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AFL-CIO

sigle de American Federation of Labor-Congress of Industrial Organization

Organisation syndicale des États-Unis, issue de la fusion en 1955 de l'AFL et du CIO.

À sa naissance, l'AFL-CIO rassemble 17 millions de salariés, mais, en dépit des espoirs placés dans cette réunification syndicale, ses effectifs ne cessent de décroître après 1955 et n'atteignent plus que 12,5 millions d'adhérents en 1963 ; la récession économique, la sclérose des cadres syndicaux et l'autoritarisme de George Meany (président de l'AFL-CIO de 1955 à 1979) sont à l'origine de cette diminution. En outre, de puissants syndicats comme celui des mineurs de John Llewellyn Lewis demeurent en dehors de la fédération.

Reprenant la tradition gestionnaire de l'ancienne AFL, l'AFL-CIO pousse ses syndicats à des négociations collectives dans le cadre de l'entreprise puis dans l'ensemble du secteur économique concerné. La fédération est gérée comme une entreprise, sa fortune étant constituée par des placements en obligations d'État ou en Bourse, ses hauts cadres percevant des salaires voisins de ceux des hauts cadres du secteur privé.

L'AFL-CIO reprend les options politiques de l'ancienne AFL en soutenant les candidats du parti démocrate et en manifestant un anticommunisme permanent. Ce qui la conduit à défendre les positions les plus agressives du gouvernement des États-Unis en politique étrangère (guerre du Viêt Nam, soutien des dictatures sud-américaines), ou à favoriser sur tous les continents la création de syndicats capables de faire pièce aux syndicats communistes ou progressistes. L'indifférence voire l'hostilité de l'AFL-CIO à la lutte pour le droit des femmes, pour celui des Noirs et à la lutte contre la guerre du Viêt Nam – mouvements qui animent les années 1960 et 1970 – suscite au sein de l'AFL-CIO le développement d'une opposition, dirigée notamment par Walter Reuther, président du syndicat de l'automobile, syndicat qui se verra exclu de la fédération en 1968.

Dans les années 1980, la récession économique et la politique antisyndicale de Ronald Reagan provoquent un affaiblissement du syndicalisme en général et le retour au sein de l'AFL-CIO de grandes fédérations précédemment exclues : automobile (1980), camionneurs (1987), dockers (1988), mineurs (1989). Malgré ces apports, l'AFL-CIO ne représente plus que 12 millions d'adhérents en 1992 lorsque le démocrate Bill Clinton est élu président avec l'appui de la fédération. Bénéficiant de conditions politiques plus favorables sous les deux mandats de ce dernier, l'AFL-CIO, principale fédération syndicale des États-Unis, voit ses effectifs augmenter (13 millions de membres environ dans la seconde moitié des années 1990), tandis que le taux de syndicalisation dans le pays poursuit son recul.

En 2005, le départ de deux de ses principaux syndicats – le Service Employees International Union (SEIU) et l'International Brotherhood of Teamers – pour créer une structure concurrente baptisée Change to Win, affaiblit l'AFL-CIO, dont, en 2007, le nombre d'affiliés redescend à 10 millions.