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Espagne : population

Barcelone
Barcelone

  • Population (y compris les îles Canaries, Ceuta et Melilla) : 46 927 000 hab. (estimation pour 2013)

L'Espagne compte plus de 46 millions d'habitants. Sa population s'est urbanisée (les trois quarts de la population vivent dans des villes). Une quarantaine de villes ont plus de 100 000 habitants et plusieurs plus d’un million d’habitants, dont Valence, Séville, Saragosse et Málaga, dominées par les pôles de Madrid et de Barcelone. Aux migrations vers l’étranger (Amérique du Sud, France) ont succédé des mouvements intérieurs, essentiellement vers Madrid et la périphérie du pays (Catalogne barcelonaise et ensemble Asturies-Pays basque), puis une immigration en provenance d’Afrique du Nord et d’Amérique latine. Ces mouvements ont accentué l’inégalité de la répartition de la population, qui se caractérise par un particularisme souvent affirmé (notamment au Pays basque et en Catalogne, avec l’existence de langues locales officielles). Avec l’effondrement du taux de natalité, la population, qui a doublé depuis les années 1930, ne s’accroît plus.

1. L'évolution de la population espagnole

Depuis le début du xxe siècle et jusqu'au début des années 1980, la population espagnole a connu une croissance assez soutenue, excepté durant la guerre civile et l'immédiat après-guerre, en raison notamment de la famine et du rationnement qui sévissaient alors. De 18,6 millions d'habitants dans les années 1900, elle est passée à 26 millions en 1940, 34 millions en 1970 et 37,8 millions en 1980. Depuis, la croissance démographique s'est fortement ralentie, l'Espagne restant un pays relativement peu peuplé, avec 47,2 millions d'habitants en 2011.

L'évolution de la population espagnole, comparable à celle de la plupart des autres pays développés, révèle que sa transition démographique est achevée. Le taux de mortalité a considérablement baissé : de 30 ‰ au début du xxe siècle, il est passé à 8 ‰ au début des années 1960, avant de remonter à 9,4 ‰ à la fin des années 1990 en raison du vieillissement général de la population pour redescendre à 8 ‰ en 2010. Quant à la natalité, elle observe une évolution comparable (mais avec un décalage d'une douzaine d'années par rapport à la mortalité), passant de 20 ‰ en 1968 à 12,5 ‰ en 1985 et à moins de 11 ‰ en 2010. Si, jusqu'à la fin des années 1970, l'excédent des naissances sur les décès était d'environ 10 ‰ chaque année, cette époque est révolue. La pyramide des âges traduit un vieillissement de la population. Ce vieillissement de la population n'est pas sans poser de problèmes, tant en matière d'emplois que de redistribution sociale avec, notamment, la question du paiement des retraites. La rapide sécularisation de la société espagnole au sortir de plusieurs décennies de « national-catholicisme » sous la dictature franquiste, la libéralisation des mœurs et de la législation (légalisation du divorce depuis 1981, légalisation partielle de l'avortement en 1985) ont largement contribué à modifier les structures traditionnelles de la famille espagnole et à « l'européaniser » (multiplication des familles monoparentales ou sans enfant, recul de l'âge du mariage, augmentation des divorces et de la vie de couple hors mariage).

2. Les caractéristiques de la population espagnole

2.1. Une répartition de la population plus homogène

La répartition géographique de cette population a fortement évolué en l'espace d'un siècle, sous l'effet notamment de l'exode rural. Amorcées dès les années 1920-1930, les migrations des campagnes vers les villes se sont accélérées depuis le début des années 1950, s'organisant pendant longtemps autour de deux axes principaux : sur le plan national, de l'intérieur agricole vers la périphérie industrielle, au niveau régional, des petites agglomérations vers les plus grandes. Mais, avec les problèmes rencontrés par l'industrie, les migrations en direction des zones industrielles tendent à ralentir, voire à s'inverser.

De même, alors que, globalement, avant 1980, l'Espagne de l'intérieur se dépeuplait au profit des périphéries atlantiques et méditerranéennes (le peuplement se concentrait alors essentiellement sur quatre aires principales : la Catalogne, le Pays basque, Valence et Madrid), depuis le début des années 1980, ce schéma tend à disparaître au profit des capitales des différentes communautés autonomes et des grandes aires métropolitaines avec, notamment, une multiplication des cités satellites autour des plus importantes métropoles. Reflet de l'évolution économique, les régions industrielles attirent de moins en moins de migrants, en particulier le littoral atlantique (Pays basque, Asturies), et, de façon moins marquée, la côte méditerranéenne (Catalogne).

Aujourd'hui, les pôles les plus dynamiques en matière de peuplement sont ceux dont l'économie est la plus diversifiée, associant agriculture spécialisée, industries de biens de consommation et activités tertiaires (tourisme). Les archipels (Baléares, Canaries), les villes de Saragosse, Valladolid, Vigo ainsi que certaines villes de la façade méditerranéenne, comme Valence et Murcie, sont ainsi en plein essor. Toutefois, grâce aux fonds de l'Union européenne et à ceux alloués par les Communautés autonomes, les disparités de peuplement les plus flagrantes tendent à s'estomper.

