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REMEMBRANCE DE LA DAME ROUGE AUX BALZI ROSSI, GRIMALDI

Note moyenne :

Un après-midi du mois d’avril 1873, un homme de trente six ans, après avoir fouillé la grotte du Cavillon sur 7m 90 d’épaisseur, a rencontré un véritable trésor préhistorique (1). Cet homme venait de mettre au jour près de huit mille coquillages marins (857 étaient percés), recouverts d’une couche de teinte rouge aux reflets métalliques.

Ce chercheur avait déterré un an plus tôt le squelette d’une femme ornée d’une  coiffe de coquillages, alors que cette grotte de la commune de Vintimille avait déjà été vidée de 6 mètres d’épaisseur de sédiments. Il accumulait ici les témoignages matériels laissés par nos ancêtres directs, les Hommes anatomiquement modernes, qui vivaient face à la mer aux Balzi Rossi (image 1). Le caractère exceptionnel de ces découvertes vient de leur contenu culturel que l’on ne cesse d’interroger. Il s’agit des preuves matérielles concernant le rituel d’inhumation d’une population  baptisée de Grimaldi en référence au hameau.

Le corps défunt  revêtu de ses parures a été couvert d’un enduit rouge de rouille, et 28 000 ans plus tard  cette part d’étrangeté fait toujours sensation car elle a quelque chose qui fascine (image 2). On imagine facilement ce corps reposant quelque temps à l’entrée de la grotte captant la lumière du soleil et de la lune (2).

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Sa dernière publication

La dernière rêverie de Jean-Jacques Rousseau

Note moyenne :

  Pierre-François PUECH et Bernard PUECH

     Curieux sentiment que celui de revenir sur les derniers pas de Jean-Jacques Rousseau à Ermenonville. Il y était venu au terme de sa vie pour se livrer à la botanique. Le voilà donc, tel qu’on l’imagine en homme de la nature. Oui mais pour Jean-Jacques Rousseau, vivre avec toute la vérité de la nature c’est aussi s’accommoder de la maladie et de la mort.  Atteint selon lui de presque tous les maux, il en a fait le récit avec toutes sortes de détails et a ainsi incorporé le destin à ses souvenirs. L’originalité de la démarche est que pour la part finale du récit, vouée à être inachevée quand il s’agit d’écrire toute une vie, Rousseau a donné à d’autres la possibilité de la raconter avec pertinence.

L’innovation vient de ce que J.J. Rousseau, qui avait assisté aux cours d’anatomie avec dissections  pratiquées par le Docteur  Thomas Fitz-Moris  à Montpellier, ait voulu sa propre autopsie (Grasset 1854, p.22). Ceci afin de poursuivre le récit, de répondre aux questions que l’on pouvait se poser à propos de ses insomnies, vertiges, fièvres, maux de tête, respiration trop courte, palpitations et de bien d'autres problèmes comme ceux qui très tôt ont affecté sa vessie ou sa prostate. Enfin, l’histoire d’un homme. De l’homme dont « Toute [l’] existence n’ [a été] qu'un précaire ajournement de la mort » selon  Starobinski (1971).  Figure n°1 Jean-Jacques Rousseau. Gravure d’après le portrait en buste par De La Tour 1753, Couché fils © P.-F. et B. Puech.

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Pierre-François Puech Pierre-François Puech
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