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Procès de Dreyfus

affaire Dreyfus

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affaire Dreyfus

Scandale judiciaire et politique qui divisa l'opinion française entre 1894 et 1906.

En octobre 1894, un officier français israélite, Alfred Dreyfus (Mulhouse 1859-Paris 1935) capitaine à l'état-major général de l'armée, fut accusé d'avoir livré à l'Allemagne des documents concernant la défense nationale. Cette accusation reposait sur l'existence d'un bordereau anonyme énumérant les documents livrés et qui fut découvert dans la corbeille à papier du colonel von Schwartzkoppen, attaché militaire allemand à Paris. Sous prétexte de similitude d'écriture entre celle du bordereau et celle de Dreyfus, ce dernier fut arrêté (15 octobre 1894), condamné à la détention perpétuelle et à la dégradation militaire (décembre) et déporté à l'île du Diable. Le vice-président du Sénat, A. Scheurer-Kestner, demanda en vain au gouvernement la révision du procès. Le chef du Service des renseignements, le lieutenant-colonel Picquart, révéla que le vrai coupable était le commandant Esterházy, mais ce dernier fut acquitté par un conseil de guerre (11 janvier 1898). É. Zola publia (13 janvier) dans l'Aurore une lettre ouverte (J'accuse) au président Faure dans laquelle il attaquait violemment l'état-major. Il fut condamné à un an de prison. L'affaire, qui souleva une forte vague d'antisémitisme, divisa alors la France entre dreyfusards (la gauche), groupés derrière la Ligue des droits de l'homme et partisans de la révision du procès, et antidreyfusards (la droite), réunis derrière la Ligue de la patrie française.

   

Une expertise ayant prouvé qu'une pièce capitale du dossier d'accusation était un faux fabriqué par le colonel H. Henry (juillet 1898), la Cour de cassation jugea recevable la demande de révision du procès (3 juin 1899). Cependant, le conseil de guerre de Rennes condamna de nouveau Dreyfus, avec des circonstances atténuantes, à dix ans de détention (9 septembre 1899). Mais quelques jours plus tard, le président Loubet gracia Dreyfus, qui fut libéré. Le 12 juillet 1906, la Cour de cassation cassa le jugement de Rennes, réhabilita Dreyfus, qui fut réintégré dans l'armée, promu chef d'escadron et décoré de la Légion d'honneur.

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