2.2. L'Espagne est devenue une terre d'immigration

L'Espagne, pays traditionnel d'émigration, est devenue une terre d'immigration. L'Espagne compte près de 4,5 millions d'immigrés en situation régulière (3,8 millions pour la France), soit plus de 12 % de la population, ce qui en fait le pays d'immigration le plus important de l'Union européenne, dont elle constitue à elle seule plus du tiers du solde migratoire.

L'Espagne est devenue après 2000 le deuxième pays récepteur de migrants, après les États-Unis.

L'Espagne doit 80 % de l'augmentation de sa population à son solde migratoire, les naissances d'enfants de migrants représentants 20 % de l'ensemble des naissances du pays. Le taux de fécondité extrêmement bas des Espagnoles, de l'ordre de 1,4 enfant par femme, est un moteur à l'immigration, qui contribue à rajeunir le pays.

Ces immigrés ont avec l'Espagne soit une proximité géographique (40 % viennent de Roumanie, du Maroc ou du Royaume-Uni) soit une proximité culturelle, 30 % venant d'Amérique latine (surtout d'Équateur, de Bolivie, du Pérou et de Colombie). 3,3 millions d'immigrés sont arrivés en Espagne entre 1995 et 2005 et 3 millions de 2006 à 2009.

Les immigrés roumains étant particulièrement nombreux et le taux de chômage espagnol devenant très préoccupant, l'Espagne a obtenu de la Commission européenne de restreindre provisoirement l'arrivée de ces travailleurs migrants en leur imposant des permis de travail jusqu'à fin 2012.

Les immigrés se concentrent le plus souvent dans les régions de Madrid et de Barcelone , ainsi que sur le littoral méditerranéen (Britanniques retraités, Équatoriens pour les aides à la personne des Britanniques et Marocains). Ainsi, dans certaines communes proches d'Alicante, plus de la moitié de la population est Britannique ou Allemande. Il s'agit soit d'une immigration de riches retraités attirés par le soleil (dans le cas des Britanniques) soit d'une immigration déqualifiée, qui travaille dans le bâtiment, l'agriculture, le petit commerce, la restauration.

Le nombre de clandestins est en forte diminution ces dernières années grâce au renforcement des moyens de contrôle aux frontières et à la collaboration avec les pays africains comme le Maroc, l'Algérie ou le Mali. Il est vrai également que la crise économique et le taux de chômage en Espagne ont un effet dissuasif sur les candidats à l'immigration clandestine.

2.3. La population active

En ce qui concerne sa répartition socioprofessionnelle, la population espagnole tend à se rapprocher des standards européens, même si elle présente encore quelques particularités. Bien qu'en augmentation constante (très forte jusqu'en 1960, ralentie depuis), la part de la population active, comparée à la population totale, est moins élevée que la moyenne de l'Europe communautaire (62,5 % contre 68,6 % en 2010 pour la tranche d'âge des 20–64 ans). Le vieillissement général de la population et la proportion encore assez faible des femmes dans le monde du travail expliquent ce phénomène (69,1 % des hommes contre 55,5 % des femmes). Longtemps confinées aux seules tâches d'épouse et de mère au temps du franquisme, les Espagnoles ont progressivement accédé aux différents niveaux d'éducation et concurrencent les hommes sur le marché du travail.

L'évolution de la répartition de la population active par secteur d'activités ne diffère pas beaucoup du modèle européen, avec toutefois la très légère persistance d'un pourcentage d'actifs agricoles sensiblement supérieur à la moyenne communautaire.

Une forte augmentation du chômage

Enfin, il faut souligner la part importante des chômeurs dans la population active. Traditionnellement élevé, hormis durant les périodes de forte émigration, le taux de chômage avait nettement diminué à partir du milieu des années 1990 pour à nouveau remonter au début des années 2000. . Après une forte décroissance en 2005, iIl est fortement remonté à partir de 2008, pour atteindre 20,3 % de la population active à la fin de l'année 2010 (c'est le taux le plus élevé de l'Union européenne), notamment en raison de la baisse de la construction. En 2010, le pays comptait plus de 4,7 millions de chômeurs, un nombre qui a plus que doublé depuis la fin de l'année 2007.

Les jeunes de moins de 25 ans sont particulièrement touchés, le taux de chômage de cette tranche d'âge s'élevant à 42,8 % fin 2010 (60 % pour les moins de 20 ans).

2.4. Les inégalités régionales

La rapide augmentation du revenu par habitant est loin d'avoir gommé toutes les inégalités régionales et n'a pas non plus permis à l'Espagne de rattraper la moyenne communautaire. De nombreuses disparités persistent encore entre les différentes régions.

