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Europe  : géographie

La Terre
La Terre

La géologie et le relief distinguent une Europe septentrionale, formée de vastes plaines (plaine nord-européenne) et de vieux socles (massifs calédoniens et hercyniens), souvent rajeunis (Scandinavie), d'une Europe méridionale, occupée par des chaînes tertiaires (Pyrénées, Alpes, Carpates), enserrant des régions basses, souvent peu étendues. L'Europe appartient à la zone de climat tempéré, mais le plus ou moins grand éloignement de l'Océan surtout, la latitude et la disposition des reliefs introduisent des nuances thermiques et pluviométriques permettant de différencier une Europe océanique à l'Ouest, continentale à l'Est, méditerranéenne au Sud. À chacune d'elles correspond une formation végétale (feuillus à l'Ouest, conifères à l'Est et dans l'extrémité nord, maquis et garrigues provenant de la dégradation de la forêt méditerranéenne au Sud).
La position de l'Europe dans la zone tempérée, au centre des terres émergées de l'hémisphère boréal, sa profonde pénétration par les mers ont facilité son peuplement, expliquant son ancienneté (paléolithique), sa densité et sa variété. L'Europe groupe, sur moins de 10 % des terres émergées, 11 % de la population mondiale (part qui diminue cependant en raison de la faiblesse de la natalité), mais ne possède aucune unité religieuse ou linguistique (le christianisme et les langues indo-européennes dominent toutefois largement).
L'Union européenne a permis la réalisation d'une unification économique et monétaire, concrétisée par l'adoption majoritaire d'une monnaie unique, l'euro, à partir de 1999, et, regroupant les États les plus riches du continent (à l'exception de la Suisse et de la Norvège), s'est ouverte de nouvelles perspectives l'intégration, lors des élargissements de 2004 et 2007, de plusieurs nouveaux pays d'Europe centrale et orientale. L'Europe continue cependant d'offrir un tableau contrasté, les différences de développement entre l'Ouest et l'ancien bloc de l'Est, notamment, n'ayant pas encore disparu. Surtout, le Vieux Continent, aujourd'hui gravement fragilisé (crise grecque et crise de la dette souveraine dans de nombreux pays, déstabilisant l'ensemble de la zone euro, depuis 2010), apparaît en perte de vitesse face au dynamisme des pays émergents.

Les limites de l'Europe

Les limites de l'Europe sont nettes au sud, où la Méditerranée la sépare de l'Afrique, à l'ouest (océan Atlantique) et au nord (océan Arctique). Le problème se pose cependant de savoir si certains territoires font ou non partie de l'Europe : l'Islande, à mi-chemin entre l'Amérique et l'Europe, doit-elle être rattachée à l'Europe ? Malte, où la population, majoritairement catholique, parle une langue d'origine arabe, est-elle européenne ou africaine ? Mais c'est à l'est que les limites de l'Europe posent le plus de problèmes, en l'absence de véritable barrière naturelle. L'Oural, limite conventionnelle entre l'Europe et l'Asie pour la plupart des géographes, est une montagne aisément franchissable. D'autres considèrent l'Europe comme une péninsule d'un très grand continent baptisé Eurasie.

Les États d'Europe

LES ÉTATS D'EUROPE

ÉTAT

Superficie
(en km2)

Nombre d'habitants
(estimation pour 2013)

