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Japon : activités économiques

Osaka
Osaka

Le Japon est la troisième puissance économique mondiale. L'industrie est devenue l'une des plus puissantes du monde grâce notamment à la concentration structurelle et financière, à l'agressivité commerciale aussi. Le Japon se situe aux premiers rangs mondiaux pour de nombreuses productions (acier, navires, automobiles et motos, plastiques, téléviseurs, appareils photographiques, etc.), dont une part notable est exportée. Aussi la balance commerciale est-elle régulièrement excédentaire en dépit de lourdes importations d'énergie (le Japon extrait un peu de houille et le tiers seulement de la production d'électricité est d'origine locale, hydraulique) et des achats dans le domaine alimentaire (malgré l'importance de la flotte de pêche et le difficile maintien de la production de riz).

Ruiné à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, le Japon a connu une croissance exceptionnellement rapide ensuite. Il y a eu cependant quelques contreparties : une dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs (avec une concurrence accrue de pays récemment industrialisés et la périodique menace de protectionnisme des autres pays développés), une certaine négligence de l'environnement (pollution urbaine et industrielle), un malaise social (le traditionnel sacrifice de l'individu à l'entreprise ou à la nation étant moins bien supporté). En outre, l’économie japonaise a subi les effets de plusieurs crises (crise financière asiatique de 1997-1998, crise économique mondiale à partir de 2007-2008), qui, combinées à une capacité d'innovation technologique moindre, ont généré stagnation ou récession. Enfin, elle doit aujourd'hui surmonter les conséquences de la catastrophe majeure (séisme, tsunami et accident nucléaire) ayant affecté le pays en 2011, dans un contexte d'affaiblissement du système politique.

L'impact économique du séisme, du tsunami et de la catastrophe nucléaire de mars 2011

Le tremblement de terre et le tsunami ont causé des dégâts très importants ; de nombreux bâtiments ont été détruits, des routes, des voies de chemin de fer et des ponts ont été rendus inutilisables, des usines ont été dévastées ou ne peuvent plus produire faute d'électricité. Les secteurs industriels les plus touchés sont ceux de l'automobile et des composants électroniques, particulièrement présents dans le Tohoku ; certaines usines, proches de Fukushima devront être définitivement abandonnées.

Les conséquences de cet ensemble de catastrophes sont multiples et affectent bien plus que le seul Japon. Seul fournisseur mondial pour certains composants et pièces détachées, sa défection va entraîner, plus ou moins durablement, des retards de fabrication pour les industries clientes. Par ailleurs, le Japon, grand exportateur de capitaux, va en rediriger une part notable vers son territoire dans le cadre de la reconstruction.

Après la fermeture de tous les réacteurs nucléaires, l'électricité nucléaire disparaît du Japon. Le recours, inévitable, aux énergies fossiles (charbon, gaz et dérivés du pétrole) va être coûteux.

1. L' histoire de l'économie japonaise

Dans les années 1960 le Japon est devenu la deuxième puissance industrielle du Monde, avant d'en devenir la deuxième puissance commerciale dans les années 1970 et la première puissance financière dans les années 1980. L'éclatement de la bulle financière en 1990 a inauguré un nouveau cycle, interrompu par le choc de la crise mondiale fin 2008.

1.1. Le développement économique à partir de l'ère Meiji

La première révolution industrielle, à l'ère Meiji, répond au défi de l'arrivée des Occidentaux. Son but est la sécurité et la puissance de la nation, « un pays riche, une armée forte ». Faute d'une classe d'entrepreneurs assez puissante, elle est mise en œuvre par l'État, qui crée un « capitalisme sans capitalistes ». Les quatre grands conglomérats, ou zaibatsu, qui se développent alors, Mitsui, Mitsubishi, Sumitomo et Yasuda, restent étroitement liés à l'Administration. Ces caractéristiques perdureront pendant tout le xxe s.

