




Ksenia Milicevic réalise sa première peinture à l'huile à 15 ans. Ce premier tableau fut travaillé
sur la nature. Un pont enjambant une rivière turbulente aux couleurs irisées. La bibliothèque
familiale à Belgrade, où elle réside à l'époque, contenait des livres d'art avec des reproductions
à prédominance nette de paysages: peinture de la Renaissance, du XVII siècle,
Impressionnisme. Nourri par ces lectures, la nature lui apparait comme la source évidente de
représentation. Mais par son intérêt grandissant pour la peinture elle découvre rapidement
d'autres lectures et d'autres formes d'expression: les aplats de Van Dongen, les morcellements
de Picasso les arabesques de Matisse. Ainsi, déjà dans son deuxième tableau: visage de
femme peint avec aplats, moitié vert moitié rouge, s'opère la rupture avec la représentation
directe à partir de la nature mais, sa peinture ne sera jamais détachée de celle-ci.
Curieusement les éléments qui prédomineront tout le long de son parcours apparaissent déjà
dans ces deux peintures: dans le même tableau paysage traité avec des mouvements large et
dynamiques du pinceau, lignes droites et plans geométriques avec de grands aplats,
personnages toujours abordés avec une distanciation à travers les couleurs récrées, les situant
ainsi dans la zone du symbolique. Ces premières incursions dans la peinture sont suivies de
longues années d'étude. C'est encore la bibliothèque familiale qui est a l'origine de ce goût.
Ksenia Milicevic est née pendant la Seconde Guerre mondiale, de parents résistants.
Elle passe son enfance avec ses grands-parents au Montenegro. Il n y a pas beaucoup
de livres ni de tableaux dans la maison des grands-parents. L'atmosphère est feutrée,
plane un air de mystère, d'inconnu, d'interdit. On est en pleine guerre.
A la fin de la guerre elle rejoint ses parents et séjourne avec eux en Bulgarie et
Historien d'Art