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Algérie : géographie physique

Pic Laperrine, Hoggar
Pic Laperrine, Hoggar

L'Algérie se trouve au contact de deux grands domaines géographiques : la zone méditerranéenne et le Sahara. Le compartimentage du relief en grandes bandes grossièrement orientées de l'ouest à l'est accentue les oppositions entre les différents milieux naturels qui se succèdent du nord au sud.
Au sud, le Sahara offre de vastes contrastes entre les étendues monotones de plateaux couverts de pierraille (hamadas du Draa), les cuvettes ourlées de dunes (Grand Erg occidental, Grand Erg oriental) et les reliefs imposants des massifs montagneux de l'extrême Sud, centrés sur le Hoggar, qui culmine vers 3 000 m.
Au nord, dans le Maghreb proprement dit, deux bourrelets montagneux aux formes vigoureuses encadrent les Hautes Plaines intérieures, où quelques djebels (montagnes) isolés dominent de vastes cuvettes, dont le fond est souvent occupé par des sebkhas (lacs d'eau saumâtre, réduits en été à une pellicule de sel).
Dans le Tell, des plaines littorales ou sublittorales de petite dimension (Mitidja) alternent avec des massifs montagneux relativement peu élevés, mais aux reliefs très escarpés, qui juxtaposent des éléments de massifs anciens (Grande Kabylie) et des morceaux de couverture sédimentaire (calcaires, marnes, grès, flysch) violemment plissés, failles et redressés, en plusieurs phases, à l'ère tertiaire.
Au sud des Hautes Plaines et au contact du Sahara, un deuxième bourrelet montagneux, l'Atlas saharien, élève les formes plus lourdes de plissements plus réguliers dans un matériel à base de calcaires et de marnes.

1. Le relief de l'Algérie

1.1. Le littoral méditerranéen

Le littoral méditerranéen bénéficie d'un climat doux et assez humide. Bordé par les chaînes telliennes, il présente le plus souvent des reliefs escarpés et pittoresques, comme la corniche de Petite Kabylie. Mais il s'ouvre aussi sur quelques belles plaines littorales ou sublittorales à proximité desquelles se sont développées les villes principales.

1.1.2. La bordure tellienne

La bordure tellienne, au contact immédiat des rivages méditerranéens, apparaît comme la zone la plus favorisée : de belles montagnes humides y dominent de leurs versants escarpés et boisés des plaines étroites et marécageuses à l'état naturel. La végétation y est celle du milieu méditerranéen, groupée en forêts de chênes verts, de chênes-lièges et de pins d'Alep ou dégradée en maquis et en garrigues. Une érosion violente, au cours de la période hivernale, ravine les versants lorsqu'ils se trouvent dénudés. Cependant, les conditions ne sont pas exactement semblables d'est en ouest.

Le Tell oriental

Le Tell oriental s'étend d'Alger à Annaba. Il est dominé par les montagnes de Grande et de Petite Kabylie et il se caractérise par une allure très montagneuse, ne laissant qu'une place très réduite à de petites plaines littorales (Bejaia, Djidjelli, Skikda, Annaba) ou à des bassins intérieurs resserrés derrière des défilés escarpés (oueds Soummam, Rummel, el-Kebir, Seybouse). Des noyaux de massifs anciens, redressés et profondément disséqués par l'érosion, tombent en corniche sur la mer (Grande Kabylie, Kabylie de Collo, massif de l'Edough) et sont enveloppés vers le sud par les puissantes « sierras » calcaires du Djurdjura, des Bibans et par la chaîne calcaire discontinue des Babors qui portent à plus de 2 000 m les sommets les plus élevés. Cette région, la plus densément montagneuse de toute l'Algérie, est aussi la plus humide. Des lames d'eau de 1 à 2 m tombent annuellement sur ces djebels, souvent sous forme de neige. Des forêts de cèdres occupent les plus hauts sommets, mais c'est la futaie de chênes-lièges, encombrée d'un épais sous-bois broussailleux, qui couvre les pentes humides et siliceuses de la Grande Kabylie et des péninsules de Collo et d'Edough. C'est ici, par excellence, l'Algérie des grands djebels, humides et boisés.

