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Algérie : activités économiques

Hassi Messaoud
Hassi Messaoud

Le gaz naturel (neuvième production mondiale) et le pétrole représentent chacun environ 49 % des exportations algériennes. L'Algérie est un des principaux fournisseurs des marchés européens, italien et espagnol notamment. les hydrocarbures génèrent la plus grande partie des recettes de l'État dont la redistribution est un enjeu politique majeur.
L'économie est encore peu diversifiée. L'élevage ovin domine sur les Hautes Plaines. La frange méditerranéenne, site des principales villes, porte quelques cultures (blé, orge), parfois irriguées (agrumes). Les services ne représentent qu'un tiers du produit intérieur brut. L'émigration vers la France n'a pas enrayé le chômage, qui reste élevé, en particulier parmi les jeunes.
L'économie, qui a pâti dans les années 1990 de la violence qui sévissait dans le pays, renoue aujourd'hui avec la croissance, mais elle reste très dépendante de la rente énergétique et peine à répondre aux aspirations sociales.

1. L'agriculture : face à un milieu naturel hostile

L'Algérie, dans son ensemble, manque d'eau, que ce soit pour l'alimentation des villes (eau potable), pour le développement de certaines industries (eau industrielle) ou pour les besoins de l'agriculture (irrigation). Ce dernier aspect retient d'autant plus l'attention que l'irrigation apparaît souvent comme la seule manière d'intensifier la production agricole. L'agriculture sèche est soumise à tous les caprices des précipitations, et ce d'autant plus que l'on s'enfonce vers le sud. Une année sèche est caractérisée par l'extension, en automne ou au printemps, de l'aridité estivale, ce qui compromet très gravement les récoltes, dont les rendements peuvent tomber dans les plus mauvais cas presque au niveau des semences investies. Il ne s'agit pas d'un phénomène exceptionnel.

Les bons sols, limités aux plaines et aux collines du Tell, sont rares. Partout, la violence des averses, très concentrées (paradoxe dans un pays qui manque d'eau), la maigreur de la végétation, qui ne couvre jamais totalement le sol, et la vigueur de la plupart des reliefs, aux pentes accentuées, constituent un milieu favorable au développement d'une érosion d'autant plus violente que les surcharges pastorales et les travaux agricoles tendent encore à dénuder les terrains exposés. Aussi, lorsque la couverture végétale est enlevée, les ravines, les glissements de terrain et les bad-lands se multiplient. Les surfaces atteintes sont irrémédiablement perdues. L'agriculture algérienne est en permanence menacée par l'agressivité du milieu au sein duquel elle s'exerce.

2. Les ressources du sous-sol algérien

2.1. Le pétrole et le gaz, atouts majeurs de l'Algérie

Les ressources du sous-sol ne compensent pas entièrement les durs handicaps du milieu. L'Algérie dispose d'importants gisements de phosphate (région de Tébessa), de minerais de fer (Beni Saf, Dahra et surtout Ouenza), et de quelques mines de plomb, de zinc et de cuivre dispersées dans les djebels telliens. Mais elle est très pauvre en charbon, et l'équipement en centrales hydro-électriques des montagnes humides s'y révèle techniquement difficile. Seuls le pétrole et le gaz naturel du Sahara constituent une richesse assez importante pour servir de base à l'industrialisation.

2.2. La base de l'industrialisation

Peu de pays ont franchi aussi rapidement les étapes entre une économie agricole sous-développée (exception faite de l'agriculture coloniale, très rentable), avant l'indépendance, une industrialisation lourde (très coûteuse) et une libéralisation démantelant tout l'appareil productif mis précédemment en place.

Sous la présidence de H. Boumediene, les richesses pétrolières et gazières algériennes, concentrées au Sahara et nationalisées en 1971, ont fourni la base d'une importante industrie pétrochimique et sidérurgique ainsi que celle d'une ambitieuse politique d'équipements et d'infrastructures. De grands monopoles étatiques ont été créés pour l'exploitation et l'exportation des principales richesses : hydrocarbures (Sonatrach), fer, phosphates… Des prix performants ont été obtenus grâce à une politique de commerce extérieur offensive. Des villes moyennes et des ports ont été édifiés (Arzew, Skikda, Béjaïa, Annaba) autour des principaux complexes industriels. Ceux-ci ont été concentrés sur la côte pour favoriser l'exportation, et des pipelines (oléoduc, gazoduc) drainent les richesses sahariennes vers le littoral.

Les services et le commerce ont été également étatisés et monopolisés. La gestion collectiviste s'est étendue, non sans mal, à l'agriculture, dont les rendements (y compris dans la riche plaine de la Mitidja) ont considérablement baissé.

2.3. Le pétrole et le gaz : l'essentiel des exportations

Les ventes de pétrole et de gaz représentent 97 % des recettes d'exportations et plus du tiers du produit intérieur brut.