Albanie

29 000

3 173 000

Allemagne

357 000

80 219 695

Andorre

465

79 000

Autriche

84 000

8 495 000

Belgique

30 500

11 104 000

Biélorussie

208 000

9 357 000

Bosnie-Herzégovine

51 100

3 829 000

Bulgarie

111 000

7 223 000

Croatie

56 500

4 290 000

Danemark

43 000

5 619 000

Espagne

505 000

46 927 000

Estonie

45 000

1 287 000

Finlande

338 000

5 426 000

France

549 000

65 800 000

Grande-Bretagne et Irlande du Nord

253 500

63 136 000

Grèce

132 000

11 128 000

Hongrie

93 000

9 955 000

Irlande

70 000

4 627 000

Islande

103 000

330 000

Italie

301 000

60 990 000

Kosovo

10 887

1 733 872

Lettonie

64 000

2 050 000

Liechtenstein

160

37 000

Lituanie

65 000

3 017 000

Luxembourg

2 586

530 000

Macédoine

25 700

2 107 000

Malte

316

429 000

Moldavie

34 000

3 487 000

Monaco

2

38 000

Monténégro

13 812

621 000

Norvège

325 000

5 043 000

Pays-Bas

34 000

16 759 000

Pologne

313 000

38 217 000

Portugal

92 000

10 608 000

Roumanie

237 000

21 699 000

Russie

17 075 000

142 834 000

Saint-Marin

61

31 000

Serbie

55 968

7 777 128

Slovaquie

49 000

5 450 000

Slovénie

20 200

2 072 000

Suède

450 000

9 571 000

Suisse

41 293

8 078 000

tchèque (République)

79 000

10 702 000

Ukraine

604 000

45 239 000

Vatican

0,44

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1. L'Europe physique

1.1. Le relief de l'Europe

Le relief de l'Europe se compose de quatre grands ensembles, du nord au sud : les massifs anciens, les grandes plaines de l'Europe du Nord, les massifs anciens de l'orogenèse hercynienne et les chaînes alpines de l'Europe méridionale.

Les massifs anciens du Nord

Le relief du nord de l'Europe est formé de massifs anciens, de collines et de plaines. Les montagnes se répartissent en deux grands ensembles. Le plus vieil élément, huronien et calédonien, datant du début du paléozoïque, est localisé au nord-ouest, en bordure de l'Atlantique et de la mer de Norvège : ce sont les massifs d'Irlande et d'Écosse, qui ne dépassent pas 1 500 m d'altitude, le massif scandinave atteignant 2 400 m. L'autre ensemble montagneux, celui de la zone hercynienne (fin du paléozoïque), s'allonge d'Ouest en Est, avec des directions secondaires variées, depuis l'Irlande du Sud jusqu'à l'Ukraine, en passant par la Bretagne, le Massif central français, les Vosges, les Ardennes, les montagnes de l'Allemagne moyenne et la Bohême. L'Oural, à l'Est de la plate-forme russe, est également d'âge hercynien.

Toutes ces montagnes sont de vieux socles rigides qui ont été rabotés dans des phases d'érosion successives ayant laissé la marque de différentes pénéplaines. Affectés par des dislocations au cénozoïque, ils ont été soulevés ou basculés dans certaines parties, alors que d'autres restaient relativement déprimés ou s'effondraient. C'est à cette longue histoire qu'ils doivent leur relief émoussé et fragmentés, où s'encaissent parfois des gorges profondes. Ils présentent des formes lourdes (les « ballons » des Vosges), mais peuvent être surmontés par des reliefs volcaniques aujourd'hui éteints (en Ecosse et en Irlande, en Auvergne, dans le Vogelsberg en Allemagne), et sont entaillés de vallées fortement encaissées (trouée héroïque du Rhin dans le Massif schisteux rhénan).

Les parties déprimées sont soit des plaines d'effondrement (Alsace, Limagne, plaine du Rhin moyen) remplies d'alluvions récentes, soit des bassins sédimentaires (bassin de Londres, Bassin parisien, bassin de Souabe-Franconie, bassin de Bohême), où se sont conservés des sédiments mésozoïques et cénozoïques, dont les alternances se traduisent souvent par la formation de reliefs de côtes concentrique, et où les formes structurales sont nombreuses (plateaux, cuestas de Lorraine et du Jura souabe). Sur la bordure nord de cette zone hercynienne s'allonge un vaste couloir déprimé, occupé par les plaines basses (Flandres, Pays-Bas, plaine de l'Allemagne du Nord, de Pologne).