L'Algérois

Au centre, dans l'Algérois, le relief s'aère et s'organise en grands compartiments bien distincts : des hauteurs allongées au contact du littoral, assez peu élevées, mais de morphologie très complexe (lourde échine du Dahra, Sahel d'Alger, massifs calcaires du Zaccar) ; des couloirs de plaines toutes proches de la mer, mais à peine ouvertes sur celle-ci (la Mitidja) ou même franchement fermées (la moyenne vallée du Chlef) ; en arrière-plan, de grands massifs, atteignant près de 2 000 m, avec des plissements assez amples et de fortes dénivellations (l'Ouarsenis, l'Atlas de Blida). Le climat et la végétation accusent ces contrastes simples. Les montagnes, humides et boisées, fraîches en été et enneigées en hiver, s'opposent au littoral, dont le climat est très doux, et aux plaines, plus sèches et mal drainées en hiver, souvent surchauffées en été, jadis domaines marécageux, maintenant riches régions agricoles.

Le Tell occidental

Le Tell occidental présente des caractères relativement homogène jusqu'aux environs d'Alger. À l'ouest, dans l'Oranais, le bourrelet tellien se morcelle en un grand nombre d'unités de relief peu étendues. La chaîne tellienne méridionale (monts des Tessalas, des Beni Chougrans, massif de l'Ouarsenis, domine au sud une suite de plaines intérieures (plaine de Tlemcen, de Sidi-bel-Abbès, de Mascara, du Sersou), situées en contrebas des Hautes Plaines oranaises. La chaîne tellienne côtière est représentée à l'ouest par les petits massifs de la région d'Oran (Murdjajo) et d'Arzew. Plusieurs bassins assez vastes, littoraux, sublittoraux (Les Andalouses, Beni Saf, Oran, Mostaganem), séparent des djebels (de Tlemcen et de Saïda) dont les altitudes dépassent exceptionnellement 1 500 m. Les dômes calcaires du massif des Traras sont les dernières manifestations de plis du Moyen Atlas. Les plaines et les djebels de l'Oranais constituent une zone sèche à l'intérieur du Tell algérien. La région se trouve relativement abritée des flux d'air atlantique par les hautes montagnes du Maroc et de l'Espagne méridionale. En outre, les influences sahariennes pénètrent ici aisément jusqu'aux rivages méditerranéens, tel le souffle brûlant du chergui, ou sirocco. De la sorte, les paysages de l'Oranais sont plus arides que ceux de l'Algérois ou des Kabylies. Les précipitations ne dépassent 500 mm annuellement que sur les sommets des principaux djebels. L'endoréisme se manifeste tout près de la mer (sebkha d'Oran). Sur les versants des djebels, les forêts de pins d'Alep, de thuyas ou de chênes kermès sont presque toujours dégradées en garrigues broussailleuses. Les plaines portent des formations maigres, où l'alfa, plante de steppe, s'intercale au milieu des lentisques et des oliviers sauvages.

