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Japon : géographie physique

Île de Hokkaido
Île de Hokkaido

L'archipel nippon est un arc insulaire formant une bordure orientale de l'Asie. Bordé au nord par la mer d'Okhotsk, à l'est et au sud par l'océan Pacifique et à l'ouest par la mer du Japon qui le sépare du continent asiatique, le Japon est un État insulaire dont la superficie terrestre est considérablement augmentée par l'étendue de ses eaux territoriales, couvrant au total 4,51 millions de km2. et comptant officiellement 8 645 îles. L'ensemble s'étend sur environ 3 000 km du nord au sud-ouest, de la latitude de la région lyonnaise à celle du nord du Niger.
De dimension moyenne (environ les deux tiers de la superficie de la France), le pays est formé essentiellement de quatre îles (Honshu, Hokkaido, Shikoku et Kyushu). La montagne domine et la forêt couvre plus de la moitié du territoire. Le volcanisme est parfois actif, alors que les séismes sont souvent accompagnés de raz de marée. L'hiver est rigoureux dans le Nord ; la majeure partie de l'archipel, dans le domaine de la mousson, connaît un été doux et humide.

1. Le relief

1.1. Montagnes, plaines et rivages

La présence des montagnes est massive : les pentes de plus de 15 % forment les trois quarts du pays, les plaines sont généralement périphériques et les rivages très développés. Tels sont les trois caractères du relief japonais. L'archipel nippon est l'un des arcs à concavité tournée vers l'Asie qui limitent celle-ci sur le Pacifique, depuis le Kamtchatka jusqu'aux Philippines. Il s'agit d'un ensemble récent par rapport au continent, né d'une suite de soulèvements et d'affaissements aux ères tertiaire et quaternaire.

L'archipel s'allonge sur environ 3 000 km. Il se rapproche du continent au nord : 320 km entre Hokkaido et la Russie ainsi qu'au sud-ouest : 120 km au détroit de Tsushima entre Kyushu et la Corée, mais s'en éloigne au centre, où la mer du Japon atteint 900 km dans sa largeur maximale. Des quelques vingt mille îles qui le composent, l'essentiel des hommes se concentre sur les quatre plus grandes : Hokkaido, Honshu, Shikoku et Kyushu.

La structure

De ce point de vue, le Japon intéresse en fait six arcs dont les points de rencontre constituent les élargissements de Hokkaido (arcs de Sakhaline, des Kouriles et du Nord-Est) et du centre de Honshu (arcs du S.-O. et des Ryukyu). On y distingue deux zones d'âge et de nature différents : la zone interne à l'O., socle secondaire constitué de roches sédimentaires très plissées et métamorphisé par des intrusions granitiques, et la zone externe, flanquant la première à l'E., formée de matériel tertiaire, lui aussi métamorphisé par des granites du même âge. Une grande fracture transversale, la Fossa Magna, scinde cet ensemble en deux parties.

L'Ouest

La zone externe y montre seule des traces de plissement. Partout cependant le relief résulte d'un quadrillage de failles et de gauchissements qui orientent bassins, vallées et massifs. Les mouvements longitudinaux ont donné naissance au fossé de la mer Intérieure, que prolonge au N.-E. la plaine du Kansai. Un grand escarpement le borde au sud, courant depuis le sud de Kyushu jusqu'à la presqu'île de Kii. Des ondulations transversales commandent les variations de largeur respectives de Shikoku et de la mer Intérieure elle-même.

Vers le N.-E., le morcellement s'accroît : des fossés plus petits recoivent plaines et lacs, dont le lac Biwa. Le bloc soulevé le plus vaste constitue les monts Hida, les Alpes japonaises, qu'un escarpement de faille termine à l'E., sur la Fossa Magna. Au S., (Shikoku et Kii) des reliefs appalachiens subsistent dans la zone externe.

Le volcanisme n'est réellement important qu'à Kyushu, dont le centre est occupé par le mont Aso et sa vaste caldeira. La topographie glaciaire est quasi inexistante, même dans les monts Hida, et seuls l'enneigement et l'alternance du gel et du dégel sont responsables de la topographie de haute montagne que l'on observe ici.

