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Délos

en grec Dêlos ou Dhílos

Délos, la terrasse des Lions
Délos, la terrasse des Lions

Îlot de Grèce dans les Cyclades.

Tourisme.

L'HISTOIRE DE DÉLOS

Le premier établissement humain n'est pas antérieur au IIIe millénaire avant J.-C. À l'époque mycénienne (1400-1200 avant J.-C. notamment), l'habitat atteint son plein développement ; le renom de ses sanctuaires donne à l'île une place tout à fait prééminente. À partir du xe s. avant J.-C., Délos, qui a trouvé ses dieux (Apollon et Artémis ont succédé à la divinité féminine primitive), devient le centre d'un culte commun à la confédération des cités ioniennes (Panionion). Au vie s. avant J.-C., Athènes (métropole ionienne) affirme son autorité sur le sanctuaire. Sous la troisième tyrannie de Pisistrate (540-527 avant J.-C.), l'île est soumise à une première purification ; il est désormais interdit « d'y naître et d'y mourir ». Athènes crée une ligne maritime, et en 478 avant J.-C. Délos en devient le centre ; en 454 le trésor confédéral est transporté à Athènes (signe de la puissance de l'empire), un collège de magistrats athéniens administrant le temple. De 426 à 422 avant J.-C. a lieu la seconde purification, qui se termine par l'expulsion de tous les Déliens de l'île. Jusqu'à 314 (hormis la période 404-394 avant J.-C.) l'île reste sous la dépendance étroite d'Athènes. En 314 avant J.-C. Délos recouvre son indépendance ; durant tout le iiie s. avant J.-C., les rois se disputent l'honneur de servir ses dieux, le temple s'enrichit, des pèlerinages fort courus font prospérer le commerce, donnant un aspect cosmopolite à l'île sainte où Égyptiens, Syriens, Italiens s'installent sans abandonner leurs coutumes propres. En 166 avant J.-C., Rome, voulant ruiner la cité de Rhodes, fait de Délos un port franc : l'île est attribuée à Athènes et connaît alors une grande prospérité, son marché aux esclaves étant le plus important du monde antique, le commerce de transit entre l'Asie et l'Italie faisant la fortune de dynasties marchandes. En 88 avant J.-C., le massacre général des Romains lors de l'attaque de Mithridate entraîne une dure répression de Sulla, et, à partir de 50 avant J.-C., ravagée par les pirates, Délos décline définitivement.

L'ART ET L'ARCHÉOLOGIE

Terre sacrée dès les temps mycéniens (dépôt de l'Artémision), Délos est, à l'époque archaïque, le centre des panégyries ioniennes en l'honneur d'Apollon. Le sanctuaire, organisé à partir du viie s. avant J.-C., relié au port par une voie bordée de portiques (dont un de Philippe V), contient les restes très ruinés de nombreux édifices religieux : les trois temples juxtaposés d'Apollon, l'Artémision, l'oikos des Naxiens, des trésors et monuments votifs (monument des taureaux, colosse des Naxiens), et des bâtiments publics (Prytanée). Au nord du hieron s'étend le quartier autour du lac sacré, domaine de Léto à l'époque archaïque (temple du vie s. avant J.-C., terrasse des Lions dédiés par les Naxiens au viie s. avant J.-C.), qui fut plus tard urbanisé (maison des Comédiens, du Diadumène), avec deux palestres et plus loin le stade. Autour du sanctuaire, en liaison avec le rôle de plus grand port de redistribution de la Méditerranée, se développe à partir du milieu du iie s. avant J.-C. une véritable ville-champignon. Près du port sacré réaménagé et le long de la côte se multiplient places publiques et entrepôts (agora des Compétéliastes, agora de Théophrastos, magasin aux colonnes). L'essor portuaire entraîne l'arrivée de nombreux marchands venus de tout le monde hellénistique, qui se regroupent en associations selon leur origine (établissement des poséidoniastes de Béryte, agora des Italiens) et apportent des divinités étrangères qui sont installées dans des sanctuaires de type non grec, surtout sur les pentes du Cynthe (Kynthos) [trois serapeums, sanctuaire des dieux syriens] et près du stade (synagogue). Les habitations en dehors de la zone du lac s'étagent surtout dans le quartier du théâtre (relativement bien conservé). Les maisons qui se serrent le long des rues étroites comportent pour la plupart, autour d'une cour centrale avec une citerne (maison de Kleopatra), un péristyle ouvrant sur des pièces confortables souvent décorées de peintures murales ou de riches mosaïques (maisons du Dionysos, du Trident, des Masques, des Dauphins). Elles possédaient un ou plusieurs étages (trois visibles à la maison de l'Hermès). C'est le plus bel exemple connu de ville hellénistique.

Les fouilles françaises entreprises dès 1872 et poursuivies presque sans interruption ont fourni une abondante moisson conservée au musée local (nombreux kouroi et korês, acrotère du temple des Athéniens, relief de la maison du lac, très nombreuses inscriptions) ou au musée national d'Athènes (ex-voto de Nikandrê, nikê d'Archermos, copie du Diadumène, Galate blessé, groupe de Pan et Aphrodite, têtes de bronze de la palestre et de la maison du Diadumène). La céramique provenant de la fosse de la purification à Rhénée se trouve à Mykonos.