipement. Son principal client est l'Union européenne, suivie de très loin par la Chine, la Turquie, l'Ukraine, le Japon et les États-Unis. La Russie devient membre de l'Organisation mondiale du commerce (O.M.C.) en 2012. Cette adhésion signifie d'abord une diminution des droits de douane russes.

4. Relations internationales

Après trois ans de fermeture, la frontière terrestre est rouverte en 2010 avec la Géorgie. Ce poste-frontière, appelé Verkhni Lars en Russie, est le seul point de passage entre les deux pays qui ne se trouvent pas dans les régions séparatistes géorgiennes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie.

5. Les arrondissements fédéraux de la Fédération de Russie

L'extrême tension suscitée par l'éclatement de l'U.R.S.S. est retombée grâce à la nouvelle Constitution du 12 décembre 1993. La Fédération de Russie, qui s'est substituée, à la fin de 1991, à la République socialiste fédérative soviétique de Russie, compte désormais 83 territoires égaux en droits. Contrairement à l'époque soviétique, il n'existe plus de hiérarchie entre les diverses divisions administratives, que l'on peut diviser en deux grands groupes : d'une part, les entités « nationales » (21 républiques, 1 région autonome et 4 arrondissements autonomes (okrougs), et, d'autre part, les entités administratives (9 territoires (kraïs), 46 régions (oblasts), 2 villes fédérales, Moscou et Saint-Pétersbourg). Si le risque d'éclatement de la Fédération (structurée en 2000 en 7 arrondissements fédéraux) semble aujourd'hui écarté, les rapports entre les régions et le pouvoir central s'est considérablement modifié.

5.1. Le Centre

Cet espace de 654 000 km2 forme le cœur historique, économique et politique de la Fédération. Il compte 37 millions d'habitants, dont 40 % vivent dans la région de Moscou. Le refuge constitué par les hauteurs du Valdaï, puis le développement du commerce fluvial ont favorisé la création de nombreuses villes fortifiées dans la haute Volga (Iaroslavl, Souzdal). La région a grandement profité de la construction d'un réseau de canaux permettant de relier les mers entre elles. Elle s'est développée principalement autour de la capitale, Moscou, devenue une vaste mégapole de plus de 11 millions d'habitants, qui apparaît d'autant plus tentaculaire et hypertrophiée que les autres villes du Centre peinent à remplir leur rôle régional. L'arrêt de l'exode rural au profit de Moscou doit passer par une modernisation des pôles à vocation régionale (Tver, Riazan, Nijni Novgorod).

Aujourd'hui, les régions centrales regroupent la première concentration industrielle du pays : constructions mécaniques (machines-outils, machines agricoles…), matériels de transport (chantiers navals, aéronautique, automobiles), industries de base (bassin houiller de Moscou, usines chimiques), industrie textile… L'exode rural et la baisse continue de la production n'ont pu être enrayés, malgré les programmes de restructuration lancés dans les années 1970.

Le sud-ouest, près de l'Ukraine, bénéficie à la fois des excellents sols constitués par les fertiles terres noires et d'un sous-sol riche en fer (anomalie magnétique de Koursk), mais sa nouvelle situation frontalière la prive de nombreuses infrastructures de transport indispensables à son développement. De plus, la production des céréales, des betteraves à sucre, du maïs et du tournesol stagne depuis une trentaine d'années en raison, notamment, de l'immensité des exploitations et de la difficile cohabitation avec l'exploitation minière.