1.2. L'après-guerre

Après la défaite de 1945, la pulsion nationaliste de la politique industrielle est renforcée par la crainte de voir les Américains désindustrialiser le pays (démantèlement des zaibatsu, qui se recomposeront en réseaux plus lâches, les keiretsu). Le rôle de l'Administration, à qui il revient de répartir des ressources devenues très rares (matières premières, devises), est encore renforcé.

Grâce à la guerre de Corée, la production industrielle retrouve en 1950 son niveau d'avant la guerre. La décennie suivante voit la mise en place du « modèle japonais » en matière de relations du travail (syndicats d'entreprise, emploi à vie, avancement à l'ancienneté) au terme de conflits sociaux très durs.

Les années 1960-1972 sont celles de la « haute croissance » où le P.I.B. est multiplié par 5. Ce « miracle japonais » repose principalement sur l'industrie lourde et sur le marché intérieur. Malgré des percées à l'exportation (motos, appareils photo, construction navale), le commerce extérieur reste déficitaire jusqu'en 1964, puis devient très faiblement excédentaire (1970 : + 2 milliards de dollars). En 1968, le Japon supplante la R.F.A. (République fédérale d'Allemagne) et devient la deuxième puissance économique du monde libre.

1.3. La montée en puissance

Avec la crise due au premier choc pétrolier (1974-1976), la priorité est donnée à une nouvelle génération d'industries (machines-outils, automobiles, électronique) qui bénéficient de méthodes de production révolutionnaires : flux tendus (« zéro stock »), contrôle de qualité permanent (« zéro défaut »). Elles sont le fer de lance d'une stratégie d'exportation à outrance, qui assure au Japon une croissance annuelle de près de 5 % et en fait une très grande puissance commerciale (2 milliards de dollars d'excédent en 1970, 96 milliards en 1987) au prix de frictions croissantes avec les États-Unis. En 1985, ceux-ci l'obligent à réévaluer très fortement le yen (accord du Plaza). L'endaka « yen cher » gêne un temps les exportations japonaises, mais fait du pays une puissance financière majeure : ses investissements à l'étranger quintuplent en trois ans, et le Japon devient le premier créancier mondial. En 1990, son P.I.B. dépasse ceux de l'Allemagne, de la France et de la Grande-Bretagne réunis.

1.4. La bulle et la crise

À partir de 1985, la surabondance de liquidités engendrée par les excédents commerciaux et l'endaka fait gonfler une « bulle » spéculative. Les actifs immobiliers et boursiers triplent de valeur en cinq ans. Ce gonflement sans aucun rapport avec l'économie réelle aboutit à une catastrophe : en 1990, la Bourse de Tokyo s'effondre. L'indice Nikkei chute de 40 000 à 15 000 points et ne se relève pas. Les banques, qui avaient prêté à tout va, se retrouvent écrasées par une masse de mauvaises créances.

À partir de 1992, la crise gagne l'industrie, qui se trouve confrontée à une double concurrence : d'un côté celle des États-Unis qui retrouvent leur dynamisme étiolé pendant la décennie précédente, et de l'autre, celle des nouveaux pays producteurs de l'Asie en développement, notamment la Chine. Les grandes entreprises japonaises, déjà ébranlées par l'éclatement de la « bulle », découvrent qu'elles ont perdu une partie de leur compétitivité.

La débâcle du système financier se transforme en une longue récession qui révèle le vieillissement du « modèle japonais » et son inadaptation aux changements imposés par la mondialisation de l'économie.

Dans le même temps, les États-Unis, libérés par la fin de la guerre froide, exercent sur Tokyo des pressions très fortes (négociations Structural Impediment Initiative : 1989-1991) et forcent le Japon à engager un processus d'ouverture de son économie, qui, jusque-là, s'était développée en grande partie à l'abri de la concurrence internationale.

