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Festival d'Avignon

Festival de théâtre créé en 1947, qui fut le lieu privilégié de création de Jean Vilar et du TNP.

Modeste « semaine dramatique » à sa création en septembre 1947, le Festival d'Avignon s'est étendu à la musique et à la danse, voire au cinéma. Le festival « off » qui s'est accolé au festival officiel est là pour dire que le théâtre français ne saurait se passer de cet événement annuel, qui, comme en témoignent les nombreux spectacles étrangers invités et la présence de la presse d'autres pays, a acquis une renommée internationale. Son nom reste à jamais attaché à celui de son créateur, le comédien et metteur en scène Jean Vilar.

L'histoire du Festival d'Avignon

Les années Jean Vilar

En 1947, l'éditeur d'art et collectionneur Christian Zervos demanda à Jean Vilar de réaliser un spectacle destiné à accompagner une exposition qu'il montait dans la chapelle du palais des Papes. Le metteur en scène répond avec enthousiasme et avec… trois pièces (la distribution comporte une jeune actrice qui fait ses débuts et qui s'appelle... Jeanne Moreau). La municipalité soutient l'entreprise et prête son théâtre où sera joué la Terrasse de midi, d'un auteur de 27 ans, Maurice Clavel. Dans le verger d'Urbain V, Vilar met en scène Claudel, avec Tobie et Sara, tandis que la cour du palais des Papes s'affirme d'emblée comme le lieu des représentations prestigieuses avec Richard II de Shakespeare.

Dès l'année suivante, la manifestation prend le nom de « Festival d'Avignon », qui se tiendra désormais au mois de juillet. Quand, en 1951, Gérard Philipe crée le Prince de Hombourg de Kleist, le festival, qui n'en est qu'à sa cinquième édition, a atteint sa maturité.

D'Avignon au TNP

En septembre de la même année, Vilar est appelé à prendre la direction du Théâtre national populaire, où Gérard Philipe jouera le Cid. Désormais, les deux institutions fonctionnent ensemble : Avignon devient en quelque sorte le laboratoire de la politique culturelle que mène Jean Vilar au palais de Chaillot. Les pièces créées ici sont reprises là, et le festival devient peu à peu, comme le TNP, une véritable entreprise théâtrale. Lorsque, en 1963, Vilar démissionne du TNP, où Georges Wilson le remplace, la troupe continue de venir en Avignon, cela jusqu'en 1967. De nouveaux metteurs en scène s'y font connaître, de Jorge Lavelli à Roger Planchon, tandis que le festival s'ouvre à la danse : en 1967, Maurice Béjart et le Ballet du xxe siècle créent dans la cour du palais des Papes la Messe pour le temps présent, sur une musique de Pierre Henry.

1968 et après

L'été 1968, Avignon ne verra certes pas s'élever de barricades comme Paris en mai, mais le festival connaîtra une agitation suffisante pour mettre son directeur en porte-à-faux entre les autorités et les contestataires. À la tête de ceux-ci, une compagnie invitée, le Living Theatre de l'Américain Julian Beck. Son spectacle, Paradise Now, est une sorte de happening où s'allient révolution sexuelle et anarchisme. Le festival est taxé de « supermarché de la culture ». Rançon du succès, puisqu'il continue d'attirer les foules, avec une nouvelle ouverture, dès 1969, sur le cinéma, la musique et le théâtre musical – accueilli au cloître des Célestins – et les arts plastiques. Vilar meurt à Sète, sa ville natale, en 1971. L'année précédente, il avait vu le retour du TNP à Avignon.

Après Jean Vilar

L'assistant et successeur de Vilar, Paul Puaux (1920-1998), continue à développer le festival : dès 1971, il accueille le « Théâtre ouvert », auquel son créateur Lucien Attoun assigne pour fonction la création de textes de jeunes auteurs ; le « Gueuloir » est créé en 1974, la « Cellule de création » l'année suivante ; de nouveaux lieux s'ouvrent, comme la chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, qui, plus tard, accueillera des compagnies en résidence au cours de l'année. Les directeurs suivants s'attacheront à doter le festival d'infrastructures modernes et veilleront à ce qu'il soit largement médiatisé, parfois au prix de productions relevant de l'exploit, tant de la part des comédiens que des spectateurs. Parmi ces derniers, nombreux sont ceux qui gardent encore le souvenir de l'interminable mais surprenant cérémonial du Mahabharata en plusieurs épisodes monté par Peter Brook dans la carrière de Boulbon (1985). D'autres se souviennent être restés jusqu'au petit matin, serrés dans des duvets et nantis de la Thermos de café, dans la cour du palais des Papes : c'était en 1987, Antoine Vitez donnait la version intégrale du Soulier de satin. D'autres encore y auront vu le Hamlet de Patrice Chéreau, l'année suivante. En 1995, le Tartuffe de Molière enflammera encore les foules : le Théâtre du Soleil et Ariane Mnouchkine (dont les Clowns avaient surpris le public avignonnais dès 1969) transposent l'hypocrisie dévote dans le contexte des fanatismes religieux des années 1990.

Du « in » au « off »

Les dizaines de milliers de spectateurs qui chaque été se pressent à Avignon fréquentent autant le « in » que le « off ». C'est essentiellement ce dernier qui donne à la ville une allure que l'on peut qualifier d'indescriptible cohue ou de joyeuse kermesse : à la foule des aficionados du théâtre se mêlent les pittoresques parades des compagnies de toutes nationalités illustrant tous les genres, du café-théâtre aux spectacles de rue, du mime au cirque (le poétique ballet équestre de Bartabas fait sensation), de la commedia dell'arte à la tragédie antique.