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Oussama Ben Laden

al-Qaida

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al-Qaida (en arabe « la base »)

Réseau terroriste islamiste créé en 1988 par l'homme d'affaires d'origine saoudienne Oussama Ben Laden.

1. Une organisation islamiste radicale

Constituée à partir d'une base de données (d'où son nom, en arabe, d'« al-Qaida ») destinée à recenser les volontaires transitant dans les camps établis et financés au début des années 1980 par Oussama Ben Laden en Afghanistan, l'organisation a pour objectif initial l'acheminement de fonds et de moudjahidin pour soutenir la résistance afghane face à l'occupation soviétique. Dans cette entreprise, elle reçoit les soutiens logistique et financier de la CIA et de l'Arabie saoudite.

   Après le départ des Soviétiques d'Afghanistan (février 1989), les principaux responsables de l'organisation – le Palestinien Abdullah Azzam, le Saoudien Oussama Ben Laden, les Égyptiens Ayman al-Zawahiri et Mohammed Atef – décident de continuer le djihad et déclarent vouloir unir tous les musulmans. Avec l'aide de groupes islamistes, ils veulent créer un « califat panislamique » en renversant les gouvernements des pays musulmans jugés « non islamiques » et en « purifiant » les territoires musulmans de l'influence occidentale. Ayant prononcé une fatwa à l'encontre des États-Unis qui sont présents dans le pays des Lieux saints, Oussama Ben Laden organise, après la prise de Kaboul par les talibans (septembre 1996), la formation des moudjahidin dans des camps d'entraînement.

2. Une nébuleuse mondialisée

Le réseau se transforme en une nébuleuse constituée de dizaines d'entreprises dans de nombreux pays, de banques établies dans les États du Golfe et ayant des ramifications en Europe (notamment en Grande-Bretagne), de sociétés écran installées au Pakistan, dans les États du Golfe et dans des places offshore (Antilles néerlandaises, Bahamas, Curaçao, etc.). Elle dispose, outre de la fortune personnelle d'Oussama Ben Laden, de ressources financières provenant d'une multitude d'organisations caritatives et humanitaires liées à l'islam, ainsi que de revenus issus des trafics d'armes et de drogue. Difficilement identifiables, ses filières privilégient la hawala (« confiance » en hindoustani), un système de transfert de fonds reposant sur la seule confiance et n'utilisant aucune trace écrite.

   La caractéristique majeure du terrorisme d'al-Qaida est sa mondialisation sous la forme de réseaux qui ne relèvent pas d'une organisation pyramidale structurée. Agissant de manière opportuniste, ceux-ci se manifestent dans les pays et aux moments où les attentats peuvent avoir la plus forte portée politique et émotionnelle. La référence à al-Qaida est le plus souvent un « label » pour des groupes locaux agissant de façon autonome, tant pour leur logistique et leur financement que pour l'organisation opérationnelle des attentats. Forte de plusieurs milliers d'extrémistes musulmans actifs en Égypte, en Arabie saoudite, au Soudan, au Yémen, en Éthiopie, en Somalie, au Pakistan, en Afghanistan, aux Philippines, al-Qaida apporte son soutien à des groupes terroristes qui ont déjà opéré en Algérie, en Érythrée, en Bosnie-Herzégovine, au Kosovo ainsi qu'en Tchétchénie.

3. En guerre contre l'Occident

Soupçonnée d'être à l'origine des attentats contre les ambassades des États-Unis au Kenya et en Tanzanie (août 1996), de l'attentat suicide contre le destroyer américain USS Cole (Aden, 2000), al-Qaida revendique les attentats du 11 septembre 2001 perpétrés à New York, à Washington et en Pennsylvanie, dont le cerveau est le Pakistanais Khaked Cheikh Mohammed. Si les djihadistes impliqués dans ces attentats ont été tués ou arrêtés, Oussama Ben Laden, pourchassé jusque dans montagnes afghanes, parvient à échapper à la traque des forces américaines (il finira par être localisé à Abbottabad, au nord d'Islamabad, où il meurt le 2 mai 2011 lors d'un raid de l'US Navy).

   Depuis, reconstituant ses bases au Waziristan (à la frontière de l'Afghanistan et du Pakistan), l'organisation terroriste a revendiqué plusieurs autres attentats (notammment ceux de Madrid [2004], Londres [2005], Bombay [2006]), et inspiré de nombreuses attaques commises par des groupes apparentés ou se revendiquant de son idéologie.

   Ainsi, en Iraq, le groupe Unification et Djihad, mené par le Jordanien Abu Musab al-Zarkawi, devient en octobre 2004 al-Qaida aux pays des Deux Fleuves : le groupe, responsable de la mort de centaines de chiites en Iraq, revendique notamment l'attentat du 19 août 2003 contre le QG de l'ONU, au cours duquel le représentant des Nations unies en Iraq, Sérgio Vieira de Mello, trouve la mort.

   En Algérie, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) fait connaître, en septembre 2006, son allégeance à l'internationale djihadiste de Ben Laden et devient, à partir de janvier 2007, l'Organisation al-Qaida au pays du Maghreb islamique (AQMI). Le 6 septembre 2007, un attentat d'AQMI vise le président Bouteflika lors de sa visite à Batna, à l'est du pays.

   En janvier 2009, al-Qaida regroupe sous l'appellation Al-Qaida pour la péninsule arabique (AQPA) des djihadistes yéménites et des combattants saoudiens chassés d'Arabie saoudite. AQPA, dont les objectifs sont le renversement de la dynastie saoudienne et celui du pouvoir yéménite allié aux États-Unis, revendique l'attentat manqué du vol Amsterdam-Detroit du 25 décembre 2009, escomptant entraîner les Américains dans une aventure militaire au Yémen.

   Pour en savoir plus, voir l'article terrorisme.