La crise asiatique qui éclate en 1997 aggrave encore la situation du pays, dont l'Asie est le premier marché d'exportation. Le Japon doit restructurer en profondeur son économie : délocaliser une partie de ses activités vers les pays voisins à main-d'œuvre bon marché, se recentrer sur une nouvelle génération d'industries et de services de très haute technologie et à très forte valeur ajoutée et diminuer partout les coûts de production pour rétablir sa compétitivité.

Le coût social est de plus en plus élevé : le Japon fait connaissance avec les « plans sociaux » à grande échelle. Plus de deux millions d'emplois industriels ont été supprimés entre 1993 et 2001, et près de 350 000 petites entreprises et commerces ont disparu dans le même temps. Le taux de chômage officiel, qui n'était que de 2 % en 1990, atteint 5,6 % au début de 2002 (soit 3,7 millions de chômeurs) ; c'est le plus haut niveau enregistré depuis cinquante ans, mais le taux réel est probablement presque le double.

1.5. La sortie progressive de la crise

Entre 1992 et 2002, le taux de croissance moyen n'est que de 0,55 % par an (États-Unis : 3,6 % ; France : 1,7 % ; Chine : 10,5 %). De 1998 à 2002, le Japon est en récession quasi continue : - 2,5 % en 1998, 0,2 % en 1999, - 0,9 % en 2000, - 1,3 % en 2001.

À partir de 2004, la crise bancaire ayant été surmontée, les restucturations industrielles et ses capacités d'innovation permettent au Japon de répondre à la demande des pays émergents et de profiter de la croissance asiatique, chinoise notamment. Les exportations s'accroissent, tirées par l'automobile et l'électronique. La privatisation de la Poste permet de financer une dette publique très élevée, de l'ordre de 180 % du PIB.

2. La situation économique actuelle

La crise financière internationale a fait entrer le Japon dans la plus grave récession qu'il ait connu depuis la fin de la seconde guerre mondiale. À partir d'octobre 2008 les exportations japonaises se sont effondrées ; le Japon dépendant pour 20 % de son P.I.B. de ses ventes à l'étranger et sa demande intérieure étant faible, c'est l'économie réelle qui a été atteinte. L'automobile et l'électronique, particulièrement touchées, ont entraîné la faillite de nombreux sous-traitants. Les pertes d'emploi ont été massives tandis que les plans de relance ont visé à soutenir les banques, les PME ainsi que la demande intérieure.

2.1. Le secteur primaire

L'agriculture et la forêt

En 1945, les paysans formaient 42 % de la population active, et 80 % d'entre eux vivaient dans une très grande précarité. En 1946, une réforme agraire leur a redistribué 2 millions d'hectares de terres agricoles. La petite paysannerie propriétaire ainsi reconstituée a été un soutien inébranlable du parti libéral-démocrate (PLD). Pour garantir l'autosuffisance en riz, l'État, depuis 1942, achetait la récolte et la revendait à perte aux consommateurs. Ce dispositif a encouragé la production de riz alors que sa consommation diminuait, en raison de la diversification alimentaire. Il a permis à de nombreux agriculteurs de se maintenir ; mais la filière a été progressivement libéralisée, des quotas d'importation fixés et le contrôle de l'État a pris fin en 2008. Pour pallier la baisse de leurs revenus, la majorité des agriculteurs en sont venus à pratiquer la double activité, tandis que leur moyenne d'âge s'est élevée.

En 2010, le Japon compte environ 1,9 million d'exploitations agricoles (contre 5 375 000 en 1946), sur lesquelles vivent 10 467 000 personnes. L'agriculture, avec un peu plus de 4 % des actifs, fournit moins de 2 % du P.I.B. L'exiguité des exploitations est compensée par un haut niveau de rendement.

La superficie agricole utilisée est d'environ 4 650 000 ha, (presque 7 fois moins qu'en France). Une loi-cadre, votée en 1999 et révisée en 2005, a pour objectif de restructurer l'agriculture autour de deux types de fermes: celles (de 40 à 60 ha ) pratiquant la grande culture mécanisée et celles (de 12 à 22 ha) consacrées aux cultures spécialisées.

