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égopsychologie

Doctrine psychanalytique qui accorde une place prépondérante au moi en tant que fonction d'adaptation à la réalité.

Il s'agit d'une reformulation de la théorie freudienne qui s'opère au détriment de concepts tels que le ça, la thèse énergétique de la libido, et la pulsion de mort. Les psychanalystes Hartmann, Kris, Loewenstein, ainsi qu'Anna Freud sont les artisans de cette doctrine.

Heinz Hartmann (1894-1970)

Après des études médicales à Vienne et une analyse didactique avec Freud, il se lie d'amitié avec Ernst Kris et Anna Freud. En 1937, il expose à la Société psychanalytique de Vienne ses idées sur « la psychologie du moi et les problèmes d'adaptation », jetant ainsi les bases de l'égopsychologie. En 1938, il doit quitter Vienne. Après un passage à Paris où il rencontre Loewenstein, il s'installe à New York en 1941.

Rudolph Loewenstein (1898-1970)

Né à Berlin, il commence une analyse après sa formation médicale de neurologue. Il émigre à Paris, en 1925, où il commence une brillante carrière d'analyste (il analysera Lacan). Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s'exile à New York.

Ernst Kris (1900-1957)

Né à Vienne, il se passionne pour l'art. Très jeune il est nommé conservateur du Musée historique d'art de Vienne. Il se lie d'amitié avec Freud et se fait analyser par H. Deutsch. En 1938 il quitte Vienne avec la famille de Freud. Il rejoint Hartmann à New York et fonde The Psychoanalytic Study Of Child. Dans le cadre de recherches à l'université de Yale, il entreprend des observations longitudinales d'enfants de deux à six ans suivis par des équipes pluridisciplinaires.

La théorie du moi

C'est aux États-Unis que les trois hommes vont développer cette théorie, appelée aussi « psychologie du moi ». Ils vont former le mouvement de la « psychanalyse structurale », courant américain de psychanalystes généticiens axé sur l'ontologie (le développement de l'individu), et qui vise à vérifier scientifiquement les hypothèses freudiennes et à reformuler certains concepts tels que le moi, le ça et le surmoi.

Hartmann a le premier élaboré cette théorie du moi qui postule l'existence de deux parties au sein du moi : un moi défensif qui lutte contre les pulsions libidinales du ça par des mécanismes de défense classiques, et un « moi autonome » aconflictuel, dont l'énergie est neutre (et non pas sexuelle comme dans la théorie freudienne). Les fonctions de ce moi autonome sont cognitives : perception, mémoire, motricité. Son rôle est de neutraliser les pulsions sexuelles (désérotisation), et les pulsions d'agression (désagressivation). Par ce rôle le moi autonome renforce les mécanismes de défense mis en œuvre par le moi défensif, cette zone conflictuelle du moi. Ce sont ces mouvements de renforcement intrasystémique (dans le moi) qui améliorent les performances du moi dans la maîtrise des conflits. Ils s'apparentent au mécanisme de la sublimation qui adapte les buts pulsionnels à la réalité.

On comprend dès lors que la finalité de l'analyse soit sensiblement modifiée pour les tenants de cette position théorique : il s'agira d'obtenir un renforcement du moi et du surmoi dans leur capacité d'adaptation à la réalité.

C'est cet aspect normatif qui domine la psychanalyse américaine et qui est critiqué en France par le courant lacanien.