Régime de la France du 3 juin 1944 (formation du Gouvernement provisoire de la République française) au 5 octobre 1958 (promulgation de la Constitution de la Ve République).
Le Gouvernement provisoire de la République (G.P.R.F.) s'installe à Paris en août 1944, procède à d'importantes réformes de structure (nationalisations, planification) et promulgue des ordonnances et des lois sociales. Une Assemblée constituante, à forte majorité socialiste et communiste, est élue le 21 octobre 1945, qui désigne à l'unanimité le général de Gaulle comme chef de gouvernement (13 novembre). Mais, hostile au projet de Constitution de l'Assemblée, celui-ci démissionne (20 janvier 1946). Dès lors s'ouvre l'ère du tripartisme, associant socialistes, communistes et M.R.P. Ce dernier prend la première place dans la seconde Assemblée constituante, élue le 2 juin, et dont le projet de Constitution est approuvé par référendum le 13 octobre 1946. Le 10 novembre, la première Assemblée nationale est élue au suffrage universel, tandis que Vincent Auriol devient président de la République (16 janvier 1947).
Mais le tripartisme vole en éclats en 1947, lorsque Ramadier, président du Conseil, exclut du gouvernement les communistes, en désaccord avec sa politique sociale et extérieure (guerre d'Indochine). Ceux-ci déclenchent de grandes grèves (juin 1947-novembre 1948), qui aboutissent à la scission de la C.G.T. et à la création de Force ouvrière (décembre 1947). Ce départ amène la constitution d'une coalition du centre, la Troisième Force, qui regroupe, jusqu'en 1952, le M.R.P., les socialistes, les radicaux et les modérés. Le gouvernement doit également faire face à l'opposition des gaullistes, rassemblés au sein du R.P.F. (créé en 1947). L'impossibilité de rassembler une véritable majorité favorise l'instabilité ministérielle. Pendant cette période, le pays achève sa reconstruction et amorce son développement économique, entrepris par le commissariat au plan (J. Monnet), mené grâce à l'aide américaine (plan Marshall). Après le « coup de Prague » (février 1948), la France signe le pacte de l'Atlantique Nord (avril 1949), et se lance parallèlement dans la construction de l'Europe (création de la C.E.C.A., 1951). Le succès du R.P.F. aux élections de juin 1951 et le retrait des socialistes entraînent la dislocation progressive de la coalition.
Après la rupture de la troisième force, le pouvoir est assuré par des ministères de centre droit. Pinay, président du Conseil en 1952, réussit à freiner l'inflation et rétablit la trésorerie (emprunt Pinay). R. Coty accède à la présidence de la République le 23 décembre 1953. Cette période est dominée par l'aggravation des conflits outre-mer. L'agitation politique se développe en Tunisie, au Maroc (1953). Après le désastre de Diên Biên Phu (7 mai 1954), P. Mendès France met fin à la guerre d'Indochine (accords de Genève, 21 juillet). Mais le déclenchement de l'insurrection en Algérie (1er novembre 1954) cause sa chute. Le 1er décembre 1955, le président du Conseil, E. Faure, dissout l'Assemblée nationale, et le Front républicain, constitué par les radicaux et les socialistes, remporte les élections de janvier 1956.
Le socialiste Guy Mollet devient président du Conseil (février 1956-mai 1957) et réalise son programme de réformes sociales. Le gouvernement accorde l'indépendance au Maroc et à la Tunisie (mars 1956), et fait voter la loi-cadre Defferre (juin 1956) accordant l'autonomie à Madagascar et aux territoires français d'Afrique. Il signe le traité de Rome (25 mars 1957) instituant la Communauté économique européenne. Face à la guerre d'Algérie, Guy Mollet obtient les pleins pouvoirs, mais la situation se détériore, et l'expédition de Suez (1956) est un échec. Le gouvernement est renversé. Les gouvernements qui se succèdent alors ne peuvent trouver de majorité solide et ne parviennent pas à résoudre le problème algérien, tandis que l'inflation se développe. La crise gouvernementale (avril-mai 1958) et l'émeute d'Alger (13 mai) favorisent le retour au pouvoir du général de Gaulle, qui devient président du Conseil le 1er juin. La IVe République prend officiellement fin le jour de la promulgation de la nouvelle Constitution (4 octobre 1958), approuvée par référendum le 28 septembre.
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