5.2. Le Nord-Ouest

L'ouverture maritime que constitue cette région a, depuis plusieurs siècles, profondément influencé son organisation territoriale. La possibilité d'utiliser, au nord, la mer de Barents et la mer Blanche, et, au Nord-Ouest, la mer Baltique, libérait la Russie de la contrainte des détroits turcs. La perte des pays Baltes (Lettonie, Lituanie, Estonie), en 1991, a laissé la région de Kaliningrad en exclave sur la Baltique (séparée du reste de la Russie par la Lituanie) et a renforcé la position de l'ancienne capitale, Saint-Pétersbourg, devenue, depuis la nouvelle Constitution de 1993, ville fédérale au même titre que Moscou. Fondée par Pierre le Grand en 1703, la deuxième ville de Russie (5 millions d'habitants) tente aujourd'hui de compenser les handicaps de son site par une politique économique dynamique. Ses anciennes fonctions administratives lui ont permis de rester un pôle universitaire et de recherche de tout premier ordre. En revanche, cette grande ville industrielle peine à reconvertir son complexe militaro-industriel, qui employait la majeure partie de la main-d'œuvre industrielle.

La région septentrionale de la Russie partage avec la Sibérie une grande richesse minérale et forestière. Ainsi on exploite, au nord-ouest, des gisements métalliques (fer, nickel) et, au nord-est, des combustibles fossiles (hydrocarbures, charbon). L'industrie du bois est également très développée.

5.3. La Volga et l'Oural

La région de la Volga a été aménagée dans les années 1960. Si les revendications de souveraineté émanant de plusieurs républiques (notamment du Tatarstan) ont été pacifiquement négociées, c'est que cet espace est particulièrement stratégique : le bassin de la Volga, le plus grand fleuve d'Europe avec ses 3 690 km de long, regroupe en effet le tiers de la population de la Fédération, et ses riches terres noires sont d'une grande fertilité. L'aménagement du fleuve, qui connaît des crues annuelles importantes, a transformé l'ensemble de la région grâce à l'irrigation des steppes ; neuf barrages régulent son débit, et la production d'électricité atteint 40 milliards de kWh par an (centrales de Toliatti, Naberejnyie Tchelny). Les réserves en hydrocarbures du Second-Bakou ont permis l'implantation d'usines chimiques très diversifiées.

La région de l'Oural correspond à la partie méridionale de la chaîne montagneuse et déborde largement sur la Sibérie. Son incroyable diversité minérale fait d'elle la deuxième force industrielle de la Russie (20 % de la production). Mais de graves problèmes de reconversion touchent désormais les fondements de sa richesse et de son développement, à savoir l'industrie lourde. Si les quatre combinats de Nijni Taguil, Tcheliabinsk, Magnitogorsk et Orsk-Novotroïtsk forment le premier centre sidérurgique du pays, leur avenir passe par une modernisation indispensable et onéreuse. Les constructions mécaniques spécialisées dans le domaine de l'armement, mais aussi le matériel lourd (tubes, rails, wagons), connaissent également des difficultés majeures dues à la baisse de la demande. Les tentatives de diversification industrielle passent, aujourd'hui, par l'ouverture sur l'étranger et un indispensable rapprochement avec le Kazakhstan voisin.

5.4. Le Nord-Caucase

La région du Nord-Caucase se trouve dans une situation économique relativement favorable (rendements en progression, meilleure gestion des cultures). La faiblesse de l'industrie, hormis aux alentours de la mer d'Azov, ne fait cependant qu'accentuer sa situation périphérique. Le littoral de la mer Noire jouit d'un climat doux qui permet la production d'agrumes et de thé ; le tourisme (Sotchi, plus de 300 000 habitants) y est assez développé, mais subit toutefois la concurrence de projets portuaires. Dans les piémonts caucasiens, la polyculture (vigne, céréales, tabac…) occupe une place de choix dans l'économie régionale.

Enfin, le Caucase proprement dit, peuplé de multiples ethnies très différenciées, est en proie à une forte instabilité (guerre en Tchétchénie). Le jeu politique des pouvoirs successifs, tant tsaristes que soviétiques, sur cette région frontalière a empêché son développement. L'élevage pastoral traditionnel n'a pas su se moderniser et les tentatives de diversification de l'économie locale (tourisme, industries minières) sont freinées par les troubles récurrents.