Parmi les productions, le riz, au premier rang en superficie (1,7 million d'ha, plus du tiers de la superficie totale) n'atteint plus en valeur que le quart de la production agricole. Les cultures maraîchères et fruitières en représentent désormais un tiers et l'élevage, porcs et poulets surtout, un peu moins.

Le parti libéral démocrate (PLD), qui a gouverné le Japon de 1955 à 2009, insistait sur la « sécurité alimentaire » du pays pour justifier les protections dont il entourait les agriculteurs, son électorat le plus fidèle. Mais, en 1999 déjà, le pays ne produisait plus que 40 % des calories consommées par sa population (contre 79 % en 1960), en raison du changement des habitudes alimentaires et du recul des surfaces cultivées. Cette évolution, irréversible, a fait du Japon un gros importateur mondial de produits alimentaires.

Les forêts couvrent environ 25 millions d'ha, dont 40 % sont plantés en résineux. La production de bois nationale ne fournit qu'un peu plus de 20 % des besoins et le Japon est un grand importateur.

L'exploitation de la mer

La pêche côtière a longtemps été pratiquée à partir des quelque 3 000 ports que compte le Japon. Au xxe s. se sont développées la pêche hauturière puis la pêche lointaine et les prises ont connu leur maximum en 1984 avec 12,8 millions de tonnes. La surexploitation des eaux territoriales et la réglementation internationale les ont fait baisser à 5,7 millions de tonnes en 2007, y compris l'aquaculture. Le pays a dû accroître ses importations qui constituent, à elles seules, plus de 30 % des importations mondiales de poisson.

Le Japon compte actuellement 204 000 pêcheurs. Le PLD a protégé cet électorat avec le même soin que celui porté aux agriculteurs – notamment en s'opposant aux limitations de la pêche à la baleine.

Les ressources énergétiques et minières

Des ressources très modestes et des importations massives

Les ressources minérales sont rares et généralement peu abondantes (or, cuivre, étain, zinc). Il y a cependant quelques réserves de charbon à Hokkaido où les mines ont fermé au début des années 2000.

La fourniture d'énergie

Le Japon est un grand importateur de produits énergétiques et miniers. Il est notamment le premier importateur mondial de charbon. Cette nécessité d'importer, qui explique la localisation littorale de l'industrie, a également conduit le pays, dès les années 1970, sur la voie des économies d'énergie.

Le pétrole est importé majoritairement des pays de l'OPEP, Arabie Saoudite et Émirats arabes unis venant en tête, 9 % venant d'Iran.

Avant le séisme et la catastrophe nucléaire de mars 2011, la production d'électricité nucléaire était la troisième mondiale, derrière celles des États-Unis et la France. Utilisant de l'uranium importé, elle fournissait environ 30 % de la production d'électricité. L'arrêt total de la centrale de Fukushima, suivi de celui de tous les réacteurs, en raison de leur implantation dans des zones à fort risque sismique, entraîne l'arrêt total de la production d'électricité nucléaire et impose un recours accru aux énergies fossiles, avec ses conséquences sur les émissions de gaz à effet de serre. D'autant plus que l'opposition des populations à l'implantation de nouvelles centrales, qui s'était déjà manifestée dans les années 2000, s'est considérablement renforcée. La moitié de l'électricité provient désormais de centrales thermiques fonctionnant au gaz. Le Japon est le plus grand importateur mondial de gaz.

2.2. L'industrie

Les secteurs

La logique de sécurité et de puissance nationales qui a commandé sa politique industrielle explique que le Japon possède aujourd'hui, sur son territoire, une gamme d'industries quasi complète, sauf dans le domaine de l'industrie aéronautique, démantelée par les Américains après 1945.

