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Écosse

en anglais Scotland

Écosse
Écosse

La plus septentrionale des trois parties de la Grande-Bretagne.

  • Superficie : 78 762 km2
  • Population : 5 295 403 hab. (recensement de 2011)
  • Nom des habitants : Écossais
  • Capitale : Édimbourg
  • Ville principale : Glasgow

GÉOGRAPHIE

C'est un pays de hautes terres, surtout au Nord (Grampians et Highlands), mais la population se concentre principalement dans les Lowlands.

1. Le milieu naturel

Bordée par l'océan Atlantique et par la mer du Nord, l'Écosse est séparée de l'Angleterre par l'alignement des monts Cheviot et la vallée du Liddel. Elle est baignée, au nord et au nord-est, par l'Atlantique, au sud-ouest par le canal du Nord et, à l'est, par la mer du Nord.

1.1. Le relief

L'Écosse est presque entièrement constituée par les racines d'une chaîne de montagne primaire (plissement calédonien, du nom latin de l'Écosse, Caledonia), longuement usée par l'érosion. Les roches dures dont elle se compose (gneiss, granite, quartzite) ont répondu aux efforts tectoniques ultérieurs par de longues et profondes cassures, qui découpent l'Écosse en blocs rigides, d'altitude inégale. La glaciation quaternaire a creusé, surtout dans le Nord et l'Ouest, des cirques, des vallées en auge (glens), des fjords, des lacs allongés de fond de vallée (lochs). Ces paysages de caractère « alpin » donnent beaucoup d'attrait aux Highlands. À l'O. et au N., l'Écosse s'émiette en archipels (Shetland, Orcades, Hébrides). Les principaux alignements du relief épousent encore la direction N.-E.-S.-O. du plissement calédonien.

Les Highlands, Hautes Terres du Nord, ont des reliefs d'une altitude supérieure à 800 m. Dans le nord-ouest, les monts de Ross et les North West Highlands étirent de lourdes croupes cristallines, d'où émergent des arêtes de roches dures, généralement des quartzites. Le long des lignes de failles s'enfoncent de profondes vallées en auge, les straths, ou les glens, plus étroites ; elles sont plus longues à l'est qu'à l'ouest, en raison de la dissymétrie générale du relief. On retrouve celle-ci dans l'est, dans les monts Grampians, où s'élève le plus haut sommet de la Grande-Bretagne, le Ben Nevis (1 343 m), qui domine le fossé calédonien du Glen More, parsemé de lacs profonds, parmi lesquels le loch Ness.

Les Lowlands, Basses Terres du Centre, sont un compartiment effondré formant un isthme étroit et bas entre les firths du Forth, sur la mer du Nord, et de la Clyde, sur l'océan Atlantique. La fertilité du sol, la faiblesse du relief, la facilité du passage d'une mer à l'autre et, surtout, la présence d'un vaste et puissant gisement houiller ont fait des Lowlands le cœur de l'Écosse.

Dans le sud, les Southern Uplands, dont l'altitude s'échelonne entre 300 et 800 m, constituent une réplique atténuée des Highlands. Deux ensembles de hauteurs s'y élèvent : les monts de Galloway, à l'ouest, qui culminent à 842 m, et les monts Cheviot, à l'est, qui n'excèdent pas 816 m. Ils sont drainés respectivement par la Nith et par la Tweed, plus importante.

1.2. Le climat

L'Écosse, très avancée vers le N. (latitude de 55 à 60°) et très exposée aux vents d'ouest, a un climat hyperocéanique, frais, pluvieux, peu lumineux, aux violentes tempêtes d'hiver. Les précipitations annuelles atteignent 2 100 mm sur les sommets écossais. L'écart des températures interannuelles est modéré. La forte humidité atmosphérique se traduit par des brumes et des brouillards. La lande couvre d'immenses surfaces sur les plateaux.

2. La population et l'économie

Depuis l'union des deux royaumes d'Écosse et d'Angleterre (1707), la population n'a cessé de migrer des Highlands et des plateaux du Sud vers la dépression centrale. Les densités sont très faibles dans les highlands tandis que les Lowlands regroupent plus de 80 % des Écossais.

Globalement l'agriculture écossaise tire la majorité de ses revenus des cultures céréalières. Cependant les très grands espaces des Highlands sont le domaine de l'élevage extensif dans de grandes propriétés nobiliaires. Les Lowlands offrent un riche paysage bocager où se succèdent champs de céréales et prairies artificielles : les rendements sont très élevés et une grande partie de la récolte fournit l'alimentation des bovins, élevés principalement en vue de la production de lait.