5.5. La Sibérie

Si cette immense région présente tous les traits d'un front pionnier, sa partie méridionale, néanmoins, a été colonisée très tôt. Malgré la rudesse du climat, de nombreuses terres agricoles (23 % des terres arables russes) ont été mises en valeur autour de la ligne de chemin de fer du Transsibérien ; la plupart de la population réside le long de cet axe ferroviaire à partir duquel ont été développés des réseaux vers le nord. La Sibérie possède certains atouts, avec, notamment, le Kouzbass, véritable région industrielle et urbanisée où l'on extrait du charbon (qui permet une importante production sidérurgique), et les énormes potentialités minérales de la Sibérie septentrionale. Le développement de la production d'hydrocarbures en Sibérie occidentale permettait, en 1992, de fournir 70 % du pétrole et 90 % du gaz naturel de la Russie. Toutefois, les conditions d'extraction dans un environnement particulièrement hostile limitent les espoirs de rentabilité de celui-ci : ainsi le prometteur gisement de lignite du Katek est au point mort. Les distances, le froid (les moyennes de janvier atteignent −45 °C en Sibérie orientale) et le relief montagneux restent de véritables défis technologiques, assurément très coûteux.

5.6. L'Extrême-Orient

La conquête du littoral pacifique a toujours constitué pour la Russie un enjeu davantage politique qu'économique. L'Extrême-Orient russe semble aujourd'hui délaissé par le pouvoir central, ce qui a relancé les velléités centrifuges de la région. Les problèmes avec les pays voisins (contentieux avec le Japon à propos des îles Kouriles), les relations tendues avec la Chine rendent compte du poids stratégique et militaire de cette zone. L'importance de la contrebande en provenance de la Chine, avec l'ouverture des frontières et l'immigration clandestine, provoque des réactions hostiles parmi la population russe.

La mise en valeur agricole et industrielle est très limitée : l'influence océanique ne suffit pas à adoucir le climat et le relief accidenté n'offre que de rares espaces cultivables. C'est le commerce maritime et la pêche qui restent les secteurs les plus dynamiques de l'Extrême-Orient, mais le trafic portuaire ne parvient pas à croître de façon significative. Les quelques industries régionales se concentrent sur les rives de l'Amour. La construction de la voie ferrée B.-A.M. (Baïkal-Amour), qui double le Transsibérien à environ 250 km au Nord, a permis l'essor de l'exploitation forestière. Malgré les fortes potentialités, les ressources énergétiques demeurent déficientes et la région se voit contrainte d'importer du charbon de Sibérie.

6. Les sites de Russie classés à l'Unesco

Plusieurs sites de Russie sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco :
– Saint-Pétersbourg : centre historique et ensembles monumentaux annexes ;
Iaroslavl : centre historique ;
– Plateau de Putorana ;
– Lena : parc naturel des Colonnes ;

– Moscou : le Kremlin et la place Rouge ;
– Veliki Novgorod : monuments historiques de la ville et de ses environs ;
– Kolomenskoye : église de l'Ascension ;
– Kazan : ensemble historique et architectural du Kremlin ;
– Ferapontov : ensemble du monastère ;
– Derbent : citadelle, vieille ville et forteresse ;
– Novodievitchi : ensemble du couvent ;
– Kizhi Pogost ;
– Îles Solovetsky : ensemble historique, culturel et naturel ;
– Serguiev Possad : ensemble architectural de la laure de la Trinité-Saint-Serge ;
– Caucase de l'Ouest ;
– Isthme de Courlande ;
– Sikhote-Aline central ;
– Bassin d’Ubs Nuur ;
– Vladimir et Souzdal : monuments ;
– Komi : forêt vierge ;
– Lac Baïkal ;
– Volcans du Kamtchatka ;
– Altaï : montagnes dorées ;
– Île Wrangel : système naturel de la réserve ;
– Arc géodésique de Struve.

Pour en savoir plus, voir les articles géographie physique de la Russie et population de la Russie.