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Pieyrre de Clythère Pieyrre de Clythère
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Présentation de l'auteur

Ce poëte, exilé de sa Touraine natale depuis la vigile de la Saint-Pierre 1993...

[Château-La-Vallière (anciennement Castel d'Anjou), bien qu'en Indre & Loire, comme  Channay-sur-Lathan, Couesmes, Lublé, Rillé, Saint-Aubin-le-dépeint, Saint-Laurent-de-Lin et Villiers-au-Bouin, communes du même canton, de même que Bourgueil, Saint-Nicolas de Bourgueil et Restigné, participe de l'ancienne province d'Anjou: La Touraine commence, ou finit, à Courcelles-de-Touraine, Ingrandes-de-Touraine, Souvigné... (Les vins de Bourgueil, Saint-Nicolas-de-Bourgueil et Restigné, s'ils sont d'Indre & Loire, ne sont donc pas des vins de Touraine mais d'Anjou, que valent largement les Benais...)]

Donc, ce poëte, exilé, finit par en rencontrer un autre: RACAN (Honorat de Bueil, seigneur de)!  À force de croiser Saint-Paterne-RACAN, Aubigné-RACAN... et ne connaisant de lui, comme généralement tout un chacun, que Les stances sur la retraite, j'ai voulu combler cette lacune, et me suis mis en quête de ses œuvres complètes... pour m'apercevoir, et c'est consternant, qu'il n'est plus disponible en librairie, et ce depuis 1930, avec l'épuisement d'une édition (chronologique) par Louis Arnould, en quatre volumes que ce dernier, de plus, n'a pu terminer...

Il existe, mais hors de prix, un fac-similé de l'édition de 1857 par Tenant de Latour, à New York, chez Kraus Reprint...

J'ai donc entrepris de réparer, à mes dépens... cet \"outrage du temps\"...

Or, à la suite de Racan, j'ai découvert sa famille, les Bueil, et cinq siècles de l'Histoire de France sur leurs pas; puis les Alluye (dont Jehan II qui rapporta de croisade la future Croix de Baugé qui devint aussi Croix d'Anjou, puis Croix de Lorraine...), Alluye qui précédèrent les Bueil à Chasteau-en-Anjou et Saint-Christophe-sur-le-Nais; et La Clarté Dieu...

Ne sachant ce qui me reste de temps à vivre, et surtout si je réussirais à mener cette tâche à son terme, et notamment pour cause financière, j'ai décidé de mettre un maximum du résultat de mes recherches et autres sur cette encyclopédie en ligne qui, contrairement à d'autres, fait bénéficier les auteurs d'articles du sérieux de Larousse (Et quand bien même des problèmes concernant l'informatique, dus sans doute au \"rodage\", se posent, et finissent par devenir facheux...

Or, en ce temps de l'indéfini généralisé (on pour je, nous, il et ?), quand quasiment tout le monde cache ses éventuelles affirmations derrière ce pronom,  n'ayant sans doute point le courage de dire, comme moi,  je, je pense, je pense que...  quand, conséquemment, entre autres, la Langue française, à vau l'eau, s'en va; et surtout quand, même la ministre de la Culture, semble fâchée avec la grammaire: \"Quant à nous, on pense que\"...; \"Un espèce de couac\"...

 

D’un poëte

Amor, Vibratio, fatum

 

 

Comme un soleil, blessé, qui verse des rayons

Sous un pâle arc-en-ciel, il baigne de ses larmes

Les arches d’un long pont témoin de ses alarmes,

Ses bonheurs, ses soupirs méconnus des rayons…

 

Ce pont, c’est son fatum, qu’il arpente depuis

L’éternité du Temps et trente huit années

Qui lui semblent ce jour bel et bien surannées

Mais qui vivent pourtant au plus profond d’un puits…

 

Or ce puits, c’est son cœur, qui tremble, comme au soir,

De ne plus espérer cette Aurore première

De l’éternel Amour qui vibre la lumière

Et fait naître le jour d’un Soleil ostensoir!

 

Pieyrre de Clythère

 

 

 

 

SONNET

 

L’écume façonnait d’infinissants nuages,

Et le Ciel, confondu par l’amour de la Mer,

Re-muait* en secret sous se flux de muages:

Il peuple l’Infini, je contemple l’amer...