Au début du xxie s., les industries lourdes et de première génération représentaient encore près du tiers de la valeur de la production manufacturière (chimie et dérivés : 15,3 %, en hausse ; sidérurgie et métallurgie : 11 %, en baisse ; céramique : 3 % ; textile : 1,1 %,en baisse), contre 45 % pour les industries de deuxième génération et de haute technologie, qui ont fait du Japon une grande puissance exportatrice.

La même logique de sécurité explique le retard en matière de délocalisation : en 1995, les firmes japonaises n'effectuaient que 6 % de leur production à l'étranger, contre 24 % pour leurs concurrents américains. Le rattrapage de ce retard est désormais réalisé, imposé par la mondialisation de l'économie, non sans alimenter la crainte d'un « évidement » (kudoka) de l'archipel.

Les principales localisations industrielles

La production industrielle est concentrée dans trois pôles, dont le poids relatif a beaucoup changé depuis le début de la « haute croissance ». En 1955, les régions du Kanto (Tokyo) et du Kansai (Osaka-Kobe-Kyoto), en assuraient chacune 20 %.

Depuis le début des années 2000, le Kanto en assure désormais le tiers, alors que le Kansai, desservi par le déclin relatif de ses industries lourdes, a reculé, dépassé par le Tokai, la région de Nagoya, bastion de l'automobile (13,6 %).

Le Setouchi (6,5 %), dans le sud-ouest de Honshu, avec les agglomérations d'Okayama, Hiroshima et Yamaguchi, a vu fleurir les gros combinats littoraux pendant les années 1960.

L'île de Kyushu, autrefois vouée à l'industrie lourde à cause de son charbon (mines de Miike), est devenue, à partir des années 1980, la principale zone de fabrication de composants électroniques ; elle a représenté jusqu'à 10 % de la production mondiale (1994), mais a maintenant reculé face à la concurrence américaine et asiatique.

Une industrie aux caractères originaux

Une structure duale

Moins du tiers des salariés de l'industrie travaillent dans des entreprises de plus de 200 salariés, où ils bénéficient, mais beaucoup moins maintenant, de l'emploi « à vie ». Plus de la moitié travaillent dans des P.M.I. de moins de 100 salariés, où les conditions sont moins bonnes, surtout au dernier échelon de la sous-traitance, dans les entreprises de moins de 20 salariés, et plus encore dans les ateliers familiaux qui emploient moins de quatre personnes. Cette dualité a toujours conféré à l'industrie japonaise plus de flexibilité pour les salaires et la main-d'œuvre que l'existence de l'emploi « à vie » ne l'aurait laissé penser.

Une grande indépendance vis-à-vis des actionnaires

En démantelant les zaibatsu, les Américains ont interdit les holdings et limité strictement l'entrée des banques dans le capital des entreprises. En 1990, deux tiers de la capitalisation boursière étaient détenus par les six keiretsu (25 %), selon un système de participations croisées, ou par des investisseurs institutionnels, sous la tutelle plus ou moins étroite de l'Administration (45 %). Les entreprises pouvaient donc agir selon leur logique propre (priorité à l'investissement productif) en accord avec la politique définie par l'État, à la différence des entreprises soumises à des actionnaires soucieux de profit immédiat.

Les banques, sous la tutelle du ministère des Finances, étaient tenues de leur prêter en abondance et à bon marché, en échange de la garantie de l'État. Mais l'éclatement de la « bulle » spéculative, l'ouverture du marché financier aux capitaux étrangers (4 % de la capitalisation boursière en 1990, plus de 13 % en 2000), la levée de l'interdiction des holdings depuis 1997 et le vote de lois qui donnent un peu plus de pouvoirs aux actionnaires annoncent des changements, dont il est toutefois douteux qu'ils fassent des entreprises japonaises des entités vouées toutes entières à la « création de valeur » pour le profit des actionnaires.

