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Irlande

Monts de Connemara
Monts de Connemara

La plus occidentale des deux îles principales de l'archipel britannique, divisée en Irlande du Nord, partie du Royaume-Uni, et en République d'Irlande, ou Éire.

  • Superficie : 84 421 km2
  • Population : 5 986 267 hab. (estimation pour 2007)

HISTOIRE

La partition de l'île date de 1920-1921. Les 6 comtés du Nord, l'Irlande du Nord (14 000 km2 ; capitale Belfast), sont restés fidèles à la Couronne britannique et font toujours partie du Royaume-Uni. Les 26 comtés du Sud se sont érigés en un État libre et sont devenus la République d'Irlande (en gaélique Poblacht na h-Éireann) [70 000 km2 ; capitale Dublin].

GÉOGRAPHIE

Le milieu

Le climat

Située à l'extrémité ouest de l'Europe entre les latitudes de 51° et 55° N., ouverte aux souffles puissants de l'Atlantique, l'Irlande a un climat hyperocéanique, particulièrement frais et humide. Les dépressions barométriques qui circulent d'ouest en est à ces latitudes déversent sur elle de copieuses et fréquentes précipitations ; celles-ci dépassent 1 500 mm sur les péninsules montagneuses les plus exposées, 800 mm dans la plaine centrale et ne s'abaissent au-dessous de 750 mm que dans de petits secteurs abrités de la côte orientale. Le nombre de jours de pluie, 175 par an au bord du canal Saint George, augmente vers l'ouest, où il atteint çà et là 250 jours. Pays de pluies fines et tenaces, de grains violents mais passagers, de ciels changeants et nuageux, l'Irlande ruisselle de toutes parts. Les rivières sinuent lentement dans la plaine, s'élargissant en lacs peu profonds aux bords indécis. L'Irlande a quelques grands lacs : lough Neagh, lough Erne, lough Corrib et d'innombrables étangs et marécages. La quasi-saturation de l'atmosphère en vapeur d'eau atténue les amplitudes thermiques ; les hivers sont doux (5 à 6 °C au niveau de la mer en janvier), les étés manquent de chaleur (14 à 16 °C en août).

La végétation

La stagnation des eaux, la faible variation saisonnière des températures, la violence des vents dans l'Ouest, donnent des conditions peu favorables à la croissance des arbres ; l'Irlande est le pays le moins boisé d'Europe (2 % seulement en superficie). Des plantes basses et spongieuses comme la sphaigne, la linaigrette, le molinia trouvent au contraire des conditions idéales pour leur vie végétative ; elles se décomposent en donnant une tourbe acide dont l'épaisseur va selon les cas de quelques décimètres à plus de 10 m. Les paysages brunâtres et désolés de la tourbière ne couvrent pas moins de 20 % de la superficie de l'île.

la structure géologique

Le soubassement rocheux de l'île est presque entièrement d'âge paléozoïque, et les deux ou trois grands plissements qui l'ont affecté datent, eux aussi, du Primaire. Le nord-ouest, de Galway à Belfast, se compose de roches métamorphiques (gneiss, micaschistes, quartzites), vigoureusement plissées selon les axes N.-E.–S.-O. (plissement dalradien), qui donnent encore la trame du relief. Le nord-est et l'est de l'île appartiennent au plissement calédonien, lui aussi d'axe N.-E.–S.-O.. De la démolition des montagnes dalradiennes-calédoniennes résultent les couches épaisses de grès dévoniens qui affleurent dans le sud. Ces grès et les calcaires carbonifères qui les recouvrent ont été repris à la fin du primaire par le plissement hercynien, dont les directionsO.–E. imposent encore les lignes directrices du relief dans le sud de l'île. L'Irlande ne devait plus connaître d'autre orogénie. Tout au plus, au début du tertiaire, des épanchements de basalte ont-ils recouvert une partie du nord-est (plateau d'Antrim). L'érosion a donc disposé de très longues périodes pour réduire les volumes montagneux initiaux.

Le relief

Le relief d'ensemble de l'Irlande a l'aspect d'une vaste cuvette aux bords ébréchés. Dans le centre, les calcaires carbonifères ont été la proie de l'érosion sous les climats humides et chauds du Tertiaire ; ils donnent une plaine très basse, d'altitude inférieure à 30 m où le fleuve Shannon s'écoule difficilement ; là où le calcaire a été soulevé par des mouvements tectoniques récents apparaissent des formes karstiques souterraines et subaériennes (karst du Burren, au sud de la baie de Galway). De moyennes montagnes aux formes vigoureuses constituent un rempart discontinu à la périphérie. Dans le sud-ouest, les chaînons anticlinaux de grès dévoniens portent les plus hauts sommets de l'île (Carrantuohill, 1 040 m), tandis que les vals synclinaux envahis par la mer sont devenus des baies allongées et parallèles (Dingle Bay, Kenmare Bay, Bantry Bay). Au S.-E., le massif ovoïde des Wicklow s'avance jusqu'à la baie de Dublin. Au N.-E., en arrière de Belfast, s'étendent les monotones plateaux basaltiques d'Antrim. Le nord-ouest enfin se caractérise par ses longues et étroites échines de quartzites dressées au-dessus de bas plateaux. L'Irlande a été envahie au Quaternaire, à deux reprises au moins, par des glaciers issus de ses propres montagnes et sans doute aussi de celles d'Ecosse. Les formes d'érosion glaciaire et périglaciaire (vallées en auge, cirques, niches de nivation, terrasses fluvio-glaciaires) donnent un modelé de type alpin aux principales masses montagneuses. Mais l'action des glaciers se manifeste surtout par l'épandage d'une immense nappe de moraine de fond. Cette nappe est tantôt amorphe, tantôt moulée en collines rondes ou ovales d'une quarantaine de mètres de hauteur (drumlins) ou en remblais sinueux et étroits (eskers), longs parfois de plusieurs kilomètres. L'obstacle des drumlins et des eskers rend encore plus difficile l'écoulement des eaux et prépare la formation de la tourbe dans les creux humides. L'Irlande a, en regard de son étendue, une côte très développée, 2 797 km, et une grande variété dans les formes littorales, depuis les estuaires vaseux et plats comme celui du Shannon, jusqu'aux plus hautes falaises d'Europe, quelques-unes, sur la côte ouest, ayant plus de 600 m de hauteur.