Les grandes plaines de l'Europe du Nord

Les grandes plaines de l'Europe du Nord s'étendent de la Flandre à la Russie, au sud des chaînes calédoniennes. Elles s'élargissent vers l'est. Le plus souvent, le substratum de ces plaines est constitué de terrains sédimentaires, mais le socle précambrien affleure parfois. Le relief de cette partie septentrionale de l'Europe doit une très grande part de son caractère aux effets des grandes glaciations de l'époque quaternaire. Les masses glaciaires ont raboté et mamelonné les hauteur préexistantes, creusé des dépressions lacustres, défoncé les vallées (creusées en auge), guilloché les sommets. Certaines vallées ont été envahies par la mer lorsque le niveau de celle-ci a remonté au moment de la fonte des glaciers (fjords de la côte norvégienne, firths des côtes écossaises). Les remblaiements (moraines de fond) ont désorganisé l'écoulement et entraîné la formation de milliers de lacs dans les cuvettes (Finlande, Poméranie, Mazurie) ; les moraines frontales, marquant les différents stades d'avancée des inlandsis, donnent un relief de collines (« croupes » de la Baltique, de Biélorussie), alors que les chenaux d'écoulement proglaciaires ont taillé de larges vallées de direction est-ouest, suivies aujourd'hui encore par certaines sections des grands fleuves (Elbe, Vistule) ; les vents ont enfin déposé des placages de sable, et, plus au sud, de loess. Cette ceinture de loess, qu'on suit de l'Allemagne (Börde) à l'Ukraine, en passant par la Thuringe, la Saxe, la Silésie, a donné naissance aux terroirs les plus fertiles du continent. En dehors de la zone d'action directe des glaciers, de vastes parties de l'Europe ont été soumises à un système d'érosion périglaciaire, qui a modelé les formes actuelles du relief.

L'Europe méridionale

Le relief de l'Europe méridionale présente des caractères très différents. Il résulte, dans l'ensemble, de plissements relativement récents (milieu du cénozoïque) : des morceaux de socles anciens ont été portés parfois à de très hautes altitudes (zone axiale des Alpes) ; par ailleurs, des dépôts sédimentaires relativement plastiques, accumulés dans des géosynclinaux, ont été plus ou moins métamorphisés et forment un élément essentiel des grandes montagnes européennes ; enfin, des mouvements de bascule affectant les socles ont également provoqué le glissement et le plissement par écoulement des terrains de couverture sédimentaires (Jura). Ces phénomènes tectoniques ont donné naissance aux longues chaînes de montagnes qui s'allongent depuis les chaînes Bétiques jusqu'au Caucase, sur un tracé jalonné par les Pyrénées (3 404 m au pic d'Aneto), les Alpes, le Jura, les Apennins, les chaînes dinariques, les Carpates, les montagnes des Balkans et celles de la Crimée. Ces chaînes portent les plus hauts sommets de l'Europe [mont Blanc, 4 807 m ; Elbrouz [aux confins de l'Asie], 5 633 m). Des fragments de massifs anciens ont été incorporés aux plissements, mais la vigueur de ces derniers les a portés à des altitudes très élevées et l'érosion intense qui s'en est suivie explique la dissection très grande des formes (pics, aiguilles). Vers la fin du cénozoïque, de grands mouvements d'ensemble ont exhaussé en bloc ces chaînes déjà plissées, et dénivelé des régions qui ont formé les plaines et les bassins qui bordent les montagnes : bassin de l'Ebre, sud de l'Aquitaine, plaines suisse et bavaroise, plaine du Pô, Bassin pannonien, plaines du bas Danube, etc. La formation récente de ces reliefs et leur instabilité actuelle sont attestées par la fréquence des séismes et l'activité d'un chapelet de volcans (Etna, Vésuve, Stromboli, etc.), principalement dans le sud-est de l'Europe. Ailleurs, ce sont des terrains sédimentaires qui ont été plissés, et la puissance des mouvements a pu y engendrer des charriages.

