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France : activités économiques

Nice
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L'industrie française, dans le cadre de la mondialisation des échanges, de la division internationale du travail, a connu des fortunes diverses. Des branches anciennement développées ont souffert, comme le textile ou la sidérurgie. Des régions ont été très touchées, comme le Nord et la Lorraine, précocement industrialisés. Des branches plus élaborées, comme la construction mécanique (automobile, aéronautique) et électrique, la chimie, ont mieux résisté, de même que l'agroalimentaire. Dans le domaine énergétique, le nucléaire a partiellement compensé le déclin – aujourd'hui achevé – du charbon et le recul, plus récent, du pétrole (presque totalement importé) et fournit environ les trois quarts de la production totale d'électricité. La modernisation du réseau de transport est permanente dans le domaine ferroviaire (TGV) et routier (plus de 10 000 km de voies autoroutières), tandis que le réseau aérien intérieur s'est densifié. La France demeure, et de loin, la première puissance agricole de l'Union européenne.
La France exporte aujourd'hui environ 20 % de sa production totale (principalement vers ses partenaires de l'Union européenne), vendant surtout des produits industriels (automobiles, avions, etc.) ainsi que des excédents agricoles. Les achats de matières premières minérales et énergétiques (pétrole) pèsent sur la balance commerciale, aujourd'hui largement déficitaire. La situation de la balance des paiements est améliorée par l'excédent du solde du tourisme, mais le pays est très endetté. La compétitivité industrielle est insuffisante (entraînant des délocalisations). L’emploi et le maintien du pouvoir d’achat constituent des préoccupations majeures, aujourd'hui amplifiées par les effets de la crise économique mondiale et européenne.

1. De grands bouleversements économiques

Les transformations de la population active indiquent que l'économie française a connu une évolution considérable au cours de la deuxième moitié du xxe s. Elles n'en donnent en fait qu'une image partielle, car elles ne peuvent guère rendre compte de phénomènes aussi essentiels que le prodigieux enrichissement du pays, son ouverture sur le monde (et surtout sur l'Europe), les rapides progrès de productivité qu'il a accomplis ou encore le processus de « désétatisation » dans lequel il s'est engagé.

1.1. La croissance économique

En 1945, l'appareil productif français est dévasté par la guerre. Le pays tout entier s'attelle à le reconstruire sous l'impulsion de l'État (plans de développement, nationalisations et créations de grandes entreprises publics) et avec l'aide financière des États-Unis (plan Marshall). Le niveau de production d'avant-guerre est rapidement retrouvé, mais non le niveau de vie, les efforts faits en faveur de l'investissement limitant la consommation des ménages. La croissance des revenus individuels ne commence véritablement que dans les années 1950.

Quelques éléments permettent de juger des progrès accomplis de 1945 à 1975 (période dite des « trente glorieuses »), difficilement imaginables aujourd'hui : le revenu national réel par habitant est multiplié par 3,5 ; le nombre de voitures passe de 1 million à plus de 15 millions, la part des logements équipés de salles de bains passe de 5 % à 70 %, et la part des logements équipés de réfrigérateurs, de 3 % à 91 %. Corrélativement, le pouvoir d'achat individuel progresse considérablement, dans toutes les couches de la population : il faut, en 1945, huit heures de travail à un ouvrier pour acheter un poulet contre quarante-cinq minutes en 1975. Cet enrichissement général permet également de financer des équipements collectifs (électrification des chemins de fer, autoroutes, hôpitaux, écoles…), eux-mêmes générateurs d'emplois et de revenus. La crise n'a fait que ralentir cette tendance sans la bloquer, à l'exception de courtes périodes de stagnation (1975 et 1993).

1.2. L'ouverture sur l'extérieur

La France était avant la Seconde Guerre mondiale un pays vivant très largement en vase clos, les échanges extérieurs se limitant en quelque sorte au strict nécessaire, avec une préférence coloniale marquée. La situation s'est totalement renversée, la France étant aujourd'hui l'un des pays développés les plus « extravertis ». Le rapport commerce extérieur (biens et services) / produit national brut (P.N.B.) atteint 40 %, soit légèrement moins que celui de l'Allemagne ou de l'Angleterre, mais deux fois plus que celui des États-Unis ou du Japon. La part des échanges avec les anciennes colonies s'est effondrée et l'essentiel du commerce extérieur – près des deux tiers – s'effectue désormais au sein de l'Union européenne. L'ouverture des frontières se traduit également par une modification du capital des entreprises, certaines d'entre elles passant en partie ou en totalité sous contrôle étranger, mouvement qui n'est d'ailleurs pas unilatéral, les investissements français à l'étranger pouvant être, selon les années, supérieurs aux investissements étrangers en France. Cette sorte de révolution, qui a été amorcée à la fin des années 1950 lorsque la construction européenne a été lancée, a fortement favorisé la croissance. En contrepartie, la France est devenue plus dépendante des événements économiques extérieurs, comme le prouve sa difficulté à sortir de la crise par ses propres moyens.

