L'Algérie, dans son ensemble, manque d'eau, que ce soit pour l'alimentation des villes (eau potable), pour le développement de certaines industries (eau industrielle) ou pour les besoins de l'agriculture (irrigation). Ce dernier aspect retient d'autant plus l'attention que l'irrigation apparaît souvent comme la seule manière d'intensifier la production agricole. L'agriculture sèche est soumise à tous les caprices des précipitations, et ce d'autant plus que l'on s'enfonce vers le sud. Une année sèche est caractérisée par l'extension, en automne ou au printemps, de l'aridité estivale, ce qui compromet très gravement les récoltes, dont les rendements peuvent tomber dans les plus mauvais cas presque au niveau des semences investies. Il ne s'agit pas d'un phénomène exceptionnel.
Les bons sols, limités aux plaines et aux collines du Tell, sont rares. Partout, la violence des averses, très concentrées (paradoxe dans un pays qui manque d'eau), la maigreur de la végétation, qui ne couvre jamais totalement le sol, et la vigueur de la plupart des reliefs, aux pentes accentuées, constituent un milieu favorable au développement d'une érosion d'autant plus violente que les surcharges pastorales et les travaux agricoles tendent encore à dénuder les terrains exposés. Aussi, lorsque la couverture végétale est enlevée, les ravines, les glissements de terrain et les bad-lands se multiplient. Les surfaces atteintes sont irrémédiablement perdues. L'agriculture algérienne est en permanence menacée par l'agressivité du milieu au sein duquel elle s'exerce.
Les ressources du sous-sol ne compensent pas entièrement les durs handicaps du milieu. L'Algérie dispose d'importants gisements de phosphate (région de Tebessa), de minerais de fer (Beni-Saf, Dahra et surtout Ouenza), et de quelques mines de plomb, de zinc et de cuivre dispersées dans les djebels telliens. Mais elle est très pauvre en charbon, et l'équipement en centrales hydro-électriques des montagnes humides s'y révèle techniquement difficile. Seuls le pétrole et le gaz naturel du Sahara constituent une richesse assez importante pour servir de base à l'industrialisation.
Peu de pays ont franchi aussi rapidement les étapes entre une économie agricole sous-développée (exception faite de l'agriculture coloniale, très rentable), avant l'indépendance, une industrialisation lourde (très coûteuse) et une libéralisation démantelant tout l'appareil productif mis précédemment en place.
Sous H. Boumediene, les richesses pétrolières et gazières algériennes, concentrées au Sahara et nationalisées en 1971, ont fourni la base d'une importante industrie pétrochimique et sidérurgique ainsi que celle d'une ambitieuse politique d'équipements et d'infrastructures. De grands monopoles étatiques ont été créés pour l'exploitation et l'exportation des principales richesses : hydrocarbures (Sonatrach), fer, phosphates… Des prix performants ont été obtenus grâce à une politique de commerce extérieur offensive. Des villes moyennes et des ports ont été édifiés (Arzew, Skikda, Béjaïa, Annaba) autour des principaux complexes industriels. Ceux-ci ont été concentrés sur la côte pour favoriser l'exportation, et des pipelines (oléoduc, gazoduc) drainent les richesses sahariennes vers le littoral. Les services et le commerce ont été également étatisés et monopolisés. La gestion collectiviste s'est étendue, non sans mal, à l'agriculture, dont les rendements (y compris dans la riche plaine de la Mitidja) ont considérablement baissé.
Les ventes de pétrole et de gaz représentent 97 % des recettes d'exportations et plus du tiers du produit intérieur brut. L'Algérie est le troisième exportateur mondial de gaz, à 95 % vers l'Union européenne. Ses réserves de pétrole la place au troisième rang des pays producteurs d'Afrique, après le Nigeria et la Libye. Les hydrocarbures n'ont jamais été touchés par la crise ni même atteints par la guerre civile. Leur expansion a été, tout au contraire, constante dans un territoire éloigné des zones de tension et très protégé. Des découvertes réalisées depuis 1993 ont permis d'augmenter le volume des réserves (6e rang mondial pour le gaz) et des exportations. Des investissements les ont favorisées, notamment la construction entre l'Algérie, le Maroc, l'Espagne et le Portugal, en pleine guerre civile algérienne (entre 1994 et 1996), du gazoduc Maghreb-Europe (1 265 km), qui permet au gaz algérien de desservir le sud de l'Europe (il le faisait déjà auparavant pour l'Italie). Les exportations pétrolières et gazières, surtout, se sont diversifiées vers les États-Unis, l'Europe de l'Est et les pays asiatiques.
