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factions des Bonnets et des Chapeaux

Nom donné aux deux factions politiques qui, en Suède, se disputèrent âprement le pouvoir à la Diète (Riksdag) à partir de 1719 et, plus particulièrement entre 1738 et 1772, sur fond des crises ouvertes en Europe par les guerres de la Succession de la Pologne et de la Succession d'Autriche.

Regroupés dans la faction des Bonnets (plus exactement, des « Bonnets de nuit » [Mössor]) soutenue par la Russie et l'Angleterre, les parlementaires partisans de la politique prudente du chancelier Arvid Horn au pouvoir depuis 1719, prônaient une politique extérieure non-interventionniste. À l'opposé, le parti des Chapeaux (Hattar), qui regroupait autour du comte de Fersen des jeunes aristocrates épris de prestige guerrier, hostiles au régime parlementaire, partisans d'une politique extérieure plus active, d’une alliance avec la France qui lui apporte son soutien financier, et d'une guerre contre la Russie en vue de reconquérir les anciennes possessions baltes enlevées par les Russes.

Après avoir poussé Horn à la démission, en 1738, les Chapeaux, emmenés par leur chef de file Gyllenborg, dominèrent la Diète jusqu'en 1764, et lancèrent la Suède dans diverses aventures militaires contre la Russie : en juillet 1741, croyant pouvoir mettre à mettre à profit les troubles intérieurs en Russie (déposition d'Ivan VI et accession au trône d'Élisabeth Ire), la Suède lui déclara la guerre ; ce fut un échec complet, et, à la paix signée à Abo, en août 1743, la Suède dut céder une partie de la Finlande à la Russie, qui renforçait sa domination sur la mer Baltique.

C’est également sous leur gouvernement, que la Suède s’engage dans la guerre de Sept Ans contre la Prusse, qui se solde par un statu quo concernant la Poméranie suédoise. En 1764, le pouvoir passa aux Bonnets qui le conservèrent tant bien que mal pendant quelques années.

Puis, pendant trois ans (1769 à 1772), les deux partis prirent et perdirent tour à tour le pouvoir, dans une rivalité qui plongea la Suède dans une véritable anarchie politique

Après la mort du roi Adolphe-Frédéric de Holstein (1771), son successeur Gustave III, à peine couronné, entreprit de restaurer le pouvoir royal. Le 29 mai 1772, par un coup d'État exécuté sans effusion de sang avec l'appui d'une partie de l'armée, il abrogea la Constitution de 1719 et, en rééquilibrant les pouvoirs entre la couronne et la Diète, mit un terme à 50 ans de luttes intestines entre les factions qui se disputaient la majorité au Riksdag.

Voltaire salua le coup d'État de Gustave III par ces vers de mirliton : « Tu viens de ressaisir les droits du diadème. / Et quels sont en effet ses véritables droits ? / De faire des heureux en protégeant les lois ; / De rendre à son pays cette gloire passée / Que la discorde obscure a longtemps éclipsée ; / De ne plus distinguer ni bonnets ni chapeaux, / Dans un trouble éternel infortunés rivaux. »

Pour en savoir plus, voir les articles guerre de la Succession de Pologne, guerre de la Succession d'Autriche, Suède : histoire.