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protocole Hossbach ou mémorandum Hossbach

Nom sous lequel est connu le procès-verbal, établi par le colonel Friedrich Hossbach (1894-1980), d'une réunion tenue le 5 novembre 1937 à la Chancellerie du IIIe Reich.

Pour la première fois au cours de cette réunion, le Führer Adolf Hitler annonça sa volonté de traduire en actes les théories expansionnistes qu'il avait exposées dans Mein Kampf. Le compte-rendu de cette réunion fut produit comme pièce à conviction devant le tribunal de Nuremberg en 1945.

Devant le général feld-maréchal Werner von Blomberg, ministre de la Guerre, le général Hermann Göring, commandant en chef de la Luftwaffe, le général baron Werner von Fritsch, commandant en chef de l'armée de Terre, le commandant de la Marine Erich Raeder et le baron Konstantin von Neurath, ministre des Affaires étrangères, Hitler exposa que le but de la politique allemande devait être la sauvegarde et la sécurité de la « communauté raciale » (Volksmasse) [allemande] ainsi que sa multiplication. Selon lui, « la communauté raciale allemande comprenait 85 millions d'hommes qui formaient, étant donné le nombre des hommes et l'étroitesse des espaces habités en Europe, un noyau racial plus replié sur lui-même que ce n'était le cas pour aucun autre pays, et qui d'un autre côté possédait plus qu'aucun autre peuple un droit à un espace vital plus vaste. Si, sur le plan territorial aucune acquisition politique ne correspondait au noyau racial allemand, c'était la suite d'une évolution historique de plusieurs siècles, et la persistance de cette situation politique faisait courir le plus grand danger au maintien de la race allemande à son niveau actuel. Il était aussi impossible d'arrêter le déclin de la civilisation allemande (Deutschtum) en Autriche et en Tchécoslovaquie que de maintenir le niveau de vie actuel en Allemagne même. […] L'avenir de l'Allemagne était donc sous l'entière dépendance d'un règlement territorial nécessaire, et il était dans l'ordre des choses que cette solution ne pût être cherchée que pour l'espace de temps prévisible, comprenant à peu près une à trois générations. »

Les services secrets français et britanniques furent rapidement informés de ce délire impérialiste : Hans Thilo Schmidt (membre du N.S.D.A.P. depuis 1932), un membre de l'Office de la Recherche du Reich (Forchungsamt), organisme chargé des écoutes radio, téléphoniques et radiogoniométriques, livra au 2e Bureau le détail des objectifs hitlériens. Sept jours après la conférence de la Chancellerie, le colonel Rivet, chef des services de renseignements et de contre-espionnage de l'armée (1936-1944), en informa Daladier, qui ne se préoccupa guère de ces informations et recommanda à Rivet de se charger plutôt des problèmes frontaliers soulevés par la guerre d'Espagne et de la surveillance du parti communiste français. De même, les Britanniques furent rapidement informés, et, quelques jours après la conférence, Göring en exposa la teneur à l'ambassadeur des États-Unis en France, William Bullitt, en évoquant explicitement les revendications nazies sur l'Autriche et les Sudètes.