La Fossa Magna

C'est la dislocation essentielle de l'archipel ; elle se poursuit depuis le Pacifique (presqu'île d'Izu) jusqu'à la mer du Japon, et son rebord méridional est jalonné de grands volcans (Fuji, Asama). Ses deux extrémités sont occupées par les deux plus vastes plaines du pays : celle du Kanto (Tokyo) sur le Pacifique et celle de Niigata sur la mer du Japon.

Le Nord-Est

Les directions longitudinales s'y affirment avec une grande netteté : trois chaînes parallèles méridiennes y sont séparées par des cordons de plaines, larges et bien évidées (l'ensemble correspondant ici à l'arc du N.-E.). Une grande dislocation méridienne y sépare notamment à l'est les monts de Kitakami, que flanque à l'ouest la plaine de ce nom, ouverte elle-même au sud sur la plaine de Sendai. Elle se poursuit vers le sud par un étroit couloir qui ouvre une voie naturelle, vers la plaine du Kanto. Localement (Uetsu), des blocs de matériel tertiaire, tufs et grès, soulevés donnent des reliefs énergiques. De grands édifices volcaniques dominent tous ces horizons au centre (Bandai, Zao) et sur la mer du Japon (Chokai).

Hokkaido, enfin, est formée essentiellement de trois axes de hauteurs dont le croisement au centre est masqué par la vaste calotte volcanique du Daisetsu. Des plaines effondrées entourent celui-ci au N., Kitami, au S.-O.,Tokachi, Konsen, qui est une plaine d'abrasion et surtout à l'E., où s'ouvre la grande dépression d'Ishikari (Sapporo). Les trois grandes familles de paysages morphologiques dérivent de cette structure, sans cesse modifiée par un système d'érosion vorace et le rejeu lent, mais continu, de mainte fracture.

Les montagnes

Couvrant les trois quarts du Japon, elles donnent trois sortes de paysages. En toutes régions, des hauteurs moyennes, assez lourdes, d'altitude de 800 à 2 000 m, forment de longues échines séparées par de profondes vallées en V. Le manteau de débris qui les recouvre demeure mince, car les pluies dénudent constamment les pentes, là où une épaisse forêt ne les recouvre pas.

Dans le Daisetsu et surtout au long des monts Hida, des reliefs alpestres apparaissent : arêtes, abrupts, crêtes aiguës recoupées en pics dessinent de hauts sommets, dont une trentaine dépassent 3 000 m.

Le plus haut sommet du pays est toutefois un volcan, le Fuji (3 776 m) et ce sont les formes éruptives qui donnent au relief japonais ses aspects les plus originaux. Plus de 200 volcans ont été recensés dans l'archipel, dont une soixantaine environ sont actifs. Ils se localisent surtout aux deux extrémités du pays : Hokkaido et Tohoku (Daisetsu, Bandai, Chokai) et Kyushu (Kirishima, Aso), ainsi que sur la Fossa Magna (Fuji, Asama, Myoko). Cônes de toutes tailles et de toutes formes, lacs, vastes champs de laves stériles forment des paysages grandioses et désolés.

Les plaines

Ne couvrant que 16 % du pays, elles concentrent la quasi-totalité de la population. Ce sont des zones d'accumulations alluviales logées dans des creux d'origine tectonique. La plaine classique forme ainsi une dépression aux bords nets ouvrant soit sur la mer (par une longue plage entre deux promontoires), soit au cœur des montagnes ; un torrent la parcourt, en pente forte ; le calibre des alluvions diminue depuis son lit vers la périphérie pour croître de nouveau dans les cônes de débris qui garnissent le pied du versant. Ces torrents, larges et aux bras nombreux, ont une charge énorme, et leurs excès ont de tout temps forcé les hommes à les corseter étroitement de hautes levées, sous lesquelles routes et villages se sont établis.

Un lent affaissement affecte certaines de ces plaines situées en bordure de la mer, qui tend ainsi à les envahir (Waju au sud de Nagoya). Le fond de ces plaines est formé généralement de terrasses d'alluvions plus ou moins anciennes où le soulèvement a parfois encaissé légèrement les cours d'eau. Les plus élevées, ainsi celle de Tama dans le Kanto, ont été disséquées en une série de collines, tandis que les niveaux inférieurs forment des surfaces régulières. Il faut y creuser des puits parfois très profonds (Musashino, à l'O. de Tokyo). Localement, des dépôts d'origine volcanique remaniés par le vent recouvrent ces niveaux d'un placage épais de plusieurs mètres (le « loam » du Kanto).