Avec l'adoption de l'euro en 1999, troisième étape de l'Union économique et monétaire (U.E.M.), l'unification européenne a fait un véritable bond en avant. L'euro est alors devenu la monnaie de la France et des dix autres États membres de la zone euro, conjointement avec les monnaies nationales qui lui sont liées par un taux de change fixe. En 2002, il a complètement remplacé ces dernières. La responsabilité des politiques monétaires est progressivement transférée à la Banque centrale européenne (B.C.E.).

1.3. Rendements et productivité

Longtemps les économistes sont restés persuadés que la productivité était le privilège de l'industrie. L'exemple de la France, comme celui des autres pays développés, prouve que l'agriculture et les services sont aussi concernés.

La mécanisation, l'usage d'engrais, l'irrigation, l'élevage en batteries permettent aujourd'hui un niveau de production jamais atteint, alors que le nombre des agriculteurs a été divisé par plus de deux depuis les années 1950. C'est que, entre-temps, les rendements moyens ont fortement progressé (quadruplement pour le blé et le maïs). Dans les services, le traitement électronique de l'information et l'amélioration des moyens de transport ont d'ores et déjà entraîné de profonds bouleversements, qui se traduisent par des gains de temps et des diminutions de coûts parfois considérables en matière de communications. Dans l'industrie, les travaux publics et le bâtiment, l'effort de modernisation a permis des économies quantitatives sur les matières premières et l'énergie, par la diminution des déchets, l'utilisation systématique des sous-produits et le recyclage.

Ce phénomène quasi général contribue à expliquer la crise structurelle dans laquelle sont plongées de nombreuses industries productrices de produits de base ou intermédiaires (mines, sidérurgie, raffineries…), dont les débouchés se réduisent peu à peu.

1.4. Le désengagement de l'État et la « financiarisation » de l'économie

Le mouvement de nationalisations qui avait suivi l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 – il avait notamment touché les banques et les assurances – a été très rapidement remis en question avec la première alternance de 1986. Depuis cette date, et quels que soient les gouvernements, la tendance est au désengagement des pouvoirs publics dans les secteurs à vocation économique, ce qui rompt avec le modèle de développement adopté depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le nombre d'emplois dans le secteur public (État, collectivités territoriales, établissements et entreprises publiques) continue cependant d'augmenter, puisqu'il représente environ 5,51 millions d'emplois sur un total de 25,8 millions.

1.5. Situation générale de l'économie

La France demeure, et de loin, la première puissance agricole de l'Union européenne. Elle exporte aujourd'hui environ 20 % de sa production totale (principalement vers ses partenaires de l'Union européenne), vendant surtout des produits industriels (automobiles, avions, etc.) ainsi que des excédents agricoles. Les achats de matières premières minérales et énergétiques (pétrole notamment) pèsent sur la balance commerciale, aujourd'hui largement déficitaire. La situation de la balance des paiements est améliorée par l'excédent du solde du tourisme, mais le pays est très endetté.

La compétitivité industrielle sur le plan international diminue, alors que la concurrence est vive (entraînant des délocalisations et des pertes d'emplois industriels). Le problème de l'emploi et le maintien du pouvoir d'achat demeurent des préoccupations majeures, amplifiées par les effets de la crise économique mondiale et de la crise de la dette souveraine dans les pays européens. Le nombre de chômeurs avoisine les 10 % de la population active.

2. Agriculture, pêche, forêt

Grâce à la diversité de son climat et de ses sols, la France bénéficie de conditions très favorables à l'agriculture et occupe le premier rang dans l'Union européenne pour les superficies cultivées, la production totale, les exportations. Elle domine quantitativement ses partenaires pour les oléagineux, les céréales, les betteraves sucrières, la viande bovine, les volailles. Elle vient au premier rang mondial (en valeur) pour la production et l'exportation de vin. Une part importante de l'activité paysanne traditionnelle relève aujourd'hui de l'industrie agroalimentaire (alimentation du bétail, salaisons, fromages…).