La population

Une histoire singulière

Les questions démographiques (évolution numérique de la population, densités, mouvements migratoires, pyramide des âges, etc.) ont en Irlande plus d'acuité que partout ailleurs en Europe. L'Irlande est en effet un cas aberrant : c'est le seul pays du monde qui soit moins peuplé de nos jours qu'au milieu du xixe s. Le maximum de population a dû être atteint en 1845, à la veille de la Grande Famine (plus de 8 500 000 hab.). La famine elle-même, puis la vague d'émigration qu'elle déclencha réduisirent brutalement la population. Le minimum historique a été atteint en 1926 (4 230 000 hab.), mais il se place à des dates différentes dans les deux entités politiques dont se compose l'Irlande : dès 1891 dans les six comtés d'Irlande du Nord, mais à une date aussi tardive que 1961 dans la République. À partir de ces minimums, les effectifs augmentent faiblement ; ils atteignent en 1971 près de 3 millions d'habitants dans la République et près de 1 500 000 en Irlande du Nord; la somme de ces deux chiffres dépasse à peine la moitié de l'effectif de 1845.

L'émigration

L'Irlande a connu en effet durant plusieurs siècles une très forte émigration. La persécution religieuse des autorités anglaises contre la population indigène restée en majorité fidèle au catholicisme, l'ostracisme politique, l'exploitation des paysans irlandais par les propriétaires absentéistes anglais et écossais, rendent compte de cette émigration, au moins autant que la misère, elle-même conséquence de la pauvreté naturelle de l'île et d'une structure foncière injuste. De la Grande Famine aux années 1920, les États-Unis furent la destination préférée des émigrants. L'indépendance de la République en 1921 n'a pas fait cesser l'émigration, mais les causes de celle-ci ont changé ; ce sont, alors, le manque d'emplois sur place, l'austérité de la vie à la campagne, la multiplicité des contacts avec les parents émigrés qui entretiennent le désir d'émigrer ; pourtant, le nombre de départs diminue progressivement à mesure que s'amenuise le réservoir humain. La destination principale depuis les années 1920 est la Grande-Bretagne toute proche plutôt que le Canada, les États-Unis ou l'Australie. Les émigrés irlandais doivent en général se contenter des emplois durs ou peu qualifiés : bâtiment et travaux publics, débardage dans les ports, voiries municipales, etc. L'émigration féminine dépasse l'émigration masculine dans la République. Les Irlandaises sont en effet très demandées en Grande-Bretagne comme religieuses, institutrices dans les écoles catholiques, sages-femmes, infirmières, employées de maison. À cause de cette surémigration féminine, la République d'Irlande est un des rares pays du monde qui a compté plus d'hommes que de femmes, respectivement 50,2 et 49,8 % de la population. L'émigration irlandaise a été sans commune mesure avec ce qu'on peut observer ailleurs en Europe : 2 millions de départs environ de 1780 à la Grande Famine, 2 millions de 1845 à 1860 et encore 4 500 000 de 1860 à 1975. Il y a dans le monde beaucoup plus de descendants d'Irlandais qu'en Irlande même. Cette émigration massive a eu de multiples conséquences dans de nombreux domaines : composition par âges de la population, comportements démographiques, faible croissance économique, traditionalisme social.

La situation actuelle

L'entrée dans l'Union européenne, en 1973, a marqué, pour la République d'Irlande le début d'importants changements. Le développement économique a accompagné l'installation des firmes multinationales, si bien que, à partir de 1996, les flux migratoires se sont inversés et la population s'est accrue par l'arrivée de jeunes actifs. Phénomène qui s'est renforçé en 2004, où l'Irlande a ouvert sans restriction son marché du travail aux nouveaux membres de l'Union européenne ; en 2007, près de 10 % de la population active était d'origine étrangère. Situation qui s'est retournée depuis, avec la récession : une partie des travailleurs étrangers est déjà repartie.

En Irlande du Nord, l'enjeu démographique fait partie de la compétition entre catholiques et protestants, au point que des spécialistes envisagent que, vers 2021, la population catholique dépassera la population protestante.