Ces paysages de plaines varient surtout en fonction de leur dimension. Les plus vastes, Kanto, Ishikari (Hokkaido), Kitakami (Tohoku), Niigata ou Toyama (Hokuriku), offrent de grands horizons traversés en ligne droite par les routes et les voies ferrées. Ailleurs, il s'agit de bassins en amande (Nagano, Tsuyama) et, au cœur des zones les plus massives, une confluence de vallées comblées par des cônes alluviaux a pu donner de petites plaines au relief plus mouvementé, mais patiemment découpées en terrasses. Cependant nombre de ces plaines s'ouvrent sur la mer, où se terminent aussi les hauteurs, de façon généralement abrupte.

Les rivages

Les côtes constituent la troisième famille des grands paysages morphologiques japonais. L'archipel en déroule environ 28 000 km, soit 1 km pour 13 km2 de territoire. Leur tracé découle, pour l'essentiel de la tectonique.

Sur le Pacifique, elles se déploient obliquement par rapport aux grandes directions structurales (angle de 55° environ), ce qui entraîne une série d'indentations majeures : baies de Sendai, de Tokyo, de Suruga, d'Isé, de Kochi, presqu'îles de Matsushima, de Boso et de Miura (encadrant la baie de Tokyo), d'Izu, de Kii, ainsi que les caps Muroto et Sada à Shikoku.

Sur la mer du Japon, au contraire, l'orientation de la côte est parallèle aux directions structurales et demeure à peu près rectiligne, mis à part la presqu'île de Noto. Subsidence et soulèvement ont enfin affecté (et affectent encore) mainte section de ce littoral. Le soulèvement l'emporte dans le nord du pays (Hokkaido, Tohoku), apparent dans les plaines d'abrasion, les terrasses soulevées, les morsures récentes de l'érosion. L'affaissement domine au sud et à l'ouest, où abondent rias et marais littoraux.

Dans le détail, côtes plates et falaises alternent en toutes régions. Les premières sont fréquemment bordées de dunes qui forment localement d'importants massifs (le massif de Tottori sur la mer du Japon a 40 km de long sur 2 à 4 km de large). Les rivières débouchent obliquement dans la mer ; lagunes et marécages sont nombreux. La côte orientale du Tohoku, celle du Hokuriku offrent de longues plages continues sur des dizaines de kilomètres. Les côtes rocheuses l'emportent sur le Pacifique et dans l'Ouest, très découpées notamment lorsque les champs de failles (baie de Wakasa, sud-ouest de Kyushu) ont été envahis par la mer ; la diversité du matériel rocheux (grès, granites surtout) en fait varier localement l'aspect. Il faut remarquer que l'essentiel des zones urbanisées se trouve sur les baies, plates et marécageuses (Tokyo, Nagoya, Osaka), tandis que les côtes rocheuses aux sites plus abrités ne logent, à peu d'exceptions près (Nagasaki, Kagoshima), que des agglomérations peu importantes ou des petits ports de pêche.

2. Le climat

2.1. Les grandes influences

Le climat est commandé par la situation générale de l'archipel : dans le Pacifique, mais à peu de distance de l'énorme masse continentale de l'Asie, voisin au nord des rivages sibériens (45e parallèle) et, au sud-ouest, ouvert aux influences tropicales, dont ne l'isole aucune terre (31e parallèle). En outre, divisé longitudinalement en deux versants tournés l'un vers l'Asie et l'autre vers le large, offrant toute une gamme d'altitudes et d'expositions, le Japon présente un riche éventail de climats régionaux et locaux.

C'est cependant l'influence continentale qui domine le climat japonais, selon le mécanisme de mousson.