La progression des rendements, la surproduction mondiale et la très forte diminution de la population active agricole se sont accompagnées d'un développement rapide des jachères, en diminution cependant depuis le milieu des années 1990. Parallèlement, les pouvoirs publics ont encouragé le remembrement des exploitations agricoles, facteur de productivité, mais aussi de fragilité (spécialisation, risques écologiques). Tout cela a entraîné une augmentation de la taille moyenne des exploitations, qui dépasse aujourd'hui 50 hectares, et une diminution du nombre des emplois agricoles, qui sont passés pour la première fois en 2004 sous la barre du million. Cependant, la France reste caractérisée par la coexistence d'une grande agriculture riche (plaines céréalières et betteravières du Bassin parisien) et d'une petite agriculture familiale plutôt pauvre et fortement endettée.

Le productivisme, longtemps encouragé par les pouvoirs publics, est la principale raison de cet endettement du monde rural. Il est aussi à l'origine, dans certaines régions, de problèmes écologiques inquiétants (pollution des nappes phréatiques en Bretagne par les nitrates contenus dans les déjections porcines). Comme dans tous les pays développés, l'agriculture française est fortement subventionnée à travers un ensemble de mécanismes complexes qui impliquent l'Union européenne (Politique agricole commune, ou P.A.C.). Ce soutien représente en moyenne près de 40 % du revenu brut des exploitations agricoles, mais il varie très considérablement selon la nature de la production. L'élevage et les céréales sont très fortement subventionnés, à l'inverse de la viticulture.

Cette dernière, ou du moins la partie qui a choisi d'évoluer vers une production de qualité, apporte la preuve qu'une agriculture à la fois plus rentable et plus respectueuse de l'environnement n'est pas une simple utopie. La crise de la « vache folle », de la viande de cheval, l'épizootie de fièvre aphteuse, les débats à propos des O.G.M., du « bœuf aux hormones » et de la « mal-bouffe » témoignent d'une prise de conscience des dangers d'une agriculture trop industrialisée.

Activité traditionnelle des littoraux du nord et de l'ouest de la France, la pêche est dans une situation difficile du fait de la baisse tendancielle des cours liée à la concurrence internationale. La production française ne couvre plus qu'une faible part de la consommation intérieure.

Le secteur regroupe 4 675 navires et 14 200 marins pêcheurs embarqués sur les navires français. La Bretagne effectue le tiers du chiffre d'affaires, devant le Nord-Pas-de-Calais.

L'activité forestière n'est pas plus florissante. Malgré l'extension des surfaces boisées depuis la seconde moitié du xixe s., qui couvrent aujourd'hui le quart du territoire, la forêt française reste sous-exploitée, et la balance commerciale du secteur est encore déficitaire (pâte à papier notamment). Les tempêtes de décembre 1999, qui ont causé d'énormes ravages, ont porté un nouveau coup à cette activité.

3. Les ressources du sous-sol

Disposant de peu de ressources minières et énergétiques, la France a été amenée, d'une part, à se doter d'un parc de centrales nucléaires pour pallier la quasi-inexistence sur son sol de gisements d'hydrocarbures (78,5 % de l'électricité produite est d'origine nucléaire, ce qui constitue un record mondial), d'autre part, à réduire sévèrement ses activités minières traditionnelles du fait de la nouvelle donne internationale (demande déprimée, émergence de producteurs plus compétitifs). L'extraction de charbon, dont le volume a été divisé par près de douze entre 1965 (58 millions de tonnes) et 1999 (5 millions de tonnes), a cessé définitivement en 2005 ; la bauxite, qui approvisionne les usines d'aluminium, est désormais totalement importée et la dernière mine de fer de Lorraine a fermé en 1997.

La production française de pétrole est faible et ne cesse de diminuer. Presque tout ce qui est consommé doit être importé. La Norvège est le premier fournisseur de pétrole, devant la Russie et l'Arabie saoudite. Les raffineries sont situées surtout dans la basse Seine et dans la zone étang de Berre-Fos. La production de gaz est un peu plus forte (Aquitaine). La France importe du gaz de la Norvège (37 %), des Pays-Bas (19 %), et de l'Algérie (15 %).