La pêche, jadis active, a conservé le plus souvent une structure artisanale ; elle donne vie à quelques ports de la côte occidentale, tels Gairloch et Ullapool, et au seul grand port de la côte orientale, Aberdeen, qui concentre la production de poissons séchés et salés. S'y ajoute la production, notable de l'aquaculture.

L'industrie a fondé la richesse écossaise des Lowlands au xixe s. Des bassins houillers, dont les couches alternaient avec du minerai de fer, sont à l'origine de la sidérurgie et de la métallurgie lourde. Ils ont organisé, sur les bords de la Clyde, le paysage classique des Pays noirs, et ont fait de Glasgow la capitale industrielle de l'Écosse. Le charbon ne fournit plus que 5,9 Mt par an et le minerai de fer est depuis longtemps importé. La reconversion industrielle était incontournable. Elle s'est appuyée sur l'amélioration des voies de communication : la construction d'autoroutes, de ponts suspendus sur les firths du Forth et du Tay, la modernisation des chemins de fer ont contribué au désenclavement des Lowlands. Des subventions gouvernementales (puis européennes) ont aidé les investissements industriels. Ainsi, à côté des établissements traditionnels de la métallurgie et de la construction automobile, s'est créée la Silicon Glen : plusieurs centaines d'entreprises dans les secteurs de l'électronique et des semis-conducteurs,se sont installées, majoritairement japonaises et américaines, profitant d'une main d'œuvre bon marché, mais avec un avenir incertain en raison de la concurrence du marché de l'emploi des pays émergents.

L'économie écossaise avait auparavant connu une première relance grâce à l'exploitation des hydrocarbures sous-marins de la mer du Nord. Depuis 1975, à partir des plates-formes de forage, de nombreuses canalisations expédient le brut et le méthane vers la côte ; deux oléoducs aboutissent à Sullom Voe (Shetlands), un autre à Flotta (Orcades), un quatrième à la raffinerie de Grangemouth. Le gaz naturel des gisements de Frigg et de Brent arrive à la côte à Saint Fergus et dessert l'industrie et les foyers domestiques. Aberdeen et Dundee ont su profiter du pactole pétrolier, aujourd’hui en nette diminution.

Le secteur tertiaire s'appuie sur les deux grands villes que sont Édimbourg et Glasgow. Édimbourg est un grand centre universitaire et la deuxième place financière du Royaume-Uni. Par ailleurs le tourisme constitue une ressource en essor. À la chasse et à la pêche traditionnelle s'ajoutent maintenant le golf et les sports d'hiver.

Un statut d'autonomie a été accordé par le gouvernement britannique en 1997. Un Parlement régional, aux pouvoirs étendus, existe depuis 1999. La dévolution donne au pouvoir local écossais des prérogatives en matière d'éducation, de santé, de prison et de transports. Le Parlement a aussi le pouvoir de modifier légèrement l'impôt. Les mouvements séparatistes, voire indépendantistes, bénéficient d'une forte audience.

Les sites de l'Unesco inscrits en Écosse :
Édimbourg : vieille ville et nouvelle ville ;
– île de Saint Kilda ;
– New Lanark ;
– cœur néolithique des Orcades.

HISTOIRE

1. La résistance aux envahisseurs

C'est avec la conquête romaine de l'île de Bretagne au ier siècle que la future Écosse entre dans l'histoire. Elle est alors habitée par les Pictes, qui résistent aux légions romaines : malgré plusieurs tentatives, la domination romaine ne déborde que partiellement et temporairement sur le pays. Influences romaines et chrétiennes commencent toutefois à pénétrer dès le iiie siècle.

À partir du ve siècle, les Scots colonisent l'ouest du pays, les Bretons s'implantent dans la région de la Clyde, tandis que des Bretons, chassés d'Angleterre par les invasions germaniques, se réfugient dans le Galloway. Les Angles, enfin, s'installent au sud-est : le pays comprend dès lors les quatre éléments dont la fusion formera l'Écosse.

Dans les dernières années du viiie siècle, se produisent les premiers raids scandinaves, et ces invasions dévastatrices sont bientôt suivies d'une véritable colonisation dans le Nord et le Nord-Ouest. Malgré les dévastations, l'intrusion scandinave, par la pression même qu'elle exerce sur l'ensemble de l'archipel, semble avoir été plus favorable que nuisible à la naissance de l'Écosse. Le christianisme a d'ailleurs permis l'unification religieuse, surtout à partir de la mission de saint Colomba, qui, venu d'Irlande, s'est installé en 563 à Iona.

2. Vers l'unité politique

La première étape vers l'unité est réalisée aux environs de 843 avec la fusion des royaumes scot et picte sous le roi scot Kenneth MacAlpin (d'où le nom d'Écosse [Scotland], « terre des Scots », qui s'imposera plus tard).

