En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Grèce : activités économiques

La Grèce au bord de la faillite, 2011
La Grèce au bord de la faillite, 2011

Malgré l'exiguïté des surfaces cultivables, en rapport avec la faible étendue des bassins et des plaines (Thrace, Macédoine, Thessalie, Attique), l'agriculture demeure une ressource essentielle de la Grèce. Fondée sur la trilogie méditerranéenne classique blé-vigne-olivier, elle fournit aussi du tabac, des agrumes. L'élevage ovin est surtout montagnard.
Essentiellement agricole jusque dans les années 1950, l'économie grecque s'appuie désormais sur une industrie diversifiée et sur d'importantes activités de service telles que le tourisme et la marine marchande. En 2008, l'agriculture fournissait 3 % du produit intérieur brut, l'industrie 18 % et les services 79 %.
Athènes et son port, Le Pirée, regroupent près du tiers de la population du pays. Avec Thessalonique, ces villes concentrent l'essentiel des industries de transformation, partiellement fondées sur quelques activités extractives (lignite, bauxite, nickel). Le lourd déficit commercial est en partie compensé par les revenus du tourisme et de la flotte marchande. Le sous-emploi reste élevé (et l'économie souterraine, importante).
En 2010, l'ampleur du déficit budgétaire et de l'endettement public, devenue critique après avoir été longtemps masquée dans les chiffres officiels, contraint la Grèce à mettre en œuvre un programme d'austérité drastique – générateur de fortes tensions sociales – et à faire appel à l'aide de ses partenaires de l'Union européenne et à celle du Fonds monétaire international.

1. L'agriculture

L'intégration d'une partie de la production dans des filières industrielles et commerciales, la diminution corrélative de l'autoconsommation et la recherche de marchés extérieurs ont joué un rôle déterminant dans son évolution.

Alors que l'élevage traditionnel déclinait et que les espaces pastoraux de montagne se trouvaient marginalisés, les étables laitières et les élevages en batterie (poulets, porcs) se sont multipliés dans les régions d'agriculture moderne. Le morcellement en petites exploitations et la médiocrité des revenus agricoles traduisent toutefois la persistance de certains archaïsmes. L'élevage ovin reste très présent dans les montagnes du Pinde et du Péloponnèse, avec un cheptel estimé à 9 millions de têtes en 2010.

Les cultures méditerranéennes traditionnelles (céréales, vignobles, oliveraies) sont concentrées sur le littoral et dans les plaines des régions méridionales (Péloponnèse, Béotie, Crète) ; la culture du tabac, en très forte régression, est pratiquée en Macédoine et en Thrace. La Grèce est le troisième producteur mondial d'olives (1,8 millions de tonnes en 2010) et se place au neuvième rang pour le coton.

La modernisation de l'agriculture (irrigation, mécanisation, emploi des engrais) s'est accompagnée d'une importante diversification des productions : cultures industrielles (coton, betterave à sucre) dans les régions septentrionales, agrumes, fruits et légumes à vocation commerciale dans les régions méridionales, cultures maraîchères autour des agglomérations d'Athènes et de Thessalonique, destinées à l'approvisionnement des marchés urbains. Certaines productions sont exportées vers les autres pays de l'Union européenne, bien que concurrencées par celles de l'Espagne et du Portugal.

2. L'industrie

Relativement pauvre en ressources naturelles, la Grèce a vu s'accroître sa dépendance énergétique au fur et à mesure que son industrie se développait. Elle importe ainsi de Russie plus de 70 % de sa consommation de gaz naturel. Outre toute petite production de pétrole et une petite production d'hydroélectricité (Épire), elle exploite quelques minerais (extraits, pour la plupart, en Grèce centrale), essentiellement de la bauxite (gisements du mont Parnasse), du nickel (Lárymna en Béotie), de la magnésite (Alivéri en Eubée) et du lignite (Macédoine, Thrace, Eubée). Il existe aussi quelques mines d'argent, de plomb, de zinc (à Stratoni, dans le nord-est, en Chalcidique, près du mont Athos) et quelques gisements d'or (dans la même région).

L'État a contribué à l'industrialisation du pays en développant les infrastructures routières, les barrages hydroélectriques et les télécommunications. Les entreprises publiques restent, aujourd'hui encore, des acteurs économiques importants, malgré un programme de privatisation lancé en 1990.

La spécificité de l'industrie grecque repose à la fois sur l'appartenance d'un grand nombre de sociétés à des firmes multinationales et sur la présence d'une multitude de petites entreprises de sous-traitance, disposant de peu de capitaux et utilisant une main-d'œuvre peu qualifiée. Elle souffre d'importants handicaps : déficit énergétique, réseau de transports encore à moderniser, émiettement des entreprises. Elle produit surtout des biens de consommation (agroalimentaire, textile, petite métallurgie).