4. L'industrie

Bien qu'en recul relatif (part dans le produit intérieur brut et dans l'emploi total), l'industrie française se situe au cinquième rang mondial loin derrière les États-Unis, le Japon, l'Allemagne et le Brésil. Dans le cadre de la mondialisation des échanges, de la division internationale du travail, elle a connu des fortunes diverses. Sa structure s'est profondément transformée, des branches anciennement développées comme les mines, la sidérurgie, le textile ayant beaucoup souffert de la concurrence étrangère et/ou de la diminution des débouchés. En revanche, dans un certain nombre de branches, elle s'est maintenue ou même développée, sous l'impulsion d'entreprises dynamiques occupant parfois un rang éminent dans la hiérarchie mondiale. C'est le cas en particulier de l'agroalimentaire (600 000 emplois, fort excédent commercial) ; des matériels de transport : automobiles particulières, où elle est le 8e producteur mondial, avions, matériel ferroviaire, pneumatiques ; du bâtiment, des travaux publics et des industries connexes ; de l'énergie ; de la chimie et des sciences de la vie ; de la pharmacie (avec plus de 200 000 salariés, la France est le premier producteur européen de médicaments et le groupe Sanofi-Aventis domine le marché mondial des vaccins). On notera aussi le développement des activités « écologiques » (traitement des eaux et des déchets). L'industrie française souffre cependant de quelques faiblesses dans des domaines qui revêtent une importance stratégique pour l'avenir, comme les composants électroniques et les machines-outils.

Sur le plan de l'organisation, l'évolution depuis les années 1980 a été caractérisée par le développement de la sous-traitance et par la généralisation de la politique dite « des flux tendus ». Cette dernière consiste à ajuster la production de tous les biens nécessaires à la fabrication d'un produit en fonction des besoins de la chaîne de montage, afin de diminuer au maximum les stocks et de réduire ainsi les coûts de revient. Sous-traitance comme flux tendus, qui ne présentent pas que des avantages (sensibilité aux mouvements sociaux), ont été permis par l'informatisation et par le développement des transports routiers, particulièrement souples.

5. Les services

5.1. Le commerce

Les services dominent l'activité économique de la France, tant du point de vue de l'emploi que de la contribution au produit intérieur brut et à l'équilibre des échanges extérieurs (la France est le cinquième exportateur de services au monde). Leur diversité est considérable, mais certains d'entre eux revêtent une importance particulière. C'est le cas du commerce, activité ancestrale, qui demeure le premier secteur économique français, employant (avec le secteur des réparations) plus de 3 millions de personnes. Sa structure s'est profondément transformée : développement des grandes surfaces généralistes et spécialisées qui a entraîné la fermeture de nombreux petits commerces ; multiplication des centres commerciaux ; constitution de grands groupes de distribution.

5.2. Les transports

Depuis le début des années 1980, les transports ont bénéficié d'un important développement des infrastructures. En matière d'autoroutes, non seulement le réseau en étoile centré sur Paris a été complété, mais des liaisons interrégionales ont été mises en service : Nord-Pas-de-Calais/Alsace, Nord-Pas-de-Calais/Normandie, Bretagne/Aquitaine, Aquitaine/Provence-Alpes-Côte d'Azur, Auvergne/Savoie, pour atteindre plus de 11 000 km de voies autoroutières.

Les plates-formes aéroportuaires ont été modernisées et agrandies (Roissy). L'événement le plus spectaculaire a sans doute été la construction de lignes de T.G.V. et du tunnel sous la Manche, qui a permis à la S.N.C.F. de récupérer une partie du trafic passagers qu'elle avait perdu au profit des vols aériens intérieurs. Pour ce qui concerne le fret, la route continue d'accentuer sa prééminence, transportant à elle seule plus que le rail et les voies fluviales, ces dernières étant en régression (le trafic fluvial a diminué de moitié depuis 1970).

Le secteur des télécommunications a connu, à partir de la fin des années 1990, une véritable explosion due au développement d'Internet et surtout du téléphone portable dont l'utilisation a crû à une vitesse stupéfiante.

5.3. Le tourisme

Le tourisme joue un rôle important dans l'économie française. C'est une activité en constant développement, bien qu'il soit sensible aux aléas conjoncturels (variation du change, attentats, grèves…). La France est le premier pays au monde pour le nombre de touristes étrangers (81 millions en 2011). Le tourisme intérieur progresse sensiblement et représente à peu près le triple des recettes du tourisme étranger. Au total, le secteur emploie directement (restauration, hôtellerie, agences de voyages) plus de 930 000 salariés.

