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Afrique du Sud : population

  • Population : 52 776 000 hab. (estimation pour 2013)

L'Afrique du Sud est un État multiracial, où la majorité noire (75 % de la population) a accédé au pouvoir en 1994, succédant à la minorité blanche (moins de 15 %). Le pays compte d'autres minorités, métis et Asiatiques.
Johannesburg est la plus grande agglomération.
La disparition de l'apartheid n'a pas entraîné l'uniformisation des genres et des niveaux de vie, le recul de l'important sous-emploi ou la disparition de l'analphabétisme dans la population noire, alors qu'une partie de la minorité blanche, inquiète, émigre. L'Afrique du Sud est en outre confrontée aux déséquilibres socio-économiques induits par le développement dramatique du sida.

1. Composition ethnique

Les Noirs, très largement majoritaires, constituent 76 % de la population, les Blancs, 13 %, les métis, 8,5 % et les Indiens, 2,5 %. Leur répartition géographique tient essentiellement à des facteurs historiques. Les métis (coloureds), issus de brassages entre les esclaves importés de force, les premiers occupants noirs (Bochimans et Hottentots), des Malais (musulmans) et les colons blancs sont groupés dans la province du Cap. Les Asiatiques, descendants de travailleurs indiens (coolies) auxquels l'administration britannique a fait appel au xixe s. pour cultiver la canne à sucre, se rassemblent au Natal. Les Noirs se répartissent en quelques grands peuples de langue bantoue, parmi lesquelles les Zoulous et les Xhosas au sud, les Sothos au centre, les Tswanas et les Vendas au nord. Les Bochimans et les Hottentots, que les Hollandais ont découvert lors de leur installation en 1652 dans la région du Cap, ont aujourd'hui disparu en tant qu'entités ethniques. Enfin, on estime qu'il existe plusieurs millions d'immigrés très récents originaires essentiellement d'Afrique australe (Lesotho, Botswana, Swaziland), pour la plupart clandestins. La grande majorité des Noirs se concentre encore dans les anciens bantoustans et dans les townships des grandes villes sud-africaines. La communauté blanche est, quant à elle, issue de deux vagues d'immigration, hollandaise d'abord, puis anglaise, après que la Grande-Bretagne eut mis la main sur la région du Cap à l'issue des guerres napoléoniennes. L'importance relative de ce peuplement d'origine européenne est liée à des circonstances historiques, mais aussi à des conditions naturelles et climatiques plus favorables que sur la majeure partie du continent africain ; les Blancs se répartissent dans les régions les plus riches et possèdent un très fort taux d'urbanisation.

2. L'ancien pays de l'apartheid

Les immigrants de souche hollandaise ont farouchement défendu leur identité culturelle en préservant leur langue, l'afrikaans (dérivé du hollandais), et en restant fidèles à leurs Églises calvinistes, qui puisaient dans la Bible les arguments en faveur de la ségrégation raciale. Dès leur arrivée en Afrique du Sud, les colons hollandais ont appliqué une politique de discrimination raciale, également suivie, à quelques exceptions près, par l'administration britannique. Cette politique a été renforcée au début du xxe s., après la découverte de mines d'or, par l'instauration de la colour bar, qui excluait les Noirs des emplois qualifiés (Native Labour Act, 1911), par l'institution d'une ségrégation résidentielle en zone blanche (Native Urban Areas Act, 1923) – les non-Blancs n'étaient tolérés dans les villes que dans la stricte mesure des besoins économiques et dans les étroites limites d'un contrôle permanent – et par l'interdiction pour les Noirs d'acquérir des terres en dehors des réserves tribales qui leur étaient affectées, soit 13 % de la superficie totale du pays (Native Land Act, 1913 ; Native Trust and Land Act, 1936). À partir de 1948, le National Party a érigé l'apartheid en dogme. En 1949, les mariages entre Européens et non-Européens ne sont plus autorisés et, en 1950, l'interdiction des relations sexuelles entre Blancs et Noirs – instituée dès 1927 – est étendue aux métis et aux Asiatiques. Puis, à partir de 1955, le gouvernement s'engage dans la politique des bantoustans, qui consiste à regrouper les réserves tribales – le plus souvent dispersées – en entités autonomes promises à l'indépendance. Avant le démantèlement de l'apartheid, quatre bantoustans (le Transkei, le Ciskei, le Venda et le Bophuthatswana) sont proclamés indépendants, tandis que les six autres (dont le Kwazulu) accèdent à l'autonomie interne. En fait, indépendances et autonomies sont totalement factices, et aucun État, en dehors de l'Afrique du Sud, n'accepte de les reconnaître officiellement. Les bantoustans sont, en réalité, totalement dépendants financièrement de l'Afrique du Sud et continuent d'être des réservoirs de main-d'œuvre. De plus, le gouvernement prive leurs ressortissants de la nationalité sud-africaine, ce qui fait des travailleurs noirs, dans une Afrique du Sud blanche, des étrangers dans leur propre pays. La nouvelle Constitution sud-africaine a supprimé les bantoustans et, pour mieux marquer la rupture avec l'ordre ancien, a découpé le pays en neuf Provinces (Cap-Nord, Cap-Est, Cap-Ouest, État libre, Kwazulu-Natal, Nord-Ouest, Mpumalanga, Gauteng, Limpopo), qui remplacent désormais les quatre anciennes Provinces du Cap, du Natal, du Transvaal et de l'État libre d'Orange.

3. Dynamisme démographique et sida

Le taux d'accroissement naturel diminue (0,8 % par an en 2009), bien qu'il reste élevé au sein de la population noire. Le taux de natalité est passé de 35 ‰ en 1991 à 23 ‰ en 2009, et l'indice de fécondité, de 4,5 enfants par femme à 2,7. La population reste néanmoins très jeune (31 % des Sud-Africains ont moins de 15 ans, 7 % seulement ont plus de 60 ans). L'urbanisation progresse (61 % des habitants sont aujourd'hui des citadins) ; la population noire est la moins urbanisée, alors que 96 % des Indiens, 91 % des Blancs et 83 % des métis résident en zone urbaine.

L'Afrique du Sud est confrontée aux déséquilibres socio-économiques induits par le développement dramatique du sida. En 2009, ce virus touche près du cinquième de la population. Les femmes sont particulièrement touchées : une femme de 30 à 34 ans sur quatre est atteinte. En raison de l'épidémie, la mortalité a augmenté de près de 80 % entre 1997 et 2004. Dans plusieurs provinces du pays, le sida a réduit l'espérance de vie à la naissance à moins de 50 ans.

Pour en savoir plus, voir les articles géographie physique de l'Afrique du Sud et activités économiques de l'Afrique du Sud.