En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

les Quakers ou Société des Amis

Assemblée des quakers à Londres
Assemblée des quakers à Londres

Le mouvement que créa George Fox (1624-1691) en Angleterre, en 1652, s'inscrit dans le renouveau du protestantisme suscité par la valorisation du sentiment religieux, jusque-là ignoré ou combattu par les tendances dogmatiques ou humanistes de la Réforme.

Fils d'un pieux tisserand du comté de Leicester, George Fox se sentit appelé par des « illuminations du Seigneur » à un ministère itinérant ; il prêchait la communion avec le Christ, niait la prédestination, si importante dans l'œuvre de Calvin, et, surtout, affirmait que Dieu parle directement aux hommes par l'Esprit. Cela condamnait l'Église visible, le clergé, les sacrements et les sanctuaires, autant de médiations qui faisaient écran à la venue qu'attendaient, lors de réunions pieuses, les membres de la secte.

Lors de sa comparution devant un tribunal, Fox aurait dit : « Tremble devant la colère de Dieu », à quoi le juge aurait répondu : « Vous n'êtes que des trembleurs (quakers) ». C'est sous ce surnom qu'ils sont connus, mais ils se nomment en réalité la Société des Amis. Leur grande indépendance, leur valurent, outre les sarcasmes populaires, la persécution des gouvernements.

L'Écossais Robert Barclay (1648-1690), dans l'Apologie de la véritable religion chrétienne, se fit le théoricien de leur doctrine et le prédicateur de leur foi en Angleterre, en Hollande et en Allemagne. William Penn (1644-1718) mit à la disposition de ses coreligionnaires les vastes territoires qu'il avait reçus de Charles II en Amérique. Il y jeta, en 1681, les bases de la colonie de Pennsylvanie et de sa capitale Philadelphie. Ses quatre Frames of government servirent de base à la Constitution de la Pennsylvanie et inspirèrent par leur libéralisme les institutions américaines.

L'originalité des quakers résidait notamment dans leur organisation purement laïque et dans leur attachement à l'inspiration de l'Esprit saint plutôt qu'à l'autorité de l'Écriture. Ils rejetaient les formes traditionnelles de civilité et les repères sociaux, jusqu'au calendrier, condamnant ainsi les structures mêmes de la vie quotidienne et religieuse. Mais leur extrême philanthropie les fit entrer dans l'histoire. En ce qui concerne le travail, ils étaient animés par l'éthique puritaine, mais leur succès commercial aux xviie et xviiie s. fut mis au service de cette philanthropie. Dès l'origine, ils condamnèrent la guerre, en tant que premiers objecteurs de conscience. Ils refusèrent le commerce des esclaves et la traite des Noirs. Ils promurent de nombreuses œuvres humanitaires. C'est ainsi que la mise sur pied, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, du Secours quaker international leur valut, en 1947, le prix Nobel de la paix.

Les quakers n'ont jamais été très nombreux ; on en compte un peu plus de 200 000, répartis surtout en Grande-Bretagne (20 000) et aux États-Unis (environ 110 000).