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Cypsélides

en grec Kupselos

La tyrannie des Cypsélides

Cette tyrannie, la mieux connue, grâce à Hérodote, des tyrannies de Grèce, mit fin à Corinthe, vers 657, à la domination de la grande famille aristocratique des Bacchiades, qui avait permis à la cité d'acquérir son indépendance et avait duré près d'un siècle (viiie-viie s. avant J.-C.).

Cypsélos

Chef du parti démocratique des marchands, des artisans et des marins, Cypsélos (viie s. avant J.-C.), qui avait été polémarque, s'appuya sans doute sur les citoyens qui avaient combattu sous ses ordres pour instaurer la tyrannie à Corinthe (v. 657 avant J.-C.).

Cypsélos semble avoir gouverné de façon débonnaire. D'après Hérodote, il « remit à tous la part qui leur revenait », c'est-à-dire assura un partage plus égalitaire, sinon du pouvoir – le tyran gouverne seul –, du moins des richesses que les Bacchiades confisquaient à leur profit. (Cette famille avait monopolisé les magistratures et se réservait les revenus des taxes portuaires.)

Périandre

À la mort de Cypsélos (v. 625 avant J.-C.), son fils Périandre lui succéda, et exerça à son tour la tyrannie jusqu'à sa mort (585 avant J.-C.). Le règne de Périandre, qui compta parmi les sept Sages de la Grèce, coïncida avec la période la plus brillante et la plus prospère de l'histoire de Corinthe. Les ambitions maritimes de Périandre et les travaux qu'il fit entreprendre firent de Corinthe, rivale d'Athènes et alliée de Sparte, la cité la plus opulente de la Grèce. Menant une politique extérieure plus agressive que celle suivie par son père, il fomenta avec succès une guerre contre Épidaure et permit à Corinthe de reprendre le contrôle de sa colonie de Corcyre.

Périandre paraît cependant avoir été un habile diplomate qui parvint à maintenir des liens amicaux, tant avec d'importantes cités grecques telles Athènes et Milet, qu'avec des États étrangers comme l'Égypte et la Lydie. Il rehaussa encore le prestige de Corinthe en faisant des dédicaces somptueuses aux sanctuaires de Delphes et d'Olympie, mais lui-même semble avoir été un homme qui ne s'embarrassait pas d'excessifs scrupules religieux : il assassina sa femme et se querella avec son fils, qui dut s'exiler à jamais. Les auteurs anciens, tout en louant la modération dont il fit preuve dans le domaine des impôts, jugent en général son gouvernement comme brutal et répressif.

Corinthe, rivale d'Athènes

Occupant une position stratégique entre le golfe de Corinthe et le golfe Saronique, Corinthe poursuivit sous les Cypsélides son mouvement de colonisation : après Corcyre et Syracuse, ce furent Épidamne, Apollonie, sur la côte adriatique, et Potidée, dans la mer Égée, qui passèrent sous son contrôle. Elle développa sa flotte en construisant des trières. C'est sous les tyrans que le Diolcos (route traversant l'isthme et par laquelle on faisait passer les vaisseaux d'un golfe à l'autre) fut construit. De nombreux édifices publics furent érigés, et le sanctuaire de Poséidon prit une grande importance avec la création des jeux Panhelléniques.

Les artisans corinthiens, qui produisaient déjà une céramique de grande qualité, s'imposèrent avec de superbes objets à figures noires qui étaient exportés vers tous les ports de la Méditerranée.

Les tyrans auraient également institué des mesures visant à limiter les conséquences dommageables – oisiveté, ostentation, exode rural – d'un trop grand enrichissement des particuliers.

On situe aux alentours de 583 avant J.-C. la chute de Psammétique, le dernier représentant de la dynastie fondée par Cypsélos.