En hiver, le Japon se trouve à mi-distance de l'anticyclone sibérien et de basses pressions centrées sur les Aléoutiennes ; un courant d'air N.-S. le parcourt, froid et sec à l'origine. Il se charge d'humidité en passant sur la mer du Japon, se résout en énormes chutes de neige au contact de la façade ouest de l'archipel, ce qui le force à s'élever brusquement.

Pendant l'été, l'Asie devient un centre de basses pressions, et les hautes pressions subtropicales remontent dans le Pacifique Nord ; le courant atmosphérique parcourant le pays s'inverse alors et, devenu S.-N., est générateur des pluies issues des perturbations cycloniques nées au contact des airs tropical et maritime. Ce front suit le déplacement des hautes pressions de la mer d'Okhotsk, qui suit lui-même le mouvement apparent du Soleil ; ce passage prend ainsi la forme d'un aller et retour et amène sur le pays deux périodes de pluie : l'une très accusée en mai-juin (« pluie des prunes »), l'autre, moins nette, en septembre. À ce moment toutefois arrivent les typhons, qui provoquent les plus violentes précipitations de l'année. Ils se forment au moment où la mer est la plus chaude et où l'air, saturé de vapeur d'eau, offre le maximum d'instabilité. Ils intéressent surtout la moitié ouest de l'archipel.

2.2. Les pluies et les températures

Les précipitations ont ainsi une double origine, hivernale et estivale, qui explique leur localisation en deux zones de concentration maximale : le long de la mer du Japon (1 700 mm de juillet à février) et sur le rivage pacifique de Shikoku (2 600 mm de mai à septembre). Entre elles, l'ensemble du pays reçoit de 1 m à 1,5 m d'eau. Localement toutefois, la sécheresse règne, ainsi dans le nord-est du Tohoku, sous l’effet de l’Oyashio, et sur la mer Intérieure, que les montagnes abritent des deux influences.

Les températures sont inférieures à celles des autres régions du globe à la même latitude. Elles accusent, durant la saison froide, de fortes variations d’une extrémité à l’autre du pays. Il a pu faire − 40 °C à Asahigawa (Hokkaido sur le 44e parallèle, latitude voisine de celle de Lyon), tandis que Hokodate, à la latitude de la Corse, a − 2,9 °C de moyenne en janvier. Le sud du pays, tout en connaissant le gel, a un hiver doux. En été, au contraire, une même chaleur lourde et humide règne de Sapporo (Hokkaido) à Kyiushu (22 et 26 °C en juillet). Partout cependant le cycle des quatre saisons se déroule, nettement tranché, si ce n'est que leur longueur (été et hiver : 2 et 5 mois à Sapporo, 5 et 3 mois à Kyushu) et les caractères de l'hiver, sec sur le Pacifique, neigeux sur la mer du Japon, varient régionalement. Printemps et automne ont un temps très doux et parent la nature de multiples couleurs.

3. Les eaux, la végétation et les sols

3.1. Les ressources en eau

Le Japon doit à son relief énergique et à ses fortes précipitations des cours d'eau nombreux, mais courts, en pente forte et au régime irrégulier. N'existent pas en effet ici de glaciers régulateurs, et, selon la saison, l'apparence en oscille entre un vaste lit de galets parcouru de minces filets et une nappe grondante se ruant vers l'aval. La période avril-septembre est celle des débits maximaux, entretenus successivement par la fonte des neiges, les pluies estivales et les typhons.

Ces cours d'eau fournissent les deux tiers de l'eau d'irrigation, le reste provenant des sources ou des étangs creusés par l'homme dans tout le pays. Des nappes abondantes existent dans le sous-sol des plaines. Les villes y captent leur eau pour près de la moitié, mais dépendent aussi des rivières, des sources et de certains lacs comme le Biwa, le plus vaste du pays (674 km2), qui alimente en partie Kyoto et Osaka.

