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Côte d'Ivoire : activités économiques

L'économie ivoirienne a bénéficié, durant les deux décennies qui ont suivi l'indépendance (en 1960), de divers facteurs favorables à une croissance rapide : une bonne conjoncture internationale, tout d'abord, et une option politique « libérale » propre à attirer entrepreneurs et capitaux étrangers, rebutés par les expériences plus ou moins socialistes engagées dans de nombreux autres pays africains. En outre, les caractéristiques géographiques du pays permettent une diversification des productions agricoles, tant vivrières que commerciales. Enfin, l'insuffisance quantitative de la main-d'œuvre due à la grande jeunesse de la population a pu être comblée par l'immigration de travailleurs étrangers adultes.

Le gouvernement a su exploiter au maximum ces atouts et a fait preuve d'un dynamisme incontestable. À tel point que le terme de libéralisme doit être relativisé, car l'impulsion est surtout venue de l'État, qui s'était donné des instruments d'intervention extrêmement puissants : Caisse de stabilisation (commercialisation des produits d'exportation), Budget spécial d'investissement, Caisse autonome d'amortissement, « Sodé » (sociétés publiques chargées de développer telle ou telle production). Des résultats spectaculaires ont été obtenus, spécialement dans le domaine des produits d'exportation : bois (acajou), huile de palme, oléagineux, caoutchouc, fruits tropicaux (agrumes, bananes), coton, café et, surtout, cacao, dont la Côte d'Ivoire est devenue le premier producteur mondial. L'industrie, tournée vers la transformation des productions agricoles (huileries, café soluble, textiles…), et le tourisme ont également connu de notables progrès tandis que les infrastructures étaient considérablement développées.

En revanche, le volontarisme de l'État n'a pas été couronné du même succès lorsqu'il s'est agi de limiter la dépendance du pays à l'égard d'importations essentielles (énergie, viande, riz, sucre) : des erreurs de conception ont été commises (le barrage de Kossou, par exemple, ne peut pas produire d'électricité dès que la pluviométrie est inférieure à la moyenne) et, surtout, la lourdeur des dispositifs mis en place s'est traduite par des coûts de production nettement supérieurs aux prix du marché mondial.

Cette croissance à marche forcée des années 1960 et 1970 a marqué le pays pour longtemps. Elle a entraîné, outre l'urbanisation, la formation d'une minorité bourgeoise rapidement enrichie, aux confins des affaires, de la politique et de l'administration, assez peu disposée à céder de son pouvoir et de ses privilèges. Elle a, par ailleurs, abouti à une forte dégradation du milieu forestier, avec des conséquences écologiques et climatiques qui pourraient, dans un proche avenir, s'avérer particulièrement graves. C'était aussi une sorte de fuite en avant, fragile par sa dépendance à l'égard de la conjoncture économique internationale. La crise mondiale a ainsi touché la Côte d'Ivoire de plein fouet, tarissant ses recettes d'exportation, l'empêchant d'honorer certains de ses engagements internationaux, et, surtout, entraînant une sévère dégradation des conditions de vie des classes moyennes et des populations urbaines défavorisées. Les remèdes appliqués – sans réticence depuis la mort de Félix Houphouët-Boigny – sont ceux préconisés par le Fonds monétaire international (F.M.I.) : privatisations, « dégraissage » de la fonction publique, austérité. Tout l'appareil qui a soutenu ce que certains appelaient jadis le « miracle ivoirien » a été démantelé ou est en passe de l'être.

L'agriculture de plantation constitue toujours la ressource essentielle du pays et la base de sa seule grande branche industrielle, l'agroalimentaire. La Côte d’Ivoire figure parmi les principaux producteurs de cacao (premier rang mondial), de café, d'huile de palme et fournit encore de notables quantités de fruits tropicaux (ananas, bananes), de coton, un peu de caoutchouc, de tabac et de sucre. Le manioc, le mil et le riz sont les grandes cultures vivrières. La sylviculture est en déclin, à la suite de la surexploitation des ressources naturelles, notamment de l'acajou. L'élevage reste modeste.

Outre l'instabilité sociale et politique, la chute du cours des matières premières, telles que le café, le coton et le cacao, a replongé le pays dans la crise. Les organismes internationaux ont diminué considérablement leur aide, devant les dérapages budgétaires endémiques et les détournements de fonds. L'économie ivoirienne a dû faire face à deux nouveaux chocs : la libéralisation en 1999 de la filière cacao, entraînant une surproduction et un nouvel effondrement des cours et l'adoption en 2000 par l'Union européenne d'une directive qui autorise l'utilisation dans la fabrication du chocolat d'autres matières grasses végétales que le beurre de cacao, à hauteur de 5 % du poids total. Les échanges restent dirigés surtout vers l'Union européenne, particulièrement la France, premier partenaire commercial de la Côte d'Ivoire.

Depuis 2003, l'économie est entrée en récession, à la suite du développement de la guerre civile et de la partition de fait du pays entre le nord et le sud. Dans un climat tendu et xénophobe, l'activité des entreprises s'est effondrée, entraînant faillites et licenciements, tandis qu'un mouvement de délocalisation commence à s'observer au profit des pays voisins. L'application d'un accord, signé en 2003, qui conditionne la réconciliation nationale et le retour de la paix, n'est toujours pas effective alors qu'elle constitue le préalable indispensable au redressement national.

Pour en savoir plus, voir les articles géographie physique de la Côte d'Ivoire et population de la Côte d'Ivoire.