SERVICES
Article Larousse
Taille du texte Diminuer la taille de la police Augmenter la taille de la police Imprimer Envoyer par e-mail
L'Arabie islamique

Arabie

En double cliquant sur chacun des mots, vous accéderez aux définitions Larousse

Arabie
en arabe Djazīrat al-‘Arab

Péninsule du sud-ouest de l'Asie, entre la mer Rouge et le golfe Persique.

Superficie : 3 millions km2
Population : 61 779 000 hab. (estimation pour 2010)

L'Arabie est partagée entre l'Arabie saoudite (qui en occupe la majeure partie), le Yémen, le sultanat d'Oman, la fédération des Émirats arabes unis et les principautés de Qatar, Bahreïn, Koweït.

GÉOGRAPHIE

La plaine désertique de la Tihama (sur la mer Rouge) est dominée par un bourrelet montagneux continu. Le socle s'abaisse beaucoup plus doucement vers la mer d'Oman et le golfe Persique, localement recouvert de sédiments : immenses ergs de Rub al-Khali et du Nufud, plateaux du Nord-Est recelant les accumulations pétrolifères.

   La péninsule, traversée par le tropique et prolongeant le Sahara, a un climat de désert chaud, altéré toutefois par l'altitude et l'exposition qui valorisent (par un accroissement des précipitations) certaines régions (reliefs du Yémen, du Dhofar et de l'Oman, voire l'Asir). C'est ainsi que l'on a pu opposer une Arabie méridionale, l'« Arabie heureuse » à la population sédentaire (agricole ou citadine), et une Arabie centrale et septentrionale, véritablement désertique, domaine du traditionnel nomadisme pastoral et parsemée de quelques oasis, dont les villes saintes islamiques du Hedjaz (La Mecque et Médine). Le nomadisme a reculé avec les retombées de l'exploitation pétrolière, bouleversant localement l'économie, sinon la structure sociale et religieuse de la péninsule, en faisant un enjeu stratégique.

HISTOIRE

Dans la seconde moitié du Ier millénaire, des États organisés prennent naissance en Arabie du Sud dont les négociants monopolisent le commerce entre l'Inde et l'Occident. Les Bédouins de l'Arabie du Nord pratiquent une économie précaire tandis que les oasis du Hedjaz sont d'actifs centres commerciaux. La présence romaine en Orient (IIe s. avant J.-C.-IVe s. après J.-C.) amène le développement des cités-États au débouché des routes caravanières : Pétra, capitale des Nabatéens, puis de la province romaine d'Arabie (106 après J.-C.), Bostra, Palmyre (IIIe s.). Le déclin du commerce aux IVe et Ve s. coïncide avec la décadence romaine et la désorganisation de l'Arabie du Sud. Le christianisme et le judaïsme se répandent. Deux États arabes chrétiens se forment : Rhassan, vassal de Byzance, et Hira, vassal des Sassanides, aux confins de la Syrie et de la Mésopotamie. La Mecque, centre de pèlerinages autour de la Kaba et de la Pierre noire, se développe grâce au commerce prospère des Quraychites. Mahomet commence sa prédication au début du VIIe s. Celle-ci, recueillie dans le Coran, est capable d'unir l'Arabie autour d'une nouvelle religion et de donner une dimension nouvelle à l'expansion vers les terres plus riches. Yathrib (Médine), où la communauté a dû émigrer en 622, devient le centre de l'islam naissant et la capitale du premier État islamique. À partir de 630, année de la conquête de La Mecque par Mahomet, des tribus de toute la péninsule se convertissent. À la mort de Mahomet, en 632, se pose le problème de sa succession. Le calife Abu Bakr (de 632 à 634) soumet toute l'Arabie et lance les premières expéditions contre les Empires perse et byzantin. Umar Ier (de 634 à 644) remporte les victoires décisives qui assurent aux Arabes le contrôle de la Syrie et de la Palestine (Yarmouk, 636), de la Mésopotamie et de l'Iran (Qadisiyya, 637 ; Nehavend, 642), puis de l'Égypte (640-642). Il jette les bases d'un État organisé. Les califats d'Uthman ibn Affan (de 644 à 656) et de Ali (de 656 à 661) sont marqués par les rivalités entre les grandes familles. Le gouverneur de Syrie Muawiya s'empare du pouvoir et fonde la dynastie omeyyade. Le centre de l'empire se déplace alors vers la Syrie, puis vers la Mésopotamie, où s'opéreront les synthèses qui donneront naissance à la civilisation arabo-islamique classique. Gouvernées par les Omeyyades, l'Arabie et surtout les villes saintes profitent de la prospérité de l'empire. Les Abbassides ne peuvent maintenir leur autorité après 860. Les Ismaéliens, ou Qarmates, sont au Xe s. les maîtres du Yémen, de l'Oman et du Hasa, et menacent l'Iraq à partir de ces bases.

   Vers 960, des chérifs hasanides prennent le pouvoir à La Mecque, mais l'Arabie, qui, depuis le XIIe s., est devenue sunnite, divisée en une multitude de principautés ou de cités-États, continue à vivre dans l'anarchie et l'isolement.

   À partir de la fin du XVe s., les Portugais s'assurent des bases (Ormuzd, Bahreïn) sur le golfe Persique. Ils se heurtent aux prétentions des Ottomans (XVIe s.), puis des Hollandais et des Britanniques (XVIIe s.).

   Un réformateur religieux du Nadjd, Muhammad ibn Abd al-Wahhab (1703-1792), s'allie aux Saoudites pour regrouper les Arabes autour d'un idéal religieux, le wahhabisme. Saud le Grand (de 1803 à 1814) achève la conquête de l'Arabie. Les Ottomans envoient Méhémet-Ali écraser son royaume (1811-1819) et rétablir leur autorité, tandis que les Britanniques installent leurs protectorats sur les côtes du golfe Persique et de l'océan Indien (Aden, Oman, Trucial States, Bahreïn). Mais le wahhabisme a éveillé le nationalisme arabe : allié aux Anglais durant la Première Guerre mondiale, Abd al-Aziz III ibn Saud conquiert sur les Ottomans et sur les Hachémites les régions de la future Arabie saoudite (fondée en 1932). Les autres pays constituant la péninsule arabique (Yémen, Trucial States, Oman, Koweït, Qatar, Bahreïn, etc.) se libèrent les uns après les autres de la tutelle britannique et forment les États indépendants de l'Arabie contemporaine.

Plan de l'article
À voir aussi dans Larousse
Médias
  • L'Arabie islamique
Encyclopédie

Voir plus

Chronologie