À la différence des massifs septentrionaux, les montagnes de l'Europe alpine forment des reliefs beaucoup plus fouillés et articulés, de structure bien moins uniforme, juxtaposant des chaînes calcaires ou de matériel tendre, et des échines de roches très dures, anciennes ou métamorphiques. Des éléments de socle rigides, se trouvent enclavés dans des unités structurales plus récentes : ils forment des plateaux cristallins ou calcaires, coupés de gorges (Meseta espagnole, Rhodope, plateaux Dinariques).

Les forces orogéniques ont continué d'agir au quaternaire et, dans les zones les plus proches de la Méditerranée, de nombreux phénomènes de néotectonique sont observés. L'instabilité actuelle de ces régions trouve son expression dans les violents séismes qui les ravagent de temps à autre (Balkans, Italie). Les langues glaciaires du pléistocène ont calibré des vallées en auge qui pénètrent profondément les montagnes et sont une aubaine pour la circulation.

Les côtes

De tous les continents, c'est l'Europe qui compte, relativement, le plus grand développement côtier : on y compte 1 km de côtes pour 260 km2 de surface, proportion quatre fois supérieure à celle de l'Afrique. Si l'Europe orientale présente le plus souvent de longues étendues de côtes d'émersion basses, régularisées, relativement uniformes, c'est en Europe occidentale que les côtes ont le plus grand développement et la plus grande diversité : un phénomène général d'ennoyage récent (transgression flandrienne) a provoqué la formation, en bordure des massifs anciens, de côtes rocheuses, plus ou moins escarpées, découpées en rias et, dans les régions qui ont été soumises à la glaciation, en longs et étroits golfes, les fjords. En bordure des plaines, les côtes sont plates, souvent régularisées, bordées de marais, interrompues par de vastes estuaires. Ceux-ci font défaut sur les rivages de la partie méridionale de l'Europe : la montagne tombe souvent à pic dans une mer profonde ; les plaines sont encombrées d'alluvions, et les fleuves se terminent souvent par des deltas.

1.2. Le climat de l'Europe

L'Europe bénéficie d'une situation climatique privilégiée, attestée par les densités humaines considérables qui y sont implantées à des latitudes relativement élevées, correspondant, hors d'Europe, aux étendues désertiques et déjà subarctiques du Labrador, de la Sibérie et du Kamtchatka. Ce privilège climatique est dû à l'extension exceptionnelle, dans l'intérieur des terres, du climat tempéré océanique. Seule la partie nord de la Scandinavie appartient au monde polaire.

Deux caractéristiques ont une grande influence sur le climat. D'une part, le très grand développement côtier, qui s'explique par le fait que les mers pénètrent profondément à l'intérieur des terres (il n'y a que 1 200 km entre la Baltique et la mer Noire, moins de 500 entre le golfe de Gascogne et le golfe du Lion). Ces mers intérieures ou bordières constituent des couloirs propices au cheminement des dépressions atmosphériques et au renouvellement de l'humidité. D'autre part, le fait que la façade occidentale soit soumise au flux atmosphérique planétaire orienté de l'Ouest à l'Est (à l'inverse de l'Amérique, où la barrière des montagnes Rocheuses empêche cette propagation). Cette influence adoucissante s'étend jusqu'en Scandinavie (moyenne du mois le plus froid à Bergen 1,3 °C, alors que cette ville est à la latitude de la pointe sud du Groenland).

Les différents climats de l'Europe

On distingue trois climats en Europe : le climat océanique, le climat continental et le climat méditerranéen.

Le climat océanique

Dans le climat océanique, les influences maritimes se font sentir pendant la plus grande partie de l'année : hivers doux, étés tièdes, faibles amplitudes thermiques annuelles (une dizaine de degrés à Brest), pluies importantes tombant surtout l'hiver sous forme de pluies fines (crachin).

