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épizootie

(grec dzôotês, nature animale)

Fièvre aphteuse, rotoluve
Fièvre aphteuse, rotoluve

Épidémie qui frappe les animaux. (Certaines épizooties sont classées parmi les maladies légalement réputées contagieuses [M.L.R.C.] et donnent lieu à déclaration obligatoire.)

C'est dans la Bible que l'on trouve les premières allusions à des épizooties : plusieurs des fléaux que Yahvé envoie aux Égyptiens, coupables de retenir le peuple d'Israël, atteignent les animaux (cinquième plaie d'Égypte). Au xiiie s. avant J.-C., selon Homère, une peste aurait atteint d'abord les chiens, puis les chevaux et les mulets, et enfin les hommes.

Différents auteurs de l'Antiquité, parmi lesquels Plutarque et Tite-Live, mentionnent des pestes communes à l'homme et aux animaux. En Sicile, les armées romaine et carthaginoise sont décimées par une maladie que le poète Silius Italicus décrit exactement comme une invasion septicémique touchant d'abord les chiens, puis les oiseaux, les bestiaux et les hommes. Des descriptions de Virgile permettent de reconnaître la péripneumonie du bœuf, la fièvre typhoïde du cheval et la clavelée du mouton. L'écrivain latin Columelle (ier s. après J.-C.) parle d'une peste des chèvres qui décime ou détruit le troupeau ; on tue alors les bêtes malades pour enrayer la contagion.

Le monde médiéval est, pendant toute son histoire, désolé par les contagions, communes ou non aux hommes et aux animaux : invasions successives de peste bovine pendant plusieurs siècles, influenza chez les chevaux, variole des chevaux, des bovins, des moutons et des chèvres, etc. Presque toutes les épizooties des bovins viennent de l'Orient ; elles ne sont pas de longue durée, car elles détruisent entièrement et rapidement les troupeaux. À certains moments, les maladies frappent en même temps l'homme et les animaux, comme c'est le cas lors de la terrible épidémie de variole, ou « mort noire », au milieu du xive s.

Du xve au xviiie s., les épizooties continuent à sévir en permanence dans plusieurs régions, s'étendant parfois à tout le continent, en raison sans doute des déplacements du bétail dus à l'approvisionnement des armées. On peut citer le « tac », maladie éruptive commune à l'homme et aux brebis, peut-être rougeole et clavelée maligne ; la fièvre aphteuse, signalée à plusieurs reprises et qui ravage le nord de l'Italie, la France et l'Angleterre au début du xvie s. ; une gale très sévère en France, spécialement chez les moutons, en Allemagne et probablement dans toute l'Europe ; la clavelée dans le sud-est de la France ; des affections parasitaires des veaux et des génisses ; la péripneumonie contagieuse des bovins ; la morve, enzootique dans les armées, et qui cause des pertes aggravées par la transmission à l'homme ; des épizooties de rage chez le chien et les carnassiers sauvages, entraînant la mort de beaucoup de personnes, en France et dans toute l'Europe ; la peste bovine, particulièrement redoutée en raison de la brutalité de ses apparitions et des hécatombes qu'elle provoque, etc.

La création des premières écoles vétérinaires (Lyon, 1762 ; Maisons-Alfort, 1766), pour répondre à des besoins essentiellement économiques et utilitaires, jette les bases d'un enseignement rationnel de la médecine vétérinaire. Dans le dessein de combattre plus efficacement les maladies contagieuses des animaux et de protéger la France et l'Europe contre les invasions toujours menaçantes de la peste bovine, un premier congrès vétérinaire international est réuni en 1863. En 1924, est créé, à Paris, l'Office international des épizooties. De nos jours, les vaccinations ont considérablement amélioré la situation, mais les maladies animales contagieuses représentent toujours une menace et, lorsqu'elles frappent le bétail, elles peuvent avoir de très lourdes conséquences économiques (exemples récents de l'encéphalopathie spongiforme bovine et de la fièvre aphteuse) en raison de l'importance des troupeaux et de l'internationalisation des échanges commerciaux.