SERVICES
Article Contributeur
Taille du texte Diminuer la taille de la police Augmenter la taille de la police Imprimer Envoyer par e-mail

histoire des armoiries

Note moyenne : pour 4 votes
Commentaires (100) Ajouter un commentaire Signaler un abus Votre vote  
En double cliquant sur chacun des mots, vous accéderez aux définitions Larousse
histoire des armoiries
Publié le:12/08/2008


L’héraldique, science historique qui étudie les armoiries, est une science de l’image. Les armoiries,  désignent « l’ensemble des signes, devises et ornements de l’écu d’un Etat, d’une famille, d’une communauté, d’une ville etc… » Elles représentent une marque d’identité pour quiconque les porte.

En France, après de nombreuses années d’obscurantisme, et cela, malgré l’édition et la publication de plusieurs ouvrages écrits aux travers des siècles, l’héraldique trouve de nos jours un écho de plus en plus favorable auprès des chercheurs, des historiens, des sociologues et petit à petit d’un public qui découvre cette science. Malgré tout, elle reste encore une science auxiliaire de l’histoire peu étudiée au sein de l’Education Nationale. Cela est dû en particulier à deux notions, l’une technique, l’autre historique, qui font qu’aujourd’hui, l’héraldique rencontre de nombreuses difficultés pour s’affirmer comme une science historique à part entière.

 

            La première notion provient du langage et de la composition héraldique qui sont souvent incompris, mal interprétés, et démoralisent les futurs initiés.

C’est au Moyen Age, vers le XIIème siècle, que se met en place un langage héraldique, élaboré par les hérauts d’armes, qui s’enrichit au cours des siècles. Le vocabulaire héraldique se multiplie et il se crée petit à petit une codification du langage. La description des armoiries devient, à partir du XVème siècle, un véritable casse-tête pour quiconque tente de s’intéresser à cette science. En effet, le vocabulaire devient plus pompeux et plus complexe. Des termes superflus et confus apparaissent et alourdissent la phrase héraldique. Dans des soucis de précision, les héraldistes, notamment au XVIIème siècle, avec en tête Pierre Palliot et le père Claude François Ménestrier, abusent d’expressions, d’adjectifs et de détails totalement inutiles. Il faut attendre le milieu du XIXème siècle pour retrouver une phrase héraldique plus concise.

Le vocabulaire héraldique nécessite un certain apprentissage avant de pouvoir se lancer seul dans le blasonnement des armoiries, d’autant que la syntaxe n’est pas simple non plus. La particularité de la phrase héraldique est qu’elle ne comporte pas de verbe ; les couleurs sont toujours introduites par « de » ou « d’ », les figures par « à » ou « au » ; la ponctuation est aussi importante car elle permet parfois de remplacer des expressions trop lourdes. C’est le cas de la virgule. Le point virgule, quant à lui, sert à isoler des figures décrites en dernier comme des pièces telles que le chef, la champagne, la bordure ; les deux points introduisent la description d’un quartier ; enfin, le point termine le blasonnement des armoiries. La difficulté du blasonnement est qu’avec peu de mots, il faut définir la couleur du champ de l’écu et des figures, ainsi que leur emplacement dans cet écu. Il y a des règles de composition à respecter, et il est indispensable de les comprendre pour bien décrire les armoiries. Ces règles sont certes peu nombreuses mais strictes.

La première, et la plus importante, est la règle des couleurs. La couleur est l’élément primordial des armoiries. En effet, les armoiries peuvent être dépourvues de figures, mais jamais de couleur.  En héraldique, il existe six couleurs appelées émaux dans le vocabulaire héraldique (deux métaux et quatre couleurs) et la règle stipule qu’il est interdit de mettre métal sur métal ou couleur sur couleur. Il est obligatoire qu’il existe une alternance entre les métaux et les couleurs. C’est la seule règle qui soit respectée dans tous les pays occidentaux. Pourtant, cette règle a des exceptions : certaines figures comme les chefs, les armoiries écartelées, les brisures, des petits détails comme les membres des animaux ou les couronnes, les figures brochant sur des partitions peuvent déroger à la règle. Mais lorsque des armoiries ne respectent pas cette dernière, on parle d’une composition dite à enquerre. La seconde règle concerne la hiérarchie des figures dans des armoiries. Il s’agit plus d’une habitude prise par les héraldistes que d’une règle mais qu’il faut quand même la respecter. Parmi les figures, on distingue deux groupes. D’une part, il y a les figures géométriques obtenues par les divisions de l’écu (pièces et partitions) dont la place est constante ; d’autre part, il y a les figures qui peuvent être placées n’importe où dans l’écu et que l’on nomme des meubles. La difficulté réside dans le fait que toutes les figures n’ont pas la même valeur, ce qui détermine leur place dans l’écu et lors du blasonnement. En effet, il y a toujours une figure principale et une figure secondaire. La complexité provient de la notion même de figure principale et de figure secondaire. La figure principale est le plus souvent placée au centre de l’écu ; elle peut être aussi plus grosse ou en plus grand nombre ou positionnée en haut de l’écu, ce qui détermine sa supériorité sur les autres figures. A part ces quelques éléments, il est parfois permis d’hésiter, et c’est avec la pratique que l’on arrive à déterminer cette hiérarchie des figures héraldiques.