Celles-ci se répartissent en trois grandes zones plus ou moins parallèles :
– la première englobe les Baléares, la Catalogne, le Pays basque et la vallée de l'Èbre, où le produit national brut par habitant est supérieur à la moyenne nationale ;
– dans la zone intermédiaire reliant l'Atlantique à la Méditerranée, certaines régions seulement, notamment Madrid, enregistrent des valeurs parmi les plus élevées du pays ;
– dans l'ouest (Galice, Estrémadure et Andalousie), enfin, le revenu par habitant y est, en revanche, très inférieur à la moyenne nationale.

En dépit de ces disparités, le développement de l'économie espagnole s'est accompagné d'une forte élévation du niveau culturel moyen, comme le montrent le déclin de l'analphabétisme (supérieur à 30 % en 1940 et quasi-nul aujourd'hui) et l'augmentation des taux de scolarisation dans l'enseignement primaire, dans l'enseignement secondaire et supérieur.

Les inégalités régionales demeurent, avec notamment de forts contrastes entre d'une part la Navarre et l'Aragon, plutôt prospères, et d'autre part l'Andalousie et l'Estrémadure, qui comptent un grand nombre de chômeurs.

3. Le réseau urbain espagnol

Les villes concentrent désormais l'essentiel de la population (le taux d'urbanisation étant de 77 %). En outre, la fécondité y est plus importante que dans les zones rurales, surtout dans le Sud.

Au sommet de la hiérarchie se trouvent la capitale, Madrid, au cœur de la Meseta (plateau sur lequel sont disséminés 20 % de la population), et la vieille métropole catalane (Barcelone, près de 5 millions d'habitants dans l'agglomération). Parmi les quatre villes suivantes, Valence confirme qu'elle a dépassé le développement de sa huerta (zone agricole) et de ses activités traditionnelles, tandis que Saragosse a su bénéficier de sa fonction de commandement au sein du carrefour aragonais. Les métropoles andalouses sont également bien placées, avec Séville et Málaga.

On trouve ensuite une quinzaine de villes de plus de 200 000 habitants, avec notamment la métropole basque, Bilbao, et les grandes cités touristiques que sont Alicante, Palma de Majorque et Las Palmas (Canaries). Dans ce groupe, le développement des satellites de Barcelone, comme L'Hospitalet de Llobregat et Badalona, n'est pas négligeable. Cordoue et Grenade complètent le réseau andalou, Vigo, Gijón et La Corogne celui du Nord. Valladolid (Castille-León), devenue industrielle, s'oppose à Murcie, encore agricole pour une bonne part.

Les métropoles et capitales des anciennes régions historiques mises à part, l'essentiel du réseau urbain espagnol est constitué de villes dépassant les 100 000 habitants, dont la plupart sont devenues capitales provinciales. Toutes les capitales andalouses sont là : Almería, Cadix, Huelva Jaén Logroño.

Autour de Barcelone s'est développée la conurbation Sabadell-Tarrasa. À la périphérie de Madrid, la croissance de villes comme Alcalá de Henares, Alcorcón, Getafe, Leganés et Móstoles se sont également bien développées malgré le poids de la capitale.

Les principales villes d'Espagne

Les principales villes d'Espagne

Ville

Communauté autonome

Population de la ville (recensement de 20011)

Population de l'agglomération (estimation pour 2010)

Madrid

Madrid

3 198 645 habitants

5 851 000 habitants

Barcelone

Catalogne

1 611 013 habitants

5 083 000 habitants

Valence

Valence

792 054 habitants

 

Séville

Andalousie

698 042 habitants

 

Saragosse

Aragon

678 115 habitants

 

Málaga

Andalousie

561 435 habitants

 

Murcie

Murcie

437 667 habitants

 

Palma de Majorque

Baléares

402 044 habitants

 

Las Palmas

Canaries

383 343 habitants

 

Bilbao

Biscaye

351 356 habitants

 

Alicante

Alicante

329 325 habitants

 

Cordoue

Andalousie

328 326 habitants

 

Valladolid

Castille-León

311 682 habitants

 

Vigo

Galice

295 623 habitants

 

Gijón

Asturies

276 969 habitants

 

La Corogne

Galice

245 053 habitants

 

Grenade

Andalousie

241 003 habitants

 

Vitoria

Pays basque

240 753 habitants

 

Elche

Alicante

227 417 habitants

 

Oviedo

Asturies

225 005 habitants

 

Santa Cruz de Tenerife

Canaries

222 271 habitants

 

Carthagène

Murcie

215 757 habitants

 

Jerez de la Frontera

Andalousie

211 784 habitants

 

Pampelune

Navarre

195 943 habitants

 

Almería

Andalousie

189 680 habitants

 

Burgos

Castille-León

178 864 habitants

 

Santander

Cantabrique

178 095 habitants

 

Salamanque

Castille-León

151 658 habitants

 

Les mouvements migratoires intérieurs ont commencé à jouer un rôle socio-économique important à partir des années 1960, lorsque les ruraux, attirés par les centres urbains et les emplois qu'ils suscitent, ont peu à peu commencé à délaisser les campagnes. Madrid, Barcelone, Valence, Palma de Majorque et Málaga furent les premiers lieux de destination.

Pour en savoir plus, voir les articles géographie physique de l'Espagne et activités économiques de l'Espagne.