3.2. Les paysages végétaux

La forêt est le plus répandu. Elle recouvre environ les deux tiers du sol japonais, sans nuire pour cela à l'occupation humaine puisqu'elle correspond aux zones montagneuses. On en tire depuis toujours le charbon de bois, le matériau de base de la construction ainsi que, depuis un demi-siècle, de la pâte à papier. Comme le pays s'étire en latitude et présente de grands contrastes d'altitude, cette forêt offre selon les régions des paysages variés, trois principalement. La forêt de type pénétropical, formée de conifères et de feuillus toujours verts (chêne vert, camélia, magnolia), se rencontre dans l'Ouest et partout où la température annuelle moyenne dépasse 13 °C. La forêt tempérée existe dans les montagnes de Honshu, dans le Tohoku et le sud de Hokkaido : chênes, hêtres, érables s'y mêlent à de nombreux conifères. Les sommets du Tohoku, le centre et le nord de Hokkaido portent des peuplements de conifères auxquels se mêlent frênes et bouleaux. Le sous-bois y est fort dense. Cette forêt s'étend là où la température annuelle moyenne se situe au-dessous de 6 °C.

Toutes ces forêts ont en commun plusieurs caractères, tout d'abord le grand nombre d'espèces rencontrées sur de faibles superficies, ce qui est dû au faible rôle joué ici par les glaciations quaternaires. Actuellement, une vigoureuse politique de reboisement (400 000 à 600 000 ha par an) tend à les entretenir tout en en modifiant la composition aux dépens des feuillus. Ceux-ci couvrent 40 % des superficies boisées (contre 30 % pour les conifères, le reste étant mixte), mais leur proportion décroît rapidement. On reboise en effet surtout avec des conifères, qui croissent plus rapidement et donnent un bois d'œuvre abondant ainsi qu'une matière première satisfaisante pour la cellulose et la pâte à papier. Celle-ci provient surtout du pin rouge (jadis de Sakhaline, aujourd'hui venant surtout de Hokkaido) et de quelques feuillus. Une petite partie de cette forêt demeure inexploitée en raison d'une relative inaccessibilité et aussi parce que, correspondant à la zone des sommets, sa présence écrête les crues dans les plaines sises à l'aval.

La forêt japonaise est un milieu très vivant : de nombreux animaux y demeurent, protégés par sa relative solitude, notamment des ours à Hokkaido. Les loups paraissent toutefois avoir été éliminés. La « hara », est, entre la forêt et les plaines, aux altitudes comprises entre 400 et 1 500 m, une formation végétale originale à base de bambous nains, d'espèces buissonnantes et d'une herbe dure. Elle prend localement des aspects de forêt-parc et remplace probablement d'anciennes forêts essartées. Enfin, d'une extrémité à l'autre du pays, le bambou confère à la nature japonaise une grande unicité de paysage. Il en existe des centaines d'espèces, depuis les hauts massifs balançant leurs feuilles à 20 m du sol jusqu'au « sasa », espèce naine qui vient aussi bien sous le ciel brûlant de Kyushu que sur les rives glacées de la mer d'Okhotsk.

3.3. les sols

Le Japon a des sols pauvres et peu évolués dont l'essentiel s'est développé sous une couverture forestière. Les sols zonaux, élaborés sous un climat et dans un milieu végétal déterminé et stable sont surtout des podzols, rougeâtres dans l'Ouest, gris et bruns dans le Nord. Les sols azonaux correspondent aux sols alluviaux et constituent plus des quatre cinquièmes du total. Ils se divisent eux-mêmes en lithosols, grossiers et presque uniquement minéraux, et en sols alluviaux proprement dits, plus évolués, qui tapissent les plaines, où ils portent l'essentiel des cultures : ce sont les plus fertiles. Les sols intrazonaux, qui reflètent le drainage et la lithologie, surtout constitués ici de débris volcaniques, sont sombres et acides ; ils forment notamment le loam du Kanto (d'apport éolien) et ne sont cultivables qu'en raison des siècles d'amendements dont ils ont fait l'objet.

4. La violence du milieu naturel

Le caractère foncièrement inhospitalier du milieu naturel résulte de la situation de l'archipel, établi sur une des zones d'instabilité de l'écorce terrestre (le « cercle de feu » du Pacifique) et entre deux mers d'où lui viennent moussons et typhons. On peut distinguer ces excès selon leur origine, structurale et tectonique ou climatique, mais aussi selon leur soudaineté. Certains, pour violents qu'ils soient, se présentent chaque année, pratiquement à date fixe, ainsi les typhons, l'enneigement, les crues, les glissements de terrain. D'autres, au contraire, arrivent brutalement : séismes et raz de marée, éruptions volcaniques. Leur gravité varie considérablement, les plus grands pouvant faire, tel le grand séisme du Kanto (1923), près de 140 000 victimes, tandis que celui de Kobé, en 1995, a tué plus de 6 000 personnes et détruit 200 000 habitations.