L’Algérie est le neuvième producteur mondial de gaz et le quatrième exportateur, derrière la Russie, la Norvège et le Qatar. Elle exporte son gaz à 95 % vers l'Union européenne, dont elle est le troisième fournisseur avec 9 % de sa consommation (après la Russie, 24 %, et la Norvège, 19 %). Les réserves de gaz naturel conventionnel s'élèveraient à 4 500 milliards de mètres cubes. Les principaux gisements se situent dans le Sahara, à Hassi R'Mel, dans le centre du pays (70 % des réserves), et à In Amenas, dans le sud-est, près de la frontière libyenne (ce dernier produit 12 % de la production du pays et 15 % de ses exportations).

Les réserves de gaz de schiste ont été estimées à 2 000 milliards de mètres cubes.

Les réserves de pétrole place l'Algérie au troisième rang des pays producteurs d’Afrique, après le Nigeria et la Libye. Les principaux gisements se situent à Hassi Messaoud (70 % des réserves), Illizi (14 % des réserves) et Rhourde Nouss (9 % des réserves).

Les hydrocarbures n'ont jamais été touchés par la crise ni même atteints par la guerre civile. Leur expansion a été, tout au contraire, constante dans un territoire éloigné des zones de tension et très protégé.

Des découvertes réalisées depuis 1993 ont permis d'augmenter le volume des réserves (6e rang mondial pour le gaz) et des exportations. Des investissements les ont favorisées, notamment la construction entre l'Algérie, le Maroc, l'Espagne et le Portugal, en pleine guerre civile algérienne (entre 1994 et 1996), du gazoduc Maghreb-Europe (1 265 km), qui permet au gaz algérien de desservir le sud de l'Europe (il le faisait déjà auparavant pour l'Italie). Les exportations pétrolières et gazières, surtout, se sont diversifiées vers les États-Unis, l'Europe de l'Est et les pays asiatiques.

L'accord d'association avec l'Union européenne, en 2005, a entraîné une baisse des droits de douane de certains produits de consommation (sucre, blé, huile, orge).

2.4. Manne pétrolière et paupérisation de la population algérienne

L'absence d'intermédiation politique et syndicale conforte les émeutes urbaines, nombreuses et récurrentes. Elles traduisent notamment l'approfondissement du contraste entre une augmentation exceptionnelle des revenus engrangés par l'État grâce à la manne pétrolière et la paupérisation de la population. Le Programme des Nations unies pour le développement estime ainsi à 20 % la part de la population vivant au-dessous du seuil de pauvreté tandis que les revenus du pétrole ont atteint 80 milliards de dollars pour la seule année 2008. Ceci a permis à l'Algérie de se désendetter – la dette est passée de 20 milliards de dollars en 2000 à 600 millions en 2008, soit 9 % du produit intérieur brut –, de porter la réserve de change à près de 205 milliards de dollars, ce qui équivaut à trois ans d'importations, et d'afficher une balance commerciale excédentaire de 40 milliards de dollars.

3. Une économie qui peine à se diversifier

Mais ces performances macroéconomiques cachent une grande fragilité : elles sont exclusivement dues aux hydrocarbures qui représentent 98 % des exportations d'un pays qui reste incapable de diversifier son économie. Les grands investissements publics des quinquennats 2005-2009 et 2010-2014 sont centrés sur le développement des infrastructures et du bâtiment-travaux publics. La majorité de ces investissements porte sur l'extension du réseau ferroviaire, long aujourd'hui de 4 000 km.

La transition n'en finit pas de durer, les réformes et les privatisations envisagées, à l'instar de celle des banques, sont sans cesse reportées. Alors que le pays peine à attirer les investissements directs étrangers (2 milliards de dollars en 2008), une circulaire, rétroactive, émise en avril 2009 et imposant aux investisseurs étrangers l'association d'un partenaire national à hauteur de 30 %, a eu pour effet l'intention déclarée d'une partie des investisseurs de se désengager.

En 2011, les cinq principaux clients de l'Algérie étaient, en valeur, les États-Unis (20 % du total), l'Italie, l'Espagne, la France et les Pays-Bas. Les cinq principaux fournisseurs étaient, toujours en valeur pour 2011, la France (15 % du total), la Chine, l'Italie,l'Espagne et l'Allemagne.

4. Les sites classés à l'Unesco

Sept sites sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco : la vallée du Mzab et ses villages fortifiés, les sites romains de Djemila, de Timgad et de Tipaza, la casbah (la vieille ville musulmane) d'Alger, la kaâla des Béni Hammad (ville musulmane fortifiée) et le tassili des Ajjer.

Pour en savoir plus, voir les articles géographie physique de l'Algérie et population de l'Algérie.