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Polynésie française

Bora Bora
Bora Bora

Ensemble d'archipels français du Pacifique sud, formant une collectivité d'outre-mer.
Le territoire appartient à la zone de défense Polynésie française.

  • Superficie : 4 000 km2
  • Population : 268 270 hab. (recensement de 2012)
  • Chef-lieu : Papeete

UN MONDE ÉCLATÉ

Située à égale distance de l'Australie et de l'Amérique, la Polynésie française est constituée de cinq archipels (les îles Marquises au nord-est, les îles Tuamotu, à l'est, prolongées par les îles Gambier au sud-est, les îles Australes au sud, et les îles de la Société (avec Tahiti) au centre-ouest, elles-mêmes réparties en îles Sous-le-Vent et en îles du Vent, et enfin l'atoll isolé de Clipperton). Les 118 îles qui constituent la Polynésie française sont dispersées sur un espace maritime de 5 500 000 km2, soit près de dix fois la superficie de la France métropolitaine. Mais les terres émergées ne couvrent que 4 000 km2, Tahiti à elle seule en représentant le quart.

Les plus grandes, comme Tahiti et la plupart des autres îles Sous-le-Vent, sont d'origine volcanique, avec un relief accentué, souvent entourées de récifs de coraux. Les autres, atolls issus de formations coralliennes, sont beaucoup plus plates (Tuamotu). Toutes bénéficient d'un climat tropical océanique, avec une température moyenne d'environ 25 °C, mais la pluviométrie est nettement plus abondante sur les flancs des montagnes exposés au vent (est), certains atolls pouvant connaître de véritables sécheresses. Les risques cycloniques vont croissant du nord au sud.

BOULEVERSEMENT ÉCONOMIQUE ET SOCIAL

La colonisation et l'agrément de la vie dans les îles a favorisé l'enracinement d'Européens et le métissage. Les Mélanésiens constituent aujourd'hui les deux tiers de la population, les « Demis » (métis) environ 15 %, et les Européens, métropolitains compris, 15 %. Les 5 % restants sont des Asiatiques, essentiellement des Chinois. Depuis le début des années 1960, on assiste à un impressionnant mouvement de concentration urbaine à Papeete, dont l'agglomération compte plus de 100 000 habitants. Symétriquement, les campagnes se sont vidées, et la plupart des îles, à quelques exceptions près, ont vu leur population régresser.

L'urbanisation, phénomène général dans le monde, a été accélérée, dans le cas de la Polynésie française, par l'implantation du Centre d'expérimentation du Pacifique (C.E.P.) à partir de 1963, l'indépendance algérienne – acquise l'année précédente – ayant privé la France de ses bases atomiques au Sahara. L'économie et la société en ont été bouleversées. Le C.E.P. a amené avec lui militaires et civils métropolitains, a créé des emplois, a distribué des revenus, a favorisé le commerce et les services, a augmenté les recettes du budget local. Si le P.I.B. par tête a connu un véritable bond, les exportations traditionnelles (vanille et surtout coprah) se sont effondrées et le commerce extérieur est devenu totalement déséquilibré. La production est aux trois quarts assurée par les services, administration comprise. Cette dernière, hypertrophiée, employait en 1996 le tiers de la population active.

L'arrêt définitif des essais nucléaires en 1996 et le démantèlement du C.E.P. pose le problème de l'avenir économique de la Polynésie française.

La Polynésie française a obtenu en 2006 le statut de membre associé au Forum des îles du Pacifique.

HISTOIRE

Des perles dans l'immensité marine

En Polynésie française, le peuplement n'est attesté qu'à partir du iie s. avant J.-C. D'origine asiatique, il s'agissait de navigateurs-pêcheurs-cultivateurs n'hésitant pas à s'installer dans de nouvelles îles lorsque la croissance démographique limitait les ressources disponibles. En règle générale, les sociétés étaient fondées sur des lignages, hiérarchisées et religieuses, et, par les échanges, développaient de véritables complémentarités entre îles et archipels. Les premiers Européens découvrent certaines îles de la Polynésie dès le début du xvie s., mais ce n'est que deux cent cinquante ans plus tard que commencent à se multiplier les expéditions scientifiques et militaires. De grands noms d'explorateurs y sont associés : Samuel Wallis, Louis Antoine de Bougainville, James Cook, La Pérouse, puis Dumont d'Urville. Des missionnaires protestants, puis catholiques, s'installent pour évangéliser les populations. La réputation paradisiaque de ces îles lointaines, qu'illustreront plus tard les toiles d'un Paul Gauguin, commence à se répandre.

Du protectorat à la collectivité d'outre-mer

Les Anglais favorisent dans l'archipel une certaine centralisation du pouvoir, ce qui aboutit à Tahiti à l'émergence d'une dynastie royale autochtone, les Pomaré, qui vont se convertir au protestantisme, et dont la légitimité est reconnue en 1802. Mais son autorité sur une société en crise profonde sur le plan religieux et économique ne parvient pas à s'affirmer durablement. Dans un climat de vive rivalité avec les représentants des États-Unis et surtout de l'Angleterre, le consul de France et l'amiral Dupetit-Thouars parviennent à convaincre la reine Pomaré IV de se soumettre au protectorat de la France, qui est confirmé par Paris en 1843. Aiguillonnée par un missionnaire anglais, George Pritchard, Pomaré IV s'insurge contre les exigences françaises, et les troubles qui s'ensuivent ne prennent fin qu'en 1847. Pomaré V, qui succède à sa mère en 1877, finit par céder aux pressions constantes de la France et lui fait don de ses États en 1880 tout en conservant ses prérogatives protocolaires. D'autres annexions suivent, qui aboutissent en 1888 à la création des Établissements français de l'Océanie (E.F.O.), dont la configuration devient définitive en 1900 avec l'intégration des îles Australes.

Dès lors, la colonie, que la métropole ignore à peu près totalement, vit à son rythme. Les choses changent avec les deux guerres mondiales. En août 1914, les cuirassés allemands Scharnhorst et Gneisenau bombardent Papeete et, deux ans plus tard, un contingent de 1 100 soldats polynésiens est envoyé sur le front. En 1940, les E.F.O. se rallient dès septembre au général de Gaulle, à la suite d'un plébiscite massif. Un bataillon du Pacifique est constitué, qui participe à la campagne d'Italie, puis au débarquement de Provence. Une base américaine est installée à Bora Bora, île de la Société proche de Tahiti, à partir de 1942 et y demeure jusqu'en 1946. L'ouverture sur le monde de la colonie s'accélère. Elle devient territoire d'outre-mer (T.O.M.) en 1946 et une assemblée représentative est mise en place (1952). L'adoption de la loi-cadre Deferre en 1956 conduit à l'autonomie interne l'année suivante, sous le nom nouveau de Polynésie française. Le maintien du territoire dans la République est approuvé par 65 % des votants lors du référendum constitutionnel de novembre 1958. Pour faire face à la pression des indépendantistes, son statut est modifié à plusieurs reprises (1977, 1984, 1996) dans le sens d'une autonomie croissante, avec la mise en place d'une assemblée et d'un gouvernement territorial auxquels sont dévolues des compétences plus importantes. Le nouveau cadre institutionnel défini pour l'outre-mer en 2003 fait de la Polynésie française une collectivité d'outre-mer. Son autonomie interne est encore renforcée en 2004.