Les climats océaniques s'étendent sur toute la façade ouest et nord-ouest de l'Europe, de la Norvège au Portugal, et, vers l'Est, jusqu'à la vallée de l'Oder, l'Allemagne méridionale, les Alpes, le nord-ouest de l'Espagne : les pluies sont abondantes et fréquentes, assez uniformément réparties dans l'année. Les contrastes thermiques sont relativement faibles. En revanche, le temps est caractérisé par son instabilité, les éclaircies, les sautes de vent, les changements rapides de température. Les saisons n'offrent entre elles que des contrastes relativement faibles. À l'intérieur de ce domaine, les températures différencient des régions océaniques fraîches ou froides (Norvège : 0 °C en moyenne en janvier, 12 °C en juillet) des régions beaucoup plus chaudes (nord-ouest de l'Espagne : 8 °C en janvier, 22 °C en juillet). Ces différences se traduisent dans la végétation naturelle, d'ailleurs le plus souvent disparue ou transformée : la forêt de chênes s'étendait dans les contrées les plus chaudes, celle de hêtres sous les climats plus frais et plus humides. Vers le Nord, la lande, les tourbières, la forêt de bouleaux caractérisent les contrées fraîches et humides. Bouleaux et conifères constituent l'essentiel de la végétation des contrées où l'hiver est le plus marqué, tant en raison de l'altitude que de la latitude.

Les climats continentaux

Les dépressions atlantiques exercent leur influence principalement durant la saison chaude : hivers plus rudes, étés plus chauds, amplitudes thermiques annuelles plus fortes (près de 30 °C à Moscou), pluies dominantes (souvent sous forme d'orages). Les climats continentaux affectent avec plus ou moins de rigueur l'Allemagne orientale, la Pologne, les Alpes, les régions danubiennes, la Suède, la Finlande et la Russie. Les pluies, sensiblement moins abondantes que dans l'Ouest, sont principalement estivales. La brièveté du printemps souligne la violence du contraste entre l'été et l'hiver. Ce dernier est très froid, relativement sec, caractérisé par des types de temps souvent calmes et ensoleillés. L'été est chaud, lourd, orageux. L'amplitude thermique devient de plus en plus grande vers l'Est. Deux grands ensembles s'opposent, cependant, en fonction de la durée et de la rigueur de l'hiver les pays à hiver long et dur (la moyenne des températures de Moscou est de – 12 °C en janvier) peuvent être séparés des pays à hiver moins long et moins froid (Roumanie : moins de trente jours de gel, 2 °C en janvier) selon une ligne grossièrement orientée de la Finlande vers le Caucase. Dans les pays à hiver rude, la végétation de toundra n'apparaît qu'à la limite septentrionale du continent et sur les montagnes ; la forêt de bouleaux et de résineux, la taïga, constitue la formation végétale prédominante du nord-est de l'Europe. Les sols, gelés en hiver, souvent gorgés d'eau l'été, sont du type podzol : lessivés près de la surface, les éléments fertiles sont entraînés dans un horizon inférieur. Au fur et à mesure de l'amélioration des conditions climatiques, la taïga se mélange d'arbres à feuilles caduques, qui finissent par l'emporter sur les résineux. Les sols sont brun châtain, plus riches en humus assimilable. Plus au S., la forêt, soit par transition naturelle, soit en raison du défrichement, fait place à une formation herbeuse du type prairie, dénommée « steppe » en Russie. Le sol, en raison d'un équilibre entre l'évaporation et l'infiltration, est particulièrement fertile, noir, constitué par un entassement d'humus : c'est le tchernoziom. Dans les régions situées au Nord. de la mer Noire et de la Caspienne, l'aggravation de l'aridité entraîne une ré- Budapest duction du tapis végétal, qui se transforme en une véritable steppe aux touffes clairsemées. Les sols s'appauvrissent, deviennent grisâtres, se chargent en sels. Le régime des fleuves de climat continental présente un minimum principal d'automne, conséquence de l'évaporation estivale, parfois un minimum secondaire d'hiver, dû au gel, enfin un maximum de printemps, fruit de la débâcle des glaces, de la fonte des neiges, et des pluies importantes, qui provoquent souvent de grandes inondations.