4.1. Éruptions volcaniques et séismes

Les éruptions volcaniques, prévisibles de nos jours, ne menacent plus la vie humaine mais occasionnent de lourdes pertes matérielles. Celle du mont Bandai en 1888, qu'on peut citer comme exemple, emporta tout le haut de la montagne et détruisit routes, voies ferrées et constructions dans les vallées d'alentour, ruinant en outre la précieuse architecture des rizières. Elle fit 461 victimes. Les éruptions plus récentes ont été moins violentes (îles d'Izu en 1952 et 1953 et 2000, mont Aso en 1953).

Les séismes sont plus graves, demeurant imprévisibles. Ils frappent surtout la baie de Tokyo (où la terre tremble 5 000 fois par an) et le littoral pacifique jusqu'à Kyushu, secondairement les régions de Nagano et de Fukui (celle-ci sur la mer du Japon). Les incendies qui les accompagnent souvent les rend meurtriers ; l'essentiel des victimes de 1923 et des 3 895 morts que fit le séisme de Fukui en juin 1948 leur est dû. Les raz de marée, tsunami, causés par des séismes qui se produisent au large, occasionnent également de lourds dégâts.

Le séisme et le tsunami de 2011

Le 11 mars 2011, un séisme d'une magnitude de 9 sur l'échelle de Richter a touché violemment le nord-est du pays. Ce séisme, le plus fort jamais enregistré au Japon et l'un des dix plus forts jamais survenus dans le monde, a déplacé l'île principale de l'archipel, Honshu, de 2,4 m. Son épicentre est situé au large des côtes nord-est de l'île à 130 km de la ville de Sendai, chef-lieu de la préfecture de Miyagi, à 300 km de Tokyo. Une vague de 10 m de haut a déferlé, à peine 10 minutes plus tard, sur les côtes proches. Malgré les préparations à ce type d'événement au Japon, Sendai et sa région sont dévastés par le tsunami, causant plus de 18 000 victimes. Le torrent de boue qui s'est abattu sur 10 km à l'intérieur des terres a emporté trains, véhicules et bateaux de toutes tailles ainsi que de nombreuses infrastructures, pulvérisé les maisons en bois, provoqué des incendies, notamment dans une raffinerie, inondé l'aéroport local. L'arrêt du système de refroidissement de plusieurs réacteurs situés sur les côtes touchées, provoquant des explosions dans la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, entraîne un grave risque nucléaire. Outre le risque lié aux radiations, l'approvisionnement en énergie du Japon est menacé. Les conséquences économiques de la catastrophe s'avèrent considérables.

4.2. Glissements de terrain

En de nombreux points du pays, mais surtout dans le Hokuriku, sur la mer du Japon, la terre glisse avec lenteur le long de pentes argileuses. Ces fleuves de terre qui ont de 2 à 4 km de long sur 50 à 500 m de large et 10 à 20 m d'épaisseur entraînent avec eux, à une vitesse de 2 à 7 m par an, les rizières qu'ils portent et qu'on doit redistribuer périodiquement. En outre le sol des grandes villes s'affaisse, de plusieurs centimètres par an, en raison des pompages excessifs d'eau potable ou opérés à l'occasion des grands chantiers de construction qui détruisent l'équilibre physique du sol. Tokyo, Nagoya, Osaka en souffrent particulièrement.

4.3. Les désastres d'origine climatique

Les typhons sont les plus violents. Août, septembre et octobre sont les mois les plus meurtriers, et c'est l'Ouest qui en souffre le plus. Les hommes protègent leurs habitations en les entourant de hautes murailles (Shikoku) ou de haies. Celles-ci abritent également des vents d'hiver qui balaient, chargés de neige, toute la façade sur la mer du Japon, ou, secs et glacés, la plaine du Kanto. Typhons et vents estivaux amènent d'énormes précipitations (souvent jusqu'à 200 mm pour un typhon) qui gonflent brusquement les cours d'eau. Et l'on a enregistré 1 000 mm de pluie en deux jours, en septembre 1971.