Une cartellisation organisée par l'Administration

L'Administration japonaise a toujours considéré la « concurrence excessive » comme un obstacle à sa politique économique et au bon ordre de la nation. Elle a organisé ouvertement la limitation de la concurrence en réglementant les prix dans de nombreux secteurs, pratique dénonçée par les industriels étrangers.

2.3. Les travaux publics

En 2000, le Japon comptait 585 000 entreprises de construction qui employaient 6,5 millions de salariés (10,1 % de la population active). Le seul secteur des travaux publics représentait alors 7,2 % du P.I.B., soit plus du double qu'en France et cinq fois plus qu'en Grande-Bretagne.

C'est l'un des secteurs où la mafia japonaise (yakuza) exerce une influence importante et qui a une importance vitale pour le PLD, pour lequel les entreprises de construction sont à la fois une source essentielle de financement et des agents électoraux très actifs.

Les travaux publics, financés essentiellement par les impôts des mégapoles mais qui bénéficient principalement aux préfectures rurales, constituent par ailleurs un moyen de redistribution des revenus. Les effets négatifs de cette situation (travaux démesurés et surfacturés) sont très critiqués depuis le début de la récession.

2.4. Le secteur tertiaire

Les services

Ils représentent près de 70 % du P.I.B. ; ils employent plus des trois-quarts de la po.pulation active féminine et environ 60 % de celles des hommes.Traditionnellement, de nombreuses activités liées à ce secteur avaient une productivité médiocre et une main-d'œuvre trop abondante. C'était un des moyens qui permettait de maintenir le taux de chômage très bas, tout en assurant à l'usager une grande qualité de service. Mais ce mode de fonctionnement a été complètement revu depuis le début des années 1990.

La distribution se caractérisait par la complexité de ses circuits et par son atomisation. Le PLD a très longtemps protégé les petits commerces avant que la grande distribution ne s’installe et ne se trouve concurrencée par les grands groupes étrangers (Carrefour, Wal-Mart) qui ont maintenant pris pied au Japon.

Le secteur de la finance (banque, assurance, courtage) s'est développé dans un contexte étranger aux lois du marché, sous la tutelle de l'Administration, qui attendait de lui qu'il serve sa politique économique. En échange, les établissements étaient implicitement garantis contre la faillite, et pouvaient spéculer librement dans des secteurs très peu surveillés (prêts usuraires via des organismes non bancaires, manipulations boursières). Une réglementation tatillonne bridait toute concurrence, entraînant un lourd retard technique (faible productivité, faible sophistication des produits).

Ce retard, et l'absence de toute capacité à apprécier les risques dans un environnement totalement protégé et réglementé ont conduit à la catastrophe de 1990. Ravagé par l'éclatement de la « bulle » spéculative et les scandales qui ont suivi, le secteur a bénéficié en 1998 d'une injection massive de fonds publics qui n'a pourtant pas suffi à assainir les bilans des établissements. Le secteur a dû s'ouvrir à la concurrence mondiale depuis 1997 (réforme dite « big bang ») et se réorganiser comp. lètement.

Les grandes entreprises d'électricité et de chemins de fer (grandes bénéficiaires de la privatisation des Japan National Railways en 1987) se sont largement diversifiées et constituent, à côté des keiretsu, dont elles ne relèvent pas, un pilier essentiel du monde des affaires. Les transports se caractérisent aussi par le système perfectionné du takyubin, transport routier ultrarapide de colis porte à porte.

La recherche et l'innovation

L’innovation est l’une des principales caractéristiques de l’économie japonaise. Sa recherche-développement atteint 20 % du budget mondial dans le domaine, pour 2 % de la population. Elle représente 3,6 % du P.I.B. en 2009, contre 2,7 % aux États-Unis et 2,1 % en France. Elle a pour autre caractéristique d’être menée pour plus des trois-quarts par des entreprises privées et particulièrement orientée vers la recherche appliquée.

