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FPÖ

sigle de Freiheitliche Partei Österreichs, parti libéral autrichien

Parti politique autrichien.

1. Historique

Fondé en avril 1956, le FPÖ est l'héritier du Grossdeutsche Volskpartei, du Landbund de la Première République et de l'Union des Indépendants (VdU) de la Seconde République, implantés en Carinthie, en Haute-Autriche et dans la province de Salzbourg. Rattachés au courant pangermaniste, ces partis – dont certains membres et électeurs rejoignirent le parti national-socialiste dans les années 1930 – affichent de fortes tendances anticléricales et antisocialistes.

Dirigé de 1958 à 1978 par Friedrich Peter, un ancien officier SS, le FPÖ prend une orientation plus libérale sous la présidence de Norbert Steger (1978-1986) et accède pour la première fois au pouvoir dans le cadre de la « petite coalition » SPÖ-FPÖ dirigée par le chancelier social-démocrate Fred Sinowatz de 1983 à 1986.

2. Le virage à l’extrême droite et la percée du parti

Mais la résurgence de l'antisémitisme et du chauvinisme national-allemand – consécutive à l'affaire Waldheim – provoque, à l'automne 1986, un changement brutal d'orientation à l'intérieur du parti, qui élit à sa tête le national-populiste et ultra-droitier Jörg Haider.

Grâce à la démagogie et à la rhétorique xénophobe de son nouveau leader, le FPÖ effectue une ascension fulgurante (4,9 % de suffrages aux législatives de 1983, 9,7 % en 1986, 21,8 % en 1995, 26,9 % en 1999) et devient la deuxième force politique de l'Autriche, juste devant l'ÖVP.

La participation du FPÖ (avec notamment, le poste de vice-chancelier) au sein de la coalition formée par Wolfgang Schüssel en février 2000 suscite l'indignation de l'Union européenne qui, pendant plusieurs mois, soumet l'Autriche à un isolement diplomatique. En septembre 2002, les dissensions au sein du parti se traduisent par un conflit entre J. Haider et la vice-chancelière, conduisant à l'éclatement de la coalition gouvernementale.

3. Division et déclin

En recul aux élections législatives anticipées du 24 novembre 2002 (10 % des suffrages), le FPÖ détient encore six portefeuilles dans la nouvelle coalition reconduite par W. Schüssel mais sa chute ne cesse de se confirmer. Devant porter la responsabilité de réformes impopulaires, décrédibilisé par sa virulente campagne menée contre l'adhésion de la République tchèque à l'Union européenne, le FPÖ perd – à l'exception du scrutin régional de Carinthie (2004) – la totalité des scrutins organisés depuis son arrivée au pouvoir.

Après sa déroute aux élections européennes de 2004 (6,3 %, 1 siège), il connaît une grave crise interne qui entraîne sa scission en avril 2005. Heinz-Christian Strache, représentant l'aile la plus extrême du FPÖ, s'impose à la tête du parti, tandis que J. Haider fonde l'Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ). Aux élections législatives de 2006, le FPÖ fait jeu égal avec les Verts en obtenant 11 % des suffrages (21 sièges) et s'affirme comme le véritable héritier de l'extrême droite mais la constitution d'une « grand coalition » SPÖ-ÖVP le rejette dans les rangs de l'opposition.

4. Dans l'opposition

Profitant du discrédit qui frappe les deux grands partis du pays, le FPÖ atteint 17,5 % (34 sièges) aux élections législatives anticipées de septembre 2008. Aux élections européennes de juin 2009, il attire, grâce à une habile propagande en direction des jeunes (le droit de vote est désormais abaissé à l'âge de 16 ans), de nouveaux électeurs et double son score par rapport à 2004 en atteignant 12,71 % des suffrages (2 sièges).

En décembre de la même année, la frange radicale du BZÖ, qui ne survit que dans son fief de Carinthie, décide de se réconcilier avec le FPÖ. La candidate à l'élection présidentielle d'avril 2010, Barbara Rosenkranz, censée attirer une frange de l'électorat conservateur par son discours axé sur les valeurs familiales, ne recueille que 15,62 % des voix. Le parti profite cependant de l’érosion de la base électorale des deux piliers de la démocratie autrichienne, SPÖ et ÖVP, et semble bien s’installer dans le paysage politique du pays en récoltant autour de 20  % des suffrages aux élections législatives de septembre 2013, tandis que le BZÖ est éliminé du Parlement.

Le sentiment de crainte et de rejet qui gagne une partie de la population face à la « crise migratoire » en Europe en 2015 contribue directement à sa très forte progression. Fort de nouveaux succès aux élections provinciales de 2015 en Haute-Autriche (30 % des voix), en Styrie (26,7 %) ou encore à Vienne (31 %), son candidat Norbert Hofer vient en tête du premier tour de l’élection présidentielle en avril 2016, avant d’être battu d’extrême justesse au second tour par le représentant des Verts, Alexander Van der Bellen.

Pour en savoir plus, voir l'article Autriche : vie politique depuis 1945.