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la Libération

Libération, affiche
Libération, affiche

Période pendant laquelle les Alliés et les patriotes insurgés chassèrent d'Europe occidentale (Autriche, Belgique, Italie, France) l'armée allemande d'occupation (1943-1945).

La Corse fut le premier territoire français métropolitain libéré par les Alliés, entre le 11 septembre et le 4 octobre 1943.

Le débarquement en Normandie, le 6 juin 1944, fut précédé d'une formidable préparation aérienne visant à détruire les usines d'armement allemandes et les moyens de communication en pays occupé (gares de triage et ponts, notamment), d'intenses bombardements sur le mur de l'Atlantique les 2 et 3 juin, et, du côté de la → Résistance intérieure, d'un vaste travail de sabotage. L'opération Overlord comprenait 4 266 navires encadrés par 702 vaisseaux de guerre et protégés par 11 000 avions qui occupèrent le ciel sans partage. Le 12 juin, les Anglo-Canadiens et les Américains tenaient une tête de pont allant de Sainte-Mère-l'Église dans la Manche à l'ouest d'Ouistreham dans le Calvados et passant par Isigny et Bayeux, libérées. Le 27 juin, Cherbourg tombait, mais les Allemands parvinrent à contenir les Alliés jusqu'au 25 juillet, jour où Patton, par la percée d'Avranches, réussit à bousculer les lignes ennemies.

Le 15 août 1944 avait lieu le débarquement de Provence, auquel participa la 1re armée française de De Lattre. La surprise, côté allemand, fut totale : d'une tête de pont bientôt constituée, de Cavalaire à Saint-Raphaël, les Franco-Américains s'engagèrent dans la vallée du Rhône après avoir libéré Marseille et Toulon.

À Paris, le Comité parisien de libération, animé notamment par Chaban-Delmas et le colonel Rol-Tanguy, proclamait le 19 août l'insurrection de la capitale ; il reçut bientôt l'appui de la division Leclerc, détachée à la demande de De Gaulle du front de Normandie, et dont les premiers chars entrèrent dans la capitale le soir du 24 août. Le 25 août, la garnison allemande de Paris capitulait.

À cette date, deux vastes zones sont libérées : la première à l'ouest, de la Seine à la Loire, englobant la Bretagne et la Basse-Normandie et allant jusqu'à Paris, Troyes et Gien ; la seconde au sud-est, de la Méditerranée à Grenoble, et de la frontière italienne au Rhône. Les Allemands battent partout en retraite. Ils se dirigent vers le nord-est ou s'enferment dans des « poches » de résistance sur l'Atlantique : Royan, La Rochelle, Saint-Nazaire, Lorient, Brest, et sur la mer du Nord (Dunkerque).

Le rôle de la Résistance dans la libération de la métropole fut considérable, ainsi que devait le reconnaître le commandant en chef des troupes interalliées, le général Dwight D. Eisenhower, qui compara ses opérations militaires à l'action de quinze divisions travaillant à l'arrière du front ennemi. Le gouvernement américain (qui avait songé à instaurer en France une « administration directe ») fut ainsi obligé de reconnaître le gouvernement provisoire de la République française comme gouvernement légal de la France libérée ; celui-ci s'installa à Paris à la fin d'août 1944.

À la mi-septembre, la plus grande partie du territoire national était libérée, à l'exclusion d'une partie de la Lorraine et de l'Alsace et des « poches » de la résistance allemande. Les 21, 22, 23 novembre, Mulhouse, Metz et Strasbourg étaient prises successivement; à l'aube de l'année 1945, la France tout entière (sauf les « poches », qui capituleront le 8 mai 1945, et Royan, reconquise par la division Leclerc) était libérée.

Pour en savoir plus, voir les articles histoire de la France, IVe République.