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Concert spirituel

Le Concert spirituel fut créé par Anne Danican Philidor, pour suppléer aux soirées de l'Opéra, lorsque celui-ci était fermé, en temps de carême, par exemple.

Le succès fut étonnant, dès sa création, le 18 mars 1725, dans la salle des Suisses aux Tuileries. C'est la première grande association publique de concerts, jusqu'alors organisés en privé, à la cour ou par les aristocrates en leur logis, avec leurs propres musiciens. C'est aussi une formation orchestrale et chorale stable qui permit une grande qualité, grâce aux virtuoses invités, et aussi grâce aux musiciens du rang.

Les œuvres jouées étaient françaises ou étrangères : au concert d'inauguration, on entendit le concerto la Nuit de Noël de Corelli. Cette institution donna au grand public l'occasion de se familiariser avec les courants musicaux de l'époque. Le Concert spirituel fit une grande place au violon, accueillant l'élève de Corelli, Jean-Baptiste Anet (1660-1755), auquel on doit deux recueils de sonates. On y applaudit les violonistes Leclair (1697-1764), musicien du roi, et le duo Rebel et Francur, connu pour une douzaine d'œuvres lyriques écrites en collaboration.

Pendant cinq ans, le compositeur avignonnais Mouret, directeur artistique du Concert spirituel, répandra, par ses suites de symphonies, de nouveaux procédés d'instrumentation. Plus tard, à partir de 1748, la direction sera assurée par le claveciniste Pancrace Royer (1705-1755), associé au violoniste Cassanéa de Mondonville, déjà connu du public du Concert spirituel. Auteur de sonates, Mondonville a introduit les sons harmoniques naturels dans le jeu du violon et la pratique du clavecin obligé dans les sonates françaises. On lui doit aussi des pièces pour voix et violon. Il participera à la Querelle des Bouffons en donnant, en 1753, avec grand succès, Titon et l'Aurore. Un autre violoniste, Antoine d'Auvergne (1713-1797), lui succédera en 1762. En dépit de sa rivalité avec le Concert de la Loge olympique (1769), le Concert spirituel gardera son prestige jusqu'à sa disparition, sous la Révolution.