Cependant le gouvernement s’implique directement dans la définition des directions stratégiques par l'intermédiaire du Conseil pour la Science et la Technologie . Ainsi 19 clusters industriels sont consacrés, sous le contrôle du METI, aux secteurs des biotechnologies, des TIC, de l’environnement et des processus manufacturiers, tandis que 9 clusters « de la connaissance », sous le contrôle du MEXT, sont dédiés aux sciences de la vie, aux nanotechnologies, aux TIC et à l’environnement.

Le Japon est ainsi en position de leader sur nombre de secteurs, pour certains desquels même, il est en situation de quasi monopole mondial. On peut citer le secteur automobile et les batteries pour véhicules, la robotique, le solaire, les nanotechnologies, les fibres de carbone, les appareils numériques.

De plus en plus le Japon délocalise la fabrication chez des partenaires asiatiques. Après la Corée du Sud, Hong Kong, Taïwan et Singapour ont joué ce rôle, puis la Malaisie, les Philippines, l’Indonésie et la Thaïlande ; maintenant c’est même la Chine.

2.5. Le commerce extérieur

L'économie du Japon a d'abord reposé sur son marché intérieur et le commerce japonais est resté déficitaire jusqu' après 1965. Ses excédents ont explosé à partir du premier choc pétrolier, passant de 3,5 à 60 milliards de dollars pour ce qui est des échanges avec les États-Unis entre 1975 et 1985, et de 3 à 34 milliards avec l'Europe entre 1975 et 1991. Depuis, ils ont contribué de manière décisive à la puissance économique de l'archipel. En 2008, juste avant la crise, l’excédent de la balance commerciale du Japon représentait un peu plus de 2 % de son PIB.

Les exportations

L'automobile et les matériels de transport (y compris les pièces détachées), tiennent la tête, fournissant le quart des exportations japonaises. Viennent ensuite pour 20 % chacun, les secteurs de l’électronique et des machines. Les produits manufacturés comptent pour un peu plus de 10 % et les produits chimiques pour un peu moins.

Les importations

Les hydrocarbures, représentent 35 % du total en valeur ; on arrive à 50 % en ajoutant les matières premières et les produits chimiques (7 % chacun). Le poste des équipements électroniques, des machines et des produits manufacturés totalise 28 % de l’ensemble. Y figurent notamment des produits fabriqués dans des usines à capitaux japonais, délocalisées. Les produits alimentaires représentent 8 % du total, plaçant le Japon au 5ème rang mondial dans ce secteur.

Les partenaires

Les États-Unis, longtemps le premier partenaire commercial du Japon, ont été supplanté par les pays asiatiques depuis 1990. À la fin de la première décennie du xxie s., le Japon envoie plus de 50 % de ses exportations à ses partenaires asiatiques et en reçoit plus de 60 % de ses importations, la Chine venant largement en tête.

3. Les sites du Japon classés à l'Unesco

Plusieurs sites du Japon sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco :
Himeji-jo ;
Horyu-ji : monuments bouddhiques de la région ;
Shirakami-Sanchi ;
Yakushima ;

– ancienne Kyoto : monuments historiques (villes de Kyoto, Uji et Otsu) ;
Shirakawa-go et Gokayama (villages historiques) ;
Hiroshima : mémorial de la paix (dôme de Genbaku) ;
– Itsukushima : sanctuaire shinto ;

Nara : monuments historiques de l'ancienne ville ;
Nikko : sanctuaires et temples ;
– sites Gusuku et biens associés du royaume des Ryukyu ;
monts Kii : sites sacrés et chemins de pèlerinage ;
– Shiretoko ;
– Iwami Ginzan : mine d’argent et son paysage culturel ;
Hiraizumi : temples, jardins et sites archéologiques représentant la Terre Pure bouddhiste ;
– Îles d’Ogasawara ;
– Fujisan, lieu sacré et source d'inspiration artistique.

Pour en savoir plus, voir les articles géographie physique du Japon et population du Japon.