 

Extrême était ma peine au fil de ces voyages

Que le ressouvenir emprunte à notre enfer;

Et j’ai raillé le train, de cheminer le fer,

Qui seul m’aurait mené vers mes autres rivages...

 

Je maudissais la Vie, et j’étais le maudit;

Or je rêvais de l’être, avec mes Chers Poëtes

Dont la postérité néglige les taudis:

 

Aurai-je des palais tout résonnant de fêtes

Quand les bruits de la foule aux images défaites,

Décèleront les cris que l’espoir applaudit?

 

Château-La-Vallière,

par ce vendredi matin

26 avril 1996

Pieyrre de Clythère

 

 

 

SONNET

 

Écumant sur l’azur des gouffres incertains,

Aurais-je ainsi semé des péninsules roses

Si je n’avais point vu les yeux et les destins

Passés par les tamis de mes heures moroses?

 

Ô, je les eusse aimés ces revers de mes proses,

Rimant un long poëme exilé des festins,

Si je les avais lus ailleurs que dans les gloses

Où j’adverbialisais mes soupirs intestins...

 

Quoi de plus orgueilleux que le poëte, étrange

Au milieu des humains, qui l’ont déshérité

De lui voir à la main comme une plume d’ange,

 

Et qui les met, surtout, devant leur vérité!

S’il porte son chemin vers la postérité,

Il croît, immaculé, les deux pieds dans la fange!

 

Château-La-Vallière,

par ce mercredi 22 mai 1996

Pieyrre de Clythère

 

SAIT-ON JAMAIS 

 

À Pierre-Yves Marie Sordes

 

 

 

Lorsque mon âme aura quitté mon corps,légère,

En le laissant au monument

S’arranger de ses vers,que,tendre passagère

De la brise et du vent,charmant,

 

Elle ira promener par la foule étrangère

Sa voix,mélancoliquement,

Ravivant mon Orgueil que la rime exagère

En l’inscrivant au firmament... 

 

Après la longue nuit d’une veille incertaine

Où je voulais changer demain,

Courant l’oubli parmi la prétentaine

 

En le flattant d’un baise-main,

Saurai-je enfin,dans l’éternelle quarantaine,

Ce que je cherche en tant qu’humain?

 

Château-La-Vallière,

par ce jeudi matin

25 mai 1995

Pieyrre de Clythère

 

 

APRÈS AVOIR REGARDÉ MOUCHETTE

 

 

De Bernanos/Bresson

 

 

J’ai rêvé d’Ophélie, et j’ai voulu mourir

Quand mon rêve me dit qu’il me fallait sourire…

Faut-il, pour un sourire, aller jusqu’à mourir:

La blanche Ophélia n’a point daigné sourire…

 

Elle coulait sur l’eau comme une blanche fleur

Et venait, je ne sais, quand la brise m’effleure…

J’ai voulu la cueillir, comme une blanche fleur,

Mais mon rêve est parti dans le jour qui m’effleure…

 

Or une autre est venue apporter son décor,

Et qui venait de rien, mais revenait encore…

Quand j’ai voulu soudain transposer ce décor,

Ophélia me dit: « Je vais mourir, encore? »

 

Château-La-Vallière,

par ce jeudi 17 février 1994

(1h08)

Pieyrre de Clythère

 

 

SONNET

 

 

À Mimine Le Bozec

Suzanne Jean et Rémy Le Guillerm

 

 

Je m’en irai, désaccordant le Verbe

Pour le jeter à la face du monde;

Et je dirai, piédenisant Malherbe,

Que, libéré, j’ai déréglé le monde (1)!

 

La Pureté (2) serait-elle en ces vers

Que j’ai baillés sans même un passeport?

Trop de Beautés hantent mon univers:

Au soir, daté, je vais quitter le port!

 

Vie et Destin, qui défilent nos heures,

Sonnent les jours, angélusant la brume,

Comme épelant ce temps qui nous consume...

 

J’espère encor mon devenir de nuit:

Si la bonté trop me coûte, et me nuit,

Pourquoi durer quand nous rident les heurs!

 

Château du Loir,

Château-La-Vallière,

par ces mercredi et jeudi

17 et 18 juillet 1996

Pieyrre de Clythère