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Ossétie du Sud

Ancienne Région autonome de la Géorgie soviétique, ayant proclamé son indépendance en août 2008.

  • Superficie : 3 900 km2
  • Capitale : Tskhinvali

L'Ossétie du Sud est surtout formée des versants relativement aride du sud du Caucase central.

Au cours des bouleversements consécutifs à la fin de l'Empire tsariste et au prix de violents affrontements avec les Géorgiens, le territoire des Ossètes du Sud reste incorporé à la première république démocratique, puis à la R.S.S. de Géorgie, avec un statut de Région autonome à partir d'avril 1922. En 1954, après avoir un temps utilisé l'alphabet géorgien, l'ossète y revient au cyrillique. À la faveur de la perestroïka de Mikhaïl Gorbatchev et alors que la mobilisation nationale géorgienne, sous l'égide de Zviad Gamsakhourdia, prend les minorités ethniques – « hôtes ingrats » – pour cible, les Ossètes du Sud revendiquent un statut de république, puis proclament la souveraineté et la réunification avec l'Ossétie du Nord, au grand dam de Tbilissi qui y voit une tactique de Moscou pour saper sa marche vers l'indépendance et réplique, fin 1990, par la répression et l'abolition du statut d'autonomie de ce qu'elle désigne comme une partie de la province de Shida-Kartli (Géorgie centrale). Soutenus par les Russes, les Ossètes s'insurgent. Au cours de la guerre de « nettoyage ethnique » de 1991-1992, sur fond de guerre civile entre pro et anti-zviadistes dans le reste de la Géorgie, chaque groupe se concentre dans « sa » zone. Quelque 25 000 Ossètes du Sud se réfugient en Ossétie du Nord, aggravant, par ricochet, les tensions latentes avec les Ingouches autour du district de Prigorodnyi. L'accord de Sotchi (24 juin 1992) met un terme aux combats en établissant des forces de paix tripartites (russes, géorgiennes, ossètes) tandis l'O.S.C.E. crée, le 6 novembre 1992, une mission d'observation du maintien de la paix. Une nouvelle période de tensions s'ouvrent en juin-août 2004, quand, après la « révolution des roses » et l'arrivée au pouvoir de Mikhail Saakachvili, Tbilissi tente de rétablir sa souveraineté. Le cessez-le-feu instauré le 13 août 2004 reste fragile. Après un premier référendum, invalidé, en faveur de l'indépendance en 1992, un deuxième référendum (12 novembre 2006), non avalisé par les organisations internationales, plébiscite le courant séparatiste du président Edouard Kokoïty. Le même jour, l'élection d'un président pro-géorgien, Dimitri Sanakoyev, institue une administration alternative, chargée en juillet 2007 par Tbilissi de négocier le futur statut du territoire avec les autorités géorgiennes.

L'Ossétie du Sud qui a adhéré avec l'Abkhazie, la Transnistrie et le Haut-Karabakh à la Communauté pour la démocratie et les droits de l'homme, créée le 14 juin 2006 à Soukhoumi par les gouvernements des États sécessionnistes non reconnus de l'ex-U.R.S.S., devient de plus en plus un élément du bras de fer entre la Géorgie affichant ses options pro-américaines, candidate à l'adhésion à l'O.T.A.N., et la Russie continuant d'user des conflits territoriaux, de son attractivité économique et de sa protection juridique (distribution de passeports russes) pour maintenir son emprise sur son « étranger proche ». Le 8 août 2008, après des mois de préparatifs militaires respectifs, le président Saakachvili prend l'initiative d'une nouvelle opération armée et bombarde Tskhinvali, ce qui lui vaut une sévère réplique de l'armée russe et des forces de Kokoïty qui chassent ce qui reste de population géorgienne du territoire sécessionniste et marchent sur Tbilissi alors que l'armée géorgienne en débâcle est prise à revers, à partir de l'Abkhazie, par une autre intervention russe. Malgré la négociation d'un cessez-le-feu dans lequel s'implique l'Union européenne sous la présidence de Nicolas Sarkozy, Moscou reconnaît l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie (26 août), arguant du précédent du Kosovo. Depuis, cette indépendance n'a été reconnue que par les présidents du Nicaragua, du Venezuela et par le Hamas. En dépit de ses déclarations antérieures, le président Kokoïty n'a pas encore proclamé la réunification avec l'Ossétie du Nord-Alanie, ce qui entérinerait le rattachement à la Fédération de Russie.