1.2. Les Hautes Plaines de l'intérieur

Les Hautes Plaines de l'intérieur s'étendent entre le Tell et les montagnes présahariennes, qui les séparent du désert. Elles sont larges de 200 km et élevées de 1 000 m à 1 200 m. Les conditions du relief changent en même temps que celles du climat. Derrière l'abri de l'Atlas tellien, les précipitations diminuent assez sensiblement (moins de 500 mm, mais le plus souvent moins de 400 mm). Elles deviennent de plus en plus irrégulières et faibles vers le sud. L'altitude et la continentalité accusent les contrastes de températures entre le jour et la nuit (amplitude journalière nettement plus élevée que sur le littoral), mais aussi entre l'été et l'hiver (températures d'été très élevées avec des maximums supérieurs à 40 °C ; hivers froids avec de nombreux jours de gel). La steppe constitue la végétation habituelle des hautes plaines, formation rase composée de plantes basses qui couvrent mal le sol et qui sont adaptées à la sécheresse (armoise, alfa, etc.). Les montagnes présahariennes, surtout les plus élevées, reçoivent quelques pluies supplémentaires. Aussi portent-elles, au-dessus des bas versants steppiques ou broussailleux, des forêts claires de chênes verts et de pins d'Alep, et même quelques cédraies sur certains sommets (Aurès). Le relief offre des horizons beaucoup plus ouverts que ceux du Tell. Dans les Hautes Plaines, en effet, la couverture sédimentaire, moins épaisse et plus discontinue que dans le Tell, a été affectée de mouvements sans ampleur. Peu épaisse, elle recouvre un socle ancien et disparaît elle-même sous des alluvions. Seuls quelques djebels isolés, notamment dans le Constantinois, se dressent au-dessus des plaines steppiques. C'est seulement au sud qu'un deuxième bourrelet montagneux, composé de plissements dans l'ensemble plus réguliers que ceux du Tell, forme un ensemble de hauteurs presque continu.

Quelques différences affectent cependant cet ensemble de Hautes Plaines du Maroc à la Tunisie. À l'ouest, dans le sud de l'Algérois et de l'Oranais, les horizons sont très ouverts, les djebels rares et peu élevés, et la sécheresse accentuée. C'est le domaine, par excellence, de la plaine steppique ourlée de grandes sebkhas. À l'est, dans le Constantinois, bourrelet tellien et djebels présahariens se resserrent, encadrant de reliefs plus élevés des plaines plus étroites et plus humides, qui ne sont endoréiques qu'au sud. Elles sont dues à un remblaiement alluvial remplissant des cuvettes structurales. La chaîne du Hodna, transversale, apporte un élément de complication supplémentaire.

1.3. L'Atlas saharien

L'Atlas saharien ferme les Hautes Plaines vers le sud. Il s'allonge jusqu'à Biskra. Il est constitué d'une série de chaînes plissées dans les calcaires et les marnes. D'ouest en est se succèdent les monts des Ksour (2 230 m), le djebel Amour (1 930 m), les Ouled Naïl (1 600 m) et les Zibans. A l'est de la percée de Kantara (au nord de Biskra), les altitudes se relèvent, le volume montagneux devient imposant avec l'Aurès, auquel appartient le djebel Chelia (2 328 m), point culminant de l'Algérie. Ce massif aux plis réguliers est flanqué à l'ouest par le massif du Belezma et à l'est par les monts des Nemencha et de Tébessa. Au pied de l'Atlas saharien, l'Aurès domine brutalement de plus de 2 000 m la dépression des Chotts (chott Melrhir : – 24 m).

Plaines et djebels sont affectés par la rigueur du système d'érosion. Ce dernier est caractérisé par l'endoréisme (sauf dans le Constantinois, les oueds ne vont pas jusqu'à la mer) et par la violence de l'attaque de sols dénudés déclenchée par des averses rares mais très fortes. Aussi, le relief s'organise-t-il autour de bassins endoréiques dont le fond humide et salé, creusé dans le alluvions, est occupé par des sebkhas, parfois très vastes (chott ech-Chergui, chott el-Hodna), qu'entourent les plans doucement inclinés de glacis d'érosion (façonnés par l'écoulement en nappe) et les versants plus abrupts de quelques djebels. Plus humides que les plaines voisines, les massifs portent, au-dessus de bas versants broussailleux, quelques forêts de chênes verts et de pins d'Alep.