La région d'Athènes concentre près de la moitié de l'activité industrielle du pays, les autres grands foyers d'activité étant Thessalonique, Patras et le port de Vólos, en Thessalie. Les industries légères de transformation (agroalimentaire, textile, cuir) sont présentes dans tout le pays, alors que les industries lourdes sont concentrées à Athènes (chimie, constructions mécaniques et électriques, aéronautique), au Pirée (chantiers navals), à Thessalonique (métallurgie, chimie), à Patras (chimie) et à Vólos (métallurgie).

3. Les échanges

Les principaux partenaires commerciaux de la Grèce sont les pays de l'Union européenne et ceux du bassin méditerranéen. Depuis la fin du communisme en Europe, les échanges avec les autres États balkaniques sont en augmentation rapide et la ville de Thessalonique est appelée à reprendre le rôle de carrefour régional qui était le sien durant la période ottomane.

L'Italie est le premier client de la Grèce, qui importe notamment de l'huile d'olive, retraitée pour devenir italienne. La Grèce exporte aussi du coton.

Bien que la part des biens industriels dans les exportations soit désormais plus élevée que celle des produits agricoles et miniers, la Grèce a une balance commerciale fortement déficitaire, le volume des importations restant plus de trois fois supérieur à celui des exportations.

Ce déséquilibre est en partie compensé par les envois de la diaspora et les revenus liés au tourisme et à la marine marchande.

Le tourisme s'est développé rapidement à partir des années 1960, la Grèce accueillant en 2011 plus de 16 millions de touristes.

La flotte marchande grecque est en effet la première du monde, avec 2 000 navires, les armateurs du pays possédant, en outre, une part importante des flottes chypriote, panaméenne et libérienne, soit plusieurs milliers de navires. Cet ensemble représente 8 % de la flotte commerciale mondiale et 15 % de ses capacités de charge. Selon la constitution de 1967, les bénéfices réalisés par les armateurs à l'étrangers sont exonérés d'impôts.

La balance des paiements reste néanmoins globalement déficitaire.

4. Les difficultés actuelles

En 2010, l'ampleur du déficit budgétaire et de l'endettement public, devenue critique après avoir été longtemps masquée dans les chiffres officiels, contraint la Grèce à mettre en œuvre un programme d'austérité drastique et à faire appel à l'aide de ses partenaires de l'Union européenne et à celle du Fonds monétaire international. Les composantes de l'économie grecque, État faible, corruption et fraude fiscale généralisée, poids de l'économie informelle (30 % du produit intérieur brut en 2009), ont amené le poids de la dette publique a dépasser les 170 % du produit intérieur brut, soit 350 milliards d'euros. Le pays se retrouve au bord de la banqueroute. Le taux de croissance est de – 5 % en 2011.

En février 2012, un accord avec la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international permet d'obtenir un plan d'aide de 130 milliards d'euros et l'annulation de 107 milliards d'euros de dette. En contrepartie, le gouvernement décide de baisser le salaire minimum de plus de 20 %, de baisser les salaires des fonctionnaires de 35 % et de reculer l'âge de la retraite de 63 à 65 ans. Ces mesures entraînent de fortes tensions sociales, alors que le taux de chômage dépasse 25 % de la population active en 2012, soit plus d'un million de chômeurs dans un pays de onze millions d'habitants, et que les classes moyennes grecques s'enfoncent désormais dans une paupérisation inédite. Plus d'un jeune sur deux est sans emploi.

Confrontée à des enjeux structurels sans cesse repoussés, la Grèce doit en définitive refonder le fonctionnement de son État et les bases de son pacte social, mieux répartir la richesse et les efforts fiscaux à réaliser et repenser son modèle économique.

5. Les sites de Grèce classés à l'Unesco

Plusieurs sites de Grèce sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco :

Bassae : temple d'Apollon Épikourios ;
– Athènes : l'Acropole ;

Corfou : vieille ville ;
Rhodes : ville médiévale ;
Chio : monastères de Daphni, de Hosios Loukas et Nea Moni ;
Patmos : centre historique (Chorá) avec le monastère de Saint Jean le théologien et la grotte de l'Apocalypse ;
Thessalonique : monuments paléochrétiens et byzantins ;

Delphes : site archéologique ;
Météores ;
Mont Athos ;
Épidaure : sanctuaire d'Asclépios ;

Olympie : site archéologique ;
– Mystras : site archéologique ;

Délos ;
Samos : Pythagoreion et Heraion ;
Aigai-Vergina : site archéologique ;
Mycènes : site archéologique ;
Tirynthe : site archéologique.

Pour en savoir plus, voir les articles géographie physique de la Grèce et population de la Grèce.