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archéologie

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archéologie
Publié le:10/09/2008

Histoire de l Archéologie


Depuis les temps immémoriaux les amateurs ont décrit des monuments ou des "curiosités" à l'aide de multiples notes et dessins. C'est à travers cette documentation que l'on a tout d'abord tenté de comprendre le passé. Puis, à partir de 1719, l'enthousisame pour les ruines de Pompéi et d'Herculanum que l'on mettait au jour a fait de l'archéologie une discipline autonome chargée de faire resurgir le passé.

Une science

La diversité des trouvailles faites au pied du Vésuve et la surprenante impression de vie qui en résultait a transformé l'attitude des antiquaires devant le passé et leur aptitude à le comprendre. L'archéologie s'est formée en annexe de l'histoire de l'art comme en témoigne le titre des deux ouvrages de Johann Joachim Winckelmann (1717-1768) à propos des citées ensevelies sous les cendres du Vésuve: Histoire de l'art chez les anciens, et Monuments antiques inédits.

ll résulta ensuite de l'expédition de Bonaparte une Description de l'Egypte publiée entre 1809 et 1822. Les nombreux savants réunis en académie ont rassemblé une documentation précise sur les ruines du bord du Nil et les objets collectés, base de toutes les recherches ultérieures. Le terme archéologie est de 1837, à cette date le site de Mycènes est confié à la Société Archéologique d'Athènes. Puis les écoles archéologiques étrangères en Grèce -française (1846), allemande, anglaise, américaine, autrichienne et italienne -  se sont ouvertes. C'est ainsi que l'étude de l'Italie, la Grèce, l'Egypte, le Proche-Orient, puis celle de la Préhistoire se sont ajoutées à celle de l'Histoire Universelle.

Le développement culturel

La clé de l'archéologie se trouvait dans le classement. C'est Sir William Flinders Petrie (1853-1942), qui en décrivant minutieusement ses fouilles, fournit à l'Egypte un alphabet présent dans la poterie. La forme des anses, des rebords, de la décoration ont été notées pour les temps anciens de l'Egypte puis dans les différentes parties du monde (chronologie minoenne de l'Age du Bronze par Arthur John Evans) et il a été possible d'établir des chronologies nouvelles du développement des activités de l'homme dès la période préhistorique. Pour connaître l'évolution des processus culturels il fallait classer les séquences de leurs développements. Une pareille démarche a conduit les ethnologues à considérer les différentes communautés actuelles à travers le monde comme s'échelonnant depuis l'état sauvage (chasse primitive) à celui de l'agriculture pour aboutir à notre civilisation, forme la plus avancée des sociétés.

La recherche des origines

L'idée de "progrès" ayant amené les historiens à considérer notre civilisation comme le déroulement d'un processus, il fallait d'abord comprendre les époques qui avaient précédé pour rendre compte des cultures qui avaient assuré à l'homme ses conditions de vie. Cette démarche entrant dans le cadre de l'évolutionnisme, les archéologues ont recherché toutes les traces matérielles des activités de l'homme: aménagement d'habitat, fosses sépulcrales, objets manufacturés,etc... en abordant la question de leur sens. Cette conception a induit une nouvelle perception en périodes servant de fondation à des hypothèses interprétatives. L'apparition de formes variées a probablement une valeur adaptative, d'où l'idée d'une origine que l'on peut mettre en évidence que l'on défende l'idée d'une évolution graduelle qui se propage ou d'une invention répétée sous la "pression de l'histoire".

Une archéologie cognitive

Une approche environnementaliste a conduit à replacer l'homme dans son environnement et à rechercher les conditions de son adaptation culturelle. De nouvelles méthodes de datation isotopiques ont affiné les observations et ainsi l'archéologie, dans sa mise au jour des vestiges de l'activité humaine, a étendu son analyse en vérifiant des hypothèses. Le but n'est plus uniquement de découvrir les pièces d'un puzzle mais de s'approprier le passé, c'est ce que l'on nomme l'archéologie cognitive.

Les archéologues comparent les vestiges avec ce que nous connaissons pour en déduire les comportements des temps passés. La question est de savoir quelles analogies utiliser.

L'exemple des premiers soins chirurgicaux, il y a 1,84 millions d'années

La chirurgie dentaire est une activité appartenant à notre hominité . En effet, des paléontologues ont publié une étude où il est démontré que de profonds sillons ont été pratiqués par les premiers hommes, homo habilis de la vallée de l'Omo en Ethiopie, afin de libérer les aliments coincés entre les dents postérieures (Puech P.-F. et Cianfarani F. 1988 Current Anthropology 29: 665-668). L'examen au microscope a mis en évidence une similitude des sillons (image n°1) avec ceux observés chez l'Homme de néanderthal (image n°2) et chez le Bushman actuel du Kalahari central (image n°3). Les particules abrasives produisent ce type d'usure chez le Bushman, comme chez l'Aborigène d'Australie, par le passage répété de tendons d'animaux réduits en fines bandelettes ou de ficelle de sisal torsadé. Cette action est comparable à celle que nous pratiquons avec le fil dentaire au cours des manoeuvres d'hygiène buccale, mais nous manquons des grains de sable ou de terre pour provoquer les sillons qui libèrent les espaces. Les soins décrits comme identiques dans une perspective de l'histoire de l'évolution culturelle, autrement dit à travers différentes espèces humaines, indiquent un même faire efficace (Bahn P.G. 1989 Nature 337: 693).

Si les soins dentaires constituent un marqueur de l'existence de capacités cognitives avancées, celles-ci sont apparues d'emblée avec le genre humain, et non pas graduellement d'une espèce à l'autre. Cette manifestation, ou "extériorisation" de notre "hominité" par une technique de chirurgie dentaire établit le fait historique dès l'aube de l'humanité il y a 1,84 million d'années.

corrélat de l'encyclopédie: hominité.     

Pierre-François Puech