L'accord d'association avec l'Union européenne, en 2005, a entraîné une baisse des droits de douane de certains produits de consommation (sucre, blé, huile, orge).
L'absence d'intermédiation politique et syndicale conforte les émeutes urbaines, nombreuses et récurrentes. Elles traduisent notamment l'approfondissement du contraste entre une augmentation exceptionnelle des revenus engrangés par l'État grâce à la manne pétrolière et la paupérisation de la population. Le Programme des Nations unies pour le développement estime ainsi à 20 % la part de la population vivant au-dessous du seuil de pauvreté tandis que les revenus du pétrole ont atteint 80 milliards de dollars pour la seule année 2008. Ceci a permis à l'Algérie de se désendetter – la dette est passée de 20 milliards de dollars en 2000 à 600 millions en 2008 –, de porter la réserve de change à près de 150 milliards de dollars, et d'afficher une balance commerciale excédentaire de 40 milliards de dollars. Mais ces performances macroéconomiques cachent une grande fragilité : elles sont exclusivement dues aux hydrocarbures qui représentent 98 % des exportations d'un pays qui reste incapable de diversifier son économie. Les grands investissements, centrés sur le développement des infrastructures et du bâtiment-travaux publics qui devraient absorber l'essentiel des 155 milliards de dollars du PCSC (Programme Complémentaire de Soutien à la Croissance pour la période 2005-2009), confiés à des entreprises étrangères, n'ont pas l'effet d'entraînement attendu sur l'économie. La transition n'en finit pas de durer, les réformes et les privatisations envisagées, à l'instar de celle des banques, sont sans cesse reportées. Alors que le pays peine à attirer les investissements directs étrangers (2 milliards de dollars en 2008), une circulaire, rétroactive, émise en avril 2009 et imposant aux investisseurs étrangers l'association d'un partenaire national à hauteur de 30 %, a eu pour effet l'intention déclarée d'une partie des investisseurs de se désengager.
Le président Bouteflika concentre désormais tous les pouvoirs grâce à une révision de la constitution qui a fait sauter le verrou de la limitation à deux mandats présidentiels, ouvrant ainsi la possibilité d'une présidence à vie. Il s'est fait réélire, pour un troisième mandat, le 9 avril 2009, avec un résultat qui jette une suspicion sur la crédibilité du scrutin : plus de 90 % des suffrages exprimés et un taux de participation de près de 75 %, contre 35 % lors des législatives de 2007. De plus, contrairement aux deux précédentes élections, le pouvoir n'a pas réussi à faire s'aligner des candidats crédibles pouvant conférer un semblant de compétition à des élections boycottées par tous les partis de l'opposition. Dans le même temps, l'effacement de la vie publique du président Bouteflika, lié à sa maladie, a pour pendant l'émergence de son plus jeune frère comme probable successeur. Consulté pour toutes les décisions importantes et référent pour les hommes d'affaires et les chancelleries, il apparaît comme le « régent », organisant dans les moindres détails l'activité du président. L'annonce, en juin 2009, de la création d'un « parti du frère du président » qui pourrait être l'instrument de son accès au pouvoir, semble confirmer l'option de cette succession familiale. Le champ politique continue ainsi d'être verrouillé avec notamment un maintien de l'État de siège qui restreint l'activité politique et syndicale, tandis que des journalistes ont subi de multiples procès et des condamnations à la prison ferme. La charte de réconciliation nationale contestée par les victimes du terrorisme et des services de sécurité comme instituant un « pardon sans vérité et sans justice », n'a pas réussi à éradiquer la violence islamiste qui, si elle est plus contenue, n'en continue pas moins à frapper de façon sporadique et spectaculaire avec notamment le développement des attentats suicides.
Pour en savoir plus, voir les articles géographie physique de l'Algérie et population de l'Algérie.