Régime de la France du 25 février 1848 au 2 décembre 1852.
La République est proclamée par le gouvernement provisoire le 25 février 1848, au lendemain de l'abdication de Louis-Philippe. Aussitôt le gouvernement parisien doit tenir compte de la pression populaire et prend un certain nombre de mesures d'esprit démocratique (droit au travail, création des ateliers nationaux, liberté de presse et de réunion). Le 5 mars, le suffrage universel est institué, en vue de l'élection d'une Assemblée constituante (→ assemblée). Cependant, l'aggravation de la crise économique et la persistance de l'agitation politique provoque le mécontentement et l'inquiétude des classes moyennes. Les élections du 23 avril donnent à l'Assemblée constituante une majorité de modérés, qui, en juin 1848, sont confrontés au problème social. La fermeture des ateliers nationaux provoque l'insurrection ouvrière (23-26 juin), écrasée par Cavaignac. La Constitution, promulguée le 4 novembre, confie le pouvoir législatif à une seule chambre élue pour 3 ans (et indissoluble) et l'exécutif à un président élu pour 4 ans (et non rééligible immédiatement). Mais rien n'est prévu en cas de désaccord entre le président et l'Assemblée.
Face à la division des républicains, Louis Napoléon Bonaparte est élu président à une forte majorité le 10 décembre 1848. Aux élections du 13 mai 1849, le parti de l'Ordre (légitimistes, orléanistes, quelques bonapartistes) obtient plus de 450 sièges sur 790. Rapidement, le prince-président entre en conflit avec l'Assemblée législative. Les années 1849-1851 sont dominées non seulement par cette rivalité, mais aussi par la politique réactionnaire de cette Assemblée (expédition de Rome, lois réduisant les libertés de presse et de réunion ; loi Falloux [15 mars 1850] favorisant le clergé dans l'enseignement ; limitation du suffrage universel [31 mai 1850]).
Cette politique et l'échec de la fusion entre légitimistes et orléanistes au lendemain de la mort de Louis-Philippe (1850) favorisent les ambitions du prince-président, qui, détournant le mécontentement populaire à son profit, critique l'Assemblée au cours de voyages en province. L'Assemblée ayant refusé une révision de la Constitution, le prince-président avec ses amis (Morny, Persigny, Saint-Armand) fomente un coup d'État (1er-2 décembre 1851) entériné par plébiscite le 22 décembre. Promulguée le 14 janvier, une nouvelle Constitution organise un régime de transition vers l'Empire. Le chef de l'État, élu pour 10 ans, est maître du pouvoir exécutif. Le législatif est à la fois scindé (Conseil d'État, Corps législatif, Sénat) et affaibli par le principe de la candidature officielle. Le 2 décembre 1852, Louis Napoléon devient empereur.
Voir plus
Voir plus