Au début du xie siècle, la dynastie scote étend sa domination sur le Sud-Est (Lothian), puis sur le Sud-Ouest (Strathclyde). L'Écosse est née.

Sous l'influence de sainte Marguerite (seconde moitié du xie siècle), l'Écosse s'anglicise. David Ier édifie une société féodale et une Église romanisée sur le modèle anglonormand, et Guillaume le Lion pacifie le royaume et le dote d'une solide organisation administrative et judiciaire. Cette évolution n'est nullement contrariée par la fréquence des conflits avec l'Angleterre au sujet d'une frontière que les Écossais cherchent à repousser vers le sud.

À la mort d'Alexandre III (1286), la transformation du royaume est chose définitivement acquise. Les problèmes de succession qui se posent alors entraînent la première tentative anglaise depuis le viie siècle pour mettre en tutelle le voisin du Nord et lui imposer serment de fidélité et d'hommage.

3. La longue lutte avec l'Angleterre

3.1. La guerre d'indépendance

Édouard Ier installe en 1292 un roi vassal en la personne de Jean de Baliol, puis, s'étant heurté à un nationalisme écossais, conquiert et annexe le pays en 1296. Il ne peut le pacifier : Wallace, puis Bruce se font les champions des libertés nationales. Robert Bruce se fait proclamer roi : cette royauté nationale galvanise l'énergie des Écossais et les Anglais sont peu à peu chassés du pays : la cause écossaise triomphe par la victoire décisive de Bannockburn (1314) et le traité de Northampton (1328), qui reconnaît l'indépendance du royaume d'Écosse.

3.2. La politique d'alliance avec la France

Avec Édouard III, la lutte reprend ; celui-ci permet à Édouard de Baliol de monter sur le trône (1332), mais il en est chassé en 1341. Le roi d'Angleterre reprend ensuite l'avantage sur David II Bruce, mais ne peut soumettre l'Écosse, en partie à cause de sa politique à l'égard de la France. La guerre a séparé surtout les deux royaumes par des haines tenaces.

Aussi, lorsque éclate la guerre de Cent Ans, l'Écosse, également menacée par les ambitions de la monarchie anglaise, s'engage pour deux siècles dans l'alliance française. La guerre franco-anglaise, puis la guerre des Deux-Roses lui offrent un long répit. Mais elle s'abîme dans les luttes entre la monarchie affaiblie des Stuarts et l'aristocratie apanagée. Le désastre subi par Jacques IV à Flodden (1513) redonne ses chances à l'influence anglaise au moment où l'Écosse entre dans une nouvelle période de convulsions internes.

3.3. La Réforme écossaise

La crise décisive est d'ordre religieux. Les idées de réforme antiromaine prêchées par John Knox font de nombreux adeptes dans l'aristocratie écossaise. Ceux-ci, les lords de la Congrégation, efficacement appuyés par l'Angleterre, triomphent en 1560 (→ traité d'Édimbourg) de la monarchie restée catholique, et Marie Stuart, qui n'a jamais accepté ce traité, doit bientôt se réfugier auprès de sa rivale triomphante, Élisabeth Iere, qui la fait bientôt exécuter.

La mort sans postérité d'Élisabeth en 1603 donne la couronne anglaise au fils de Marie Stuart, Jacques VI d'Écosse, qui devient aussi Jacques Ier d'Angleterre. Mais l'union des deux couronnes ne signifie pas encore l'union des royaumes ; trop de méfiance subsiste, et surtout la crainte de la bourgeoisie anglaise d'avoir à partager sa richesse avec un pays pauvre. La coexistence crée toutefois une certaine solidarité ; c'est ainsi qu'en 1644, l'Écosse et le Parlement anglais se trouvent alliés contre l'absolutisme politique et religieux de Charles Ier.

4. La répression de Cromwell et l'union de 1707

Victorieux à Dunbar (1650) et à Worcester (1651), Cromwell contraint l'Écosse à s'unir au Commonwealth. Mais c'est seulement en 1707 que l'Acte d'union des deux royaumes est voté – de justesse.

L'harmonie n'est pas encore parfaite, mais elle progresse rapidement à partir de ce moment. Les soulèvements jacobites de 1715 à 1745 montrent qu'une opposition écossaise existe toujours, mais qu'elle reste assez superficielle. La prospérité croissante de l'économie britannique profite à l'Écosse, facilitant son intégration. L'histoire écossaise se confond désormais avec l'histoire de la Grande-Bretagne.

Pour en savoir plus, voir les articles Grande-Bretagne : histoire, Grande-Bretagne : vie politique depuis 1979.