La fonte des neiges au printemps entraîne des dégâts identiques, mais c'est surtout à l'état solide que la neige est coûteuse pour les installations humaines, coupant routes et voies ferrées, bloquant les trains, effondrant les constructions et ensevelissant les villes (Hokuriku) sous un manteau humide durant de longues semaines. Réduites en eau, les neiges se dirigent vers l'aval rapidement (comme font aussi les eaux de pluie qui se déversent lors des typhons ou durant la « pluie des prunes »), déchaussant les piles des ponts, brisant leurs digues et recouvrant les rizières d'une couche de débris.

Parmi les autres violences dues au climat japonais, il faut citer les sécheresses prolongées qui frappent toujours quelque région, les étés anormalement frais qui ruinent la récolte de riz dans le Nord, les brumes estivales de l'est de Hokkaido, qui ont le même effet, les gelées tardives ou précoces réduisant dangereusement la période végétative. C'est de fait comme une terre peu hospitalière que doit être considéré le Japon. En dépit de la douceur que les peintres et les poètes ont chanté à l'envi, ces cataclysmes s'acharnent d'une façon brutale ou sournoise sur les constructions humaines, obligeant à un constant réaménagement du paysage occupé. La mise en valeur du pays est ainsi une œuvre jamais achevée et toujours menacée par les éléments. On ne saurait comprendre la géographie humaine du Japon, sans prendre la mesure au départ de ce trait fondamental de sa géographie physique.

5. Les régions physiques

Par leurs variations régionales, le relief, le climat, les paysages végétaux et les sols, et les excès de la nature définissent des régions physiques où les types de temps, les formes de la topographie, les plantes et leur mode de culture s'associent de façon durable et fixe. Ces régions naturelles diffèrent des régions géographiques en ce que les hommes ont pu créer dans des conditions naturelles semblables des paysages différents, ou qu'inversement ces paysages se retrouvent identiques, ceux de la rizière par exemple, à travers des zones de reliefs, de sols ou de climats divers. Des limites naturelles jouent ici un certain rôle : le thé s'arrête ainsi au parallèle de Niigata, le mûrier au nord du Kanto, alors que le riz est en théorie cultivable partout ; ailleurs, les pentes trop raides ne se laissent pas niveler en terrasses ; ou encore, la neige ou le gel arrêtent la végétation en hiver et interdisent une culture secondaire alternant avec le riz.

5.1. La zone septentrionale

Le Tohoku et Hokkaido ont en commun leur hiver long et froid, donc une période végétative brève. La fonte des neiges y alimente les cours d'eau dès le printemps. Le relief y compartimente étroitement les plaines, ce qui a favorisé le développement de communautés humaines poursuivant isolément la mise en valeur du territoire qui leur était échu. Cet isolement se retrouve à son degré maximal entre le Tohoku et Hokkaido, séparés par le détroit de Tsugaru, que balaie en hiver un vent violent.

Quatre régions naturelles se distinguent aisément dans ce Nord japonais. Le nord-est de Hokkaido forme la région la plus isolée et la plus ingrate du pays. Les hivers y sont interminables, les étés frais et brumeux. Avec des sols marécageux ou durcis par le gel, la région est hostile, avec ses vastes forêts de pins que l'homme défriche à grand-peine. À l'ouest d'une ligne cap Soya - cap Erimo, le relief s'adoucit ainsi que le climat, de belles plaines ouvrent le pays, un été bref mais chaud permet la riziculture et de belles forêts de feuillus alternent avec la taïga. L'ouest du Tohoku reçoit de plein fouet la mousson neigeuse, compromettant toute culture hivernale. Enfin, au contraire, dans le Centre et sur le Pacifique, sous un climat continental froid et sec, avec un hiver rude mais ensoleillé et un été chaud et humide, de longs couloirs méridiens propres à la circulation constituent un milieu plus favorable.

5.2. La zone centrale

Correspondant au centre de Honshu, elle se divise nettement aussi en quatre régions.