Le plus grand centre touristique du pays demeure Paris, l'une des villes les plus visitées du monde. Parmi les autres lieux les plus attractifs figurent le littoral méditerranéen (Côte d'Azur, Côte languedocienne), le littoral atlantique (surtout les côtes de Bretagne, de Vendée et du Pays basque), les Alpes de Savoie et les châteaux de la Loire; il faut également ajouter Lourdes, un des lieux de pèlerinage les plus fréquentés du monde catholique.

5.4. La santé

Les Français, continuant de vieillir, ont de plus en plus besoin de services de santé, ce qui dynamise les professions intermédiaires de ce secteur et du travail social (médecins, dentistes, pharmaciens, infirmiers, professions paramédicales, soit plus de 1,1 million de praticiens). Cette progression continue s'est traduite par une crise du financement du système, largement assuré par la Sécurité sociale. Les mesures prises par les gouvernements successifs parviennent difficilement à endiguer la progression régulière des dépenses de santé des Français : les dépenses des régimes maladie augmentent de 2 à 5 % par an – soit nettement plus que le produit intérieur brut –, ce qui conduit à un déficit permanent.

6. L'économie des Départements et Régions d'outre-Mer et des collectivités d'outre-mer

L'économie des Départements et Régions d'outre-mer (D.R.O.M.) et des collectivités d'outre-mer est le plus souvent fortement déséquilibrée, avec des capacités productives modestes. L'agriculture, traditionnellement orientée vers la satisfaction des besoins de la métropole en produits tropicaux (canne à sucre, bananes), ne parvient pas à couvrir les besoins de la population en produits vivriers. L'industrie se limite à quelques entreprises agroalimentaires (sucreries, distilleries). Les services sont en revanche hypertrophiés et pèsent lourdement sur les prix (marges commerciales). Le produit intérieur brut par habitant est à peu près inférieur de 40 % à celui de la métropole, mais est souvent très supérieur à celui des États de la région (Antilles, Polynésie…). Il provient à 70 ou 80 % des subventions métropolitaines. Le déficit des échanges extérieurs est considérable : pour l'ensemble des D.R.O.M., les exportations ne représentent que le dixième des importations. Leurs balances des paiements traduisent une extrême dépendance à l'égard de la métropole et, corrélativement, une faible intégration dans leur espace régional (Antilles, océan Indien). Seule la Nouvelle-Calédonie, grâce à sa production de nickel (5e rang mondial derrière la Russie, le Canada, l'Australie et l'Indonésie), échappe pour partie à ce modèle. Mais son économie n'en demeure pas moins fragile.

7. L'espace français et ses transformations

Du fait de l'ancienneté de son peuplement, l'espace français est très fortement « humanisé » et connaît, depuis des siècles, des transformations plus ou moins continues. Cette perspective historique ne doit pas être perdue de vue, même si l'évolution s'est accélérée avec la révolution industrielle, et davantage encore depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

7.1. Continuités et ruptures

L'espace français actuel est le fruit de mouvements de longue durée, mais aussi de l'irruption de facteurs nouveaux qui soit amplifient ces tendances anciennes, soit les contredisent. Son analyse en est donc particulièrement complexe et forcément simplificatrice.

La continuité se manifeste clairement dans un certain nombre de domaines : le poids écrasant (politique, économique, démographique) de Paris et, désormais, de sa Région (Île-de-France) ; la « déruralisation » et, corrélativement, l'urbanisation, qui touche 80 % de la population ; la persistance de certains contrastes de peuplement (faible densité dans les zones montagneuses, attraction des moyennes et basses vallées fluviales).

Les ruptures sont souvent la conséquence des bouleversements que connaît l'économie française : disparition des activités minières, qui a sinistré des régions entières (Nord-Pas-de-Calais, Lorraine) ; transformation des sites industriels avec l'abandon du modèle de l'usine géante et l'émergence des technopôles ; essor du tourisme, qui favorise le développement des espaces littoraux et montagnards, jadis délaissés… Elles sont aussi liées à certains facteurs socio-économiques qui ont profondément modifié les modes de vie, comme la diminution de la durée du travail et le développement corrélatif des activités de loisirs, les nouvelles exigences en matière d'habitat, la généralisation de l'automobile : tout cela a donné naissance à un tissu urbain de type nouveau, relativement peu dense, dévoreur d'espace, et qui caractérise aussi bien les anciennes villes nouvelles (Sénart, Saint-Quentin-en-Yvelines…) que les périphéries des vieilles cités provinciales.