Le climat méditerranéen

Dans le climat méditerranéen, la remontée des hautes pressions subtropicales qui recouvrent en été la bordure nord de la Méditerranée inhibe les précipitations durant cette saison. Si la sécheresse estivale reste la caractéristique du climat méditerranéen, les hivers sont doux (flux océanique) et les étés chauds, compte tenu de la latitude. Les pluies orageuses d'automne peuvent être catastrophiques.

Le climat méditerranéen, défini en Europe, y présente une extension exceptionnelle (ailleurs, ce type de climat ne figure que sur des franges littorales). Le long couloir ouest-est que constitue la Méditerranée appelle, en hiver, les dépressions atlantiques et favorise leur pénétration loin vers l'Est. L'été, marqué par la montée vers le Nord des masses d'air tropicales, est chaud, calme, et surtout caractérisé par sa sécheresse. Les autres saisons sont plus ou moins pluvieuses (avec fréquemment deux maximums de printemps et d'automne). Les hivers sont doux, mais ils sont marqués par des vents violents (mistral), et parfois coupés de brusques coups de froid. Les averses, brutales et peu nombreuses, ne sont souvent responsables que d'un médiocre total pluviométrique ; l'utilisation de cette humidité par les plantes est encore réduite par la violence du ruissellement et de l'évaporation. Aussi les formations végétales montrent-elles le plus souvent une adaptation à la sécheresse. La formation naturelle essentielle est la forêt de chênes verts, le plus souvent très dégradée : elle a laissé place à des maquis sur les sols siliceux et à des garrigues sur les sols calcaires. Les sols méditerranéens, brun-rouge, ocre rouge (la terra rossa), sont décalcifiés et pauvres en humus, parfois encroûtés; ils sont, de plus, gravement attaqués par l'érosion. Le régime des fleuves méditerranéens est fort irrégulier : minimum d'été très accusé ; crues brutales, souvent catastrophiques, d'automne et de printemps.

Il n'existe pas, d'ailleurs, de limites rigoureuses entre ces différents domaines : on passe parfois insensiblement de l'un à l'autre, et les régions extrêmes possèdent seules des traits bien accusés. Le relief marque cependant certaines frontières en traçant des limites de masses d'air : ainsi la Suède, abritée des vents d'ouest par le massif scandinave, montre déjà des caractères continentaux (sécheresse, rigueur de l'hiver), qui la distinguent nettement de la Norvège océanique ; les Alpes, par ailleurs, empêchent l'extension du climat méditerranéen vers le nord.

La variabilité des types de temps

Si ces climats correspondent à des situations moyennes, la variabilité des types de temps est grande d'une journée à l'autre, car l'Europe reste une zone d'affrontement privilégiée des centres de pression établis à sa périphérie (dépression d'Islande, anticyclone des Açores, anticyclone d'Europe centrale en hiver). La végétation naturelle a pratiquement disparu par suite de l'ancienneté du peuplement et des défrichements, mais aussi de l'importance de la pression démographique (relativement aux autres continents). Si de vastes forêts existent, les essences en sont souvent sélectionnées par l'homme (chêne pour la glandée autrefois), quand les forêts ne sont pas purement et simplement une création complète (cas de la forêt landaise). Les feuillus (chênes et hêtres) prédominent dans les zones de climat océanique, les conifères en Scandinavie et en Russie du Nord, la forêt mixte (feuillus et conifères) en Europe centrale et en montagne (où l'on observe un étagement des associations végétales). Dans le monde méditerranéen, les formations dégradées (maquis, cistaie, garrigue) dominent.

1.3. La végétation de l'Europe

Dans l'Europe du Nord-Ouest, en dehors de la lande, qui couvre les régions les plus ventées (Bretagne, Irlande, Écosse), la végétation naturelle a largement été défrichée.