1.4. Le Sahara

Le Sahara, au sud de l'Atlas saharien, couvre la plus grande partie du territoire algérien. Milieu extraordinaire par la sécheresse très accentuée de son climat, par la monotonie de ses horizons entièrement dénudés (ergs sableux, hamadas pierreuses), par l'ampleur des reliefs grandioses de l'extrême Sud (dont le Hoggar), hostile au développement de la vie, il n'en abrite pas moins depuis des siècles quelques groupes humains et, dans son sous-sol, le pétrole et le gaz naturel, grandes chances de l'Algérie contemporaine.

2. Le climat de l'Algérie

Le climat détermine les principales oppositions zonales.

2.1. Les régions côtières

Les régions côtières jouissent d'un climat méditerranéen, agréable en hiver (12 °C à Alger) et supportable en été (25 °C dans la même ville). L'humidité y est forte et les précipitations relativement abondantes : avec 762 mm de moyenne – concentrés sur quelques mois d'automne et de printemps –, il pleut plus à Alger qu'à Paris. Le temps d'été est déterminé par la remontée en latitude des hautes pressions sahariennes. Mais le temps s'altère à partir de l'automne et jusqu'au printemps : la déviation, vers le sud de la Méditerranée, du flux tourbillonnaire tempéré ou la progression en altitude de coulées ou de gouttes d'air polaire provoquent sur l'Algérie des types de temps perturbés, porteurs de pluie. Parallèlement, la température se trouve refroidie. Naturellement, ces conditions évoluent selon la situation, en fonction de l'altitude et de la position.

2.2. Les principaux massifs

Sur les principaux massifs, les précipitations augmentent et les températures diminuent. Mieux abrité, l'Oranais est nettement plus sec que l'Algérois et le Constantinois. La ligne isohyète des 400 mm, qui marque la limite de précipitations en deçà de laquelle la culture du blé est impossible, englobe à l'est les hautes plaines du Constantinois et le massif de l'Aurès, mais laisse à l'écart les hauts plateaux steppiques occidentaux.

2.3. Le Sahara

Au sud de l'Atlas saharien, les régions sahariennes restent sous l'influence permanente de masses d'air anticycloniques. C'est le désert. Les températures y sont élevées toute l'année, et les précipitations très faibles (moins de 150 mm par an) et irrégulières. In Salah, au centre du Sahara algérien, n'enregistre que 15 mm de précipitations annuelles pour une moyenne thermique de 25,4 °C.

3. L'hydrographie de l'Algérie

Les cours d'eau du Tell algérien – sauf le Chlef, qui coule sur 700 km, parallèlement aux chaînes de l'Atlas – sont d'une longueur médiocre et ne drainent que des bassins réduits. Leur débit moyen est aussi faible qu'irrégulier. Ils appartiennent toutefois à l'hydrographie normale, c'est-à-dire qu'ils se dirigent vers la mer. Les hautes plaines, en revanche, ont un réseau hydrographique atrophié et incomplet: l'eau des pluies s'y rassemble dans les chotts sans emprunter de véritables vallées. Quant aux oueds issus de l'Atlas saharien – tel l'oued Saoura dans la région de Bechar –, ils se dirigent vers le Sahara mais sont totalement dépourvus d'eau, sauf lors de crues torrentielles. Leur écoulement, quand il existe encore, est souterrain : il alimente les palmeraies et les puits des oasis.

4. La faune de l'Algérie

Si dans l'Algérie du Nord vit une faune naturelle peu différente, en dehors des singes de Barbarie, de celle de l'Europe (les sangliers et les lièvres abondent), dès la lisière du Sahara apparaissent scorpions, gazelles, fennecs et gerboises. Le désert est le royaume incontesté du dromadaire, tard venu (au début du premier millénaire), mais inséparable maintenant de la vie de ses habitants, auxquels il fournit lait, viande, poils et moyen de transport.

Pour en savoir plus, voir les articles population de l'Algérie et activités économiques de l'Algérie.