La prise de conscience du déséquilibre Paris-province est ancienne, et l'État, en mettant en place une politique d'aménagement du territoire, s'est efforcé de répondre à ce défi, parfois avec succès, notamment par le biais de subventions et d'avantages fiscaux. Mais le rôle des pouvoirs publics apparaît ambigu. Ainsi, dans le domaine essentiel des transports, le vieux schéma en étoile autour de Paris a été reconduit pour les autoroutes puis pour le T.G.V. Ce n'est que très récemment que le souci de l'interrégionalité a commencé à être pris en compte. L'essentiel du pouvoir politique et économique demeure toujours concentré dans la région parisienne, voire dans Paris intra-muros.

7.2. Un espace morcelé et complexe

L'image qui prévalait jusque dans les années 1960 d'une France coupée en deux par une ligne Le Havre-Marseille, au nord et à l'est de laquelle se situaient les régions les plus peuplées, les plus urbanisées, les plus industrielles et les plus dynamiques, ne correspond plus à la réalité d'aujourd'hui. Le Nord et la Lorraine se remettent difficilement de la crise minière et métallurgique. Symétriquement, la Bretagne, l'Aquitaine, le Languedoc-Roussillon sont sortis de leur léthargie grâce à l'industrie, à une agriculture performante, au développement de technopôles ou au tourisme.

L'espace français actuel apparaîtrait plutôt comme un ensemble relativement vide d'où émergeraient des régions de prospérité, comme l'Île-de-France, dont la prépondérance est écrasante : avec près de 12 millions d'habitants, une densité de 1 000 habitants par km2) près de dix fois supérieure à la moyenne nationale et environ 30 % du produit intérieur brut national, c'est la première région industrielle française, la seconde région touristique (derrière Provence-Alpes-Côte d'Azur) et le principal pôle du pouvoir politique et économique.

D'autres régions se distinguent assez nettement de leurs voisines immédiates par leur poids relatif, tant démographique qu'économique. C'est le cas, notamment, du Nord-Pas-de-Calais, de l'Alsace, de Rhône-Alpes, de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) et du Languedoc-Roussillon. Corrélativement se dessine une large « diagonale du vide » qui traverse la France des Ardennes aux Pyrénées.

Cette France morcelée est néanmoins plus complexe qu'il n'y paraît. L'image de la « diagonale du vide » ne rend pas compte du « vide » alpin ni de celui du sud-ouest du Bassin parisien, de même qu'elle gomme diverses exceptions, dont celle, notable, de la vallée de la Garonne. Surtout, elle englobe des « vides » très différents (Champagne, Auvergne, Pyrénées) du point de vue des activités, du niveau de vie, mais aussi de la dynamique du peuplement (solde migratoire négatif dans le Nord, la Lorraine et la Picardie, mais positif dans le Midi). Quant aux régions industrialisées, elles sont loin de correspondre à un modèle unique. Outre la région parisienne qui fait figure d'exception, quelques-unes sont attractives (Alsace, vallée du Rhône, littoral méditerranéen), d'autres sont placées devant un difficile problème de reconversion industrielle (Nord-Pas-de-Calais, Lorraine), certaines ont été dynamisées par la décentralisation (ouest d'une ligne allant de Nantes à Montpellier).

7.3. Recomposer l'espace français ?

Le monde rural se dépeuple de ses paysans, les superficies cultivées décroissent régulièrement, la spécialisation et le productivisme agricoles altèrent les paysages et menacent les équilibres biogéologiques. Malgré un relatif changement de tendance au cours des années 1990, les centres-villes se sont vidés de leurs habitants, à l'image de Paris intra-muros, au profit de banlieues tentaculaires, dévoreuses d'espace, impersonnelles.

Malaise paysan, crises des banlieues : ces deux maux français de la fin du xxe s. prouvent à l'évidence que de nouvelles formes d'occupation de l'espace sont à inventer. Cette révolution passe non seulement par la poursuite d'une politique de solidarité envers les régions défavorisées, mais aussi peut-être par l'abandon d'un modèle de croissance hérité de l'après-guerre, axé sur le quantitatif, une telle exigence allant apparemment à l'encontre des impératifs de concurrence dictés par la mondialisation des économies. Le défi est certes considérable, mais laisser son espace se banaliser et se désagréger serait probablement une erreur stratégique de la part d'un pays dont l'image à l'étranger est restée synonyme de qualité.

Pour en savoir plus, voir les articles géographie physique de la France et population de la France.