L'Europe méridionale jouit d'un climat méditerranéen, dont la période de sécheresse estivale augmente vers le sud. Des forêts de chênes verts ou une végétation buissonneuse (maquis et garrigue) subsistent sur les hauteurs. Vers l'est, l'influence océanique s'atténue progressivement et le climat devient continental, avec des hivers rigoureux et des étés orageux.

Le nord de l'Europe orientale porte de belles forêts de conifères (taïga), tandis qu'au sud les riches sols de l'Ukraine sont couverts de prairies.

1.4. L'hydrographie de l'Europe

Le réseau hydrographique de l’Europe reflète à la fois le climat et la disposition du relief. Les fleuves d'une Europe occidentale au relief morcelé sont généralement courts et caractérisés par un régime mixte, car leurs bassins englobent des zones variées (Rhône, Rhin). L'Europe orientale, au contraire, compte de grands fleuves (Vistule, Volga, Don, Dniepr) aux régimes réguliers, seulement interrompus par l'embâcle hivernal.

Les plus grands fleuves d'Europe

Les plus grands fleuves d'Europe

Fleuve

Longueur (km)

Pays traversés

Superficie du bassin (km2)

Débit (m3/s)

Volga

3 690 km

Russie

1 360 000 km2

8 000 m3/s

Danube

2 850 km

Allemagne, Autriche, Slovaquie, Hongrie, Croatie, Serbie, Bulgarie, Ukraine, Roumanie

800 000 km2

6 500 m3/s

Dniepr

2 200 km

Russie, Biélorussie, Ukraine

504 000 km2

1 700 m3/s

Don

1 870 km

Russie

422 000 km2

935 m3/s

Petchora

1 790 km

Russie

322 000 km2

4 000 m3/s

Dniestr

1 352 km

Ukraine, Moldavie

72 000 km2

 

Rhin

1 320 km

Suisse, France, Allemagne, Pays-Bas

190 290 km2

près de 4 000 m3/s à la frontière néerlandaise

Tage

1 120 km

Espagne, Portugal

80 947 km2 (au total)

124 m3/s (à Alcántara, à l'entrée au Portugal)

Elbe

1 100 km

République tchèque, Allemagne

 

 

Vistule

1 068 km

Pologne

194 000 km2

900 m3/s

Loire

1 020 km

France

115 120 km2

871 m3/s

Dvina occidentale

1 020 km

Russie, Biélorussie, Lettonie

87 900 km2

 

Niémen

937 km

Biélorussie, Russie, Lituanie

98 200 km2

 

Douro

900 km

Espagne, Portugal

100 000 km2

650 m3s

Èbre

928 km

Espagne

85 000 km2

 

Oder

854 km

République tchèque, Allemagne, Pologne

119 000 km2

542 m3s

Rhône

812 km

Suisse, France

 

1 500 m3/s

652 km

Italie

70 472 km2

1 460 m3/s (au delta)

Tamise

338 km

Grande-Bretagne

11 350 km2

90 m3/s

2. Géographie humaine de l'Europe

2.1. La population de l'Europe

La population européenne a longtemps été une exception, tant du point de vue du nombre que de la répartition des hommes sur le territoire. Rattrapée par la croissance démographique planétaire sans précédent du xxe s., l'Europe, malgré la raréfaction de la population rurale, est restée le continent le plus uniformément peuplé du monde. Ce phénomène démographique exceptionnel était déjà en place au xiiie s. sur l'axe Londres-pays rhénans-Italie, berceau du dynamisme européen et, aujourd'hui encore, région la plus densément peuplée et urbanisée du continent (mégalopole européenne). Longtemps en croissance permanente, suffisamment pour peupler, entre autres, l'Amérique et l'Australie, la population européenne a cessé d'augmenter ; généralement faible, la natalité n'y assure plus le renouvellement des générations, alors que l'espérance de vie s'y allonge – à l'exception de la Russie, dramatiquement appauvrie.

