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C.I.S.C.

sigle de Confédération internationale des syndicats chrétiens

Organisation syndicale internationale, créée au congrès de La Haye (juin 1919).

Les premiers contacts entre confédérations syndicales chrétiennes remontent à 1908, date à laquelle un congrès international tenu à Zurich décide la création du Secrétariat syndical international (S.S.I.) et d'une commission internationale dans lesquels les syndicalistes allemands vont occuper une place prépondérante. La Première Guerre mondiale interrompt ces contacts internationaux et ce n'est qu'en juin 1919, au congrès de La Haye, qu'est constituée la Confédération internationale des syndicats chrétiens (C.I.S.C.) avec onze centrales nationales dont celles d'Allemagne, d'Autriche, de Belgique, de France, d'Italie, des Pays-Bas. Comme son prédécesseur le S.S.I., la C.I.S.C. fonctionne sur la base de l'interconfessionnalisme (catholiques et protestants). Hostile au communisme, au socialisme et au libéralisme, favorable à la « collaboration systématique des classes », défavorable à l'action gréviste, la C.I.S.C. occupe une place modeste par rapport aux syndicats affiliés à la Fédération syndicale internationale (F.S.I.) ou à l'Internationale syndicale rouge (I.S.R.). De 3 336 000 adhérents en 1919, elle tombe à moins d'un million en 1937 en raison de la disparition de ses syndicats italiens puis allemands et des effets de la crise économique.

Lorsque, au cours de l'année 1945, se nouent les pourparlers qui vont donner naissance à la Fédération syndicale mondiale (F.S.M.), les syndicats chrétiens de la C.I.S.C. refusent d'accepter le premier article des statuts de la F.S.M. selon lequel l'affiliation est limitée à une seule centrale syndicale par pays. La C.I.S.C. maintient donc son organisation spécifique au congrès de Bruxelles d'octobre 1945. Hostile aux nationalisations opérées en Europe de l'Ouest, ainsi qu'aux syndicats uniques d'Europe de l'Est, elle s'engage en faveur du plan Marshall, de la construction européenne et du pacte Atlantique. Quasiment absente en dehors du continent européen en 1945, la C.I.S.C. entreprend de se développer en Afrique, en Amérique latine, en Asie avec un succès tel qu'en 1961 les pays d'Europe ne représentent plus que 27 % de l'ensemble. De 3 000 000 d'adhérents en 1949, la C.I.S.C. en compte 12 700 000 en 1968.

Au cours des années 1960, la C.I.S.C. en vient à incarner une troisième voie syndicale entre la Fédération syndicale mondiale (F.S.M.), proche des communistes, et la Confédération internationale des syndicats libres (C.I.S.L.), atlantiste et proaméricaine. Hostile au communisme sans que cette hostilité soit systématique, elle condamne également le libéralisme capitaliste et, dans le tiers-monde, elle prend ses distances à l'égard d'un syndicalisme d'obédience nord-américaine. Sous l'influence surtout de la Confédération française des travailleurs chrétiens (C.F.T.C.), de la Confédération catholique des Pays-Bas et de la Centrale latino-américaine des syndicats chrétiens (C.L.A.S.C.), elle s'engage dans la double voie de la laïcisation et de la radicalisation. Cette double évolution l'amène, au congrès de Luxembourg, en 1968, à changer son nom en celui de Confédération mondiale du travail (C.M.T.).