La plaine du Kanto est la plus vaste du pays (7 000 km2). Plate et d'un seul tenant, balayée en hiver de vents glacés, elle est moyennement arrosée en été, mais les typhons ne l'épargnent pas.

Plus au sud, dans le centre de Honshu, le Chubu oppose deux façades bien différentes à un centre montagneux et fermé. Sur le Pacifique, au sud de Tokyo jusqu'à Nagoya, le littoral du Tokai forme un merveilleux adret ouvert au sud-est et échelonne plaines et collines en une succession d'expositions favorables bien que l'hiver y demeure sec et froid. Il s'adosse à la massive région du Tosan, où quelques bassins fermés (Kofu, lac Suwa, Matsumoto, Nagano, Takayama) s'ouvrent au milieu de hauteurs. Le climat est fortement continental et la forêt couvre ici d'immenses superficies.

Sur la mer du Japon enfin, les belles plaines du Hokuriku, Niigata, Toyama, Kanazawa, et Fukui alternent avec des sections montagneuses. L'enneigement hivernal leur donne une unité relayée en été par la présence uniforme des rizières. Sur la côte de la mer du Japon, plages, dunes et promontoires se succèdent.

5.3. L'Ouest

Si on franchit l'échine de hauteurs moyennes courant depuis la baie de Wakasa, sur la mer du Japon, jusqu'à celle d'Ise, sur le Pacifique, on entre, à l'O., dans un milieu naturel bien différent. Le relief s'adoucit et se morcelle. Les grands horizons des plaines sont ici absents, de même que les hauteurs majestueuses du mont Fuji ou des monts Hida. Les plaines demeurent à l'échelle humaine, cernées de montagnes peu élevées. Le climat est lui aussi plus modéré, à l'exception des typhons qui ravagent les côtes à la fin de l'été. L'hiver reste doux, et la neige est presque absente. Lumière et chaleur s'affirment ici avec plus de force et, pour chacun ici, l'Ouest a une résonance tiède et lumineuse.

Trois régions naturelles, parallèles, longitudinales peuvent y être distinguées.Le littoral de la mer du Japon prolonge à l'O., sur 500 km, le milieu naturel du Hokuriku, d'une façon moins excessive toutefois. C'est le Sanin, où une succession de petites plaines, très isolées, séparées de courts promontoires, souvent prolongés au large en îlots et récifs, reçoit en hiver au moins un mètre de neige. La chaîne axiale du Chugoku isole cette région du bassin de la mer Intérieure, qui forme sur 450 km de long et 60 km de large environ, un ensemble de rivages et d'îles très homogène, depuis la plaine du Kansai jusqu'au nord de Kyushu. La sécheresse estivale et la clémence des hivers, la présence de la mer qui ferme tous les horizons confèrent une grande douceur à ces paysages, où l'olivier apparaît parfois.

Au S., groupant les sections méridionales de la presqu'île de Kii, de Shikoku et de Kyushu, s'étend le Japon pénétropical, à tous égards un monde à part au sein de l'archipel. Des plaines peu étendues alternent avec des hauteurs abruptes et massives (monts de Totsugawa, de Kochi, de Miyazaki) souvent volcaniques (Aso, Kirishima), couvertes d'épaisses forêts ou portant des sortes de pâturages. Sur la côte, des plages étroites succèdent à de hautes falaises battues des typhons.

Dans le sud de Kyushu, la mer a envahi un champ de fractures, et le sud-ouest de l'archipel s'émiette littéralement dans la mer. Le climat surtout individualise cette région. Un été chaud et prolongé est la saison dominante. Très pluvieux, il se termine par des typhons. L'hiver est doux, le printemps précoce. Une végétation exubérante règne dans les creux, caractérisée par le magnolia, le palmier et le bananier (qui ne porte pas de fruits). La proximité de la mer, l'absence presque totale de neige, la touffeur uniforme qui règne de mai à octobre définissent un milieu naturel véritablement original au Japon. Vers Fukuoka, la neige hivernale réapparaît, tandis que persistent les caractères estivaux. Cette région se soude ici directement au Sanin, encadrant complètement avec celui-ci le bassin de la mer Intérieure.

Pour en savoir plus, voir les articles population du Japon et activités économiques du Japon.