La troisième règle concerne les ornements extérieurs (motifs placés autour de l’écu), partie intégrante des armoiries. Là aussi, il y a une hiérarchie dans la description. L’ordre est le suivant : le casque avec ou sans lambrequins, la tiare, la couronne, le chapeau, le cimier, la croix, la crosse, le bourdon, le collier d’ordre, le support, la devise, le cri d’armes et le manteau. Il n’est pas nécessaire que les armoiries possèdent tous ces ornements extérieurs.

On peut constater que cette première notion, basée sur la technicité du langage et la composition héraldique, peut porter ombrage à l’enseignement de cette science historique dans nos écoles. Alors que la France était à l’avant garde de l’héraldique pendant des siècles par rapport aux autres pays européens, celle-ci est tombée plus ou moins dans l’oubli du fait de notre histoire et des événements qui s’y sont produits au cours des deux derniers siècles.

            En effet, la seconde notion est historique. A tort, les armoiries ont souvent été associées uniquement à l’histoire de la noblesse. Cette idée provient des hommes de la Révolution française, qui par leur méconnaissance de l’histoire des armoiries voyaient en elles des symboles féodaux. Or, il n’en est rien. Les armoiries sont nées dans le milieu de la chevalerie vers 1125. Devenu méconnaissable sous le heaume et le haubert, le chevalier prend l’habitude de s’identifier au cœur des batailles et des tournois par une figure et/ou une couleur placées en général sur un bouclier et/ou sur un vêtement. Mais très vite, le port des armoiries s’élargit à toutes les classes sociales : dès la seconde moitié du XIIème siècle pour les femmes, début XIIIème siècle pour les paysans, un peu avant le milieu du XIIIème siècle pour les bourgeois, seconde moitié du XIIIème siècle pour les ecclésiastiques, début XIVème siècle pour les communautés religieuses, milieu XIVème siècle pour les corps de métiers. Ainsi, le système héraldique se développe au cours des siècles puis se stabilise. La Révolution française détruit en quelques années tout un système vieux de plus de 600 ans. Les hommes s’emploient à effacer toutes ces marques en martelant les édifices comme les fontaines, les porches, les frontons, en cassant la vaisselle ou en déchirant les vêtements. Ils mettent en place un nouveau système héraldique qui utilise des emblèmes révolutionnaires tels que des bonnets phrygiens, des faisceaux de licteur, des pics, des fourches, et ne tiennent pas compte des règles établies auparavant.

Napoléon Ier rétablit le droit de porter des armoiries, mais le système héraldique diffère avec celui de l’Ancien Régime. Les armoiries sont beaucoup plus confuses ; Elles ont tendance à représenter plutôt des tableaux ou des scènes de la vie quotidienne ou militaire. Il s’attache quand même à respecter les règles fondamentales du blason. Après le Premier Empire, le système héraldique s’adapte en fonction des divers gouvernements. Si la Restauration rétablit les armoiries de l’Ancien Régime, ainsi que les fleurs de lis, bannies depuis la Révolution française, la Monarchie de Juillet adopte des étoiles à la place des fleurs de lis ou des chefs aux couleurs du drapeau français ; le Second Empire reprend le système héraldique mis en place par Napoléon Ier. C’est seulement après 1870 que le système héraldique se stabilise définitivement.

Aujourd'hui, les armoiries sont concurrencées deplus en plus par le phénomène du logotype, plus sobre, plus facile à réaliser, plus moderne. Seules les armoiries des communes sont reconnues officiellement par l'Etat français.

Auteur de l'article
edith mascort edith mascort Voir sa fiche
Ajouter à mes favoris Envoyer un message
Plan de l'article