Unifiée autour du christianisme, mais divisée en trois grands ensembles religieux difficiles à réconcilier – catholiques au Sud-Ouest, en Pologne et dans l'Ukraine uniate, protestants de diverses obédiences au Nord-Ouest, orthodoxes à l'Est –, l'Europe connaît aussi une population musulmane ancienne, issue de la domination ottomane sur les Balkans. La diversité linguistique et nationale y est plus importante encore que la diversité religieuse. À l'ouest et au nord du continent, malgré quelques zones de tension (Belgique, Irlande du Nord, Pays basque, Corse), la définition géographique des États, qui correspond aux nationalités façonnées par l'histoire, est bien acceptée par les habitants. C'est là que se développe activement l'intégration européenne, pourtant perçue comme supranationale ; c'est là aussi que de nouveaux éléments, issus de l'immigration extra-européenne, sont venus enrichir mais aussi compliquer les enjeux démographiques de la région. En revanche, dans l'Est et le Sud-Est européen, longtemps dominés par des empires transnationaux – ottoman, austro-hongrois ou russe –, les différentes nationalités cherchent encore leurs places respectives, jusqu'à provoquer les graves affrontements qu'a connus l'ex-Yougoslavie pendant les années 1990.

2.2. L'économie de l'Europe

Continent où est né le modèle économique qui domine aujourd'hui la planète, l'Europe a été fortement marquée par la Seconde Guerre mondiale, qui a mis fin à son hégémonie sur le monde et l'a divisée pour longtemps en deux blocs antagonistes. Cette longue coupure, entre pays socialistes et pays libéraux, marque toujours l'économie européenne.

Dans l'ancien bloc de l'Est, la fin de l'Empire soviétique a provoqué un « rattrapage » économique, une introduction parfois brutale du libéralisme et l'apparition soudaine de problèmes que l'Ouest avait pu, sinon résoudre, du moins appréhender sur plusieurs décennies : chômage, crise de l'industrie lourde, mise en cause de la protection sociale, etc. La situation n'est cependant pas uniforme. Dans les pays traditionnellement liés à la sphère occidentale (ancienne Allemagne de l'Est, Pologne, République tchèque, une partie des pays Baltes, etc.), la transition est globalement une réussite, couronnée, pour certains États, par la perspective d'une intégration rapide à l'Union européenne. En revanche, dans l'ex-U.R.S.S., où les économies nationales n'ont jamais existé en dehors de leur assujettissement à l'Empire russe puis soviétique, la crise est plus difficile à juguler. L'Ukraine, haut lieu de l'industrie soviétique, ex-grenier à blé de la Russie, a certes jugulé son hyperinflation, mais est encore loin d'avoir mis ses infrastructures à niveau. Quant à la Russie, elle connaît une criminalisation inquiétante de son économie et de graves problèmes d'insolvabilité de l'État (salaires impayés, non recouvrement des impôts, etc.). La crise financière de 1997-1998 n'a rien fait pour rassurer les investisseurs.

L'ouest du continent poursuit quant à lui son chemin vers l'intégration européenne : signature du traité de Maastricht en 1992 ; mise en place de la zone euro entre 1999 et 2009 (16 pays de l'Union européenne sur 27 y participent). L'unification économique est une réussite qui va au-delà de la lettre des traités : longtemps exclus de la prospérité, des pays comme l'Espagne, le Portugal ou la République d'Irlande ont en grande partie rattrapé le niveau économique général. Depuis les années 1970, pourtant, l'Ouest européen est en crise. Le passage d'une économie industrielle, à forte concentration de main-d'œuvre, à une économie de plus en plus axée sur les services ne s'est pas fait sans difficultés. Si l'inflation est aujourd'hui jugulée, le chômage – toujours élevé en dépit d'une courte période de baisse entre 1997 et fin 2000 – constitue encore pour l'Europe occidentale un difficile défi, qui participe à la remise en cause générale du modèle social européen : problème du financement des retraites (lié au vieillissement de la population), nouvelle organisation et « flexibilisation » du travail, mise en cause des systèmes de protection sociale, etc.